Journal d'un libre-penseur chrétien

Histoires et réflexions sur la spiritualité

Je n’avais pas encore eu l’occasion de parler de cette autre fête importante du christianisme qui a lieu dix jours après l’Ascension et cinquante jours, d’où son nom, après Pâques.

Cet épisode est relaté dans les Actes des Apôtres que l’on doit à l’auteur de l’évangile de Luc et qui fait d’ailleurs suite à celui-ci.

On notera que cet épisode de la Pentecôte n’apparaît dans aucun des évangiles! Seul Jean (dont la rédaction est postérieure aux trois autres évangiles) évoque la venue du Paraclet (le protecteur promis) une fois que Jésus sera monté auprès de son père.

La première évocation de la Pentecôte apparaît dans la première épître aux Corinthiens.

Ainsi, Luc, que l’on considère comme le premier historien chrétien, relate cet épisode et le situe en temps et en lieu : l’action se passe dans le cénacle de Jérusalem où un grand groupe de disciples (les apôtres et les premiers chrétiens sans doute) est réuni et nous sommes au moment où les hébreux fêtent Chavouot.

Chavouot est une fête juive qui a lieu cinquante jours après Pessa’h (la Pâque juive). Elle est une des fêtes les plus importantes du judaïsme puisqu’elle rappelle le don de la Torah (la Loi) au mont Sinaï.

Voilà un parallèle qui ne doit sans doute rien au hasard et comme bien souvent dans la Bible, la symbolique joue un grand rôle. 50 jours équivalent à 7 semaines et 7 est un chiffre symbolique important dans le judaïsme… Rien ne semble laissé au hasard donc.

Ensuite, il ne faut pas perdre de vue que le christianisme naissant à Jérusalem n’était à la base qu’une variante de plus du judaïsme. En témoignent les disputes entre Pierre et Paul au sujet des “gentils” (les non-juifs), leur soumission à la loi judaïque et le fait d’être circoncis, … pour citer quelques exemples des divergences.

Les Actes des Apôtres ont été rédigés vers 80-85 soit une dizaine d’années après la destruction de Jérusalem et son temple par les romains à la suite d’une énième révolte des juifs contre Rome.

On peut donc supposer une volonté certaine dans le parallélisme entre les deux fêtes et le fait de situer cet événement à ce moment précis.

Il y a aussi une volonté de montrer l’universalité des événements qui se sont produits cinquante ans plus tôt : l’évangile, la bonne nouvelle, est pour tout le monde puisque le don de l’Esprit Saint permet à ceux qui le reçoivent de parler dans d’autres langues et ainsi se faire comprendre de tous jusqu’au confins du monde connu d’alors. C’est pour ainsi dire l’acte de naissance du christianisme qui va peu à peu s’émanciper du judaïsme pour finir par s’en séparer au cours du IIe siècle de notre ère. Paul, peut d’ailleurs être considéré comme le théologien de la nouvelle religion. On retiendra que certaines épîtres comptent parmi les plus anciens textes chrétiens et même antérieurs aux premiers évangiles. (la plus ancienne, celles aux Thessaloniciens, date de l’an 50 de notre ère et donc antérieure à l’évangile de Marc, qui est le plus ancien, ayant été rédigé probablement dans les années 60 de notre ère, les évangiles de Matthieu et Luc datent des années 80-90 et celui de Jean de la toute fin du Ier siècle voire du début du IIe siècle).

Les langues de feux, sont à rapprocher du buisson ardent dans l’épisode des tables de la loi au mont Sinaï. C’est la façon préférée à Dieu pour se manifester : une nuée ou un feu ardent.

La fête de la Pentecôte est attestée à partir du IVe siècle et fixée comme expliqué plus haut au septième dimanche après Pâques.

Elle clôture aussi le temps pascal et l’on peut considérer qu’il s’agit aussi d’une commémoration de la naissance de l’église chrétienne même si elle n’est pas encore séparée du judaïsme. Cette séparation sera progressive et s’achèvera au milieu du IIe siècle faisant du christianisme, une religion à part.

Il n’est donc guère étonnant qu’il y ait des parallèle entre judaïsme et christianisme dans ces textes très anciens. Il fallait convaincre les juifs que Jésus était l’envoyé de Dieu qu’ils attendaient. Tout est fait dans les écritures du Nouveau Testament pour faire coller les événements avec les prophéties de l’Ancien Testament.

Deux mille ans plus tard, on a guère évolué sur ce plan là, et même pire… on utilise des écritures qui n’ont aucun début de preuve factuelle pour commettre des exactions que l’on croyait révolues au XXIe siècle…


Les écrits de ce blog reflètent les opinions et les réflexions de l’auteur se basant sur son propre parcours et ses propres connaissances acquises au fil du temps . Ils ne constituent en aucun cas une vérité absolue, au mieux ils se veulent matière à réflexion personnelle.

Merci pour votre lecture.

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Introduction

Je viens d’achever la lecture de deux volumes de la célèbre collection Que sais-je?, l’un consacré à l’ancien testament rédigé par Thomas Römer, historien et philologue, professeur au Collège de France où il occupe la chaire “Milieux bibliques” et l’autre consacré au nouveau testament rédigé par Régis Burnet, professeur d’exégèse du nouveau testament à l’université catholique de Louvain(-la-Neuve).

Ce sont de petits volumes d’une centaine de pages mais à la matière dense et complexe, ne nous voilons pas la face, car rien n’est simple dans le livre des livres mais c’est un voyage passionnant dans l’histoire de l’antiquité et des religions, qui remet totalement en perspective le sens à donner à ces textes “sacrés”!

La collection Que sais-je? comporte plusieurs volumes consacrés aux sujets religieux et ont l’avantage de faire la synthèse de la connaissance sur un sujet avec une rigueur scientifique et historique qui font des ouvrages de cette collection une référence qui ne se dément pas depuis plus de 80 ans. Un point de départ idéal pour s’aventurer plus loin sur le sujet, grâce à la riche bibliographie en fin de volume, pour ceux qui veulent comprendre et affûter leur esprit critique.

L’ancien testament (2ème édition 2024)

Ce que les chrétiens appellent ancien testament correspond en partie seulement au texte de la bible hébraïque. Et encore parmi les chrétiens, il faut faire le distinguo entre catholiques, protestants et orthodoxes. Et pour les orthodoxes, il faut encore différencier selon les mouvances de l’orthodoxie (grecque, orientale, ethiopienne).

On l’a dit, rien n’est simple dans ce bric-à-brac et ce n’est que le début! Le canon, c’est-à-dire les textes repris et considérés comme dignes de foi, en est à l’origine! Mais rassurez-vous, après avoir lu ce livre, vous serez incollables sur l’ancien testament!

Un tableau synoptique reprend en effet les différents canons de l’ancien testament qui permet de voir quels livres sont repris ou non selon la version.

Si l’on veut avoir une bible qui reprend l’ensemble des textes des trois canons, à l’exception du livre d’Hénoch qui n’est plus repris que dans le canon éthiopien, il faudra s’orienter vers une version TOB (Traduction Œcuménique de la Bible).

