Carnets intimes

Ecrire sur des sujets très personnels sans tabou, en toute liberté et franchise

Deux lectures inspirantes qui pourraient bien changer votre vie!

Parmi mes dernières lectures dans le registre spirituel/philosophique, figurent deux petits ouvrages assez différents mais assez complémentaires.

Le premier s’intitule : les quatre accords toltèques de Miguel Ruiz, le second : Pèleriner d’Éric de Kermel.

J’ai longtemps hésité quant au blog où ce billet était à sa meilleure place… tant le contenu a une influence sur mon état d’esprit et ma pensée.

Les quatre accords toltèques

Voilà un ouvrage étrange de prime abord entre philosophie, religion et développement personnel mais qui au fil des pages se transforme en une sorte de guide pour se libérer des carcans qu’on nous a imposé tout au long de notre vie et qui nous empoisonnent, nous empêchent de vivre pleinement et librement. Il nous invite à vivre dans le paradis terrestre à titre personnel alors que le monde vit en enfer. Comment cela est-il possible? En rompant les uns après les autres les accords mortifères qui nous enferment, qui nous rendent malheureux, qu’on accepte parce qu’on a été éduqué, domestiqué même selon l’auteur, à croire que ce que l’on nous enseignait était ce qu’il fallait croire et faire. L’auteur, mexicain et se disant issu de la culture toltèque, explique au long des pages les quatre accords avec beaucoup de références (parfois erronées) à la Bible.

Les quatre accords sont :

  • Accord 1 : Que votre parole soit impeccable
  • Accord 2 : Quoi qu'il arrive, n'en faites pas une affaire personnelle
  • Accord 3 : Ne faites pas de suppositions
  • Accord 4 : Faites toujours de votre mieux

Selon l’auteur, la mise en application de ces accords est de nature à provoquer des changements radicaux dans nos existence, au-delà de ce que nous pouvons imaginer.

Ainsi, selon lui, nous aurions été domestiqués, comme nos animaux de compagnie, par nos parents, nos professeurs, la société en général nous enlevant du pouvoir personnel de gérer sa vie pour le meilleur et nous faisant participer à l’enfer sur terre alors que nous pourrions vivre au paradis. Les premières pages sont assez obscures et il faut s’accrocher mais les choses deviennent plus concrètes une fois que l’on aborde les accords en eux-mêmes.

Il insiste aussi sur le fait qu’il faut une forte volonté pour mettre en application ces accords et que ça ne va pas réussir du premier coup, il y aura des chutes mais au fur et à mesure, nous nous relèverons d’autant plus facilement que l’on aura déjà un peu progressé sur ce chemin de sagesse et de liberté.

Il évoque souvent le poison émotionnel qui nous porte fortement préjudice. Il est vrai que des paroles blessantes, dénigrantes peuvent avoir des conséquences dramatiques sur la vie de quelqu’un.

Imaginez que toute votre vie, on vous a dit que vous étiez stupide, bon à rien, faible, que sais-je encore? A force de l’entendre, vous finissez par le croire mais un jour, vous rencontrez quelqu’un qui vous dit le contraire, que vous n’êtes ni stupide, ni bon à rien, et encore moins faible. Cette parole positive a le pouvoir de rompre l’effet du poison émotionnel qui vous maintenait dans un état d’esprit négatif vis-à-vis de vous-même et par là même vous faire changer d’opinion sur vous-même, vous allez vous sentir mieux… et à chaque sort que vous rompez, vous regagnez en confiance en vous et vous avancez.

C’est ainsi que l’on arrive au premier accord : Que votre parole soit impeccable. Si l’on a toujours une parole positive, bienveillante nous contribuons à transformer l’enfer en paradis petit à petit.

L’auteur parle souvent du rêve de la planète qui serait surtout composé de peurs et de souffrances et que la misère aime la compagnie, ainsi ceux qui vivent en enfer ne veulent pas être seuls. Selon lui, si la parole était toujours impeccable, il n’y aurait pas de conflits, pas de souffrance.

Le second accord met l’accent sur le fait de ne rien prendre personnellement. Beaucoup plus facile à dire qu’à mettre en pratique!

C’est certainement le plus difficile avec le troisième surtout dans une société qui juge sans arrêt! Mais si l’on arrive à laisser couler le fiel des autres sur notre carapace, on gagnera en sagesse et en bien-être personnel.

La réflexion de l’auteur part dans tous les sens pour nous faire prendre conscience de tout ce qui nous entrave, en voici deux exemples :

  • Une chose importante selon l’auteur, il parle même de plus grand péché qui puisse exister : le rejet de soi-même.
  • Il met aussi l’accent sur l’amour et l’amour véritable qui, selon lui, consiste à accepter l’autre tel qu’il est sans vouloir le changer. Vouloir changer l’autre signifie qu’on ne l’aime pas vraiment.

Le troisième accord est encore plus difficile : ne pas faire de suppositions! Là aussi, combien de fois nous posons-nous des questions parce que, par exemple, un ami ne nous a pas répondu aussi vite que nous le souhaiterions, ou a répondu brièvement à notre demande, notre message. Combien de fois, le petit cinéma se met en route dans notre tête qui consiste à faire des suppositions non fondées dans la majorité des cas…

Le dernier accord : toujours faire de notre mieux, est, des quatre, sûrement celui qui est peut-être le plus facile à mettre en oeuvre. Faire de notre mieux, ça signifie être dans l’action parce qu’on a envie et non pas parce qu’on attend une récompense en retour. La plupart font justement l’inverse, ils agissent en espérant une récompense et ne font pas, par conséquent, de leur mieux.

Agir, c’est être vivant, c’est prendre des risques, c’est sortir de sa coquille et exprimer son rêve personnel mais pas pour l’imposer aux autres, chacun a le sien et celui de l’autre vaut tout autant que le nôtre.

Régulièrement, tout au long de l’ouvrage, il est fait référence à Dieu mais pas dans le sens où les religions le présentent, non ici Dieu est la vie en action et pour l’auteur la meilleure façon de de lui dire merci, c’est de vivre l’instant présent et de se détacher du passé.

S’il est fait souvent référence à Dieu et au christianisme dans le livre, ce n’est pas un livre qui parle de religion. Il laisse la liberté, si l’on en ressent le besoin, d’adorer des idoles représentant les divinités mais pour lui, ce n’est pas là l’essentiel. Il estime que nos corps sont une manifestation de Dieu et qu’aimer son corps, c’est aussi une façon d’honorer Dieu. Cela peut paraître bizarre mais combien de grands mystiques à travers les âges ont détesté leur corps… l’ont parfois mutilé ou négligé, ce corps qui leur est donné par le Dieu qu’ils disaient adorer… En fin de compte, ça n’est pas si bizarre que ça que de respecter son corps.

L’auteur insiste beaucoup sur l’amour et le respect de soi-même. Cela pourrait mettre mal à l’aise certains lecteurs mais comme je le comprends, c’est une façon de répéter, comme un mantra, que si l’on ne s’aime pas, on ne peut aimer les autres. Il insiste aussi sur le fait de vivre dans le présent et de ne pas se soucier du futur et là, je le rejoins car le futur en tant que tel, n’existe pas, demain sera le présent qui résulte des choix faits aujourd’hui.

Il parle aussi beaucoup de liberté et nous pose la question : qu’est-ce qui nous empêche d’être libre? Ne sommes-nous pas les premiers à nous interdire d’être libre car attaché à des conventions sociales, à des normes, …

En chacun de nous, il y a la victime et le juge et ce sont ces deux êtres qu’il faut éradiquer d’en-dedans de nous et surtout se libérer de notre rôle de victime. Si l’on a été maltraité dans notre enfance ou notre adolescence, ce n’est pas en en voulant à ceux qui sont responsables qu’on va aller mieux. Il faut faire cesser cette victimisation et c’est loin d’être aisé mais c’est le prix à payer pour vraiment aller mieux et se libérer et c’est ainsi que l’on pourra changer nos vieux accords néfastes contre de nouveaux accords bénéfiques.

C’est ainsi qu’après cette lecture, j’ai réfléchi à l’intérêt de parler encore de ce passé dans mes billets. Je ne le changerai pas, certes il m’a aidé à identifier ce qui avait posé problème mais ce passé a aussi eu pour conséquence de faire celui que je suis aujourd’hui. Ce cheminement des accords toltèques, je l’avais entamé avant même d’avoir lu ce livre et finalement, il est venu confirmer que j’étais sur la bonne voie.

Retour au livre qui aborde aussi la façon de transformer notre rêve personnel indépendamment du rêve de la planète et selon l’auteur, nul besoin d’attendre la mort pour avoir accès au paradis, on peut, si on le veut, y accéder de notre vivant.

Chez les protestants libéraux, dont je suis, on a tendance d’ailleurs à voir la résurrection comme un état que l’on vit de notre vivant. On ressuscite en quelque sorte lorsqu’on change de vie pour le dire simplement. Faire le choix du pardon, même si on ne le dit pas aux personnes concernées de vive voix (parfois, ça peut aider mais souvent ça ne sert à rien sinon à conforter ces mêmes personnes qu’elles avaient raison) mais le pardon est une condition sine qua non pour être en paix avec soi-même.

Comme pour les protestants, les toltèques ont un mode de vie où il n’y a ni leader ni disciples. Par contre, j’ai un petit problème avec le fait que chacun aurait sa vérité… ça reste un peu obscur pour moi (et peut-être que ça résonne particulièrement dans notre époque de post-vérité ou de vérité alternative).

L’auteur évoque aussi un passage au désert, autre allusion au christianisme puisque Jésus y a passé quarante jours et a été tenté par les démons. La symbolique est la même, au désert, on est face à soi-même et à ses propres démons. Les premiers moines vivaient dans le désert d’Egypte, ce n’est pas pour rien!

Il parle aussi de l’ange de la mort et même de mourir de manière théorique. En fait, c’est faire mourir l’homme (ou la femme) ancien qui vit en nous et qui est prisonnier de tout ce poison émotionnel et des ces accords néfastes.

Voilà, ce que j’ai retenu de cet ouvrage.

En bref : s’aimer soi-même, faire la paix avec soi-même, pardonner aux autres même s’il ne le mérite pas et vivre dans le présent chaque jour qui se présente sans plus se soucier du passé, aussi lourd soit-il, pas plus que de tirer des plans sur la comète pour le futur. A chaque jour, suffit sa peine et carpe diem. Si tous les humains voulaient faire cet effort, je suis convaincu que le monde s’en porterait beaucoup mieux… Toute la haine entre les hommes n’est que le reflet de ce poison émotionnel que l’on s’inocule les uns, les autres.

Pèleriner

Cet autre petit ouvrage est une sorte de carnet de route d’un pèlerin sur le chemin de Saint-Jacques. C’est un texte à la fois émouvant et inspirant et qui a résonné à plusieurs niveaux chez moi.

D’abord, je suis un grand marcheur devant l’éternel et lorsque je fais de la rando, je laisse souvent mon esprit vagabonder et toutes sortes de sujets me viennent à l’esprit, des plus anodins aux plus sérieux et graves. Je me surprends souvent à me parler à voix haute. A côté de cela, la rando est le aussi le seul moment où je peux faire abstraction de tout le reste, c’est une alternance en fait.

