De la prise de médicaments et des maladies chroniques et des conséquences sur la vie intime
Avertissement : cet article aborde un sujet encore trop souvent tabou et est basé sur l’expérience personnelle de l’auteur. Il y est question, comme son titre l’indique des effets secondaires sur la libido et la vie sexuelle de la prise de certains médicaments et des problèmes physiologiques et psychologiques qui en découlent souvent et ajoutent des problèmes aux problèmes. Il se veut un témoignage, veut briser le tabou mais aussi qu’il ne faut pas se résigner.
Introduction
Plusieurs articles de blog récents publiés autour de la vie intime m’ont vivement interpellés et m’ont encouragé à rompre le silence sur le problème, le tabou lié aux effets des médicaments sur la vie intime. Qu’ils soient remerciés ici pour m’avoir fait prendre conscience de l’effet bienfaiteur de la libération de la parole sur ces sujets qui, comme je l’écris ci-avant, sont encore trop souvent tabous dans nos sociétés.
Trop longtemps, j’ai gardé ces choses pour moi, je n’ose même pas en parler à ma généraliste car il y a une forme de honte. Une honte totalement déplacée d’ailleurs!
Grâce à ces personnes qui ont osé se mettre à nu et faire part de leur vécu, j’ai trouvé la force d’enfin moi-même oser parler de ce que je vis depuis de nombreuses années. Qu’ils en soit remerciés et nul doute qu’ils se reconnaîtront.
Je précise d’emblée que je ne rédige pas cet article pour susciter de la pitié ou par mimétisme; je veux simplement partager avec vous et ce qui me ferait vraiment plaisir c’est que l’un ou l’autre des lecteurs trouvera du réconfort en se rendant compte qu’il n’est pas seul. J’écris avant tout pour me libérer de ces liens qui entravent et si même personne ne lit ce blog, l’effet libérateur qu’il ne manquera pas d’avoir sera sans doute de nature à me permettre de me sentir mieux… Je suis convaincu que mettre des mots sur nos maux est le début de la “guérison”.
Hypertension et diabète : des maladies chroniques aux lourdes conséquences
Je souffre d’hypertension depuis l’enfance (j’avais déjà des valeurs de 15/10 à 9 ans!) et prends des médicaments depuis très longtemps pour la faire baisser et la maintenir à un niveau safe. Le diabète de type 2 m’a été diagnostiqué il y a plusieurs années déjà et ce malgré que j’ai toujours eu une bonne hygiène de vie. Ce fût d’ailleurs un mystère pour les spécialistes qui m’ont suivi en début de traitement car sur le plan alimentaire, il y avait vraiment très peu à changer et sur l’activité physique régulière, je n’en ai jamais manqué que ce soit au boulot ou en privé. J’avais la chance d’avoir un job où j’étais en mouvement une bonne partie de la journée de travail… Cela frustre d’autant plus et culpabilise : pourquoi ai-je le diabète alors qu’objectivement, je ne devrais pas? La vie est parfois injuste… On a beau me dire qu’il y a une partie de la faute à pas de chance, j’ai encore du mal… Incriminer les gênes c’est bien mais ça ne fait pas partir cette saloperie.
Des deux, le diabète a les conséquences les plus importantes sur la vie en général et la vie intime, sujet de cet article.
L’hypertension, si elle n’est pas bridée et contrôlée, peut avoir des conséquences graves, notamment provoquer des accidents cardio-vasculaires…
Le diabète, lui, est insidieux et s’attaque au corps et aux terminaisons nerveuses aussi et il est donc capital qu’il soit bien régulé et stable.
Pour contrer ces maladies, il faut prendre des médicaments, beaucoup de médicaments. Je m’estime déjà heureux de ne pas devoir faire des injections d’insuline.
Le diabète peut atteindre certaines terminaisons nerveuses et causer des neuropathies.
Le diabète peut favoriser les mycoses et autres infections au niveau des organes reproducteurs et pour les hommes, le fait que certains vaisseaux très fins dans la verge soient altérés, l’afflux de sang n’est plus suffisant et cela provoque des pannes ou carrément de l’impuissance.
Les béta-bloquants contenus dans les médicaments pour l’hypertension, ont également une influence à ce niveau.
Plus généralement, les traitements médicamenteux pour le diabète et l’hypertension peuvent conduire à une forte diminution de la libido, voire une disparition totale de celle-ci.
Des problèmes psychologiques qui viennent s’ajouter aux problèmes physiologiques
On le comprend, un traitement médicamenteux, et je me limite ici à mon expérience personnelle, car d’autres traitements pour d’autres pathologies ont leur lot de conséquences aussi, n’est pas anodin.