Après avoir exploré la constitution du canon, l’auteur nous emmène dans l’histoire de l’écriture et des traductions des textes anciens et ensuite nous livre une brève histoire des royaumes d’Israël et de Juda, car oui, il y avait aux alentours du Xe siècle avant notre ère deux royaumes : Israël au nord avec Samarie comme capitale et Juda au sud avec Jérusalem comme capitale. Ces deux royaumes ont disparu, le premier à la fin du VIIIème siècle avant notre ère et le second au VIème siècle avant notre ère avec la destruction du temple et l’exil à Babylone. On notera que c’est suite à la chute de Samarie que Jérusalem va prendre une importance capitale.

Ensuite l’auteur aborde la formation des trois partie de l’ancien testament selon l’ordre de la bible hébraïque : le Pentateuque, les Prophètes et les “Écrits”. A l’intérieur de ces trois partie, il retrace l’histoire de la rédaction livre par livre. Et là, nous découvrons, stupéfaits, que les textes que nous lisons aujourd’hui n’ont pas été écrit d’une pièce et encore moins par les auteurs qui leur sont traditionnellement affectés mais bien par réécriture, découpage, regroupement, carrément inspiré d’autres écrits antiques… et ce sur plusieurs siècles et par plusieurs rédacteurs…

Il y a même suspicion que des personnages aussi importants qu’Abraham, Moïse, David, Salomon ne soient que des personnages légendaires car leur historicité ne peut être assurée! Même les livres dits historiques ne seraient pas aussi historiques qu’ils ne le prétendent car, et c’est bien connu, l’histoire est écrite par les vainqueurs et pour certains de ces livres, il est soupçonné que ces livres ont été réécrits dans le but de mettre le royaume de Juda sous un meilleur jour par rapport au royaume d’Israël.

Ainsi, au fil des pages, on va de stupéfaction en stupéfaction (ou pas), et on se demande à la fin si il y a vraiment quelque chose à retirer de tout ça? Sans conteste, je répondrai oui, mais en prenant d’énormes pincettes et en les prenant pour ce qu’ils sont : des textes parfois sapientiaux, parfois pas du tout sages (guerres d’extermination, génocides, conquêtes, …) et une histoire brodée autour de quelques noyaux de textes anciens pour donner un récit, une histoire à un peuple qui aurait été choisi par une divinité qui se fait appeler YHWH.

L’ouvrage se termine par une annexe reprenant les différents livres et textes qui sont repris dans le canon catholique et orthodoxe, y compris l’étrange livre d’Hénoch (à lui seul il vaut un article, patience donc).

Je termine ici cette évocation avec un mot à propos de la date de rédaction de l’ancien testament : les plus anciens textes, sont ceux de Qumrân, connus sous le nom de manuscrits de la Mer Morte et dont certains datent du IIIe siècle avant notre ère. On peut considérer que la mise en forme définitive des textes se situe quelque part entre ce IIIe siècle avant notre ère et le Ier siècle de notre ère!

Voilà, après ce voyage, et comme l’indique le quatrième de couverture : “une plongée fascinante qui vous fera lire la Bible d’un œil neuf!”

Si le livre d’Hénoch, qui a fait partie du canon et qui est évoqué dans le nouveau testament à plusieurs reprises, vous intéresse, vous pouvez le lire en ligne ou bien dans La Bible, écrits intertestamentaires édité dans la Bibliothèque de la Pléiade. Nous aurons l’occasion d’en reparler car ce livre est encore plus époustouflant que tout le reste.

Le nouveau Testament (4ème édition 2025)

Régis Burnet, l’auteur, nous convie dans ce volume également à un voyage spatio-temporel entre le milieu du Ier siècle de notre ère et le début du IIe.

Le nouveau testament est composé des évangiles et de toute une série de textes divers et d’une apocalypse (révélation) qui le clôt.

Comme Thomas Römer avec l’ancien testament, l’auteur suit la chronologie de la rédaction des textes du nouveau testament, en présente le contenu et le replace dans le contexte socio-politique et historique de l’église naissante. Il expose aussi leur orientation théologique car, oui, il s’agit bien de convaincre les uns et les autres que Jésus (qui d’ailleurs devrait s’appeler Josué si l’on traduit son vrai nom hébreu Yeshoua qui signifie Dieu sauve, Jésus vient de la traduction en grec ancien  Ιησους/Ièsous) était le messie, l’oint de Dieu (Christ) promis à Isräel. Dieu, par l’intermédiaire des prophètes et notamment Ésaïe, a promis qu’il enverrait un sauveur pour restaurer la royauté et ce sauveur serait issu de la lignée de David à qui il avait fait la promesse que sa lignée régnerait à jamais.

Ici aussi, comme dans l’ancien testament les auteurs à qui sont attribué les textes ne sont pas certains pour tous les textes. Certaines épîtres avaient été par le passé attribuées à Paul par exemple mais il n’en était rien. C’est le résultat de travaux de recherches qui ont identifié des différences de style et de forme.

Le livre se divise en quatre parties, après une brève introduction qui parle des premiers chrétiens.

La première partie aborde les premiers écrits, qu’il appelle l’age apostolique. C’est là que l’on retrouve Paul de Tarse et ses missives. Ce sont les plus anciens textes du nouveau testament et donc antérieur aux évangiles. On pourrait, en exagérant à peine, parler de Paulinisme, plutôt que de Christianisme tant Paul a théorisé et l’on peut même parler de théologie paulienne dans l’épître aux Romains.

La seconde partie aborde la seconde génération avec le premier évangile, le plus concis aussi, celui de Marc. On y retrouve des écrits comme l’épître aux Hébreux, les lettres de Pierre et Jacques et aussi l’évangile de Matthieu. Le but de ces écrits : inscrire le christianisme naissant dans le Judaïsme et le différencier du Judaïsme sacerdotal. On y trouve aussi un autre groupe d’écrits inspirés par la théologie de Paul comme les épîtres aux Colossiens, aux Éphésiens, et poursuivre son oeuvre théologienne. On y trouve aussi les écrits attribués à Luc (évangile et actes des apôtres) qui veulent justifier la mission de Paul autour de la Méditerranée et jusqu’à Rome et aussi la posture a adopter face aux Romains (Première lettre de Pierre).

On arrive à une troisième génération, abordée dans la troisième partie. Là, on y trouve les écrits attribués à Jean, son évangile, ses épîtres et pour finir l’Apocalypse. Une singularité théologique et liturgique.

La quatrième partie relate le long processus de la formation du canon qui s’étend du IIe siècle au IXe siècle quand même. Il faut dire que la période s’étalant du IIe au IVe siècles a été prolifique en matière d’écrits chrétiens. Ils forment deux volumes de la Bibliothèque de la Pléiade, par exemple! Ce qui a poussé l’église dès le IVe siècle a mettre de l’ordre pour aboutir à un texte standardisé au IXe siècle.