Sur le chemin, qu’il soit de Compostelle ou autre, on retrouve le contact avec la terre, avec le vivant, la nature. C’est exactement ce que nous raconte l’auteur avec ces mots. Il exprime aussi ses doutes, ses espérances, ses souffrances.

Un chapitre est consacré à son fils décédé assez jeune, une épreuve terrible pour tout parent. et qui n’a pas manqué de m’interpeller et m’émouvoir encore plus ayant du faire face non pas à la perte d’un enfant mais d’un frère. C’est à peu près pareil et sa phrase disant que c’est un deuil qui ne finit jamais a été non pas un sinistre rappel mais j’ai accueilli cette phrase avec un certain soulagement, je ne suis pas le seul à le vivre et il n’y a finalement rien d’anormal à ce que ce deuil s’éternise… voire dure toute une vie.

C’est un livre très poétique et qui invite à s’engager sur le chemin de Compostelle et qui montre combien la marche est salutaire, thérapeutique et un moment privilégié un peu hors du monde pour quelques heures, jours ou mois.

Autre phrase et qui est en écho avec le livre précédent : on ne peut être en paix avec les autres que si l’on est en paix avec soi-même.

Conclusion

Deux livres très différents et très semblables à la fois mais qui ont eu pour effet de remettre pas mal de choses en perspective et qui m’ont montré que le chemin que j’avais décidé d’emprunter il y a quelques temps déjà n’était sans doute pas le plus mauvais.

Il pourra même aider à comprendre certains changements assez radicaux de ces dernières semaines et cette aspiration à une liberté retrouvée du corps et de l’esprit.

Le protestantisme libéral a été et reste ma boussole spirituelle mais elle s’est enrichie des accords toltèques et du point de vue d’un pèlerin catholique.

#blog #spiritualité #développementPersonnel #choixDeVie #bienEtre #Bienveillance


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Sexualité : et si rien n’était jamais définitif?

⚠️ Avertissement : article évoquant des sujets comme l’homosexualité, la bisexualité, la pansexualité, le questionnement sur l’évolution de la pensée sur les genres, identités et orientations sexuelles et des conséquences des réflexions personnelles. A lire avec un esprit ouvert.

Pour les hommes de ma génération, nés au début des années 1970, le monde de 2026 est fondamentalement différent de celui dans lequel nous avons grandi. Une enfance et une adolescence sans Internet, sans smartphone… un monde assez binaire aussi et qui avec le recul semblait plus simple que le nôtre… mais l’était-il seulement? Il y avait deux blocs : l’occident et le bloc de l’est avec l’URSS, la Chine était insignifiante.

Pour ce qui est des orientations sexuelles, c’était presqu’aussi binaire : on était hétéro ou gay/lesbienne, à la limite bisexuel mais on ne parlait pas de transsexuels, de genre, d’identité… On était homme ou femme, point!

Lorsque j’ai découvert ma nature, mon attirance pour les hommes, j’ai intégré ce qu’on appelait alors la communauté HoLeBi (En Flandre et aux Pays-Bas). Toujours des petites cases qu’il faut remplir… mais était-ce bien ça? Est-ce que tout est fixé une fois pour toutes? Si je pose la question, c’est forcément que je ne le pense pas!

Je l’ai écrit par ailleurs, j’ai eu mes premières expériences vers seize, dix-sept ans et c’était exclusivement avec des hommes. Néanmoins, dans la vingtaine, j’ai eu parfois des doutes et était, et je le suis toujours, persuadé que comme nous avons tous une part de féminité en nous, nous étions possiblement tous bisexuels avec un marqueur allant de très peu à beaucoup. Les premiers endroits que j’ai fréquenté en quête de plaisir, c’étaient les cinémas porno et à Liège, il n’y en avait que deux qui ne diffusaient à l’époque que des films hétéros. Même si le film n’était pas ce qui m’intéressait le plus, je me surprenais à être excité par certaines scènes… ce qui me troublait quelque peu… et me confirmait ce que je pensais par rapport à la bisexualité notamment.

Lors de mes visites au sauna, des hommes bisexuels, j’en ai croisés pas mal, certains qui l’assumaient totalement, d’autres pas. Souvent, ils vivaient l’instant avec beaucoup plus d’intensité que certains homos et pour mon plus grand plaisir. Certains saunas, dans les années nonante du siècle dernier, organisaient des soirées bi. J’y suis allé quelque fois par curiosité mais il y avait finalement peu de mixité et cela n’a pas duré… Je n’ai pas eu l’occasion de vérifier à quel point j’étais peut-être bisexuel… ou pas!

La vie, et ses circonstances font parfois en sorte qu’on choisi un camp ou l’autre, soit par facilité par rapport à l’acceptation dans la société, soit parce qu'on occulte une partie de soi et qu’on choisit la dominante. C’était peut-être mon cas, je ne peux le dire avec certitude mais j’ai peut-être fait un choix à un moment donné, sans doute parce que ça me semblait encore plus compliqué à gérer si je choisissais une autre voie… Déjà faire accepter à mes parents que j’étais homo ne s’annonçait pas une mince affaire, alors leur annoncer que j’étais éventuellement bisexuel me semblait totalement hors de portée de leur compréhension! De plus, certains à priori, ancrés dans la société et donc chez moi aussi, considéraient les bisexuels comme étant incapables de choisir… Bref, j’ai fermé la porte et suis aller voir plus loin sur le chemin de l’homosexualité… mais la question m’a quelque fois rattrapé…

Pendant mon service civil, j’ai collaboré à un colloque international de psychologie et du fait que j’étais dans le staff administratif, j’avais été invité à partager le souper. Pour la facilité, on avait logé le personnel administratif sur le site du campus de l’université. Le campus est au milieu des bois sur les hauteurs de la ville de Liège et ça peut être un peu flippant pour celui qui n’est pas habitué à camper dans la nature. Ainsi, la secrétaire d’un professeur de l’université de Maastricht, qui logeait dans la chambre à côté de la mienne dans les dortoirs du centre sportif. Au moment d’aller se coucher, elle me fait part d’avoir un peu peur seule dans cette chambre… une invitation voilée? Je ne sais mais l’idée m’a traversé l’esprit et là, pour la première fois, j’étais partagé entre deux sentiments… soit, elle avait vraiment peur et voulait juste un peu de compagnie pour se rassurer ou bien avait-elle envie d’autre chose? Une part de moi, me disait d'y aller et de l’accompagner dans sa chambre et on verrait bien, l’autre me disait, non, tu es homo, tu vas te rendre ridicule… Un dilemme d’autant que c’était plutôt une belle jeune femme… Vous devinez la suite, je n’ai pas osé et j’ai murmuré une excuse en disant que j’étais fatigué… Je n’ai pas bien dormi cette nuit-là, l’esprit traversé par diverses pensées. Le lendemain, elle ne semblait pas m’avoir tenu rigueur de mon refus poli ce qui m’a conforté dans l’idée que j’avais fait le bon choix.

J’ai poursuivi mes expériences et bientôt, j’avais ma première longue relation mais la bisexualité ne quittait pas mon environnement. Mon premier mec se disait homo mais il lui était arrivé d’aller voir de l’autre côté. Mes autres longues histoires, trois au total sur près de trente ans ont été exemptes de cet aspect mais entre les relations, je ne compte plus les hommes bisexuels que j’ai rencontrés! Et comme toujours, certains l’assumant, d’autres pas mais ce n’était pas le plus important finalement. Néanmoins, ça me questionnait par moments et il m’arrivait d’en discuter avec certains comme ce gentil italo-luxembourgeois qui venait me voir de temps à autre du temps où j’habitais Arlon, qui se disait hétéro ayant parfois des aventures avec des hommes. J’avais un peu de mal à comprendre mais après tout, c’était son problème et pas le mien.

Le temps a passé, et ces dernières années, les droits des personnes transsexuelles ont été plus à la une de l’actualité et leur visibilité s’est fortement accrue, et c’est très bien comme cela, sur l’Internet et dans la sphère publique. J’y ai été confronté moi-même lorsqu’un collègue et ami, annonçait qu’il allait changer de sexe. Ce fût un drôle de moment car j’étais loin de m’imaginer la situation, il n’avait jamais rien évoqué, c’était si soudain. Il a été évidemment l’objet de moqueries et de méchanceté non seulement de collègues mais aussi de la société en général… Il a fait une transition totale et semblait heureuse! Et j’étais heureux pour elle, vraiment même si personnellement, je me suis toujours senti bien dans mon corps masculin. Pour moi, ça a été une expérience nouvelle de vivre de près une telle transition. Je ne m’étais jamais intéressé à la question de la transsexualité tant ça me semblait loin de mes préoccupations et cela aura donc contribué à m’ouvrir encore un peu plus l’esprit! Pour l’anecdote, en Belgique, nous avons même eu une ministre transsexuelle ce qui montre parfaitement l’évolution de la société malgré tout!

Je ne suis pas un grand consommateur de contenus pornographiques mais comme tout le monde, j’en regarde parfois et il m’est arrivé de voir des contenus transsexuels ou bisexuels et je n’ai, ni été dégoûté par ce que je voyais (pourquoi le serais-je d’ailleurs?) ni choqué que cela puisse même me plaire. A vingt ans, je pensais qu’on était tous un peu bisexuel, à cinquante-six ans, je me pose la question : ne sommes-nous pas, peut-être, tous un peu pansexuels ou omnisexuels? Ces termes sont pour moi encore assez obscurs, nouveaux et peut-être que je me trompe complètement mais d’avoir vu des sexualités différentes aura au moins provoqué une remise en question, une déconstruction de certains schémas bien ancrés et ouvert l’esprit, à coup sûr!

Je ne dis pas que je passerai à l’acte demain ni même après-demain mais je suis encore plus convaincu que jamais que rien n’est fixé définitivement et qu’il reste de la marge de progression dans la compréhension de l’autre et de découverte de l’autre ainsi qu’un vaste terrain d’expérience à qui sait garder son esprit ouvert.

Certains penseront, et ils ont peut-être raison, que je me pose trop de questions ou que je me trompe complètement mais les nier seraient une façon de nier l’existence des autres et ça ne correspond pas à mon esprit libre!

De plus, de plus en plus, je me rends compte que j’ai une tendance au poly-amour… et comme pour bien d’autres choses, on a tendance à vouloir faire taire ces interrogations, ces constatations car elles vont à l’encontre de la bien-pensance. Mais je pense que je suis dans un processus de déconstruction totale de toute une série de certitudes, d’accords anciens avec lesquels je ne suis plus en phase et assume enfin un certain esprit de liberté avec moi-même et avec les autres.

J’ai grandi dans un monde HoLeBi et je vis aujourd’hui dans un monde LGBTQIA+ et c’est très bien ainsi! Ne jamais arrêter de se questionner et de questionner le monde pour ne jamais arrêter d’évoluer! Telle pourrait être la conclusion.

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Attention : cet article parle de sexualité et est à lire avec l’esprit ouvert!

Introduction

Il y a peu, j’avais fait part dans un autre article de certains problèmes pouvant survenir à la suite de la prise de médicaments allant de troubles sexuels à une baisse, voire une disparition de la libido.

Cette baisse de libido ou ces troubles sont également lié à l’age mais aussi à des frustrations et des complexes qui ont, sans doute, occupé beaucoup trop mon esprit m’empêchant vivre ma sexualité et les plaisirs y afférant.

