Journal d'un libre-penseur chrétien

Histoires et réflexions sur la spiritualité – Celui dont Jésus-Christ est la maladie, ne saurait guérir (Ibn 'arabi – XIIe siècle).)

Réflexions personnelles après ma lecture de l’ouvrage

L’évangile de Thomas est un des nombreux manuscrits trouvés dans les grottes autour de la mer morte et fait donc partie de la collection de Nag Hammadi.

Il fut découvert en 1945. C’est un texte assez particulier puisqu’il ne contient que 114 logias, des paroles nues attribuées à Jésus lui-même.

Jean-Yves Leloup est un auteur connus de ceux que les sujets spirituels intéressent car il a publié de nombreux ouvrages et commentaires sur les textes bibliques (canoniques ou apocryphes) apportant, à mon sens, un éclairage propice à la réflexion.

Cet évangile a suscité pas mal de débats au point qu’il fut envisagé de l’inclure dans le canon mais comme on peut s’en douter, très vite, les gloses et les polémiques l’ont renvoyé sous le sable! Mais faut-il l’oublier pour autant?

Ce texte était connu au début du Christianisme mais son côté trop gnostique l’aurait rendu infréquentable pour l’église qui, pour asseoir son pouvoir, écartait tout ce qui irait à l’encontre d’une foi dogmatique uniformisée (c’est tout le contraire de l’approche protestante). N’oublions pas non plus les siècles de discussions, excommunications mutuelles sur ce que les chrétiens devaient croire ou pas! Ce n’est qu’au IVe siècle que le premier Credo fut entérinée (Symbole de Nicée) résumant les fondements de la foi chrétienne. Il faut aussi remettre ce Credo dans son contexte politique pour comprendre pourquoi il était aussi important en ces temps troublés dans l’Empire romain.

Le Christianisme des débuts étaient multiple et divers et bien évidemment, influencé par les courants philosophiques et mystiques qui traversaient le siècle. Il ne peut en être autrement, la société du Moyen-Orient ne vivait pas en vase clos, ni coupée du reste du monde de l’époque…

Il n’en reste pas moins, que cet évangile de Thomas, pourrait être une collection de paroles de Jésus et pourrait, originellement, être antérieur à la rédaction des premiers évangiles canoniques. Un document potentiellement historique, une source pour la rédaction des évangiles synoptiques (Luc, Matthieu et Marc) car la plupart des paroles reprises dans ce texte se retrouvent dans les autres évangiles. Le conditionnel est de rigueur et le restera sans doute encore longtemps car un épais mystère entoure ces événements qui ont changé la face du monde au Ier siècle de notre ère et peut-être ne saurons-nous jamais ce qu’il en a réellement été mais ces manuscrits de la mer Morte nous apportent un nouvel éclairage depuis près d’un siècle déjà et ainsi l’évangile de Thomas.

Il n’apporte pas beaucoup de neuf donc par rapport aux évangiles canoniques mais donne peut-être une nouvelle compréhension de ceux-ci.

Il est toujours étudié tant par des historiens, des scientifiques que des religieux (de toute tendance).

Il offre aussi, dans une certaine mesure, de nouveaux éclairages sur la société du Ier siècle en Judée et sur l’influence des autres religions et philosophies.

Au fil des pérégrinations sur Internet et en recherchant des informations complémentaires sur ma lecture de l’ouvrage de Jean-Yves Leloup, j’ai trouvé cet échange sur le site Jechercherdieu.ch et je trouve la réponse du pasteur très intéressante et plus particulièrement sa seconde réponse concernant la foi.

Pour les protestants, plus que pour d’autres chrétiens peut-être, la recherche personnelle est très importante voire essentielle. Pour ce pasteur, la foi n’est pas quelque chose qui tombe du ciel, mais qui vient par la recherche personnelle du divin. Il écrit “Votre volonté de réfléchir librement, de comprendre, de discuter est un atout dans votre lecture des évangiles” et je ne peux acquiescer et ça correspond bien à ma démarche. D’ailleurs, toujours selon ce pasteur, et de ma lecture des évangiles canoniques, je ne peux qu’abonder dans son sens, Jésus, lui-même, nous invite à réfléchir par nous-même, que ce soit par les paraboles ou sur le fait qu’il ne réponde pas lui-même à toutes les questions qu’on lui pose et renvoie souvent l’auteur de la question à lui-même surtout quand certains tentent de le piéger pour lui faire avouer ce qu’il n’est pas!