De nombreux écrits qualifiés d’apocryphes (cachés et dont l’authenticité ne peut être établie et non pas faux comme on l’entend trop souvent) viennent de cette période prolifique et notamment l’évangile de Thomas, de Marie-Madeleine, l’enfance de Jésus, …

On le voit, ici comme dans l’ancien testament, il convient de prendre avec circonspection tous ces textes et comprendre d’où ils viennent et pourquoi ils ont été rédigés aide à mieux en saisir le sens, rien n’est anodin et surtout lorsqu’un empereur romain décide de porter le christianisme à l’état de religion d’état.

Il n’en reste pas moins que, si c’était un coup de marketing, c’était un coup de génie puisque deux mille ans plus tard, on lit toujours ces textes et ils suscitent toujours de vifs débats!

En conclusion

Alors, la Bible parole de Dieu dictée par lui-même, inspirée par lui ou simplement des récits antiques comme il en existe beaucoup d’autres? Chacun se fera son opinion et à moins d’être témoin de Jéhovah ou fondamentaliste religieux (qui croient à la lettre à ce qui est écrit et que ce qui est écrit a été dicté par Dieu lui-même) on ne peut qu’être interpellé et se questionner.

Nous ne saurons sans doute jamais avec une certitude absolue le fin mot de cette histoire fabuleuse d’un peuple obscur de nomades du moyen-orient qui sera à l’origine des trois plus grandes religions du monde…

De tout temps, les humains se posent ces éternelles questions : d’où venons-nous, pourquoi sommes-nous et où allons-nous? Des réponses que nous avons petit-à-petit mais qui ne sont pas des certitudes et ne le seront sans doute jamais.

L’intérêt de ces ouvrages est de nous ouvrir l’esprit et surtout de nous permettre de remettre en perspective et dans le contexte historique. Ils nous apprennent que les populations du moyen-orient étaient en contact les unes avec les autres, personne ne vit en parfaite autarcie. Depuis que l’humain est, il voyage et est en contact avec d’autres cultures, d’autres pensées et cela influence sa propre vision. Certains humains ont aussi l’art particulier de tourner les paroles pour leur propre avantage (et c’est encore aujourd’hui le cas avec ces dirigeants qui se servent de la Bible pour justifier des actes barbares ou des guerres…

Finalement, la Bible, n’est que le reflet de nos errements, de nos bons et mauvais côtés et surtout notre incapacité à assumer nos responsabilités, préférant déléguer à un autre, Dieu dans le cas présent, le soin de régler et décider pour nous et comme Ponce Pilate, nous laver les mains des conséquences de nos actes.

Deux petits volumes à la matière dense pour nous inviter à réfléchir et à approfondir la question, une bonne introduction à la matière pour un prix modique (10 EUR/volume).


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Quarante jours après Pâques, c’est la fête de l’Ascension, où Jésus quitte le monde terrestre pour son royaume céleste selon la tradition chrétienne d’où il enverra le Saint-Esprit qui viendra sur les disciples lors de la Pentecôte, qui a lieu dix jours après l’Ascension.

Évoqué succinctement par Marc, Luc en relate une première version à la fin du chapitre 24 de son Évangile mais c’est surtout dans le livre des Actes des Apôtres, attribué au rédacteur de l’Évangile de Luc et dont il forme la suite logique, qu’il en fait une description plus détaillée et différente de surcroît!

Mathieu et Jean ne font pas mention de l’Ascension.

Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a commencé de faire et d’enseigner jusqu’au jour où il a été enlevé au ciel après avoir donné ses ordres, par le Saint-Esprit, aux apôtres qu’il avait choisis. (Actes des apôtres 1:1-2)

C’est d’ailleurs Luc qui parle de quarante jours de présence de Jésus après qu’il fut ressuscité parmi ses disciple.

Tout cette partie est imprégnée littéralement de “magie” et certains passages difficiles à croire : Jésus est en chair et en os mais il disparaît subitement à la vue des disciples d’Emmaüs après avoir rompu le pain en leur présence dans la taverne où ils se sont arrêtés pour la nuit.

Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le rompit et le leur donna. 
Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux. (Luc 24:30-31)

Ensuite, Jésus, toujours dans ce même chapitre de Luc, apparaît aux onze qui sont pris de peur. L’ Évangile de Jean précise même qu’ils sont enfermés de peur des chefs juifs, ce qui justifie leur effroi de voir Jésus parmi eux. C’est Jean qui relate aussi l’épisode où Thomas, absent lors de la première apparition, veut voir de ses yeux et sentir de ses doigts les plaies de Jésus pour croire que c’est vraiment lui. Il sera “exaucé” huit jours plus tard lors d’une seconde apparition de Jésus. D’où l’expression, croire comme Saint-Thomas (ne croire que ce que l’on voit et expérimente soi-même).

On notera que selon Jean, Jésus envoie l’Esprit-Saint dès cette première rencontre et donc avant qu’il ne disparaisse pour de bon mais aucune trace d’une Ascension chez Jean, pas plus que chez Matthieu. (Voir Jn 20:19-29)

Comme écrit plus haut, Marc relate l’Ascension de manière brève sans données sur le lieu où le moment où cela se produit.

Luc, dans son Évangile relate l’Ascension comme suit :

Il les conduisit jusque vers Béthanie, puis il leva les mains et les bénit. 
Pendant qu’il les bénissait, il les quitta et fut enlevé au ciel. (Luc 24:50-51)

Par contre dans ses Actes des Apôtre, l’épisode est relaté comme suit :

Alors qu’il se trouvait en leur compagnie, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, «ce que je vous ai annoncé, leur dit-il, car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit.»
Alors que les apôtres étaient réunis, ils lui demandèrent : « Seigneur, est-ce à ce moment-là que tu rétabliras le royaume pour Israël ?»
Il leur répondit : «Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance lorsque le Saint-Esprit viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre.»
Après avoir dit cela, il s’éleva dans les airs pendant qu’ils le regardaient et une nuée le cacha à leurs yeux. 
Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait, deux hommes habillés de blanc leur apparurent et dirent : «Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous à regarder le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous reviendra de la même manière que vous l’avez vu aller au ciel.» (Actes des Apôtres 1:4-11)

Comme on le voit, seul deux évangélistes relatent cet épisode de l’Ascension de Jésus et de manière assez différente de surcroît selon que l’on lise l’un ou l’autre Évangile (qui sont assez semblables) ou les Actes. Pourquoi Matthieu et Jean ne relatent-ils pas cet événement qui semble important et pourquoi chez Luc, le Saint-Esprit est-il promis après qu’il soit monté au ciel alors que chez Jean, ils le reçoivent d’emblée!

De plus, qui sont ces êtres habillés en blanc qui sortent de nulle part et qui informent les disciples qu’il reviendra de la même manière?

Tout cela est peu crédible et semble tout droit sorti d’un roman de science-fiction… et ce n’est pas la première fois que cela arrive dans la Bible!