La lecture d’un livre, les quatre accords toltèques de Miguel Ruiz, est en train de me faire prendre conscience que tout ce qui nous empoisonne l’existence vient très souvent de nous! Au moment où j’écris ces lignes j’en suis à la moitié mais déjà les deux premiers accords ont été comme une révélation. Je parlerai de ce livre ultérieurement dans un article sur mon autre blog.

Les quatre accords sont :

  • Accord 1 : Que votre parole soit impeccable
  • Accord 2 : Quoi qu'il arrive, n'en faites pas une affaire personnelle
  • Accord 3 : Ne faites pas de suppositions
  • Accord 4 : Faites toujours de votre mieux

Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle! Voilà, la phrase qui est à l’origine d’un déclic important dans ma pensée! Je me suis rendu compte, il n’est jamais trop tard, que je me préoccupais trop de l’image que je renvoie aux autres, de ce que les autres pensent de moi, lissant à outrance celle-ci pour finir par devenir fallacieuse et souvent des paroles blessantes durant mon existence ont contribué à m’enfoncer car j’en faisais une affaire personnelle. Déconstruire, ce qu’on nous inculqué durant toute une vie est tout sauf évident mais j’ai envie de faire le pari que je peux y arriver et ça commence par retrouver ma liberté de corps!

Des troubles érectiles et une baisse de libido, oui, et alors?

Premier constat, la situation est telle qu’elle est mais elle ne signifie pas que je n’ai pas d’envies, que je ne ressens rien. L’affirmer, c’est le plus gros mensonge que je pourrais proférer. Je me suis moi-même puni en me convaincant que tout était fini pour moi de ce côté-là. La force de l’auto-conviction est terrible! Rompre cet accord avec moi-même n’a pas été une processus allant de soi mais j’ai bénéficié de l’exemple et l’aide directe ou indirecte d’amis, de contacts ici ou ailleurs.

Par ailleurs, s’il y a un domaine où je manque de confiance en moi, c’est bien sur l’acceptation de mon corps! Petit, trapu, poilu (très poilu même), de l’embonpoint, … bref je ne me sentais pas attirant et à 56 balais, je pensais être bon pour le remisage au placard à balais jusqu’au jour, où j’ai fait quelque chose d’incroyable pour moi!

J’ai poussé la porte d’un love shop et la chance était avec moi, car le vendeur était là pour me vendre un article, bien sûr, mais aussi pour me donner des conseils et m’écouter sans jugement. Cela a été une première libération. Une seconde a été de m’inscrire sur le forum d’un site X et d’y mettre quelques photos intimes et même quelques vidéos et là, j’ai constaté que je n’étais pas le seul avec un physique pareil au mien et surtout que ça plaisait aussi à d’autres! Quelle révélation! Cela a eu un effet sur la confiance en moi. Je ne sais si j’y resterai et si je laisserai ce contenu, l’avenir le dira.

Et maintenant, après deux ans de présence plutôt discrète de ce côté-là sur Mastodon, j’ai décidé de créer un autre compte où je peux laisser s’exprimer cette autre facette de ma personnalité et ne plus avoir peur de ce que les autres penseront, ou pas de mes messages et du contenu que j’y poste et partage.

Si j’ai choisi d’avoir deux comptes, ce n’est pas parce que j’ai honte de quoi que ce soit mais en deux ans de présence sur Mastodon, je n’ai jamais parlé de, et encore moins posté, sur ces sujets et ça pourrait amener de la confusion. Je ne fais pas de mystères quant à qui je suis et mon profil n’est pas caché, celui qui voudra le trouver, le trouvera et il est libre de le consulter ou pas.

Cela peut paraître un détail pour vous qui me lisez, mais pour moi, ça veut dire beaucoup!

Redécouvrir mon corps… et redéfinir le plaisir!

Tout ce processus est l’occasion de redécouvrir mon corps, trop longtemps délaissé et même s’il y a des pannes (nombreuses), on peut découvrir d’autres façons d’atteindre le plaisir!

Je teste avec plus ou moins de succès des jouets et certains seront plus à même de me procurer du plaisir que d’autres, ça, c’est déjà un fait acquis. J’ai toujours aimé,par exemple, les anneaux péniens (cockrings), je leur découvre une utilité mécanique même si imparfaite. Tout cela contribue à redécouvrir mon corps et mes envies et à booster la confiance en soi.

Si, je ne me sens pas encore prêt pour redécouvrir la joie de partager un moment intime avec un homme en réel, cela ne veut pas dire qu’il m’est interdit de prendre du plaisir en solitaire, à mon rythme, selon mes envies. Le sexe en solo est une alternative qui me semble tout à fait acceptable et qui pourra m’aider grandement.

Je ne suis pas un grand consommateur de films X, et encore, si j’en visionne un, ce sera plutôt du vintage (ceux des années 1970/1980 en particulier) que je trouve plus inspirants que les films actuels. Par contre, j’ai une imagination débridée lorsqu’il s’agit d’imaginer des scènes érotiques et chaudes rien qu’en regardant une photo! Et ce cinéma là est le meilleur de tous pour moi!

J’aime bien dessiner et là aussi, je prends du plaisir à m’inspirer de photos pour en faire des créations personnelles voire, à réaliser une planche de BD carrément pornographique. C’est jubilatoire et ça me plaît car ça casse mes codes et ça fait sauter mes verrous. De nouveau, cet accord toltèque résonne ici aussi! Ne pas en faire une affaire personnelle si certains n’aiment pas, trouve ça dégoûtant, … Si ça amuse et procure du plaisir à quelques personnes, ça sera tout à fait positif.

J’ai aussi redécouvert le côté excitant d’échanger des propos coquins et ce d’autant plus que j’imagine facilement la scène dans ma tête.

Ainsi, même sans érection, même sans orgasme, je prends du plaisir et j’en procure peut-être aussi et cela contribue au bien-être aussi.

En conclusion

Croire que tout est figé une fois pour toutes, est la pire des erreurs que l’on peut commettre. Etre capable de reconnaître les problèmes, les accepter, c’est déjà la moitié de la guérison.

Trouver d’autres manières de vivre sa sexualité fait partie du processus de guérison et tout ce qui procure du bien-être ne pourra qu’être bénéfique à soi mais aussi aux autres!

Comment tout cela évoluera-t-il? Je n’en sais rien moi-même mais je prends beaucoup de plaisir à explorer cette facette et me sens d’ores et déjà libéré d’un sacré poids!

Merci à ceux qui m’ont directement ou indirectement aidé à progresser!

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⚠️ Mise en garde : dans cet article, il est question de coming-out mais aussi d’homophobie parentale.

Introduction

Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais fait de coming-out au sens où il n’y a pas eu de moment solennel… Pas de “J’ai quelque chose d’important à vous dire” chez moi. Pas un mais des dizaines de coming-out tout au long de ma vie sans grand effet d’annonce!

Quand j’y repense cependant, c’est par le truchement de la bande dessinée que je réalisais en 1984-1985 que j’ai fait mon plus beau coming-out! De manière naturelle, sans complexe et sans me poser de question, par l’intermédiaire de mes personnages dont l’un deux s’appelait… Éric et qui n’était autre qu’une version adulte de l’adolescent que j’étais.

Une histoire que je vais vous conter ici...

Kevin & Éric

Pour ma première vraie bande dessinée, je n’avais pas cherché bien loin pour les personnages, j’avais pris des acteurs, des sportifs, un des maîtres-nageurs de la station balnéaire où je passais les vacances, des potes de classe et moi-même donc… C’est d’ailleurs en juillet 1984 que j’avais commencé cette bande dessinée se déroulant à la côte belge.

Pour l’époque, et aussi bizarre que cela puisse paraître aujourd’hui, un duo masculin comme personnages principaux d’une bande dessinée n’avait rien d’extraordinaire : Tintin et Haddock, Spirou et Fantasio, Tif et Tondu, … Les duos mixtes ou les duos féminins étaient rares voire inexistants! Un des premiers “couples” en BD furent Natacha l’hôtesse de l’air et son inséparable Walter, son collègue gaffeur. Il n’y avait jusqu’alors rien de surprenant dans ma bande dessinée.

Non, l’événement, qui a posteriori est clairement une indication de mon orientation sexuelle et de l’acceptation de celle-ci apparaît dans quatre cases d’une plache réalisée un an plus tard : l’ennemi de mon duo d’aventuriers est retrouvé mort et il s’avère que c’est le frère de Kevin. Une sombre histoire de vengeance après une trahison. Une case montre clairement deux hommes enlacés. Élément plus troublant, c’est la réaction du père qui chasse son fils homo. Sur le moment même, je dois avoir été inspiré d’une scène du feuilleton Dynasty où il y avait un personnage homo répondant au nom de Steven Carrington mais aujourd’hui, je me demande si inconsciemment, il n’y avait pas déjà une crainte instillée dans mon esprit sur la réaction qu’auraient mes parents. Difficile à dire. Cependant, ces cases sont pour moi un témoignage de mon interrogation inconsciente à propos de mon orientation sexuelle et l’implication de celle-ci.

Ce qui me frappe plus encore aujourd’hui, c’est que personne n’ait réagi en voyant ces cases car je publiais cette BD, sous forme de fanzine que et je vendais pour me faire un peu d’argent de poche et mes principaux lecteurs étaient quand même la famille. N’ont-ils pas voulu voir? N’ont-ils pas regardé? La deuxième option est la plus vraisemblable… ma mère n’avait, par exemple, aucun intérêt pour mes dessins, mon père, à peine plus!

Voici les quatre cases en question.

Quatre cases de bande dessinée où il est question d'homosexualité et d'homophobie

Au niveau des dialogues, il y a deux choses assez antagonistes : d’une part, il y a un dialogue entre les deux amants qui est d’une banalité sans nom (j’avais 15 ans et aucune expérience encore!) mais la réaction du père et le mot “tapette” qu’il emploie, je pense savoir pourquoi je l’ai utilisé.

Un jour, j’étais avec mes parents dans le piétonnier d’Oostende et alors que nous passions devant le magasin de vêtements C&A, je vois dans la vitrine une belle chemise couleur lilas pastel, c’était la mode de l’époque. Je fais part que je la trouve belle. La réponse de ma mère a été d’une violence verbale rare et m’a infligé une honte sans nom: “Je ne veux pas de tante à la maison!”. Rien que d’y penser, je revois les regards des passants sur moi ou sur ma mère, peut-être sur les deux… mais je ressens toujours toute l’homophobie de ma mère comme si c’était hier! Car oui, je peux le dire sans hésiter, ma mère est profondément homophobe voire pire… vous savez ce mot commençant par “f” (J’en reparlerai dans un autre billet).

