Entre accords toltèques et pèlerinage...
Deux lectures inspirantes qui pourraient bien changer votre vie!
Parmi mes dernières lectures dans le registre spirituel/philosophique, figurent deux petits ouvrages assez différents mais assez complémentaires.
Le premier s’intitule : les quatre accords toltèques de Miguel Ruiz, le second : Pèleriner d’Éric de Kermel.
J’ai longtemps hésité quant au blog où ce billet était à sa meilleure place… tant le contenu a une influence sur mon état d’esprit et ma pensée.
Les quatre accords toltèques
Voilà un ouvrage étrange de prime abord entre philosophie, religion et développement personnel mais qui au fil des pages se transforme en une sorte de guide pour se libérer des carcans qu’on nous a imposé tout au long de notre vie et qui nous empoisonnent, nous empêchent de vivre pleinement et librement. Il nous invite à vivre dans le paradis terrestre à titre personnel alors que le monde vit en enfer. Comment cela est-il possible? En rompant les uns après les autres les accords mortifères qui nous enferment, qui nous rendent malheureux, qu’on accepte parce qu’on a été éduqué, domestiqué même selon l’auteur, à croire que ce que l’on nous enseignait était ce qu’il fallait croire et faire. L’auteur, mexicain et se disant issu de la culture toltèque, explique au long des pages les quatre accords avec beaucoup de références (parfois erronées) à la Bible.
Les quatre accords sont :
- Accord 1 : Que votre parole soit impeccable
- Accord 2 : Quoi qu'il arrive, n'en faites pas une affaire personnelle
- Accord 3 : Ne faites pas de suppositions
- Accord 4 : Faites toujours de votre mieux
Selon l’auteur, la mise en application de ces accords est de nature à provoquer des changements radicaux dans nos existence, au-delà de ce que nous pouvons imaginer.
Ainsi, selon lui, nous aurions été domestiqués, comme nos animaux de compagnie, par nos parents, nos professeurs, la société en général nous enlevant du pouvoir personnel de gérer sa vie pour le meilleur et nous faisant participer à l’enfer sur terre alors que nous pourrions vivre au paradis. Les premières pages sont assez obscures et il faut s’accrocher mais les choses deviennent plus concrètes une fois que l’on aborde les accords en eux-mêmes.
Il insiste aussi sur le fait qu’il faut une forte volonté pour mettre en application ces accords et que ça ne va pas réussir du premier coup, il y aura des chutes mais au fur et à mesure, nous nous relèverons d’autant plus facilement que l’on aura déjà un peu progressé sur ce chemin de sagesse et de liberté.
Il évoque souvent le poison émotionnel qui nous porte fortement préjudice. Il est vrai que des paroles blessantes, dénigrantes peuvent avoir des conséquences dramatiques sur la vie de quelqu’un.
Imaginez que toute votre vie, on vous a dit que vous étiez stupide, bon à rien, faible, que sais-je encore? A force de l’entendre, vous finissez par le croire mais un jour, vous rencontrez quelqu’un qui vous dit le contraire, que vous n’êtes ni stupide, ni bon à rien, et encore moins faible. Cette parole positive a le pouvoir de rompre l’effet du poison émotionnel qui vous maintenait dans un état d’esprit négatif vis-à-vis de vous-même et par là même vous faire changer d’opinion sur vous-même, vous allez vous sentir mieux… et à chaque sort que vous rompez, vous regagnez en confiance en vous et vous avancez.
C’est ainsi que l’on arrive au premier accord : Que votre parole soit impeccable. Si l’on a toujours une parole positive, bienveillante nous contribuons à transformer l’enfer en paradis petit à petit.
L’auteur parle souvent du rêve de la planète qui serait surtout composé de peurs et de souffrances et que la misère aime la compagnie, ainsi ceux qui vivent en enfer ne veulent pas être seuls. Selon lui, si la parole était toujours impeccable, il n’y aurait pas de conflits, pas de souffrance.
Le second accord met l’accent sur le fait de ne rien prendre personnellement. Beaucoup plus facile à dire qu’à mettre en pratique!
C’est certainement le plus difficile avec le troisième surtout dans une société qui juge sans arrêt! Mais si l’on arrive à laisser couler le fiel des autres sur notre carapace, on gagnera en sagesse et en bien-être personnel.
La réflexion de l’auteur part dans tous les sens pour nous faire prendre conscience de tout ce qui nous entrave, en voici deux exemples :
- Une chose importante selon l’auteur, il parle même de plus grand péché qui puisse exister : le rejet de soi-même.