Il y a tout d’abord eu Hénoch, un des sept patriarches, dont l’enlèvement au ciel est brièvement évoqué dans le livre de la Genèse (5:22-24) où il est écrit qu’après avoir vécu 365 ans, et avoir marché avec Dieu, il ne fut plus car enlevé par Dieu et dans l’épître aux Hébreux, il est précisé qu’il fut enlevé au ciel pour qu’il ne connaisse pas la mort. (He 11:5)

Le cas d’Élie est tout aussi interpellant; il est relaté dans le second livre des Rois (2:1) où on nous apprend qu’Élie fut enlevé par Dieu dans un tourbillon mais plus extraordinaire encore, au verset 11 de ce même chapitre, Un char et des chevaux de feu séparèrent Élie et Élisée et le premier monta dans le char et s’envola!

Ce symbole du char et des chevaux de feu se retrouve dans de nombreuses autres spiritualités (hindouisme, taoïsme, bouddhisme, …) et il faut y voir plutôt un symbole qu’un fait.

Je pencherais aussi plutôt vers le symbolisme pour ce qui est du récit de l’Ascension de Jésus au Ciel d’autant que cet épisode n’apparaît pas dans l’ensemble des Évangiles et son absence de celui de Jean, qui est différent des trois synoptiques et plus spirituel aussi, me conforte dans l’idée d’une symbolique à associer à ce récit.

Qu’en a-t-il été pour Jésus et pour les deux autres? Récits véridiques? Fables philosophiques, métaphysiques? Pures inventions? Inspiration venant d’autres traditions religieuses?

Pour les deux autres passages semblables à celui de l’Ascension, je pencherai aussi vers le symbolisme et l’influence d’autres spiritualités car les textes de l’ancien testament ont subi de nombreuses retouches au fil des siècles avant d’être fixés dans la forme que nous leur connaissons aujourd’hui (et même, les nouvelles traductions à la lumière de l’évolution des connaissances des langues anciennes amènent aussi de nouveaux éclairages).

Je suis en outre conforté par cette présomption suite à la lecture du “Que sais-je?” rédigé par Thomas Römer sur l’ancien testament. Je n’en dis pas plus ici… mais ce petit opus nous emmène de découverte en découverte et montre combien ces textes, même dans les parties dites historiques sont loin d’être factuelles. J’aurai l’occasion d’y revenir…

Je termine par un petit mot sur les êtres habillés en blanc qui apparaissent dans le récit relaté dans les Actes des Apôtres : ce sont sans doute des anges, ces êtres curieux qui apparaissent régulièrement dans la Bible. Qui sont-ils? Que sont-ils? Que désignent-ils? Je n’ai pas trouvé de réponse satisfaisante dans les recherches et lectures et j’ai vraiment beaucoup de mal avec ces messagers. Faute de preuves factuelles de leur existence, je ne peux, ici aussi, que voir une forme de symbolisme.

Bref, beaucoup de questions et peu de réponses…

N.B. : toutes les citations bibliques sont issues de la Bible Segond 21


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Le joli mois de mai commence par un jour férié dédié aux travailleurs et lié à une tradition : offrir un brin de muguet qui porterait bonheur.

Chez les catholiques, ce jour est dédié à Saint-Joseph, le père terrestre de Jésus, qui, comme on le sait, était aussi charpentier de son état. Ainsi, le 1er mai est célébrée la fête de Saint-Joseph-travailleur (il bénéficie d’un autre jour de fête le 19 mars dans le calendrier romain des Saints).

Pour avoir évoqué cette tradition, je me suis fait interpeller sur le fait que cette tradition d’offrir du muguet était un reliquat du régime de Vichy en France.

A la lecture de deux articles, l’un dans le Monde et l’autre sur le site de RTBF Actus , il est fait mention que la relation entre 1er mai, fête des travailleurs, et muguet est née en 1941 sous le régime de Vichy; le muguet y remplaçant l’églantine jugée trop communiste en ces temps-là mais ces articles font également part d’une tradition plus ancienne, bien plus ancienne et que la petite fleur à clochettes blanches (et toxique au passage!) est originaire du Japon. C’est ce que l’on peut appeler un dévoiement d’une tradition, dirait-on. Le muguet était bien offert le 1er mai et ce bien avant 1941 alors pourquoi devrions-nous nous priver de cette tradition? Seulement parce qu’un régime français de la seconde guerre mondiale l’a dévoyé?

D’ailleurs, les exemples de dévoiements de traditions ou de paroles sont monnaie courante et s’il nous fallait analyser toutes les traditions ou toutes les expressions, on en aurait pas fini et le monde deviendrait encore plus invivable.

A titre d’exemple et analysé dans l’éditorial du magazine l’Appel : la devise des Princes fondateurs de la Prusse au XVIIe siècle était “Gott mit uns!” (Dieu avec nous!) qui est une traduction littérale de l’hébreu Immanu’el (Emmanuel), un terme galvaudé et utilisé pour justifier les croisades, nombre de guerres, …

Ce terme est issu du livre d’Ésaïe, au verset 14 du chapitre 7 : “Voilà pourquoi c'est le Seigneur lui-même qui vous donnera un signe: la vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et l'appellera Emmanuel.”

D’un signe de Dieu pour signifier, par l’intermédiaire de son prophète au VIIIe siècle avant notre ère où le royaume de Juda est menacé, que Dieu n’abandonnera pas son peuple, les humains en ont fait une devise pour signifier que Dieu était à leur côté et justifiait leurs actions. On pourra lire tout le détail dans cet excellent éditorial.

Tout cela pour dire qu’il ne faut jamais se laisser aveugler par les paroles des humains qui souvent utilisent à leur avantage une parole fût-elle d’inspiration divine pas plus que de se laisser intimider par les donneurs de leçon qui utilisent un argument pour lâcher leur fiel et culpabiliser les autres.

Je termine ce court billet en évoquant le podcast de la Boussole, un média protestant, qui revient ce jour sur cette idée du bonheur et du muguet. A écouter ou à lire sur le site de la fédération d’entraide protestante.

Ainsi, ne nous privons pas d’offrir du muguet à ceux qui nous sont chers et à leur souhaiter du bonheur, nous en avons plus que besoin dans le monde où la loi du plus fort règne au-dessus de tout… et n’hésitons pas à faire du fact-checking!


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Après avoir regardé sur ARTE l’émission “Les idées larges” où elle était invitée pour échanger sur ce thème en posant la question “L’occident est-il judéo-chrétien?” (A retrouver ici), j’ai eu envie de lire son petit essai (moins de 100 pages) publié aux Liens qui libèrent (site de l’éditeur) qui traite de ce précepte assez récent puisqu’il a un peu plus de quarante ans.

Selon Sophie Bessis, il s’agit ni plus, ni moins d’une imposture visant à, notamment, faire oublier deux millénaires d’antisémitisme en Europe avec le sommet de l’horreur qu’a été la “solution finale” mise au point par le régime nazi. C’est aussi un moyen de rejeter l’autre grande religion monothéiste : l’Islam.

Pourtant, les racines soi-disant judéo-chrétienne de l’occident sont assez vite balayées si l’on veut regarder les choses avec raison : les racines de la civilisation en Europe est plutôt à chercher du côté de la Méditerranée, voire même de l’Egypte ancienne sans oublier que les premières civilisations sont nées dans ce croissant fertile qui va de l’Egypte au Moyen-Orient (l’ancienne Mésopotamie).