Cette violence verbale m’a fait plus mal que mille gifles et a laissé une trace indélébile dans ma mémoire. Bref, ça ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices… mais je préférais ignorer… enfin, j’essayais…

1988

Les années passent, j’ai mes premières expériences et je n’ai plus de doute sur mon orientation sexuelle. Personnellement, je n’ai pas de problème et les quelques personnes qui savent, sont cool avec ça et bienveillantes, ce qui pourrait me donner l’envie, malgré tout, de faire un coming-out. J’en ai assez d’entendre mes parents, et ma mère surtout, dénigrer à qui mieux mieux les homos qu’on voit à la télé, en rue, … et surtout les questions du genre “quand est-ce que tu nous ramènes une copine?”…

A l’école, j’ai un très bon ami, Philippe, qui, j’en suis certain est homo mais ne s’accepte pas… Il sombre dans la dépression. Je lui apporte les notes de cours et lui tient compagnie. Je lui fais part de mon désir de tout balancer comme ça d’un coup à mes parents…Il m’en dissuade craignant que je me retrouve à la rue… Sur le moment même, je trouve qu’il n’a pas tort… mais d’un autre côté, j’étouffe littéralement dans ce milieu familial hostile… Evidemment, j’aurais pu trouver refuge chez ma grand-mère maternelle mais ça aurait eu pour conséquence de la mettre en porte à faux vis-à-vis de sa fille et je ne voulais pas lui imposer ça, elle en avait déjà assez bavé dans la vie…

Je continue donc ma vie, en cachette pour mes parents, et ouvertement pour la plupart des autres, y compris mes camarades de classe. Une école d’art a peut-être l’avantage d’être fréquentée par des personnes plus ouvertes d’esprit, y compris les professeurs.

Au début de la vingtaine, je deviens majeur et peux dès lors fréquenter des endroits qui m’étaient jusqu’alors interdits et je ne me prive pas. Mes parents ne remarquent rien, preuve pour moi de leur inintérêt pour la vie des autres... Arrive un jour où je fais une rencontre avec un gars dix ans plus âgé que moi. Nous décidons de nous revoir et ainsi commence ma première longue relation, c’était en 1991 et j’étais au service civil à l’Université de Liège.

Sortie du placard

Même s’il y avait beaucoup de personnes qui connaissaient ou avaient deviné mon orientation sexuelle, la plupart, pour ne pas dire toutes, s’en fichaient royalement, sans doute avoir fait mon service civil en faculté de psychologie sociale m’aura aussi aidé. J’ai pu trouver des ressources pour comprendre et achever le processus d’acceptation. Je me souviens aussi avoir eu un énorme crush pour un des assistants dans le service de psychologie cognitive où je servais de cobaye volontaire pour des expériences. Thibault, un charmant garçon, était loin de me laisser indifférent et malgré que je foirais ses expériences avec des résultats hors normes, il m’appelait malgré tout souvent pour participer à d’autres tests… Je n’ai jamais oser faire le premier pas… timidité maladive quand tu nous tiens! Malgré tout, je ne l’ai jamais totalement oublié et ça reste un souvenir teinté de douce mélancolie.

Entre 1991 et 1992, j’ai passé plusieurs fois quelques jours chez une cousine de ma grand-mère qui habitait près de Maastricht aux Pays-Bad. J’envisageais même de partir vivre là-bas, le pays me semblant plus ouvert que ne l’était la Belgique de l’époque…

Un jour de juillet 1992, la cousine de ma grand-mère m’a demandé de but en blanc, un matin, si j’étais homo. Comme d’ordinaire, lorsque l’on me posait la question, j’ai répondu avec autant de franchise et d’aplomb, que oui, j’étais homo. Elle m’a répondu qu’ils s’en doutaient, son mari, son fils aîné et elle-même mais que ça ne changeait rien… Bon, la réalité a été un peu autre… puisque je n’ai jamais plus été invité.

Mes parents étant en vacances en ce même mois de juillet, je logeais chez ma grand-mère et voilà qu’à peine rentré qu’elle vient avec la même question! Coïncidence ou est-ce que sa cousine lui avait téléphoné, je n’ai jamais pu le savoir. Bien sûr, pour ma grand-mère, qui en avait vu d’autres dans sa vie, ça n’était pas une catastrophe, tout ce qu’elle voulait, c’est que je sois heureux. Elle se doutait bien de quelque chose car à chaque Gay Pride à Bruxelles, elle avait cru me voir… ce qui était impossible, je n’ai jamais participé à une Gay Pride et certainement pas à cette époque!

Ce qui m’a le plus marqué, c’est lorsqu’elle m’a fait part de ses craintes quant à la réaction de sa fille, ma mère donc, le jour où elle apprendrait que j’étais homo… Cela a été notre secret pendant une bonne année, elle avait même proposé de venir avec mon ami chez elle pour plus de tranquilité.

1993

A la sortie du service civil, je devais être engagé aux chemins de fer mais ma myopie a été le facteur qui m’en a empêché et je me retrouvais à devoir rester chez mes parents plus longtemps que prévu… De plus, en période de récession économique, pas facile de trouver un job… J’ai même été jusqu’à Londres pour en décrocher un, tout faire pour partir loin de mes parents tant je n’en pouvais plus!

Un soir d’août, alors que je rentre avec le dernier train, après avoir passé la journée avec mon ami, mes parents m’attendent dans le salon plongé dans la pénombre. Bizarre, d’autant que d’ordinaire, ils sont déjà au pieu quand je rentre puisque j’ai ma clé.

Tu n’as rien à nous dire?” est leur bonsoir… Sur le moment, je ne comprends pas… alors la question se fait plus précise : “Est-ce que ton ami, c’est juste un ami ou plus?”. Bon, le moment de vérité est là, et je ne vais pas reculer ou nier, pas devant eux, peu m’importe ce qui arrivera, je suis prêt! Et je leur dis, simplement que oui, c’est plus qu’un ami.

Mon père, comme à son habitude, n’a pas réagi plus que ça… il n’a jamais eu beaucoup d’intérêt pour moi, c’était sa façon de me punir du fait que je ne voulais pas suivre les choix qu’il entendait faire à ma place pour ma propre vie. La réaction de ma mère a été conforme à ce que j’attendais : “Mais qu’est-ce qu’on a mal fait?”… Je n’ai même pas essayé de lui expliquer qu’il n’y avait rien de mal, qu’il n’y a rien de mal fait, ni de coupable, que sais-je? Cela n’aurait, de toute façon, servi à rien.

Mon père a ajouté qu’il ne voulait plus que j’ai des relations intimes sous son toit. Comment il savait? Il avait fouillé dans la poubelle et avait trouvé un préservatif usagé! Non, mais franchement?!

Les jours qui ont suivi, ont été bizarres… aucun des deux n’a à nouveau abordé le sujet et pour ma part, je n’estimais pas à avoir à me justifier de quoi que ce soit. Mon frère cadet, lui s’en moquait littéralement que je sois homo ou pas, d’ailleurs, il était déjà au courant depuis un moment, c’était notre complicité et notre pacte, toujours là l’un pour l’autre face à nos parents et il n’a pas failli et à aucun moment je n’ai imaginé qu’il aurait vendu la mèche et m’aurait trahi! Ou alors, plus grave, il aura subi des pressions de mes parents… Laissons le bénéfice du doute!

Heureusement pour moi, peu de temps après, j’ai eu un premier job plus ou moins stable et ai profité pour lever le camp de chez mes parents et vivre ma vie en mettant toujours un peu plus de distance entre eux et moi et en me constituant une famille de rechange avec quelques personnes que j’appréciais et qui m’appréciaient. (J’y reviendrai aussi).

Ma mère a continué d’être homophobe et mon père, je n’ai jamais su…

Conclusion

Voilà, comment s’est déroulé un coming-out qui n’en était pas un! Tout au long de ma vie, j’ai du être suffisamment à l’aise avec mon orientation sexuelle au point que beaucoup de mes collègues venaient me trouver en me demandant si c’était vrai ce qu’on disait à mon propos. Je répondais toujours le plus simplement du monde : oui, c’est vrai ce qui me valait comme réponse : “en te voyant, on ne croirait pas”! Ce genre de réaction est assez typique et je ne m’en suis pas formalisé outre mesure… les stéréotypes ont la vie dure!

Comme toujours, je suis intéressé par vos retours. Chacun aura vécu sa sortie du placard d’une manière ou d’une autre (ou pas du tout) mais la chose la plus importante, ce n’est pas le coming-out, c’est essayer d’être heureux, en accord avec son être profond et bienveillant envers soi.

#gayfr #témoignage #comingOut #homosexualité #homophobie #homophobieParentale #ViolencesFamiliales


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Avant-propos

Dans ce billet, j’ai envie d’évoquer un sujet qui finalement concerne tout le monde : l’attirance dans les relations personnelles et sentimentales et particulièrement des attirances atypiques où il y a une assez grande différence d’âge entre les protagonistes.

Je me pose depuis longtemps la question pourquoi certaines personnes sont plutôt attirées par ceux/celles qui sont plus âgés qu’eux et pour quelles raisons, s’il y en a. J’aborde ici l’attirance intellectuelle plutôt que physique, cette dernière répondant à d’autres critères, me semble-t-il.

Je partirai, comme à chaque fois dans ce blog de mon expérience personnelle pour tenter de trouver des réponses à ces questions, qui, oui me taraudent et parce que j’ai constaté au fil du temps, que cette attirance évoluait. Je suis curieux aussi de savoir si d’autres dans le même cas que moi, ont trouvé ne fut-ce qu’un début de réponse.

Une enfance et une adolescence très solitaire

Ce n’est plus un secret pour ceux qui me lisent régulièrement sur ce blog ou sur mon blog spirituel. L’enfance et l’adolescence dans une famille dysfonctionnelle en proie aux problèmes d’alcoolisme et de la violence n’est probablement pas l’endroit le plus idéal pour grandir sereinement.

Je ne souhaite pas faire du pathos et je n’aborderai pas ici les événements, qui selon moi, ont contribué à me faire grandir trop vite et me retrouver à dix ans adulte avant l’heure. J’avais évoqué dans mon introduction sur mon blog spirituel cet épisode où l’institutrice avait posé la question à ma mère si elle se rendait compte que j’avais des réactions d’adulte alors que j’avais seulement dix ans. Est-ce là le point de départ d’une évolution qui fera que dès l’adolescence, je me sentirai plus en phase avec des personnes plus âgées que moi qu’avec celles de mon âge? Je pense, avec le recul, que oui.

Et en effet, lors de mes humanités, je préférais traîner avec les élèves de 5ème ou de 6ème (= années de fin du cycle secondaire) qu’avec ceux de ma classe de première année, ce qui m’obligeait à franchir la grille de séparation entre les deux préaux et qui m’a valu plusieurs fois d’être rembarré à mon grand dam! Les gars et les filles de mon âge ne m’intéressaient pas! Il y avait aussi quelques professeurs avec lesquels je pouvais discuter de sujets qui, à priori, n’intéressaient pas les jeunes adolescents et c’était une belle bouffée d’air dans une vie assez morne.

Lors que je suis arrivé dans l’enseignement artistique, en troisième secondaire à l’âge de 14 ans, les classes étaient plus mélangées et il y avait des camarades de classe qui étaient déjà plus âgés, c’était avec eux que j’avais les meilleurs contacts. Du côté des profs, par contre, c’était plus mitigé… certains étant plus gamins que les ados de 15-16 ans que nous étions! Deux exceptions : ceux d’histoire de l’art. Le premier, car il avait rencontré Dieu et ça a été l’occasion d’échanges sur ce sujet qui me passionnait (déjà)! L’autre, c’était une dame assez distinguée et qui portait à ravir des chemisiers très transparents! J’ai beau être homo (enfin, je sentais déjà bien que j’étais plutôt attiré par les hommes, incluant même dans une bande dessinée réalisée à l’époque l’homosexualité et sa représentation (soft), en dessin) mais j’étais sous le charme et pas totalement indifférent ce que laissait transparaître les chemisiers de cette dame qui, en outre, avait un don pour faire aimer l’art!