- Il met aussi l’accent sur l’amour et l’amour véritable qui, selon lui, consiste à accepter l’autre tel qu’il est sans vouloir le changer. Vouloir changer l’autre signifie qu’on ne l’aime pas vraiment.
Le troisième accord est encore plus difficile : ne pas faire de suppositions! Là aussi, combien de fois nous posons-nous des questions parce que, par exemple, un ami ne nous a pas répondu aussi vite que nous le souhaiterions, ou a répondu brièvement à notre demande, notre message. Combien de fois, le petit cinéma se met en route dans notre tête qui consiste à faire des suppositions non fondées dans la majorité des cas…
Le dernier accord : toujours faire de notre mieux, est, des quatre, sûrement celui qui est peut-être le plus facile à mettre en oeuvre. Faire de notre mieux, ça signifie être dans l’action parce qu’on a envie et non pas parce qu’on attend une récompense en retour. La plupart font justement l’inverse, ils agissent en espérant une récompense et ne font pas, par conséquent, de leur mieux.
Agir, c’est être vivant, c’est prendre des risques, c’est sortir de sa coquille et exprimer son rêve personnel mais pas pour l’imposer aux autres, chacun a le sien et celui de l’autre vaut tout autant que le nôtre.
Régulièrement, tout au long de l’ouvrage, il est fait référence à Dieu mais pas dans le sens où les religions le présentent, non ici Dieu est la vie en action et pour l’auteur la meilleure façon de de lui dire merci, c’est de vivre l’instant présent et de se détacher du passé.
S’il est fait souvent référence à Dieu et au christianisme dans le livre, ce n’est pas un livre qui parle de religion. Il laisse la liberté, si l’on en ressent le besoin, d’adorer des idoles représentant les divinités mais pour lui, ce n’est pas là l’essentiel. Il estime que nos corps sont une manifestation de Dieu et qu’aimer son corps, c’est aussi une façon d’honorer Dieu. Cela peut paraître bizarre mais combien de grands mystiques à travers les âges ont détesté leur corps… l’ont parfois mutilé ou négligé, ce corps qui leur est donné par le Dieu qu’ils disaient adorer… En fin de compte, ça n’est pas si bizarre que ça que de respecter son corps.
L’auteur insiste beaucoup sur l’amour et le respect de soi-même. Cela pourrait mettre mal à l’aise certains lecteurs mais comme je le comprends, c’est une façon de répéter, comme un mantra, que si l’on ne s’aime pas, on ne peut aimer les autres. Il insiste aussi sur le fait de vivre dans le présent et de ne pas se soucier du futur et là, je le rejoins car le futur en tant que tel, n’existe pas, demain sera le présent qui résulte des choix faits aujourd’hui.
Il parle aussi beaucoup de liberté et nous pose la question : qu’est-ce qui nous empêche d’être libre? Ne sommes-nous pas les premiers à nous interdire d’être libre car attaché à des conventions sociales, à des normes, …
En chacun de nous, il y a la victime et le juge et ce sont ces deux êtres qu’il faut éradiquer d’en-dedans de nous et surtout se libérer de notre rôle de victime. Si l’on a été maltraité dans notre enfance ou notre adolescence, ce n’est pas en en voulant à ceux qui sont responsables qu’on va aller mieux. Il faut faire cesser cette victimisation et c’est loin d’être aisé mais c’est le prix à payer pour vraiment aller mieux et se libérer et c’est ainsi que l’on pourra changer nos vieux accords néfastes contre de nouveaux accords bénéfiques.
C’est ainsi qu’après cette lecture, j’ai réfléchi à l’intérêt de parler encore de ce passé dans mes billets. Je ne le changerai pas, certes il m’a aidé à identifier ce qui avait posé problème mais ce passé a aussi eu pour conséquence de faire celui que je suis aujourd’hui. Ce cheminement des accords toltèques, je l’avais entamé avant même d’avoir lu ce livre et finalement, il est venu confirmer que j’étais sur la bonne voie.
Retour au livre qui aborde aussi la façon de transformer notre rêve personnel indépendamment du rêve de la planète et selon l’auteur, nul besoin d’attendre la mort pour avoir accès au paradis, on peut, si on le veut, y accéder de notre vivant.