Les commentaires de Jean-Yves Leloup aident réellement à comprendre certaines paroles qui sont parfois un peu compliquées à comprendre et invitent eux-mêmes à la réflexion.

Et comme il est écrit en quatrième de couverture : “[Cette nouvelle traduction] est dédiée à [toutes celles et] tous ceux pour qui Evangile signifie Amour et Connaissance, invitation à la Liberté”. Une parole bien dans l’esprit du protestantisme libéral.

Pour qui souhaite, l’église protestante de l’Etoile à Paris propose sur son excellent site, une série de commentaires sur chaque logion pour encore approfondir notre recherche.

Et la page wikipédia sur cet évangile : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vangileselonThomas

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Introduction

Le texte de l’évangile proposé par Pain Quotidien illustre à merveille une des différences capitales entre les catholiques et les protestants (quelque soit la tendance mais particulièrement pour les libéraux) sur les thèmes du pardon et de la grâce accordés par DIeu.

Le texte

« En effet, le royaume des cieux ressemble à un propriétaire qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux pour un salaire d’une pièce d’argent par jour et les envoya dans sa vigne. Il sortit vers neuf heures du matin et en vit d’autres qui étaient sur la place, sans travail. Il leur dit : ‘Allez aussi à ma vigne et je vous donnerai ce qui sera juste. Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi et vers trois heures de l’après-midi et il fit de même. Il sortit enfin vers cinq heures de l’après-midi et en trouva d’autres qui étaient là, [sans travail]. Il leur dit : ‘Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans travailler ? Ils lui répondirent : ‘C’est que personne ne nous a embauchés. Allez aussi à ma vigne, leur dit-il, [et vous recevrez ce qui sera juste]. Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers. Ceux de cinq heures de l’après-midi vinrent et reçurent chacun une pièce d’argent. Quand les premiers vinrent à leur tour, ils pensèrent recevoir davantage, mais ils reçurent aussi chacun une pièce d’argent. En la recevant, ils murmurèrent contre le propriétaire en disant : Ces derniers arrivés n’ont travaillé qu’une heure et tu les as traités comme nous, qui avons supporté la fatigue du jour et de la chaleur ! Il répondit à l’un d’eux : Mon ami, je ne te fais pas de tort. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un salaire d’une pièce d’argent ? Prends ce qui te revient et va-t’en. Je veux donner à ce dernier arrivé autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de mes biens ? Ou vois-tu d’un mauvais œil que je sois bon ? Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers. [Beaucoup sont invités mais peu sont choisis.] »

Matthieu 20 (Segond 21) https://app.bible.ch/D8Lw

A travail pas égal, salaire égal?

“Pardon, ai-je bien lu? Ceux qui n’ont travaillé qu’une heure gagnent autant que ceux qui ont travaillé toute la journée? Quel scandale!” C’est la première réaction que l’on a, sans doute, face au texte si on le lit comme étant une relation d’événements qui se sont réellement produits car évidemment, on a omis de lire qu’il s’agissait d’une parabole et que l’on parle du Royaume de Dieu et non de (conditions de) travail et d’argent!

Pour les protestants, cette parabole est évidemment une confirmation que le pardon de Dieu et le paradis ne s’achètent pas mais sont un cadeau qu’il nous fait et que c’est lui qui décide de donner ou pas!

Et c’est là une différence primordiale avec les catholiques romains! Pour eux, enfin pour l’institution qui n’est jamais à court d’idées pour asservir ses fidèles, plus on fera d’oeuvres, plus on donnera (à l’église), plus grande sera notre récompense de la part de Dieu et plus grandes seront nos chances d’entrer au paradis. Ce discours est moins présent aujourd’hui, certes, mais je l’entends encore très souvent et c’est une des raisons de la réforme de Luther, qui luttait en fait contre les indulgences, une sorte d’achat du paradis par l’argent… Cette idée a perduré longtemps et tant que l’église avait la main mise sur la population.