Etant curieux de tout et insatiable lorsqu’il s’agit d’apprendre de nouvelles choses, j’étais loin des préoccupations de mes camarades de classe. Mon adolescence a été très solitaire et j’avais très peu d’amis. Et les quelques amies et amis que j’avais étaient des adultes dont une en particulier qui tenait le kiosque à journaux de la gare. Elle a été, avec sa mère, une des premières à savoir que j’étais homo et il y avait une telle complicité qu’elle me filait des revues olé-olé quand mes parents partaient seuls en weekend. En dehors de ce petit détail, je pouvais parler librement et sans subir de jugement.

La vie d’adulte

Cette attirance relationnelle pour les personnes plus âgées va se poursuivre au début de ma vie d’adulte et jusqu’à la bonne trentaine.

Mes toutes premières rencontres, et ma première longue histoire étaient toutes avec des hommes plus âgés que moi, souvent une dizaine d’années de plus que moi, voire plus parfois (on ne demande pas l'âge d’emblée et on est parfois surpris!). Où étaient les jeunes-hommes de mon âge (22 à l’époque)? Je l’ignore mais dans les lieux que je fréquentaient, ils n’y étaient pas et ça ne me posait pas de problème particulier d’ailleurs. Ce que je cherchais? A l’époque, je ne me posais pas trop la question à vrai dire, mais avec le recul, des bras protecteurs comme ceux d’un père? Un grand frère à qui je pouvais confier tous mes secrets sans crainte de jugement? Les deux, sans doute et certainement de l’affection que je ne trouvais pas auprès de mon propre père… pour qui je n’avais pas de prénom, je m’appelais “Fils”… pas “Eric”!

Evidemment, tout n’a pas toujours été sans accroc car à vingt-deux ans, on a encore peu d’expérience de vie et cela peut créer des frictions surtout si le partenaire entend jouer un rôle autoritaire… ce que je fuyais justement!

Dans l’ensemble, malgré tout, je me sentais très bien avec ces hommes plus âgés avec qui je pouvais échanger sur toute une série de sujets que je ne pouvais aborder avec des personnes de mon âge et encore moins avec mes parents.

Ainsi, un manque d’affection, une enfance et une adolescence volées et solitaires, une maturité plus grande que la normale et une recherche de stabilité, c’est certainement le cocktail qui, du haut de mes 56 ans, je vois comme étant la cause de cette attirance pour les personnes plus âgées que moi dans mes relations sociales.

A la toute fin de la vingtaine et après une première rupture, j’ai remis mon destin dans les mains d’un gars qui tenait une sorte d’agence matrimoniale pour homos. Je cherchais toujours la stabilité mais lui, contrairement à moi, pensait que quelqu’un de mon âge serait mieux pour moi… Après coup, ce ne fût pas le meilleur choix même si il y avait une certaine complicité du fait d’avoir des souvenirs en commun concernant certains domaines… mais ça s’est terminé sur un fiasco retentissant et douloureux!

Me voici dans la trentaine bien entamée lorsque je me retrouve seul, et à nouveau c’est vers des personnes plus âgées que moi que je me tourne. Nous sommes aux débuts d’Internet et des sites de rencontres… J’étais inscrit sur un site plutôt orienté ours et leurs admirateurs et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’étais paumé dans ce monde virtuel… quand la plupart se contentaient de quelques photos et d’une bio très succinte, je m’efforçais d’écrire une bio assez complète et forcément, je n’avais pas beaucoup de succès. Néanmoins, de cette époque, j’ai gardé deux belles amitiés qui perdurent encore aujourd’hui. Mais voici que si je continue à préférer la compagnie de personnes plus âgées que moi, je constate que des hommes plus jeunes me contactent plus souvent qu’avant. L’expérience le plus marquante sera celle que j’ai relatée dans cet article où j’expliquais comment j’étais devenu père sans le savoir.

Plus j’avançais vers la cinquantaine, plus cette tendance à susciter l’intérêt de personnes plus jeunes s’intensifiait si bien que je me retrouvais dans l’exact contraire de ce que j’avais vécu jusqu’alors. Ce n’était plus moi qui cherchait du réconfort ou des conseils mais c’est moi, qui en donnait. Cela m’a troublé (et me trouble encore aujourd’hui). On pourrait dire qu’il s’agit là d’une évolution normale, qu’il s’agirait d’une sorte de relais de flambeau, oui, c’est peut-être ça.

Aujourd’hui, j’ai de bons contacts avec les personnes de mon âge, car eux aussi ont vieilli et sont devenus (pour la plupart) matures et j’ai de bons contacts avec des personnes plus jeunes. Cela me permet de rendre un peu de ce qui m’a été donné lorsque j’avais vingt ans.

Cette inversion a été l’occasion de pérégrinations mentales intenses tant cela me troublait, bien plus que je ne le pensais! C’est sans doute la rançon d’avoir franchi le cap de la cinquantaine, peut-être? Est-on plus sage, plus posé? Peut-être mais surtout, je pense que nous nous dénigrons parfois en pensant que notre temps est passé, que nous n’avons plus de valeur! Cet intérêt suscité (je parle ici surtout sur un plan relationnel, social) est la preuve du contraire et dans le monde, il y a sans doute beaucoup de jeunes de vingt, et d’hommes de trente ou quarante ans qui vivent/ont vécu des histoires semblables tout en étant différentes parfois.

Certaines rencontres sont encore plus troublantes et ont des conséquences encore plus étranges! C’est l’une de ces rencontres inattendues qui me permet aujourd’hui d’écrire des articles très personnels, intimes et sans fard, une rencontre qui fait sauter les verrous les uns après les autres et cette fois, le plus jeune apporte au plus âgé tout autant qu’il reçoit du plus âgé. C’est comme le yin et le yang, les deux faces d’une même pièce et finalement l’achèvement, peut-être, d’un long processus.

Quoi qu’il en soit, je suis heureux si je peux apporter du bien-être à quelqu’un peu importe son âge et d’apporter cette écoute attentive et bienveillante à cette personne en particulier et de la recevoir de sa part aussi. Une complicité hors du commun s’est développée de manière naturelle et assez rapide; nos échanges ont vite été très personnels, dans le respect de nos différences et sans tabous. Ainsi pour conclure ce billet, je voudrais juste dire:

Merci à toi mon ami pour nos échanges et cette complicité, qui je l’espère durera encore longtemps! Cet article t’est dédié!

Vos retours m’intéressent, comme toujours.

#gayfr #relationsSociales #amitié #complicité #attirance #homosexualité #échanges #témoignage #blog


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Avertissement : Cet article aborde le thème de la maladie ayant entraîné le décès de mon frère cadet.

Coucher de soleil sur Arlon

Le matin du six juillet deux mille huit, un dimanche, restera la date la plus douloureuse de toute ma vie. Ce matin-là, vers huit heures, j’ai reçu un appel de mes parents pour m’annoncer le décès de mon frère cadet qui avait à peine trente-deux ans… Un séisme sans nom!

Plusieurs mois auparavant, il avait déjà été hospitalisé pour une hépatite A mais les médecins n’avaient pas vu que le pancréas était sévèrement atteint. Du repos lui avait été prescrit pour se remettre de cette hospitalisation mais chassez le naturel et il revient au galop. Mon frère était voué corps et âme à son boulot d’expert-comptable auquel s’ajoutaient des cours dans une haute école, une chorale et était encore l’organiste dans une paroisse. Cet emploi du temps n’était pas de nature à aider à sa guérison et son épouse ne lui apportait pas beaucoup d’aide… Les repas du soir, c’était plus souvent des plats de la friterie que de la cuisine maison… Je reste convaincu que cet acharnement dans les activités professionnelles et autres était une échappatoire à une vie de famille au bord de l’effondrement. Ce qui le retenait, c’étaient ses deux enfants, mon neveu, qui avait huit ans à l’époque, et ma nièce qui venait de naître au début de l’année.

Mon frère et moi avions eu une dispute sur le fait qu’il ne prenait pas de temps pour respirer… j’étais en rage de le voir s’enfoncer dans cette boulimie de travail et activités et je l’avais mis en garde, je m’en souviens bien, qu’un jour, il se lèverait et ferait une attaque ou quelque chose du genre s’il continuait ainsi! Cette dispute avait eu lieu lors d’un rare dîner en famille où même là, un dimanche, le téléphone n’arrêtait pas de sonner : des clients qui avaient besoin d’un renseignement urgent… Sérieusement, le dimanche midi?!

Son épouse ne m’aimait pas parce que je disais ce que j’avais à dire. Et pour être honnête, je ne la portais pas dans mon cœur, incapable de tenir un ménage, de faire la cuisine, toujours dans les jupes de sa mère et fainéante. Je me suis toujours demandé ce qu’il lui avait trouvé… mais bon, ne dit-on pas que l’amour rend aveugle… à moins qu’il n’y ait une autre raison, j’y reviendrai plus loin.

Trois semaines avant la date fatidique, il avait été admis aux urgences un vendredi soir car il avait des douleurs insupportables dans l’abdomen. A l’hôpital, il a fallu insister pour que l’on daigne lui administrer quelque chose pour calmer les douleurs. Quelques jours plus tard, il était transféré aux soins intensifs, mis sous respiration artificielle et sous sédatif tant il était agité. Une pancréatite aiguë avait été décelée et le pronostic vital était engagé. Commencèrent trois semaines de stress intense mais je refusais de baisser les bras et même si je n’étais pas très porté sur la prière, je croyais à la puissance que celle-ci peut avoir. Malheureusement, elle n’aura manifestement pas été assez forte pour le sauver…

Travaillant à Arlon avec les horaires irréguliers propres au personnel de train et n’ayant pas de voiture, il m’était difficile d’aller le voir aussi souvent que j’aurais souhaité mais je prenais de ses nouvelles chaque jour sans exception. Lorsque j’allais le voir, j’étais dévasté de le voir inerte sur son lit, lui qui était toujours occupé à quelque chose.

Quelques jours avant son décès, il y avait eu une amélioration et il avait pu même quitter le lit et prendre place dans le fauteuil. Espoir immense que les choses allaient s’améliorer.

Le weekend, j’avais de la visite d’un ami qui venait de loin et à qui je devais faire visiter la ville. La nuit du samedi au dimanche, vers deux heures du matin, je me suis réveillé avec un sentiment curieux. Une impression bizarre, quasi indescriptible, un lien rompu, un fil coupé… J’étais troublé et parvins difficilement à me rendormir. Arriva la nouvelle le matin vers huit heures. J’ai, par après, fait le rapprochement avec le malaise de la nuit et aujourd’hui encore, il m’arrive fréquemment de me réveiller sur le coup de deux heures du matin…

Lors de cet appel du dimanche matin, pour la première fois, mes parents me dirent qu’ils avaient besoin de moi à leurs côtés alors que jusque là, j’avais été transparent, inexistant. Malgré la contrariété, je n’ai pas hésité à prendre la route de Liège. C’est l’ami en visite qui m’y a conduit pour aller plus vite.

