S'exhiber sans s'inhiber
Avertissement : cet article exprime mes opinions personnelles et peut choquer certains esprits, à lire avec ouverture et tolérance. Il montre aussi certaines photos suggestives, à réserver à un public averti !
Voici un nouvel article où j’explique pourquoi je m’exhibe. Car si vous me suivez, cela n’a pu vous échapper : voilà plus de dix ans que je m’expose un peu partout sur internet en images et en vidéos, en pleine nudité, dans des positions suggestives ou érotiques, voire pratiquant des actes sexuels et pornographiques.
Alors pourquoi ? Si cela vous intéresse, je mets ma pensée à nu dans la lecture qui suit. Sinon, contentez-vous de regarder les images qui illustrent mon propos, puis passez à autre chose !

Les racines de nos actes plongent dans le passé
J’ai eu une éducation que je considère comme ordinaire, pas particulièrement stricte, mais dans laquelle la nudité n’avait pas sa place. Je suis né peu après les évènements de mai 68, et mes parents n’avaient pas embrassé le mouvement Peace and Love et sa relative liberté sexuelle. Aussi, la nudité du corps ne se montrait pas, quant au sexe, il ne faisait jamais partie des sujets de conversation.
J’aimais pourtant me promener nu, ce que je limitais en général au périmètre immédiat de la salle de bains et de ma chambre. Comme tout le monde, je découvris aussi mon corps à ces occasions, soir ou matin, et pratiquai l’onanisme très régulièrement. C’est probablement dès cette période que j’ai développé un appétit croissant et durable pour le sexe.
C’est la faute de la société !
Je n’aimais pas mon corps et j’en étais complexé : petit, presque chétif, un peu boulot côté physique, et de nature timide et transparente côté psychique. J’en ai conservé un besoin de reconnaissance qui m’accompagne toujours depuis cinquante ans, attribut que je recherche continûment en tous domaines et dont le défaut me frustre irrémédiablement.

Pourtant, mes jambes semblaient faire exception, et j’en ai reçu parfois compliments verbaux, plus souvent regards bavards qui m’ont progressivement encouragé à les montrer, portant de plus en plus tôt — et tard — dans la saison, des shorts de plus en plus courts, et des sandales de plus en plus aérées. Car j’aime toujours également me promener pieds-nus, et j’ai moult fois été étonné de l’aversion que cela semblait provoquer chez les Français, alors que dans certains pays cela se pratique couramment, comme en Nouvelle-Zélande par exemple.
Je me suis ainsi amusé à errer à toute heure et saison en ville avec ce short ultra-court que je porte toujours, et en Asie j’allais jusqu’au restaurant ainsi vêtu, profitant à la fois de la chaleur et du fait que j’étais gaijin — ou étranger — comme justifications à cet accoutrement. Je voyais bien que j’attirais les regards des deux sexes, qui gourmands, qui réprobateurs, et j’aimais ça : je devenais un objet d’intérêt, qui me sortait de la fadeur dans laquelle je me sentais englué depuis toujours.

La première fois
Ainsi réconcilié avec la moitié basse de mon individu, j’ai sauté le pas de l’intégralité sur une plage naturiste. Quelle libération ! Quel plaisir de sentir le soleil, l’air, l’eau au contact direct de tout mon corps sans la gangue du tissu !
Mais comme je me sentis gauche ! Mal à l’aise, entouré d’inconnus, l’imperfection de mon corps était à nouveau évidente face à la comparaison, aggravée par l’effet de l’eau sur mes attributs masculins dont le froid accentuait encore la petitesse naturelle. Ce n’est pas la taille qui compte, nous sommes tous faits pareils… Des mots ! L’expérience fut en définitive mitigée, et le fait de devoir rester dans cet enclos au milieu du troupeau me fit tarder l’envie de renouveler l’expérience.
Depuis j’ai appris à mieux mettre en valeur la partie de mon anatomie que j’offre aux regards — et plus si affinités — et qui termine par le haut et l’arrière ces fameuses jambes, à jouer du regard, à prendre le chemin des dunes ou celui de la mer selon l’inspirant. L’expérience aidant, se montrer ainsi était devenu plaisant et courant.