Mais quelle erreur tragique pour des générations de catholiques qui ont été dévoyé par l’institution qui était sensée leur assurer la rédemption! Une vraie trahison pourrait-on dire du message de l’évangile car ne nous y trompons, l’institution romaine savait parfaitement ce qu’elle faisait, elle ne poursuivait d’autre but que d’accumuler des richesses pour s’offrir un train de vie honteux à des années lumières du message évangélique! En maintenant ses fidèles dans une certaine ignorance ou leur racontant ce qu’elle voulait bien, tout en leur interdisant la lecture de la bible (qui n’était pas traduite en langues vernaculaires jusqu’au XVIe siècle), elle a trompé des millions et des millions de fidèles à travers les siècles. La réforme est venu changer les choses mais ça n’a pas empêcher l’église de Rome de continuer, préférant jeter l’opprobre sur les protestants plutôt que de faire son mea culpa! La dominations des peuples par la religion est la pire chose qui soit et est totalement contraire à l’esprit de l’évangile.

De nos jours, les catholiques, pourraient, comme les protestants lire par eux-même l’écriture et en tirer les enseignements, juste en lisant le texte tel qu’il est et non tel qu’il est interprété! Mais des siècles de domination et des dogmes fallacieux comme l’infaillibilité du pape ou encore cette institution honteuse au sein du Vatican qu’est le Dicastère pour la Doctrine de la foi qui prétend détenir la seule vérité, sont autant de freins à l’émancipation des catholiques. Sans doute qu’une certaine paresse intellectuelle joue aussi un rôle dans l’immobilisme au sein de l’église catholique de Rome… Combien de fois ai-je entendu des catholiques me dire qu’ils ne voulaient pas se poser de questions et prenaient donc pour argent comptant ce que les prêtres ou l’institution leur disait… Drôle d’usage de la liberté que Dieu leur a donné comme aux autres!

Toujours est-il et pour revenir à notre texte : le message est parfaitement clair ici : si Dieu a décidé d’être bon et donner librement ses bienfaits autant à celui qui fait peu qu’à celui qui fait beaucoup, en quoi cela nous regarde-t-il? Et la dernière phrase est limpide : beaucoup d’appelés, peu d’élus et ce n’est pas en démultipliant les bonnes oeuvres que l’on impressionne Dieu, c’est en étant humble de cœur et en étant à sa recherche honnêtement même si l’on doute souvent.

Ce n’est pas le seul exemple qui dénonce la foi démonstratrice liée à l’argent. L’épisode relaté dans l’évangile de Luc a propos de la veuve qui met de l’essentiel de ce qu’elle possède dans le tronc en comparaison avec ceux qui mettent de leur superflu, faisant dire à Jésus qu’elle a donné bien plus qu’eux en est un autre exemple…

Conclusion

Evidemment, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, le commandement suprême du Christianisme est “Aimer son prochain comme le Christ nous a aimé” et donc faire le bien est une bonne chose mais qu’on ne se trompe pas, le faire avec ostentation ou à dessein, ne sert à rien!

Et si le message n’est pas encore assez clair, on pourra relire la parabole du fils prodigue chez Luc (15:11-32) et se rappeler que la logique divine n’est pas la logique humaine. Faisons de notre mieux, c’est tout ce qui compte!

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Introduction

Ayant évoqué ce texte récemment lors d’une discussion autour d’un article de blog publié par un ami et les réponses qui s’en sont suivies et par le fait que la lecture “continue” de la bible dans “Pain Quotidien” entame ce 16 septembre la lecture et le commentaire de ce livre, une coïncidence qui me donne l’occasion de me pencher sur un texte peu connu et pourtant omniprésent et d’une actualité brûlante!