Une fois arrivé, je me suis demandé dans quel mauvais film je jouais… La mère de ma belle-sœur en train de tout régenter et intimant à mon neveu de huit ans de se conduire en homme et que dorénavant, c’était lui qui devait veiller sur sa mère et sur sa sœur! Comment peut-on mettre une telle pression sur un gamin de huit ans qui vient de perdre son père de surcroît!? Je sentais la colère monter en moi… mais je me suis retenu… cela n’aurait servi à rien et ça n’était pas le moment.

De la part de mes parents, je n’ai pas eu beaucoup plus de réconfort… et j’ai du encaisser pas mal de choses… A peine arrivé, j’étais déjà redevenu transparent… inexistant. Je peux comprendre que dans la douleur on s’égare et que perdre un enfant est quelque chose dont on ne se remet jamais tout à fait mais perdre un frère, est tout aussi douloureux et je n’ai eu droit qu’à un peu de réconfort de ma grand-mère maternelle, comme toujours. Elle-même était dévastée car ce n’était pas logique qu’il soit parti avant elle…

Le boulot m’avait donné congé pour le lendemain mais je me sentais inutile et finalement, je me demandais pourquoi j’étais venu… je décidai donc de repartir vers Arlon et par chance, j’avais une collègue qui était à Liège en voiture et m’a proposé un lift. J’ai rappelé le boulot pour dire que je viendrais travailler le lendemain, je préférais avoir l’esprit occupé par autre chose. De toute façon, il n’y avait plus rien à faire!

L’enterrement avait lieu le mercredi. Et ce fut le début d’une série d’événements déroutants! A l’église, je me suis rendu compte encore une fois combien j’étais inexistant et transparent. On ne m’a pas demandé si je voulais dire un mot et je ne compte plus les personnes présentes qui me demandèrent qui j’étais par rapport au défunt… c’était comme si je n’avais jamais eu de frère… J’étais entre tristesse et colère d’être traité comme un étranger alors que c’était mon frère que j’enterrais! Je ne suis sans doute pas le seul à qui ce genre de choses est arrivée et je ne souhaiterais à personne, pas même à mon pire ennemi, de vivre une chose pareille!

Je ne m’étendrai pas sur le comportement de ma belle-sœur tout au long de la journée et jusqu’à la mise en bière… hurlant des “pourquoi m’as-tu abandonnée?” à tout bout de champ! Comme si mon frère avait décidé de mourir!

Je suis reparti peu après la mise en bière, tant je n’en pouvais plus de cette mauvaise comédie… tout comme ma grand-mère d’ailleurs.

J’ai eu le contre-coup plus tard et une partie de mes problèmes de santé viennent de cette épreuve. Il y a néanmoins du positif, de cette épreuve, j’ai gagné deux belles amitiés avec deux personnes rencontrées sur Internet et qui sont devenues des amis très proches, deux amitiés qui durent depuis dix-huit ans!

Ce n’était pas la fin des contrariétés familiales cependant… Quelques semaines plus tard, me voilà soumis à un interrogatoire en bonne et due forme de la part de mes parents. La cause? Ma chère belle-sœur avait découvert des mails sur l’ordinateur de mon frère concernant des réservations d’hôtel et des rendez-vous avec des hommes. Lorsque j’ai demandé à voir ces fameux mails, comme par hasard, elle les avait effacé dans la colère… Sérieusement? Elle qui à peine deux mois après le décès de mon frère avait déjà quelqu’un d’autre!!!

Et voici que mes parents entrent en scène et avec des accusations à peine voilées, veulent savoir si j’étais au courant et si oui, pourquoi je le leur avais caché!!! Le fait était que je n’étais pas au courant et que quand bien même j’aurais su, ce n’était pas à moi à en faire part. Point! Inutile de dire qu’ils n’ont pas été satisfait de ma réponse et le pire a été lorsqu’ils m’ont demandé s’ils étaient des monstres au point que mon frère ne se serait pas confié à eux. Mon cœur hurlait, que oui, c’était des monstres qui nous avaient maltraités psychologiquement pendant de nombreuses années mais ma réponse fut simplement qu’il y avait des sujets difficiles à aborder avec eux tant leur esprit était étriqué.

Mon frère et moi, n’étions pas souvent d’accord entre nous mais il y avait une chose sur laquelle nous pouvions compter l’un sur l’autre, c’était le respect de la vie privée de l’autre tout en sachant que l’autre serait là dans le besoin. J’ai toujours eu le sentiment que mon frère s’était sacrifié et avait gâché sa vie pour vivre une vie qui n’était pas la sienne et donner des petits-enfants à mes parents puisque moi, je ne leur en donnerais pas… Vous comprendrez que je ressens une certaine culpabilité par rapport à tout cela alors que je ne devrais pas, en fin de compte. Si mes parents n’avaient pas exercé des pressions concernant le mariage et d’avoir des petits enfants, sa vie aurait sans doute été toute autre et il serait peut-être toujours en vie…

Depuis dix-huit ans, je traîne ce poid immense et je n’ai pas encore vraiment réussi à faire mon deuil… avec une double culpabilité : je n’ai pas dire lui dire au revoir, le cercueil ayant du être refermé très vite et le sentiment qu’il a sacrifié sa vie…

Il y a aussi la manière dont il a été soigné qui reste questionable jusqu’à ce jour… J’ai bien tenté d’en savoir plus auprès des médecins de l’hôpital (qui ne reconnaîtront jamais qu’ils ont commis une erreur de jugement – pour eux, mon frère était alcoolique – et qu’ils n’ont pas fait ce qu’il fallait dès le début de l’hospitalisation, voire qu’ils avaient loupé la pancréatite quelques mois auparavant)… mais contre les médecins, c’est un peu être comme Don Quichotte… C’est aussi une triste réalité. Il me faudra rester avec cette cause de décès : septicémie due à une nécrose totale du pancréas et d’autres organes.

En perdant mon frère, j’ai perdu l’unique personne de la famille, hormis ma grand-mère maternelle, qui m’acceptait tel que j’étais et qui prenait ma défense et qui me rendait moins transparent et moins inexistant.

Mes neveu et nièce, je ne les vois plus, je suis persona non grata, un mauvais exemple aux yeux de ma belle-sœur. Subir l’homophobie dans sa propre famille, c’est le pire qui puisse arriver… mais ça, cela fait longtemps que j’ai décidé de ne plus m’en inquiéter. Et si mon neveu et ma nièce avait voulu, ils auraient pu me contacter, ils ne l’on jamais fait. et lorsque je les voyais chez mes parents, une tension, un malaise était palpable de leur côté.

Depuis 2008, la première semaine de juillet est un moment difficile à passer et j’espère que d’avoir, pour la première fois, mis par écrit mes ressentis, j’arriverai enfin à trouver une certaine forme de paix et à avancer. Pas un jour, que je ne pense à lui. Nul besoin de visite au cimetière pour ça! Penser à lui, me donne l’impression qu’il est toujours vivant quelque part au fond de mon cœur, c’est peu et c’est déjà beaucoup!

Un mot, pour finir sur la photo en début d’article : pendant plusieurs jours après l’enterrement, j’ai été au belvédère à Arlon m’asseoir sur un banc pour regarder le coucher du soleil, c’était un des rares moment où j’arrivais à m’apaiser; j’y repense à chaque fois que j’y passe.

Mon frère et moi sur la plage

Une photo du temps de l’insouciance sur la plage en vacances à la mer du nord où nous construisions d’immenses châteaux de sable.

#blog #deuil


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Avertissement : Cet article évoque de manière littéraire ma toute première expérience intime, il y a près de quarante ans. Je la relate car elle m’a marqué de plusieurs manières et aujourd’hui encore, j’ai de la reconnaissance envers celui qui m’a initié. Ce texte ne contient rien d’explicite! A lire avec esprit d’ouverture néanmoins.

Introduction

Précisons tout de suite, cet article n’a rien à voir avec la chanson de Jeanne Mas même si elle est de la même époque et que c’est une bonne chanson!

Par la force des choses et bien malgré moi, j’ai été précoce dans pas mal de domaines… Trop tôt devenu adulte et souffrant d’un manque d’affection, j’avais compris très vite que j’étais différent et à quinze ans je rêvais déjà de me blottir dans les bras d’un homme, et à dix-sept, je suis passé du fantasme à la réalité.

Nous sommes donc en 1987. A cette époque, il y avait un journal toutes-boites dans la région liégeoise qui s’appelait Publi-Hebdo et dedans, il y avait des annonces de rencontres y compris d’hommes cherchant des hommes. Souvent, il y avait soit un numéro réponse à adresser à la gazette mais parfois, certains donnaient un numéro de téléphone. Je scrutais ces annonces avec envie. J’ai même osé téléphoner d’une cabine à certains mais sans succès comme on s’en doute.

Mes rêves étaient souvent peuplés d’hommes, souvent des acteurs de séries télévisées… Je me souviens particulièrement de l’acteur incarnant Francis 14 dans l’âge de cristal qui revenait souvent… Je remarquais aussi que je n’avais d’yeux que pour les hommes pendant que mes camarades de classe étaient plutôt portés sur les poitrines saillantes de certaines chanteuses ou actrices. Oh, il y avait des chanteuses ou actrices que je trouvais belles mais sans plus. Par contre certains chanteurs ne me laissaient pas indifférent. Habitant près de l’Allemagne et des Pays-Bas, j’avais aussi accès à des lectures autres comme le célèbre magazine allemand pour jeunes et donc grand public Bravo et ses pages sexo pour les jeunes… Quelque chose d’inimaginable en Belgique à l’époque. Ce magazine existe toujours aujourd’hui!

En 1987, on était majeur à 21 ans, j’étais donc encore loin d’avoir le droit à fréquenter clubs, bars, saunas ou même acheter une revue spécialisée comme on disait et bien qu’elles furent censurées, elles s’exposaient sans retenue dans les vitrines des kiosques de gare et même chez le marchand de journaux au coin de la rue! Je me souviens qu’il y avait en vitrine des revues homo aussi au titres évocateurs comme Nous ou Boys. C’étaient de petits formats remplis d’histoires stimulantes mais tout cela me restaient inaccessible.

J’avais beau n’avoir que dix-sept ans, je savais, par je ne sais quel miracle où se trouvaient certains lieux de drague homosexuelle en ville. J’avais un peu peur de tomber sur quelqu’un qui me connaisse ou connaisse mes parents alors pour ma première expérience, j’avais choisi la capitale.

Direction Bruxelles

Je ne me souviens plus exactement de la date mais ça devait être fin 1987; mon frère cadet rendait visite à une copine avec qui il s’était lié d’amitié lors des vacances à la mer durant l’été. Comme il n’avait que onze ans, je l’avais accompagné et déposé chez sa copine et devait le récupérer en fin d’après-midi. Pour moi, le programme était différent, il y avait du tram et du métro au programme mais autre chose aussi…

Quelques temps auparavant, j’avais remarqué un curieux manège dans la mezzanine de la gare centrale dans les environs du kiosque à journaux qui se trouvait là à l’époque, il y faisait assez sombre (par comparaison avec aujourd’hui). Ce kiosque avait une vitrine où trônaient toutes les revues spécialisées et j’avais remarqué que des messieurs allaient et venaient ragardant ces revues avec intérêt, s’en allaient et puis revenaient.

