Mois des fiertés
Juin est traditionnellement le mois des fiertés et de ses marches. Des événements sensés favoriser l’inclusion et l’acceptation de la différence.
Personnellement, je n’ai jamais participé à une “gay pride” ou autre marche des fiertés car, d’une part, je n’en ressens pas le besoin et d’autre part, car j’ai un problème fondamental avec tout ce qui a tendance à enfermer les personnes dans des étiquettes qu’elles n’ont pas choisies elles-mêmes.
J’ai aussi un problème avec le mot “fierté”, en quoi peut-on être fier d’être LGBTQIA+? Autant, j’accepte l’idée d’acceptation de soi, de sa différence et de le vivre sans craintes et contraintes, autant j’ai du mal en tirer une fierté… quelle fierté peut-il bien y avoir dans une orientation sexuelle?
Dans sa définition primaire, le mot fierté est apparenté à dédain, hauteur, suffisance… et dans le sens littéraire : orgueil, amour-propre, sentiment élevé de la dignité, de l’honneur (selon le Robert).
J’imagine que pour le cas présent, il s’agit plutôt de la définition littéraire mais alors pourquoi ne pas parler de marches de l’amour-propre, de l’acceptation de soi?
La communauté LGBTQIA+, qui revendique la différence et la diversité, s’ingénie à créer des étiquettes pour classer les uns et les autres… un peu paradoxal de mon point de vue.
Ce n’est pas sur le fond mais sur la forme que j’ai du mal avec les marches des fiertés. Est-il nécessaire d’avoir une forme d’exhibitionisme sexuel pour faire avancer la cause? Est-ce que cela apporte une quelconque avancée dans les droits LGBTQIA+? Je ne suis pas certain… Si moi-même, je suis choqué par l’attitude de certains participants sur les chars, alors je peux comprendre que ça heurte d’autres personnes.
Pour moi, qui me définit comme étant libéral-social, chacun doit avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs quelque soit son origine (sociale, ethnique, …), son orientation sexuelle (ou sa non-orientation sexuelles) sans qu’il y ait besoin de quelconques droits spécifiques, c’est-à-dire que tout le monde est soumis aux mêmes droits et obligations et dans tous les domaines de la vie en société. Ainsi, nul besoin de reconnaître le droit au mariage pour tous puisqu’il serait d’office acquis si nous étions dans une société vraiment libérale.
Avec qui l’on vit, qui on met dans son lit, et comment on vit relève de la vie privée et on ne devrait pas avoir à faire un coming-out pour afficher une différence. Je précise que je parle ici des relations consenties entre personnes adultes et responsables, ce qui n’inclut pas ce que tout un chacun considère comme des tabous (inceste, pédophilie,…)
A force de vouloir faire entrer les personnes dans une case bien définie, on finit par créer des phénomènes de ghettoïsation et d’exclusivité… voire d’exclusion… en outre, je ne pense que la sexualité soit fixée une fois pour toutes.
C’est ainsi qu’en fin de compte, je me sens exclu de cette communauté car je rentre pas dans les cases prédéfinies… et c’est aussi ça la liberté : être ce que l’on est sans étiquette imposée de facto.
Dans ma vie, tant mes parents, que mes congénères de classe, mes collègues m’ont collé des étiquettes diverses et variées, et c’est sans doute une réaction de ma part que de refuser toute étiquette que je n’ai pas moi-même choisi. Ainsi, si je me définis comme libéral-social, de même que je me revendique du protestantisme libéral. Ce sont des choix libres et personnels qui ne m’ont pas été imposés.
En résumé, l’acceptation de l’autre dans toute sa différence est pour moi une évidence et c’est ce qui fait la richesse de notre humanité. Mener des “combats” pour que ça soit une réalité est une chose, mais la façon de le faire ne me semble pas être la plus appropriée, ce qui ne veut pas dire que je souhaite l’interdiction des marches des fiertés.
Les écrits de ce blog reflètent les opinions de l'auteur sur les sujets abordés à travers le prisme de son vécu et de son ressenti.
Merci pour votre lecture.
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