Ce serait aussi vite oublier que le sud de l’Espagne a été sous domination musulmane et que la culture musulmane a influencé la société en l’endroit. Les progrès de la médecine en Europe est en grande partie due à l’excellence des médecins du Moyen-Orient et nos chiffres ne sont-ils pas arabes? Bref, assez d’éléments pour réfuter ces pseudo-racines judéo-chrétienne.

C’est aussi une imposture car pour les dirigeants actuels d’Israël qui reprennent ce judéo-christianisme à leur compte pour occulter l’oriental qui est présent dans le juif. Ils se revendiquent comme étant le rempart de l’Occident contre la barbarie islamique et se considèrent occidentaux en faisant fi de leur propre histoire imprégnée d’orientalisme. Ils osent même dire que l’Europe se termine en Israël… Bref, un défilé d’inepties digne d’une propagande sans vergogne et qui trahit l’histoire. D’ailleurs, en Israël, les juifs arabes, les descendants de ceux qui vivent là depuis l’antiquité et ceux de la diaspora marocaine, par exemple, sont considérés comme des citoyens de seconde zone explique l’autrice.

On le voit, ce terme ne repose sur rien de concret et est surtout une façon d’exclure l’Islam de nos société alors que Judaïsme et Islam ont plus en commun que Judaïsme et Christianisme. Est-il besoin de rappeler que pour les deux autres grands monothéismes, le christianisme est vu avec scepticisme du fait du Dieu trine notamment. Il faut aussi rappeler qu’Abraham, le père de tous les croyants dans les trois monothéismes est cité une soixantaine de fois dans le Coran.

Elle explique aussi, que très longtemps, le Juif était représenté comme un “oriental” en Europe et que les Juifs ont longtemps été interdit d’exercer certains métiers ce qui n’était pas le cas en Andalousie sous domination islamique où les autres cultes étaient tolérés moyennant le paiement d’un impôt que l’on appelle la Dhimmi.

En bref, un terme totalement usurpé utilisé par les uns pour se dédouaner de leur antisémitisme multi-séculaire et pour les autres pour occulter leur part arabe et utilisé par les deux pour justifier leur haine et leur rejet de l’Islam.

Une lecture courte et dense qui invite à réfléchir sur les termes que l’on emploie ou que l’on entend à l’envi dans les médias et les discours politiques. On insistera jamais assez de l’importance à faire son libre-examen sur ces sujets aussi!

Pour aller plus loin, d’autres documents sonores et vidéo :

  • L’occident est-il vraiment judéo-chrétien? sur reformes.ch
  • La civilisation judéo-chrétienne existe-t-elle vraiment? Article et documents sonores sur le site de France Culture
  • Histoire de l’antisémitisme, série en quatre épisodes sur ARTE

Une petite pensée de John Minne pour conclure

Le mal s'attrape, le bien s'apprend.

Les écrits de ce blog reflètent les opinions et les réflexions de l’auteur se basant sur son propre parcours et ses propres connaissances acquises au fil du temps . Ils ne constituent en aucun cas une vérité absolue, au mieux ils se veulent matière à réflexion personnelle.

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Cette question, ce n’est pas moi qui la pose mais bien l’abbé Joël Pralong en guise de titre pour un livre paru en 2013 alors que la société est en plein débat sur le “mariage pour tous” avec tout ce que ce débat à impliqué, notamment en France, où contrairement à beaucoup d’autres pays européens, cette question a été l’origine d’une polarisation de la société et l’expression de beaucoup de haine envers les personnes LGBT.

L’abbé suisse a lui, comme il le dit, choisi un autre chemin face à ce débat, celui du coeur en écoutant et relatant les témoignages de personnes LGBT. Une attitude, il faut le dire, assez rare dans l’église catholique romaine mais qui existe et cela mérite d’être souligné.

Pour découvrir un peu plus l’abbé Pralong : Site des Editions St Augustin et notamment son livre Homo, Trans et Dieu les bénit

Malheureusement, de nos jours, il existe encore beaucoup de discriminations dans l’église catholique à l’égard des personnes LGBT. Il faut aussi oser le dire : parmi les prêtres d’aujourd’hui, beaucoup sont originaires de pays où l’homosexualité est encore vue comme quelque chose d’immoral qui peut mériter jusqu’à la peine de mort! Des discours homophobes se tiennent même parfois dans des homélies de prêtres catholiques et cela est tout aussi inacceptable que les abus sexuels commis par des représentants de cette même institution.

Il est vrai que l’église protestante et l’église anglicane sont en général plus libérales mais là aussi, tout n’est pas blanc ou noir. Certaines tendances du protestantisme sont plus libérales tandis que d’autres sont clairement fondamentalistes. Fondamentalisme : le mot est lâché et c’est bien là qu’est le problème.

Les fondamentalistes ont une lecture littérale de la Bible et actualisent son message à l’époque dans le but (non avoué mais évident) que l’écriture aille dans le sens qui les arrange!

A noter que les témoins de Jéhovah adopte une position particulière : s’ils rejettent les actes homosexuels, ils, du moins officiellement et à l’instar de beaucoup d’autres sujets, ne doivent pas pratiquer ou se réjouir des actes homophobes. Un homosexuel célibataire peut même rester témoin de Jéhovah. Ils font une lecture littérale de la Bible et pour eux la Bible est une “loi” mais s’abstiennent d’intervenir dans le débat politique pour changer les lois.

Dans l’Islam, l’homosexualité est aussi largement condamnée et punie bien que là encore, le Coran ne parle pas explicitement d’homosexualité. A ce sujet, voici un bon article de la BBC sur ce sujet : Homosexualité et Islam

On le voit, une lecture fondamentaliste des écritures amène le rejet alors que le message général des écritures (chrétiennes du moins) est l’amour du prochain.

Le 17 mai prochain aura lieu la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et c’est à la suite de la réception d’une infolettre de la librairie diocésaine de Liège que j’ai eu envie d’aborder ce sujet assez touchy aujourd’hui encore et notamment dans l’église catholique romaine.

Cette infolettre porte à connaissance la tenue de deux conférences à Liège :

  • Le mercredi 6 mai : une conférence de l’abbé Joël Pralong
  • Le vendredi 8 mai : une conférence du prêtre-théologien britannique James Alison

On trouvera tous les renseignements sur le site de la librairie Siloé de Liège.

Ces deux conférences risquent fort d’être intéressantes il me semble important de mettre en lumière ce genre d’événements d’ouverture venant d’une institution fortement critiquable.

Pour qui voudrait avoir une idée, je ne peux que conseiller la visite du site de James Alison et notamment cette vidéo sur le sujet : Bible et homosexualité.

En conclusion, on peut dire que les lignes bougent, lentement parfois, mais elles bougent et il est une bonne chose d’avoir des personnes telles que ces deux conférenciers pour faire avancer le débat dans la sérénité et la nuance bien loin de la polarisation actuelle de nos sociétés.


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C’est le titre d’un livre écrit par Mauro Biglino, chercheur dans le domaine de l’histoire des religions et spécialiste de l’hébreux massorétique.