Soit, je ne sais ce que j’imaginais mais j’avais envie d’être dans les bras d’un homme et cette envie m’a poussé à moi aussi, déambuler et m’arrêter devant les revues. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’une épaule frôle mon épaule. L’excitation est à son comble mais la panique aussi! Je fais comme si de rien n’était et me remet en marche, passe près du gars qui me sourit. Je reviens vers le kiosque et le voilà qui me frôle à nouveau avant de s’éloigner vers la sortie de la gare dans la rue Ravenstein. Il se retourne pour voir si je le suis. J’hésite, pas très longtemps, et le suis. A la sortie de la gare il s’arrête et moi, pris de panique, je passe comme une fusée devant lui sans m’arrêter et sans le regarder. Je m’arrête un peu plus loin, il est toujours là, il me regarde et me sourit. L’envie étant plus forte que la crainte, je reviens sur mes pas et lui lance tout de go “Vous êtes homosexuel?”. Comme entrée en matière on a vu mieux, je n’en reviens toujours pas que j’ai pu dire une chose pareille à un inconnu en pleine rue! Il me répond posément que oui, il était homosexuel et me retourne la question. Je lui réponds que je ne sais pas encore bien. Il me propose alors d’aller vérifier cela chez lui. Il habite pas loin de là, dans le quartier Louise. J’hésite un instant, j’ai quand même mon frère à récupérer… Quel affaire s’il m’arrivait quelque chose et que je ne sois pas là à l’heure indiquée… Me fiant à mon instinct, je décide de suivre ce jeune-homme et nous voici à la rue Royale pour prendre un tram en direction de la place Stéphanie. Je lui explique que je dois être à tel endroit à tel heure et il me rassure, j’y serais sans faute.

Le grand moment

Plus moyen de reculer, et d’ailleurs, je n’en ai pas vraiment envie. Nous arrivons dans un petit appartement et j’ai une image encore assez précise du lieu et notamment de ce lit à même le sol avec une sorte de moustiquaire noire qui le transforme en nid ou cocon.

Si pour beaucoup, la première fois reste un souvenir assez flou et pas spécialement transcendental, ce ne fut pas le cas pour moi. C’était très doux du début à la fin et avec beaucoup de prévenance. Il m’avait même donné le conseil de voir un urologue car je souffrais d’un phimosis.

J’ouvre ici une parenthèse : Conseil que je n’aurais jamais eu de mes parents, et qui me vaudra un énième dispute avec mon père… mais au moins, j’aurais tenu bon et même s’il n’était pas d’accord, je suis quand même allé voir l’urologue qui avait été formel : soit on pratiquait une ablation du prépuce, soit j’allais vivre malheureux (ses propres mots) toute ma vie. Une opération faite à la mi-juin 1988 malgré l’opposition de mes parents mais mis devant le fait accompli, ils ne purent rien faire, l’urologue avait joué finement, merci à lui! Mon père a fait un scandale à l’hôpital et j’ai du le faire mettre dehors mais ça, c’était une habitude… malgré tout, pour la première fois de ma vie et bien qu’étant mineur au sens de la loi, j’avais décidé pour moi-même et non pas laissé décider quelqu’un à ma place de ce qui était bon pour moi!

Retour à ce jour mémorable. Si j’avais encore des doutes sur mon orientation sexuelle avant ce moment partagé avec ce jeune-homme, ils s’étaient envolés mais une autre crainte apparût aussitôt… Comment mes parents allaient-ils réagir le jour où ils l’apprendront… je n’étais guère optimiste… et craignait de me retrouver à la rue… (bien que j’aurais sans doute trouvé refuge chez ma grand-mère maternelle).

Il m’a remis sa carte de visite et m’a invité à le recontacter si jamais je passais à Bruxelles. Bien sûr, ça ne s’est jamais produit. J’ai bien essayé quelques fois de le joindre mais sans succès mais une chose était sûre, j’avais envie de recommencer et je savais aussi où je devais me rendre pour ça! Et ça n’était qu’un début…

Une surprise de taille, des années plus tard

Il y a des années de cela, au détour de la lecture du journal Le Soir, je m’arrête sur un article et surtout sur le nom d’un pédopsychiatre qui parle de son nouveau livre. Et stupeur, le prénom, peu courant, et le nom de mon premier amant apparaît en toutes lettres! Beaucoup de choses s’éclairent dans mon esprit qui explique pourquoi cette première expérience fut aussi marquante et reste un souvenir éveillant une certaine nostalgie quand j’y repense.

Il y a peu, j’évoquais avec un ami cet épisode de ma vie et en cherchant sur Internet, j’ai trouvé plusieurs pages sur ses livres et ses activités qui ont confirmé que pour une première expérience, je n’aurais pas pu mieux tomber!

Conclusion

Je suis reconnaissant envers cet homme car cette rencontre fortuite m’a donné du courage pour la suite et a surement contribué à l’acceptation de moi-même et à mon auto-détermination.

Néanmoins, aujourd’hui encore, je m’étonne de l’audace et de l’aplomb avec lesquels j’ai abordé ce jeune-homme à l’époque et je me dis que j’étais quand même inconscient dans un certain sens… mais cela est bien connu, les adolescents sont souvent téméraires et impulsifs et je n’ai pas échappé à la règle pour une fois!

Cette histoire peut-être vue en miroir avec un autre billet que j’ai écrit auparavant.

#blog #PremièreFois #homosexualité #adolescence


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Avertissement : cet article aborde un sujet encore trop souvent tabou et est basé sur l’expérience personnelle de l’auteur. Il y est question, comme son titre l’indique des effets secondaires sur la libido et la vie sexuelle de la prise de certains médicaments et des problèmes physiologiques et psychologiques qui en découlent souvent et ajoutent des problèmes aux problèmes. Il se veut un témoignage, veut briser le tabou mais aussi qu’il ne faut pas se résigner.

Introduction

Plusieurs articles de blog récents publiés autour de la vie intime m’ont vivement interpellés et m’ont encouragé à rompre le silence sur le problème, le tabou lié aux effets des médicaments sur la vie intime. Qu’ils soient remerciés ici pour m’avoir fait prendre conscience de l’effet bienfaiteur de la libération de la parole sur ces sujets qui, comme je l’écris ci-avant, sont encore trop souvent tabous dans nos sociétés.

Trop longtemps, j’ai gardé ces choses pour moi, je n’ose même pas en parler à ma généraliste car il y a une forme de honte. Une honte totalement déplacée d’ailleurs!

Grâce à ces personnes qui ont osé se mettre à nu et faire part de leur vécu, j’ai trouvé la force d’enfin moi-même oser parler de ce que je vis depuis de nombreuses années. Qu’ils en soit remerciés et nul doute qu’ils se reconnaîtront.

Je précise d’emblée que je ne rédige pas cet article pour susciter de la pitié ou par mimétisme; je veux simplement partager avec vous et ce qui me ferait vraiment plaisir c’est que l’un ou l’autre des lecteurs trouvera du réconfort en se rendant compte qu’il n’est pas seul. J’écris avant tout pour me libérer de ces liens qui entravent et si même personne ne lit ce blog, l’effet libérateur qu’il ne manquera pas d’avoir sera sans doute de nature à me permettre de me sentir mieux… Je suis convaincu que mettre des mots sur nos maux est le début de la “guérison”.

Hypertension et diabète : des maladies chroniques aux lourdes conséquences

Je souffre d’hypertension depuis l’enfance (j’avais déjà des valeurs de 15/10 à 9 ans!) et prends des médicaments depuis très longtemps pour la faire baisser et la maintenir à un niveau safe. Le diabète de type 2 m’a été diagnostiqué il y a plusieurs années déjà et ce malgré que j’ai toujours eu une bonne hygiène de vie. Ce fût d’ailleurs un mystère pour les spécialistes qui m’ont suivi en début de traitement car sur le plan alimentaire, il y avait vraiment très peu à changer et sur l’activité physique régulière, je n’en ai jamais manqué que ce soit au boulot ou en privé. J’avais la chance d’avoir un job où j’étais en mouvement une bonne partie de la journée de travail… Cela frustre d’autant plus et culpabilise : pourquoi ai-je le diabète alors qu’objectivement, je ne devrais pas? La vie est parfois injuste… On a beau me dire qu’il y a une partie de la faute à pas de chance, j’ai encore du mal… Incriminer les gênes c’est bien mais ça ne fait pas partir cette saloperie.

Des deux, le diabète a les conséquences les plus importantes sur la vie en général et la vie intime, sujet de cet article.

L’hypertension, si elle n’est pas bridée et contrôlée, peut avoir des conséquences graves, notamment provoquer des accidents cardio-vasculaires…

Le diabète, lui, est insidieux et s’attaque au corps et aux terminaisons nerveuses aussi et il est donc capital qu’il soit bien régulé et stable.

Pour contrer ces maladies, il faut prendre des médicaments, beaucoup de médicaments. Je m’estime déjà heureux de ne pas devoir faire des injections d’insuline.

Le diabète peut atteindre certaines terminaisons nerveuses et causer des neuropathies.

Le diabète peut favoriser les mycoses et autres infections au niveau des organes reproducteurs et pour les hommes, le fait que certains vaisseaux très fins dans la verge soient altérés, l’afflux de sang n’est plus suffisant et cela provoque des pannes ou carrément de l’impuissance.

Les béta-bloquants contenus dans les médicaments pour l’hypertension, ont également une influence à ce niveau.

Plus généralement, les traitements médicamenteux pour le diabète et l’hypertension peuvent conduire à une forte diminution de la libido, voire une disparition totale de celle-ci.

Des problèmes psychologiques qui viennent s’ajouter aux problèmes physiologiques

On le comprend, un traitement médicamenteux, et je me limite ici à mon expérience personnelle, car d’autres traitements pour d’autres pathologies ont leur lot de conséquences aussi, n’est pas anodin.

Les conséquences, agissent, et dire le contraire serait mentir, sur la confiance en soi et peu à peu, des troubles psychologiques viennent s’ajouter aux troubles physiologiques ce qui ne manque pas de créer une spirale négative… accentuée par le rejet que l’on vit de la part de personnes en bonne santé, qui souvent ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre et dans notre société de performance, y compris au lit, quelqu’un qui souffre de ces effets secondaires, est victime de la double peine… au point que certains, dont moi, renoncent à toute activité sexuelle car on finit par devenir des objets sexuels dans les mains du partenaire et parfois, il faut encore subir les questions du genre “tu ne prends pas de plaisir, je ne te plais pas, etc…” alors qu’on leur a expliqué ce qui se passait. Outre la perte de confiance en soi, cela s’accompagne souvent d’un repli sur soi pour éviter de souffrir davantage. C’est évidemment illusoire car on échappe à son environnement et il est ce qu’il est, notre environnement sociétal est hyper-sexué à tous les niveaux et basé fortement sur la performance en tous domaines…

Une autre raison qui m’a fait renoncer aux rencontres et à l’intimité est que dans la région où je vis et aussi au Grand-Duché de Luxembourg, les infections aux IST diverses VIH compris explosent depuis quelques années ce qui ajoute un risque aux risques déjà encourus liés au diabète.