Les conséquences, agissent, et dire le contraire serait mentir, sur la confiance en soi et peu à peu, des troubles psychologiques viennent s’ajouter aux troubles physiologiques ce qui ne manque pas de créer une spirale négative… accentuée par le rejet que l’on vit de la part de personnes en bonne santé, qui souvent ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre et dans notre société de performance, y compris au lit, quelqu’un qui souffre de ces effets secondaires, est victime de la double peine… au point que certains, dont moi, renoncent à toute activité sexuelle car on finit par devenir des objets sexuels dans les mains du partenaire et parfois, il faut encore subir les questions du genre “tu ne prends pas de plaisir, je ne te plais pas, etc…” alors qu’on leur a expliqué ce qui se passait. Outre la perte de confiance en soi, cela s’accompagne souvent d’un repli sur soi pour éviter de souffrir davantage. C’est évidemment illusoire car on échappe à son environnement et il est ce qu’il est, notre environnement sociétal est hyper-sexué à tous les niveaux et basé fortement sur la performance en tous domaines…
Une autre raison qui m’a fait renoncer aux rencontres et à l’intimité est que dans la région où je vis et aussi au Grand-Duché de Luxembourg, les infections aux IST diverses VIH compris explosent depuis quelques années ce qui ajoute un risque aux risques déjà encourus liés au diabète.
On me rétorquera qu’il y a le préservatif, c’est vrai, mais allez convaincre des personnes qui croient que ça n’arrive qu’aux autres et qui font n’importe quoi malgré les risques… C’est loin d’être gagné. Pour moi, qui ai débuté ma vie affective active au début de l’épidémie de VIH, c’est assez choquant de voir le relâchement complet tant des comportements que de la prévention. L’immunité étant diminuée, le risque est trop grand pour être pris.
Heureusement, on peut vivre une relation affective sans activité sexuelle si l’on trouve un partenaire qui est dans la même situation ou qui est compréhensif. Cela est rassurant mais malgré tout, il y a parfois un sentiment de culpabilité (c’est idiot, je sais mais il est là, on ne peut l’ignorer).
Des solutions?
Dans l’article édité par l’Associaition Belge des Diabétiques (on trouvera le lien en bas de page), des pistes de solutions sont évoquées comme la consultation d’un sexologue ou la prise d’un médicament type viagra. Pour ce dernier, ce n’est pas totalement certain que ça soit compatible avec le traitement que l’on prend. Ce n’est pas un médicament anodin.
Personnellement, si je comprends l’aide que pourrait apporter un tel médicament, encore ajouter des molécules chimiques à toutes celles que je dois prendre ne me paraît pas une solution idéale. Un sexologue, pourquoi pas, encore faut-il trouver quelqu’un de sérieux et compétent. En outre, ce n’est pas souvent pris en charge par les mutualités. Dans l’article de l’ABD, on trouvera un lien vers la Société des Sexologues Universitaires de Belgique qui offre au public un répertoire de professionnels dûment qualifiés souscrivant au code d’éthique et de déontologie à l’usage des sexologues.
Il y a aussi des sex-toys qui peuvent aider comme les anneaux péniens (cockrings) mais le résultat n’est pas non plus toujours très probant et ne résout pas le problème de manque/d’absence de libido.
En conclusion
Je pense que la première chose à faire est d’accepter ce qui nous arrive, non pas se résigner mais accepter la situation et chercher, inventer de nouvelles manières pour se réapproprier une forme de vie intime et sexuelle. Cela peut passer par le plaisir solitaire où il n’y aura pas la crainte de décevoir un partenaire, où l’on pourra prendre tout son temps pour soi-même et où il n’y a aucune notion de performance d’aucune sorte. Vu l’offre pléthorique de jouets pour adultes, il y a de quoi trouver son bonheur et si on a la chance de trouver une boutique érotique comme celle qui se trouve à Namur non loin de la gare (Lovely Sins) qui est aux antipodes du sex-shop classique, on pourra, grâce à la bienveillance et l’écoute du gérant, peut-être trouver un début de solution. Le fait de pouvoir parler librement de ce qui nous arrive et recevoir des conseils sans être jugé, c’est déjà un grand point et c’est exactement ce que j’ai vécu lors de ma première visite et cela contribue à faire remonter la confiance en soi.
Je n’avais jamais osé franchir la porte d’un tel établissement depuis longtemps mais cela a été la meilleure idée que j’ai eue depuis longtemps.
Et s’il n’y avait pas eu ces billets de blogs publiés ailleurs, je n’aurais peut-être jamais eu l’audace de me confier aussi ouvertement. Qu’ils en soient remerciés!
Et le fait de me livrer à nu ici dans ce blog contribue aussi à me sentir moins entravé.
J’espère que d’autres personnes qui sont dans le même cas, trouverons réconfort en lisant cet article, c’est la meilleure chose qui puisse être!
La bienveillance envers soi-même et envers les autres, c’est finalement là qu’est l’important et surtout ne pas/plus avoir peur d’en parler!
Liens intéressants pour les diabétiques (ou ceux qui veulent en savoir plus)
- Article sur le site de l’Association Belge du Diabète
- Article sur le site de Fédération Française des Diabétiques
- Société des Sexologues Universitaires de Belgique (francophone)
#sexualité #diabète #hypertension
Les écrits de ce blog reflètent les opinions de l'auteur sur les sujets abordés à travers le prisme de son vécu et de son ressenti.
Merci pour votre lecture.
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