Devant la caméra
Comment en vient-on toutefois à se filmer ainsi ? Sautons quelques années et arrivons-en plus ou moins en 2015, période de ma vie qui aura surmonté un certain nombre de changements d’importance. Sans s’attarder sur ce pourquoi, je me suis mis à consulter de plus en plus de vidéos pornographiques gay, avec un intérêt croissant pour l’amateur. Si les scènes professionnelles me plaisent toujours et restent excitantes, je trouvais un appétit pour le genre “fait maison” car je m’y voyais, en tous cas je m’y fantasmais.
La facilité d’accès à une plateforme-phare me fis sauter le pas : mon premier film fut tourné au smartphone, outil que j’utilise toujours aujourd’hui, pour m’immortaliser en scène d’onanisme avec un masturbateur de marque fleshlight jusqu’à l’orgasme. Ce ne fut pas un grand moment, à la réalité : la mise en situation, la préparation pour bien se positionner en évitant tout élément identifiant dans le champ contribuèrent à rendre l’action maladroite.
Peu importe ! Le mouvement était lancé, et je ne me fis pas démonter par le peu de succès et la rareté des vues que cette première vidéo suscita. À la vérité, j’en fus presque rassuré car je craignais par-dessus tout que l’on me reconnût, ce qui m’eût porté préjudice dans ma vie personnelle et professionnelle.

Pudeur et exhibitionnisme
Depuis ce moment-là, je n’ai cessé de multiplier les vidéos. J’ai acheté du matériel, filmé mes premières fois ainsi que moult expériences nouvelles devant la caméra sans savoir comment je réagirais. Plus de deux cents vidéos dont certaines aussi longues que des films de cinéma, des milliers de photos et une gamme de réseaux sociaux qui s’est élargie avec le temps. J’ai gagné en confiance et malgré le nombre et les années, personne ne m’a encore fait remarquer la chose ni ne m’a reconnu — tout du moins, nul ne me l’a avoué directement.
Suis-je exhibitionniste ? Je ne le crois pas, car tout ce que je publie se trouve sur des réseaux spécialisés, ou bien se cache derrière des avertissements de contenu explicites, de sorte que celui qui regarde ne le fait pas par hasard. Je ne souhaite pas imposer mes formes et mes actes à quelqu’un qui ne le désirerait pas.
Et la pudeur ? Car finalement je me montre sans fard, en exposant toutes les parties les plus intimes de mon corps, dans des séances de masturbation très personnelles. Mais c’est justement cette gêne et cette honte de moi que je dépasse en publiant au monde entier anonyme cette partie de ma personnalité. Pour moi, la pudeur, ça se vainc.

Pourquoi tout ça ?
En fin de compte, je suis presque passé dans une phase industrielle de cette exposition de mon intimité. Aujourd’hui encore, je continue et je publie des photos nues ou des vidéos sexuelles à qui s’y intéresse.
Alors pourquoi ? Je pense que j’ai toujours besoin, je l’ai dit, de cette reconnaissance et peut-être de me rassurer qu’à cinquante-sept ans, je suscite encore un peu d’intérêt. Mais aussi car cela m’excite, se savoir filmé peut impressionner au départ, mais apporte un élément stimulant en plus à qui aime se montrer. Sans parler de la part de risque sous-jacente, on peut toujours être reconnu et si cela n’est pas souhaitable, c’est encore un facteur qui rompt la monotonie de ma vie trop bien réglée.
Enfin, cela plaît à certains, et c’est parfois l’occasion de belles rencontres. Si cela provoque désir ou envie, c’est un motif suffisant pour que j’en retire satisfaction de savoir que je fais du bien à quelqu’un.
Je conçois que cela soit difficile à comprendre pour qui ne s’y adonne pas, et que vous me jugerez peut-être un peu dérangé, ou encore aspirant vieux-beau. J’ai l’espoir que certains d’entre-vous me pardonneront peut-être si vous appréciez certaines de mes publications. Sinon, tant pis.

Épilogue
Terminons sur un fun fact. Le blog que vous lisez ici, ainsi que Mastodon GayFR et l’ensemble des services GayFR, sont la conséquence indirecte de ces publications. En effet, j’étais très actif sur Twitter, à l’époque où c’était encore fréquentable, et une bannière de profil trop suggestive m’a amené à en être banni durablement. Après avoir échoué à faire restaurer mon compte, j’ai décidé en 2022 de créer mon propre réseau Mastodon, qui s’est depuis beaucoup enrichi et assagi pour devenir rapidement plus généraliste et accueillant.
Tout cela aura donc aussi été à l’origine d’une forme de vocation impactante et toujours motivante aujourd’hui.
Sexe · Homo · Songes et Libido

Le titre de ce blog en dévoile déjà beaucoup sur ses intentions !
Oui, on peut aimer le sexe, réfléchir et publier un blog : la main peut aussi tenir un stylo, la bouche formuler des propos et le fondement être assis sur une chaise.
Sexe et cerveau se répondent : sans ce dernier, pas de désir, pas de plaisir, pas de fantasmes, pas de libido…
Mes articles relateront mes expériences sur ces sujets et d’autres réflexions autour du sexe et de l’homosexualité, dans un style gourmand et littéraire.
Le texte de ce blog est publié sous la licence “Attribution – Utilisation non commerciale – Partage dans les mêmes conditions 4.0 International” CC BY-NC-SA 4.0
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