On me rétorquera qu’il y a le préservatif, c’est vrai, mais allez convaincre des personnes qui croient que ça n’arrive qu’aux autres et qui font n’importe quoi malgré les risques… C’est loin d’être gagné. Pour moi, qui ai débuté ma vie affective active au début de l’épidémie de VIH, c’est assez choquant de voir le relâchement complet tant des comportements que de la prévention. L’immunité étant diminuée, le risque est trop grand pour être pris.

Heureusement, on peut vivre une relation affective sans activité sexuelle si l’on trouve un partenaire qui est dans la même situation ou qui est compréhensif. Cela est rassurant mais malgré tout, il y a parfois un sentiment de culpabilité (c’est idiot, je sais mais il est là, on ne peut l’ignorer).

Des solutions?

Dans l’article édité par l’Associaition Belge des Diabétiques (on trouvera le lien en bas de page), des pistes de solutions sont évoquées comme la consultation d’un sexologue ou la prise d’un médicament type viagra. Pour ce dernier, ce n’est pas totalement certain que ça soit compatible avec le traitement que l’on prend. Ce n’est pas un médicament anodin.

Personnellement, si je comprends l’aide que pourrait apporter un tel médicament, encore ajouter des molécules chimiques à toutes celles que je dois prendre ne me paraît pas une solution idéale. Un sexologue, pourquoi pas, encore faut-il trouver quelqu’un de sérieux et compétent. En outre, ce n’est pas souvent pris en charge par les mutualités. Dans l’article de l’ABD, on trouvera un lien vers la Société des Sexologues Universitaires de Belgique qui offre au public un répertoire de professionnels dûment qualifiés souscrivant au code d’éthique et de déontologie à l’usage des sexologues.

Il y a aussi des sex-toys qui peuvent aider comme les anneaux péniens (cockrings) mais le résultat n’est pas non plus toujours très probant et ne résout pas le problème de manque/d’absence de libido.

En conclusion

Je pense que la première chose à faire est d’accepter ce qui nous arrive, non pas se résigner mais accepter la situation et chercher, inventer de nouvelles manières pour se réapproprier une forme de vie intime et sexuelle. Cela peut passer par le plaisir solitaire où il n’y aura pas la crainte de décevoir un partenaire, où l’on pourra prendre tout son temps pour soi-même et où il n’y a aucune notion de performance d’aucune sorte. Vu l’offre pléthorique de jouets pour adultes, il y a de quoi trouver son bonheur et si on a la chance de trouver une boutique érotique comme celle qui se trouve à Namur non loin de la gare (Lovely Sins) qui est aux antipodes du sex-shop classique, on pourra, grâce à la bienveillance et l’écoute du gérant, peut-être trouver un début de solution. Le fait de pouvoir parler librement de ce qui nous arrive et recevoir des conseils sans être jugé, c’est déjà un grand point et c’est exactement ce que j’ai vécu lors de ma première visite et cela contribue à faire remonter la confiance en soi.

Je n’avais jamais osé franchir la porte d’un tel établissement depuis longtemps mais cela a été la meilleure idée que j’ai eue depuis longtemps.

Et s’il n’y avait pas eu ces billets de blogs publiés ailleurs, je n’aurais peut-être jamais eu l’audace de me confier aussi ouvertement. Qu’ils en soient remerciés!

Et le fait de me livrer à nu ici dans ce blog contribue aussi à me sentir moins entravé.

J’espère que d’autres personnes qui sont dans le même cas, trouverons réconfort en lisant cet article, c’est la meilleure chose qui puisse être!

La bienveillance envers soi-même et envers les autres, c’est finalement là qu’est l’important et surtout ne pas/plus avoir peur d’en parler!

Liens intéressants pour les diabétiques (ou ceux qui veulent en savoir plus)

#sexualité #diabète #hypertension


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Il y a une semaine, c’était la fête des pères en Belgique et hier c’était au tour de la France et il m’est revenu un épisode de ma vie où tout d’un coup je me suis retrouvé père!

Vous allez penser que je déraille, que le soleil a trop cogné mais non, pour de vrai, j’ai été père pour un instant et c’est cette expérience totalement inédite pour moi que je m’en vais vous conter.

Cela se passait, il y a pas loin de vingt ans déjà. J’avais régulièrement un jeune gars de dix-huit ans, à l’époque (ou tout proche de les avoir) qui m’accompagnait sur le train lorsque j’étais de service vers Bruxelles. Il était passionné par les trains, donc les sujets entre nous étaient avant tout ferroviaires.

Il était là aussi, et m’a bien aidé, le jour où, au retour de Bruxelles, un arbre était tombé sur la caténaire et avait provoqué des dégâts tels que nous avions été immobilisés, incident heureusement sans conséquences graves sinon un gros stress!

Bref, de fil en aiguille, nous avons sympathisé du fait de notre passion commune pour les trains et avons fait quelques virées photos ensemble. C’est lors de l’une d’elles, qu’il me confie de but en blanc que j’avais été comme un second père pour lui. Je tombe littéralement des nues et ne comprends pas ce qu’il insinue…

Pour ceux qui ne me connaissent pas (encore) beaucoup, il faut que je confesse une chose : je suis souvent le dernier à voir ce que tout le monde avait déjà vu, à ne pas voir ce qui est clair comme de l’eau de roche. Vous voyez le topo?

Donc, interloqué, je lui fais part de mon incompréhension et là il me dit, avec un petit sourire, “je suis comme toi!”. Je suis encore plus perplexe, mon cerveau refusant de comprendre le message (je vous ai dit, je suis parfois très lent à la détente) et donc finalement, il me dit très clairement que lui aussi aime les gars et, que grâce à moi et le fait que je vivais ça de manière assez banale, il avait accepté sa différence aisément et n’avait pas ressenti de honte au point d’avoir déjà fait son coming-out envers sa famille (qui était passé comme une lettre à la poste). Wow!

Cela m’a fait tout d’abord l’effet d’une gifle magistrale, j’étais bien le dernier à penser que j’entendrais une chose pareille dans ma vie. Passé le moment d’hébétude, car je ne m’attendais vraiment pas à une telle déclaration, j’ai éprouvé une certaine fierté malgré moi mais j’étais surtout heureux de l’avoir aidé, sans le savoir, à vivre et assumer au mieux son orientation sexuelle.

Pour être tout à fait honnête, il y avait bien eu quelques allusions de sa part mais peut-être qu’inconsciemment, je ne réalisais pas ce qu’il y avait derrière elles ou ne voulais pas le comprendre dans la mesure où ma vie me paraissait èsêtre chaotique… Ça ne pouvait pas être possible… Comme quoi!

Bref, ce fût un drôle de moment et depuis lors, nos chemins se sont séparés après qu’il soit entré dans la vie active, aux chemins de fer d’ailleurs, et qu’il a eu son premier petit copain. C’est tout à fait normal et dans l’ordre des choses, finalement.

Voilà comment, à mon insu, j’ai été père un instant. Ce souvenir restera gravé dans ma mémoire car ça n’arrive pas tous les jours, d’aurant que la paternité, ce n’est pas quelque chose que j’ai envisagé… si ce n’est au tout début de la vingtaine où ce désir est apparu l’une ou l’autre fois, c’est vrai. J’y reviendrai peut-être un jour.

Pour clore ce billet, une photo de moi, prise par lui, en septembre 2006. Pas encore un seul cheveux blanc à l’époque, je portais des lentilles et seulement le bouc. Tempus fugit!

Photo de l'auteur du blog datant de septembre 2006


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Juin est traditionnellement le mois des fiertés et de ses marches. Des événements sensés favoriser l’inclusion et l’acceptation de la différence.

Personnellement, je n’ai jamais participé à une “gay pride” ou autre marche des fiertés car, d’une part, je n’en ressens pas le besoin et d’autre part, car j’ai un problème fondamental avec tout ce qui a tendance à enfermer les personnes dans des étiquettes qu’elles n’ont pas choisies elles-mêmes.

J’ai aussi un problème avec le mot “fierté”, en quoi peut-on être fier d’être LGBTQIA+? Autant, j’accepte l’idée d’acceptation de soi, de sa différence et de le vivre sans craintes et contraintes, autant j’ai du mal en tirer une fierté… quelle fierté peut-il bien y avoir dans une orientation sexuelle?

Dans sa définition primaire, le mot fierté est apparenté à dédain, hauteur, suffisance… et dans le sens littéraire : orgueil, amour-propre, sentiment élevé de la dignité, de l’honneur (selon le Robert).

J’imagine que pour le cas présent, il s’agit plutôt de la définition littéraire mais alors pourquoi ne pas parler de marches de l’amour-propre, de l’acceptation de soi?

La communauté LGBTQIA+, qui revendique la différence et la diversité, s’ingénie à créer des étiquettes pour classer les uns et les autres… un peu paradoxal de mon point de vue.

Ce n’est pas sur le fond mais sur la forme que j’ai du mal avec les marches des fiertés. Est-il nécessaire d’avoir une forme d’exhibitionisme sexuel pour faire avancer la cause? Est-ce que cela apporte une quelconque avancée dans les droits LGBTQIA+? Je ne suis pas certain… Si moi-même, je suis choqué par l’attitude de certains participants sur les chars, alors je peux comprendre que ça heurte d’autres personnes.

Pour moi, qui me définit comme étant libéral-social, chacun doit avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs quelque soit son origine (sociale, ethnique, …), son orientation sexuelle (ou sa non-orientation sexuelles) sans qu’il y ait besoin de quelconques droits spécifiques, c’est-à-dire que tout le monde est soumis aux mêmes droits et obligations et dans tous les domaines de la vie en société. Ainsi, nul besoin de reconnaître le droit au mariage pour tous puisqu’il serait d’office acquis si nous étions dans une société vraiment libérale.

Avec qui l’on vit, qui on met dans son lit, et comment on vit relève de la vie privée et on ne devrait pas avoir à faire un coming-out pour afficher une différence. Je précise que je parle ici des relations consenties entre personnes adultes et responsables, ce qui n’inclut pas ce que tout un chacun considère comme des tabous (inceste, pédophilie,…)

A force de vouloir faire entrer les personnes dans une case bien définie, on finit par créer des phénomènes de ghettoïsation et d’exclusivité… voire d’exclusion… en outre, je ne pense que la sexualité soit fixée une fois pour toutes.

C’est ainsi qu’en fin de compte, je me sens exclu de cette communauté car je rentre pas dans les cases prédéfinies… et c’est aussi ça la liberté : être ce que l’on est sans étiquette imposée de facto.

Dans ma vie, tant mes parents, que mes congénères de classe, mes collègues m’ont collé des étiquettes diverses et variées, et c’est sans doute une réaction de ma part que de refuser toute étiquette que je n’ai pas moi-même choisi. Ainsi, si je me définis comme libéral-social, de même que je me revendique du protestantisme libéral. Ce sont des choix libres et personnels qui ne m’ont pas été imposés.

En résumé, l’acceptation de l’autre dans toute sa différence est pour moi une évidence et c’est ce qui fait la richesse de notre humanité. Mener des “combats” pour que ça soit une réalité est une chose, mais la façon de le faire ne me semble pas être la plus appropriée, ce qui ne veut pas dire que je souhaite l’interdiction des marches des fiertés.


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