Comment choisir quoi faire de sa vie?
C’est la grande question qui vient de me traverser l’esprit en regardant un épisode de la série Le goût de vivre dans laquelle un personnage apprend une terrible nouvelle concernant sa santé. Et plus modestement, je me demandais depuis ce matin comment choisir quoi faire de ma journée…
Pourquoi? Parce que je n’ai pas trop mal dormi, pour une fois, et avec tout ce que je vis depuis récemment pour une rare fois je n’ai aucun rendez-vous, ni obligation aujourd’hui. Et comme je le mentionnais récemment essayer d’organiser mes journées en bloc de temps est quelque chose que je tente depuis peu.
Pourquoi? Parce que si comme moi vous êtes TDAH, oui j’utilise volontairement dans mon cas personnel le verbe être, car cela fait partie de moi, tout comme l’autisme à la différence des cancers que j’ai eus, et de mes risques de cancers héréditaires. Donc si le TDAH est votre réalité vous savez très bien, avec vos propres saveurs car chacun.e d’entre nous est unique, comment cela peut être facile de ne rien faire à cause des défis de nos fonctions exécutives, qui viennent souvent en plus comme pour moi avec la cécité temporelle depuis la périménopause, cycle qui m’a aussi révélé le TDAH.
Donc, trop régulièrement, je gaspille mes journées, et avec l’épée de Damoclès qui est au-dessus de ma tête, ou plutôt la bombe qui est dans mon corps depuis le diagnostic de mutation génétique expliqué dans le billet précédent, ce gaspillage prend une toute autre saveur. Car j’ai aussi appris récemment pourquoi, en plus de tout le reste j’étais épuisée, et donc ma faible énergie devient encore plus précieuse. J’essaie d’y faire encore plus attention, car avec tous les examens de suivi que je dois subir je ne sais jamais ce qu’ils vont détecter, je suis d’ailleurs dans l’attente d’un résultat. En plus de tout ça je vieillis, et mon corps subit les contrecoups des décennies de camouflage ignorant mes neurodivergences et des mes burnouts neurodivergents, ceux des chirurgies récentes et de leurs effets secondaires.
Je suis donc constamment déchirée entre mes impulsivités qui me donnent des myriades d’envie, et j’adore ça, et les limitations physiques que je m’impose avec tout ce que j’ai vécu et ce que je vis, car des périodes de repos sont vitales pour essayer de faire face quotidiennement à tout ça le plus sereinement possible. Mais ma vie peut paraître plate comme on dit ici, ou sans saveurs. J’ai longtemps lutté contre ça, encore un deuil à faire, mais j’ai réussi à réinventer ma vie en faisant les choses différemment, en essayant car c’est loin d’être toujours possible, de me reposer avant un rendez-vous / une obligation ET surtout après.
Par rapport à la vieillesse, je me suis rendu compte récemment que j’étais devenue sage. Je ne m’indigne plus pour autant de choses qu’avant, pour ces choses pour lesquelles je n’ai aucun pouvoir. Je compense cela en m’impliquant à un niveau très limité en suivant mes valeurs, valeurs qui m’ont permis de trouver un sens à ma vie après mon premier cancer du sein et ma crise existentielle avec la perte de l’illusion de l’immortalité.
Pour en revenir à la question initiale je n’ai bien sûr pas de réponse définitive, mais pour la seconde question je vais essayer de faire aujourd’hui, il est encore tôt chez moi, uniquement les choses qui me plaisent, et ça commence avec ce billet. Cela va être facilité avec la nuit pas trop mauvaise bien évidemment. Ces mots sont aussi motivés par une chronique lue ce matin qui parle d’un sujet dont on ne parle pas dans nos sociétés occidentales, mais qui pourtant concerne tout le monde, mais cela fera l’objet d’un prochain billet tout comme d’autres questions existentielles.