S’il a le mérite de poser des questions pertinentes et s’il a le don pour mettre au jour les incohérences des textes bibliques et que tout lecteur attentif et dénué de dogmatisme aura repéré lors d’une lecture approfondie de la Bible, il a, à mon sens, un peu trop tendance à faire siennes des théories de visites extra-terrestres dans l’antiquité qui auraient modifié le cours de l’humanité.

Il relève de nombreuses incohérences dans les textes et là, on ne peut qu’être d’accord, tout comme on peut accepter le fait que le Dieu de l’ancien testament (dans le Pentateuque en particulier) et celui du nouveau testament ont l’air de deux Dieux différents. Il est vrai que certains récits se retrouvent racontés deux fois et de manière différentes comme la création d’Eve pour ne citer qu’un exemple.

Pour commencer, en tant que spécialiste de la langue hébraïque, il déclare que la langue hébraïque n’a pas de terme qui désigne Dieu. Dans la version hébraïque, il est fait mention d’Elohim qui est une forme plurielle de El mais qui ne peut, selon lui, se traduire par Dieu au singulier. Yahvé ne serait qu’un El parmi les Elohim.

Il y a dès la Genèse, des passages totalement obscurs comme celui-ci :

Or, quand les hommes eurent commencé à se multiplier sur la terre, et que des filles leur naquirent les fils de la race divine trouvèrent que les filles de l'homme étaient belles, et ils choisirent pour femmes toutes celles qui leur convinrent. L'Éternel dit: “Mon esprit n'animera plus les hommes pendant une longue durée, car lui aussi devient chair. Leurs jours seront réduits à cent vingt ans. Les Nefilim parurent sur la terre à cette époque et aussi depuis, lorsque les hommes de Dieu se mêlaient aux filles de l'homme et qu'elles leur donnaient des enfants. Ce furent ces forts d'autrefois, ces hommes si renommés.

Toute la théologie repose sur un Dieu unique mais alors qui sont ces fils de la race divine? Et soyons, honnête, il y a comme une familiarité avec les autres dieux de l’antiquité qui n’hésitaient pas à se mêler aux humains.

Mais plus problématique est que Yahvé, qui ne serait donc pas un Dieu selon Biglino mais un être de chair et d’os puisque Jacob/Israël s’est battu avec lui, par exemple mais pire encore, il serait un être maléfique! Et en effet, on peut sérieusement se poser la question : où est la miséricorde et l’amour infini de Dieu lorsque celui-ci se définit comme un dieu jaloux qui ne tolère pas que son peuple se prosterne devant d’autres dieux et le menace de mort et tue même son propre peuple! Exige des sacrifices sans fin d’animaux innocents pour absoudre les pêchés de son peuple! Mais il y a pire encore, Yahvé/Dieu ordonne aux siens d’exterminer des populations entières pour que les siens prennent possession des territoire. Ces peuples sont littéralement victimes de génocide, il n’y a pas d’autre terme pour qualifier les actes affreux qui consistent en la mise à mort de l’ensemble de la population à l’exception des femmes qui n’ont pas connu d’hommes pour servir d’esclaves aux hommes et Yavhé/Dieu en réclame une part! De même qu’il réclame une part de l’or et du butin en général conséquence de ces génocides et mise à sac! Il y a de quoi être retourné, en tout cas pour celui, qui affronte les écritures avec raison. Evidemment, l’église catholique romaine choisit les textes qui l’arrange pour les lectures de la messe omettant les plus problématiques. Il faut le dire. Comme il faut dire que les textes ont été copiés et recopiés maintes fois et sans doute altérés, modifiés à escient ou pas.

On le remarque, le Dieu, père aimant et miséricordieux du nouveau testament est aux antipodes du Dieu de l’ancien testament (même s’il y a une évolution dans certains livres).

Que dire aussi de ce pauvre Job, qui à cause de l’autorisation de Dieu, subit les assauts de Satan et subit avec stoïcisme les épreuves les plus ignobles? A la fin, il est récompensé diront certains mais quand-même… Où est l’amour de Dieu dans le récit de Job… Je n’en ai guère vu…

L’ordre des livres dans la Bible n’a rien de logique puisque des textes comme le livre de la Sagesse, un des derniers écrits datant du Ier siècle avant notre ère (et peut-être achevé après la mort de Jésus) ne se trouve pas à la fin de l’ancien testament et de surcroît, s’il a été rédigé et inspiré de Dieu, comment se fait-il qu’il n’évoque pas Jésus qui allait bientôt paraître dans le monde…

Autre problème avec Dieu : s’il est omniscient et omnipotent comment se fait-il qu’il cherche Adam et Eve au Jardin d’Eden? Qu’il ait besoin d’être rassuré de la fidélité de son peuple alors qu’il pourrait lire nos pensées les plus secrètes… L’auteur pose un tas de questions pareilles… et il faut dire qu’il y a de nombreuses incohérences et inconsistances dans le récit… qui peuvent raisonnablement faire douter que les textes soient d’inspiration divine… ou alors comme l’écrit l’auteur, Dieu est un mauvais relecteur de son oeuvre.

Au fil des quelques deux cents pages, l’auteur pose et analyse toute une série d’épisodes et essaie de nous montrer que le texte n’a rien de religieux mais est plutôt pour ce qui est de l’ancien testament du moins, un livre de guerre qui raconte comment Yahvé a tenté et échoué à donner un territoire au peuple qu’il s’est accaparé.

Un autre point abordé par l’auteur est l’enlèvement d’Hénoch, d’Elie et de Jésus. Pour l’auteur, il ne fait pas de doute, ces deux personnages sont enlevé par un objet volant. Ce qui est certain, c’est que c’est assez curieux la façon dont c’est raconté comme par exemple pour Elie :  Lorsque l'Eternel fit monter Elie au ciel dans un tourbillon, celui-ci partait de Guilgal avec Elisée…

…Alors qu’ils continuaient à marcher tout en parlant, un char et des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre et Elie monta au ciel dans un tourbillon.

Que sont donc ces chevaux de feu et ce tourbillon? Ce sont des questions légitimes et qui n’ont pas de réponses rationnelles autres que ces personnages sont enlevé par un objet volant. Alors l’auteur aurait-il raison lorsqu’il évoque des extra-terrestres (ou un peuple très avancé) pour expliquer l’inexplicable. Il est un fait que d’autres récits de l’antiquité parlent de chariots de feu volant dans le ciel… mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons trouvé la plus petite preuve qu’il y aurait eu des objets volants dans l’antiquité. Ce qui est certain, c’est que certaines techniques antiques comme les miroirs ardents qui dans l’antiquité permettaient de mettre le feu à un navire à distance. Il y a peut-être des savoirs oubliés, je ne sais pas mais rationnellement, on ne peut qu’être interpellé de ce genre de passages…

L’auteur tend à démontrer que la bible n’est pas un livre sacré, ni de religion et qu’il ne parle pas de Dieu mais d’un “être” particulier, Yahvé qui règne sans partage sur une tribu. Il veut aussi montrer que les textes ont sans doute été réécrits, amendés, modifiés pour coller à une réalité locale et temporelle et surtout pour maintenir les religions dans un certain pouvoir.