“Vanitas vanitatum et omnia vanitas”

Cette locution latine, que l’on peut traduire par “vanité des vanités, tout n’est que vanité”, tout le monde l’a entendue au moins une fois dans sa vie mais qui sait qu’il s’agit du second verset du livre de l’Ecclésiaste (ou Qohélet), un des livres sapientiaux de l’ancien testament?

La rédaction de ce livre est traditionnellement attribuée au roi Salomon, fils du roi David, qui a régné au Xe siècle avant notre ère et par conséquent, l’écrit daterait de la même période. Néanmoins, plusieurs experts voient trois parties distinctes dans la rédaction et donc au moins trois rédacteurs. Quant à la date de rédaction, elle pourrait être plus récente (IVe-IIe siècles avant notre ère). Certains y voient un dialogue entre la vanité, la sagesse et Dieu pour y expliquer certaines contradictions du texte (optimisme, pessimisme présents dans le texte).

Quand un texte antique est d’actualité

On pourrait penser que ces textes anciens n’ont plus grand chose avec notre époque moderne et pourtant, ce premier chapitre divisé en deux parties : le cycle de la vie et la sagesse humaine offrent de saisissants parallèles avec notre société moderne et apportent peut-être aussi des réponses à nos interrogations.

Pour le texte biblique, je reprends, comme d’habitude la version Segond 21 éditée par la société biblique de Genève qui est ma référence habituelle car il s’agit d'une traduction de l’original avec les mots d’aujourd’hui, ce qui peut expliquer des différences avec d’autres traductions.

Comble de l’inconsistance, dit l’Ecclésiaste, comble de l’inconsistance, tout n’est que fumée !

Ce verset est une autre traduction du paragraphe précédent mais le sens en est plus révélateur me semble-t-il. Dans nos vies, on nous impose, on nous formate, on nous encourage à faire un maximum d’expériences, de tout vivre, tout découvrir… c’est encore plus vrai pour ceux qui sont parents… Que d’injonctions envers eux à propos de leur progéniture… Il faut un tas d’activités mais pour quoi? Souvent, on se lance à corps perdu dans une activité pour au final l’abandonner très vite…

Quel avantage l’homme retire-t-il de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ?

Question existentielle si l’en est! Pourquoi se donner tant de peine? Si c’est pour une satisfaction personnelle, c’est plutôt positif je trouve mais si c’est pour faire comme tout le monde ou pour être bien vu de son patron, de ses amis, de sa famille, est-ce que l’on en retire la même satisfaction? Cela peut paraître égocentrique voire égoïste mais faire quelque chose dans le seul but d’être accepté de ses pairs n’est-il pas la chose la plus affligeante qui soit? Tout ce qui rend notre vie meilleure et nous fait nous sentir bien est une bonne chose, il n’y a pas de honte à avoir pour autant que ça ne serve pas à asservir les autres ou à s’isoler des autres, si cela nous permet de faire profiter d’autres de nos découvertes, de nos expériences, c’est une très bonne chose. Tout ce que l’on fait devrait avoir un seul but : faire profiter le bien commun (et pour les protestants : Soli gloria Deo – la gloire seule à Dieu)

Une génération s’en va, une autre arrive et la terre est toujours là.

C’est un des plus grands malheurs de l’humain… en tout cas pour ceux qui se croient indispensables ou qui pensent que le monde ne tournera plus sans eux… rien n’est plus faux évidemment et plus vite, on s’en rendra compte, mieux nous nous porterons. J’entends souvent des personnes parler de leur peur concernant ce qu’il arrivera de leurs biens à leur mort (j’en ai fait partie!)… Arrêtons donc de nous inquiéter pour nos bien matériels que l’on accumule avec le temps et qui, au mieux, finiront dans les archives d’un musée, au pire à la déchetterie… c’est dur mais c’est la réalité!