Chez les protestants libéraux, dont je suis, on a tendance d’ailleurs à voir la résurrection comme un état que l’on vit de notre vivant. On ressuscite en quelque sorte lorsqu’on change de vie pour le dire simplement. Faire le choix du pardon, même si on ne le dit pas aux personnes concernées de vive voix (parfois, ça peut aider mais souvent ça ne sert à rien sinon à conforter ces mêmes personnes qu’elles avaient raison) mais le pardon est une condition sine qua non pour être en paix avec soi-même.
Comme pour les protestants, les toltèques ont un mode de vie où il n’y a ni leader ni disciples. Par contre, j’ai un petit problème avec le fait que chacun aurait sa vérité… ça reste un peu obscur pour moi (et peut-être que ça résonne particulièrement dans notre époque de post-vérité ou de vérité alternative).
L’auteur évoque aussi un passage au désert, autre allusion au christianisme puisque Jésus y a passé quarante jours et a été tenté par les démons. La symbolique est la même, au désert, on est face à soi-même et à ses propres démons. Les premiers moines vivaient dans le désert d’Egypte, ce n’est pas pour rien!
Il parle aussi de l’ange de la mort et même de mourir de manière théorique. En fait, c’est faire mourir l’homme (ou la femme) ancien qui vit en nous et qui est prisonnier de tout ce poison émotionnel et des ces accords néfastes.
Voilà, ce que j’ai retenu de cet ouvrage.
En bref : s’aimer soi-même, faire la paix avec soi-même, pardonner aux autres même s’il ne le mérite pas et vivre dans le présent chaque jour qui se présente sans plus se soucier du passé, aussi lourd soit-il, pas plus que de tirer des plans sur la comète pour le futur. A chaque jour, suffit sa peine et carpe diem. Si tous les humains voulaient faire cet effort, je suis convaincu que le monde s’en porterait beaucoup mieux… Toute la haine entre les hommes n’est que le reflet de ce poison émotionnel que l’on s’inocule les uns, les autres.
Pèleriner
Cet autre petit ouvrage est une sorte de carnet de route d’un pèlerin sur le chemin de Saint-Jacques. C’est un texte à la fois émouvant et inspirant et qui a résonné à plusieurs niveaux chez moi.
D’abord, je suis un grand marcheur devant l’éternel et lorsque je fais de la rando, je laisse souvent mon esprit vagabonder et toutes sortes de sujets me viennent à l’esprit, des plus anodins aux plus sérieux et graves. Je me surprends souvent à me parler à voix haute. A côté de cela, la rando est le aussi le seul moment où je peux faire abstraction de tout le reste, c’est une alternance en fait.
Sur le chemin, qu’il soit de Compostelle ou autre, on retrouve le contact avec la terre, avec le vivant, la nature. C’est exactement ce que nous raconte l’auteur avec ces mots. Il exprime aussi ses doutes, ses espérances, ses souffrances.
Un chapitre est consacré à son fils décédé assez jeune, une épreuve terrible pour tout parent. et qui n’a pas manqué de m’interpeller et m’émouvoir encore plus ayant du faire face non pas à la perte d’un enfant mais d’un frère. C’est à peu près pareil et sa phrase disant que c’est un deuil qui ne finit jamais a été non pas un sinistre rappel mais j’ai accueilli cette phrase avec un certain soulagement, je ne suis pas le seul à le vivre et il n’y a finalement rien d’anormal à ce que ce deuil s’éternise… voire dure toute une vie.
C’est un livre très poétique et qui invite à s’engager sur le chemin de Compostelle et qui montre combien la marche est salutaire, thérapeutique et un moment privilégié un peu hors du monde pour quelques heures, jours ou mois.
Autre phrase et qui est en écho avec le livre précédent : on ne peut être en paix avec les autres que si l’on est en paix avec soi-même.
Conclusion
Deux livres très différents et très semblables à la fois mais qui ont eu pour effet de remettre pas mal de choses en perspective et qui m’ont montré que le chemin que j’avais décidé d’emprunter il y a quelques temps déjà n’était sans doute pas le plus mauvais.
Il pourra même aider à comprendre certains changements assez radicaux de ces dernières semaines et cette aspiration à une liberté retrouvée du corps et de l’esprit.
Le protestantisme libéral a été et reste ma boussole spirituelle mais elle s’est enrichie des accords toltèques et du point de vue d’un pèlerin catholique.
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Les écrits de ce blog reflètent les opinions de l'auteur sur les sujets abordés à travers le prisme de son vécu et de son ressenti.
Merci pour votre lecture.
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