Bref, une lecture malgré tout intéressante dans l’ensemble et qui permet de voir les textes dits sacrés (qui ne le sont peut-être pas tant que ça) sous un nouveau jour.

L’auteur fait mention d’un livre intitulé “Comment la bible est devenue sacrée” (collection Le monde de la Bible chez Fidès et Labor) du Professeur Michael L. Saltow de l’université de Brown aux USA et spécialiste de l’ancien testament et comme les choses sont bien faites, ce livre traînait dans mes étagères, cela va être l’occasion de m’y plonger. Il est préfacé par Thomas Römer, professeur au collège de France, qui est aussi l’auteur d’un Que sais-je? sur l’ancien testament.

En parlant de Que sais-je? il existe plusieurs volumes consacrés à la bible et à Jésus. Petits ouvrages concis et fort bien fait, c’est un bon début pour celui qui voudrait s’initier à ces sujets. De surcroît, le prix est tout à fait abordable (10 EUR environ).

Je terminerai en spécifiant que ce que j’ai lu dans ce livre m’a certes interpellé mais au même titre que d’autres ouvrages que j’ai eu l’occasion de lire, il alimente ma réflexion et ma recherche de sens. Il est un fait qu’un tel ouvrage bouscule toutes les quasi certitudes que l’on nous inculque depuis tout jeune et qui façonnent nos sociétés et que cela ne plait pas aux autorités religieuses. C’est justement là, pour moi, une preuve que les autorités religieuses de tout temps et en tout lieu instrumentalisent les textes à leur avantage pour garder un ascendant. C’est peut-être moins vrai chez les protestants (chez les libéraux particulièrement).

En guise d’ultime conclusion je dirais que l’important n’est pas la solution, mais la quête!

Pour ceux qui seraient intéressés, les références du livre dont il est question ici :

L’ancien et le nouveau testament : des livres sans Dieu de Mauro Biglino, Macro éditions, collection savoirs anciens – ISBN : 978-88-2851-707-8

Le site officiel de l’auteur : https://www.maurobiglino.com


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Je l’ai rapidement évoquée hier, dans le billet consacré au vendredi Saint et cela a ravivé des souvenirs déjà anciens d’un séjour à l’abbaye de Clervaux au Grand-Duché de Luxembourg où j’étais présent pour la veillée pascale. Avec l’aide du Missel grégorien (c’est le missel romain mais qui inclut les chants grégoriens des offices), je vais essayer de rendre l’ambiance et le faste de cet office nocturne car, disons-le tout de go, c’est fastueux dans la mise en scène presqu’autant que les passions du Christ qui se produisent le vendredi Saint un peu partout sur la planète.

Le soir de la veillée, on reçoit une pittance légère et ensuite on se met au lit pour une paire d’heure (littéralement puisque le repas du soir a lieu à 19 h 30).

A 22 h 30, la foule des paroissiens et des hôtes se réunissent devant l’entrée de l’église abbatiale, un grand feu est allumé. Il fait assez froid (on est sur les hauteurs) et la chaleur du feu qui crépite est une source de chaleur et de lumière bienvenue car tout est calme et noir alentour. L’église elle-même est plongée dans le noir.

Chacun a reçu un petit cierge et attend. Les prêtres et diacres se rendent près du feu et celui-ci est béni.

La bénédiction achevée, on procède à l’allumage du cierge pascal que des moines auront patiemment décoré durant de longues heures. Une fois le cierge allumé, une procession se met en marche le prêtre tenant le cierge élevé et chante Lumen Christi! (Lumière du Christ!) et la foule répond Deo gratias! (Nous rendons grâce à Dieu!).

Arrivés à la porte de l’église abbatiale, les cierges que la foule a reçu sont allumés au cierge pascal et on entre ensuite en procession. Ce n’est que lorsque le cierge pascal est arrivé à l’autel que les lumières de l’église s’allument.

Vient ensuite l’annonce de la Pâque avec la foule debout et tenant les cierges qu’ils ont reçu. Une fois cette annonce solennelle faite, les cierges sont éteints et les fidèles peuvent s’asseoir. Il y a déjà près d’une demi-heure que l’office a débuté.

C’est maintenant le temps de la liturgie de la parole introduite par un cantique et une première lecture sur la création, suivie d’une prière.

S’ensuivent six autres lectures toute précédées d’un cantique et suivies d’une prière. Ces lectures retracent l’histoire du peuple élu : sacrifice et délivrance d’Isaac, passage de la mer Rouge (en fait, la mer des Joncs), l’amour de Dieu pour Jérusalem son épouse, le mystère de l’eau et de la parole, Dieu offre aux hommes la sagesse et enfin le cœur nouveau et l’esprit nouveau.

Vient ensuite la lecture de l’Apôtre avec la lettre aux Romains : Ressuscité des morts, le Christ ne meurt plus.

Précédé de l’Alleluia, mit en sourdine depuis le début du carême, la lecture de l’évangile de l’année (A, B ou C).

On procède ensuite à d’éventuels baptêmes sinon on passe directement à la bénédiction de l’eau baptismale. Une fois cette bénédiction effectuée, les fidèles sont invités à réaffirmer leur promesse de foi baptismale. Tous sont debout et les cierges sont à nouveau allumés.

Après cela, l’on passe au chant d’offrande et on omet le Credo.

L’office se terminera pas la communion et le renvoi des fidèles.

Il est près de deux heures du matin lorsque cette vigile pascale s’achève mais chacune et chacun est invité à un prendre une collation et ensuite un peu de repos avant les Laudes qui auront lieu à 7 h 30. Comme le jour de la Nativité, il n’y a pas de vigiles le matin.

Le dimanche de Pâques, la messe sera aussi assez longue et le repas de midi sera festif et une fois n’est pas coutume, il y a du vin (pour ceux qui le souhaitent) ou du jus de pommes de la production de l’abbaye en plus de l’eau traditionnelle.

Le soir, après les Vêpres, il y aura le salut au Saint-Sacrement et les complies auront lieu une heure plus tôt qu’à l’accoutumée, il faut bien récupérer de la longue journée!

L’église catholique observe la même liturgie partout mais dans la plupart des églises, cette veillée pascale a lieu beaucoup plus tôt et est moins fastueuse qu’à l’abbaye dans la mesure où les chants grégoriens amènent une dimension particulière à cette veillée.

Même pour le protestant libéral que je suis et malgré toutes les réticences et désaccords avec l’église de Rome, cela reste une très belle expérience et un très beau souvenir.


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Cela n’échappe à personne, du moins pour ceux qui vivent dans de petites villes ou à la campagne. Du vendredi Saint à la nuit de Pâques le samedi soir (ou le dimanche matin), les cloches ne carillonnent plus.

La légende veut qu’elles s’en vont à Rome pour être bénies et en revenant, elles vont déverser des tonnes de petits œufs en chocolat pour le plus grand plaisir des (grands) enfants.

La dernière Cène et la Crucifixion de Jésus

Le jeudi Saint, au soir, nombre de paroisses organisent l’office du dernier repas de Jésus où le geste du lavement des pieds est souvent encore effectué. Cet office marque le début du Triduum pascal qui s’achève le samedi dans la nuit avec la messe de la nuit de Pâques (à l’instar de la messe de la nuit à Noël).