C’est comme d’avoir peur de la fin du monde. Je comprends que c’est angoissant au vu de ce que nous vivons en notre époque mais avoir peur ne résoudra rien… et même si nous devions disparaître de la surface de la planète, elle continuera d’exister et dans quelques dizaines milliers d’années, l’humain ne sera plus qu’un vague souvenir… Nous ne serons pas les premiers à disparaître ni les derniers sans doute… nous serons juste les premiers à avoir compris ce qui nous arrive et ne rien faire pour l’empêcher… mais une fois encore, avoir peur ne va rien résoudre…

Le soleil se lève, le soleil se couche, il soupire après l’endroit d’où il se lève de nouveau.

Un parole pleine de bon sens et immuable, le soleil se lève toujours à l’est et se couche à l’ouest. Rien de magique à cela, c’es du à la rotation de la terre sur elle-même. Les anciens ne le savaient pas mais plus que le sens propre à cette parole, c’est le sens métaphysique qui est intéressant : il est des choses immuables sur cette terre et quand bien même nous voudrions les changer, cela nous serait impossible!

Le vent se dirige vers le sud, tourne vers le nord, puis il tourne encore et reprend les mêmes circuits.

De nouveau, les anciens avaient une intuition qui s’est vérifiée avec le temps, les vents suivent des courants sur la planète. A l’échelle humaine, c’est que finalement, nous aussi, nous suivons souvent des itinéraires que nous reproduisons inlassablement… ne dit-on pas chassez le naturel, il revient au galop? C’est un peu dans ce sens que je vois ce verset. On ne s’en rend pas souvent compte mais nous tournons souvent en rond et lorsque nous prenons des résolutions, comme au nouvel an par exemple, très vite, nous retombons dans nos anciennes habitudes? Il est très difficile de rompre définitivement ces routines… Ces rechutes sont néanmoins source d’espoir car on peut tenter à l’infini et on peut espérer changer pour de bon à la fin mais ce verset sonne comme un rappel à l’ordre et à la réalité.

Tous les fleuves vont à la mer, mais la mer n’est pas remplie et ils continuent d’aller vers leur destination.

Ici aussi, les anciens n’avaient que des intuitions et avaient, sans le comprendre, mis au jour le cycle de l’eau sauf qu’ils n’avaient pas encore (?) saisi que c’est la même eau qui se recycle infiniment.

A notre échelle, je dirais, que quelque soit le chemin de vie que l’on emprunte, on arrivera à la même et unique destination pour chaque être vivant : la mort! C’est notre destination commune et personne n’y échappe même les plus riches, mêmes les plus mauvais ou les meilleurs des humains.

Tout est en mouvement, plus qu’on ne peut le dire. L’œil ne sera jamais rassasié de voir et l’oreille ne sera jamais remplie au point de ne plus pouvoir écouter.

Il est difficile pour nous humains d’appréhender certains mouvements, ainsi, notre planète se déplace à près de 30 km/sec mais nous ne sentons rien pas plus que nous ne sentons qu’elle tourne sur elle même! Tout l’univers est en mouvement tel un mécanisme géant d’horlogerie parfaitement réglé. Décidément, le rédacteur de ce texte avait beaucoup d’intuition sur les phénomènes physiques et naturels du monde qui l’entourait!

La seconde partie du verset résonne particulièrement en moi et par rapport à ce que j’ai lu ailleurs. Le besoin de tout savoir, l’envie de découvrir de nouvelles choses, la boulimie d’information, d’apprentissage, la curiosité sans fin ne peuvent jamais être entièrement satisfaites car il est impossible de tout savoir, de tout comprendre, de tout faire. Il y aura toujours quelque chose de nouveau à voir et à entendre mais devons-nous obligatoirement nous enfoncer dans tous les sujets qui nous intéressent au point que cela ne devienne indigeste? Un esprit curieux et les personnes hyperactives le savent mieux que quiconque, on a jamais fini de faire le tour de la question et une réponse engendre dix nouvelles questions… , on découvre presque quotidiennement un nouveau sujet d’exploration, cela peut devenir problématique avec le temps. J’en sais quelque chose, ayant été moi-même touché par cette boulimie et cela demande un effort quasi surhumain de se défaire de cette manie morbide. Oui, morbide car elle peut engendrer du mal-être. Les algoritmes de suggestion sur certaines plateformes par exemples, sont des armes redoutables en ce sens qu’outre le fait qu’ils vous enferment dans des bulles, ils vous proposent à l’infini de nouveaux contenus…

L’actualité peut aussi être une source de stress, surtout dans le monde anxiogène dans lequel nous vivons et pour peu que l’on soit curieux et qu’on ait envie de comprendre, on peut là aussi se perdre dans les méandres de la boulimie informationelle et finir par être victime de fatigue informationnelle ou même être en état de désespérance.