Le vendredi, la messe est célébrée et l’évangile est bien évidemment la passion du Christ qui selon les paroisses est “rejouée” par des paroissiens et le prêtre. Les hosties distribuées le vendredi Saint ont été consacrée lors de l’office du jeudi Saint. Le vendredi Saint, il y a également l’ostentation de la croix.

J’avais assisté une fois à l’abbaye de Clervaux à cet étrange temps liturgique catholique. Au lieu des cloches, c’était une crécelle qui faisait office de signal pendant les offices de la liturgie des heures.

Il est d’usage de considérer que Jésus fut crucifié sur le coup de midi (Sexte, la sixième heure) et qu’il expira dans l’après-midi (None, neuvième heure)… Vient ensuite l’attente jusqu’aux vigiles pascales et pour cette raison, il n’y a pas de messe le samedi en journée, c’est l’attente auprès du tombeau.

Le samedi soir, l’église abbatiale est plongée dans le noir, et dehors, les paroissiens se réunissent et reçoivent une chandelle et entrent dans l’église. Peu à peu, au fur et à mesure que les chandelles vont s’allumer en passant la flamme de chandelle à chandelle, l’église va s’illuminer. S’en suivra un très long office de nuit avant une série d’office le dimanche de Pâques.

Les œufs, les cloches et les lapins

Si en Belgique et en France, ce sont les cloches qui amènent les œufs à leur retour de Rome, en Allemagne, c’est le lapin qui les cache.

Mais pourquoi, diable, offrir des œufs à Pâques?

D’une part, les œufs ont une conservation limitée et au vu du carême (période de jeûne de quarante jours), il faut bien faire quelque chose avec tous ces œufs; d’autre part, c’est une tradition païenne ancienne qui remonte à l’antiquité. L’œuf est le symbole de fécondité et de renaissance. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Pâques tombe au printemps (même s’il y a une certaine concordance historique au vu des connaissances actuelles), le printemps, c’est le moment où la nature renaît, où la “création” est renouvelée.

Aujourd’hui, dans notre monde de surconsommation, toutes ces traditions se sont perdues et plus besoin de cuire des dizaines d’œufs pour éviter de les jeter et souvent, les oeufs durs ont été remplacés par des œufs en sucre ou en chocolat au point de friser la crise de foie!

On notera enfin, que contrairement à ce que l’on pense souvent, ce n’est pas Noël la fête la plus importante du christianisme mais Pâques! Et pour cause, c’est la célébration de la victoire de la vie sur la mort (qui pour les protestants libéraux est à voir de manière plutôt philosophique que comme une vérité historique avérée) et que l’on soit croyant ou pas, on ne peut nier que le monde renaît d’une certainement manière au printemps (pour l’hémisphère nord du moins).

J’en ai déjà parlé ailleurs, mais les juifs fête aussi la Pâque du Seigneur mais c’est une toute autre histoire et une tout autre signification : elle symbolise la libération des hébreux du joug égyptien avec l’ultime plaie d’Egypte où l’ange de Dieu évita de tuer les premiers-nés des hébreux à condition que ceux-ci aient aspergé le linteau de leur porte du sang d’un agneau immolé et mangé en entier (avec les tripes).

Il y a néanmoins une relative corrélation avec le sacrifice de Jésus sur la croix qui est l’agneau de Dieu immolé pour absoudre le peuple du pêché. Quelque chose qui choque nombre de personnes, y compris des chrétiens et montre un visage de Dieu qui est nettement moins sympathique que celui que Jésus a montré tout au long de sa prédication.

L’on dit que Dieu a tant aimé les hommes, qu’il a livré son propre fils. Je ne sais pas vous mais moi, ça me choque et ce n’est pas la seule chose qui me choque dans toute l’histoire biblique. J’aurais l’occasion de revenir sur tous ces aspects troublants du texte biblique au fur et à mesure des billets futurs.


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Comme je l’écrivais sur Mastodon, ce 25 mars 2026, ma grand-mère maternelle aurait eu cent ans. L’occasion de me remémorer un souvenir en rapport avec ce blog.

Ma première bible, c’est d’elle que je l’ai reçue. Malheureusement je ne la possède plus mais j’ai un souvenir précis de celle-ci. Je me revois à 11 ou 12 ans, dans le grand lit de la chambre où je dormais quand je passais le weekend chez ma grand-mère. La lumière extérieure était assez forte et il ne faisait pas noir dans la chambre qui avait deux grandes fenêtres de surcroît.

Cette bible, je m’en souviens très bien : elle avait une couverture rouge légèrement cartonnée et rouge vermillon dans un format un peu plus grand que le livre de poche mais beaucoup plus épais malgré le papier très fin qui caractérise les bibles. Elle venait de la librairie “Halbart” à Liège et qui était la librairie de référence à l’époque. Il n’existait pas de grandes chaînes de magasins “culturels” comme aujourd’hui. Comme il était de coutume à l’époque, une étiquette autocollante dorée était apposée sur la première page intérieure mentionnant le nom et l’adresse de la librairie. Je dois l’avoir reçue pour mon anniversaire, je ne suis plus tout à fait sûr mais ce qui est certain, ce n’était pas pour ma communion puisque je ne l’ai pas faite.

Je connaissais les textes bibliques par la messe à laquelle j’assistais de mon plein gré et où j’étais même enfant de chœur mais je n’avais jamais tenu de bible en main. Je m’étais donc plongé dans le “livre” comme dans n’importe quel livre et commençai par le premier chapitre du livre de la Genèse. L’excitation était à son comble : j’allais apprendre comment était né le monde et l’humain avec une certaine naïveté d’enfant.

Mais très vite, je me suis heurté au texte et ai assez rapidement abandonné cette lecture! J’y voyais déjà des incohérences et trouvait le récit bizarre car ça ne correspondait pas du tout à ce que j’avais appris avec la série animée d’Albert Barillé, il était une fois l’homme qui constituait avec l’encyclopédie Alpha Junior mes sources principales d’acquisition de connaissances! Aucune trace des dinosaures dans la bible et aucune trace des ancêtres des premiers hommes…

Mon esprit critique était déjà assez aiguisé à l’époque mais malheureusement, ce n’est pas avec mes parents que j’aurais pu avoir une discussion sur le sujet… ni avec personne de mon entourage… La science et la raison ont largement pris le dessus car je pensais bien que les explications scientifiques sur l’origine du monde beaucoup plus convaincante que ce qui était écrit dans la bible.

Aujourd’hui, j’ai appris que l’on pouvait être un scientifique et croire en Dieu (il existe de nombreux cas et plus qu’on ne le pense) et que l’on pouvait lire la bible de manière scientifique aussi. L’un et l’autre ne sont pas forcément incompatible mais à condition de garder un esprit critique!

Mon seul regret, ne plus posséder cette bible, j’aurais aimé savoir de quelle traduction il s’agissait, je peux augurer qu’elle était catholique mais c’est tout!


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