Sachant que nos oreilles, nos yeux (et notre cerveau) ne sont jamais rassasiés, il faut mettre en place des mécanismes pour nous protéger et le meilleur moyen est de se limiter, de ne pas chercher à tout savoir, se contenter des réponses qu’un ami vous donne sur un sujet et éventuellement en discuter avec lui si des points sont obscurs mais en tout état cause, limiter les temps d’exposition à tous les contenus qui pullulent sur Internet. Internet est à la fois formidable et diabolique! Avant Internet, on avait que la télé, la radio et les journaux pour nous informés en plus des livres savants que l’on pouvait acheter ou consulter à la bibliothèque publique ou scolaire. Aujourd’hui, on a accès à un nombre infini de contenus et d’informations et notre cerveau ne peut plus faire le tri tant il est sollicité, il risque l’implosion!

Je ne dis pas qu’il ne faut s’intéresser à des sujets et ne pas être curieux mais il faut savoir poser des limites à ce cerveau qui n’en a jamais assez pour notre bien!

Ce qui a existé, c’est ce qui existera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.

Si l’on dit à propos de quelque chose : « Regarde ceci, c’est nouveau », en réalité cela existait déjà dans les siècles précédents.

On ne se souvient pas de ce qui est ancien, et ce qui arrivera par la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard.

Ces trois versets sont plus obscurs mais je pense que dans l’ensemble, ils sont assez cohérents et si l’on regarde froidement l’histoire humaine, force est de constater que de tout temps il y a eu quelques personnages qui ont marqué (en bien mais souvent en mal) leur époque, que l’histoire humaine est un éternel recommencement avec des avancées et aussi des retours de bâtons et que l’humain, malgré toutes ses capacités a tendance ne pas retenir les leçons du passé.

Notre société nous en donne des exemples chaque jour… au point d’alimenter des parallèles avec des situations déjà vécues… parallèles parfois scabreux d’ailleurs mais c’est un autre débat.

Ce premier chapitre se termine par les paroles de l’Ecclésiaste qui résume les versets précédents sous l’angle de son expérience personnelle :

La sagesse humaine

12 Moi, l’Ecclésiaste, j’ai été roi d’Israël à Jérusalem. 13 J’ai appliqué mon cœur à rechercher et à explorer par la sagesse tout ce qui se fait sous le ciel : c’est une occupation pénible que Dieu réserve aux humains. 14 J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil et j’ai constaté que tout n’est que fumée et revient à poursuivre le vent. 15 Ce qui est courbé ne peut pas se redresser et ce qui manque ne peut pas être compté. 16 Je me suis dit : « J’ai augmenté et développé la sagesse plus que tous ceux qui ont dominé avant moi sur Jérusalem, et mon cœur a vu beaucoup de sagesse et de connaissance. » 17 J’ai appliqué mon cœur à connaître la sagesse, mais aussi la folie et la stupidité. J’ai découvert que cela aussi, cela revient à poursuivre le vent. 18 En effet, avec beaucoup de sagesse on a beaucoup de chagrin, et celui qui augmente sa connaissance augmente sa souffrance.

Ecclésiaste 1 (Segond 21) https://app.bible.ch/CA6B

Je retiens surtout le verset 18 car il est on ne peut plus vrai. En effet, le sage ne peut que pleurer face à la désolation qui nous entoure : les guerres, les famines, les génocides, la crise climatique, la précarité dans nos villes et nos campagnes, … et celui qui cherche des réponses, des explications, qui cherche à comprendre ne peut que souffrir de constater qu’il est bien impuissant face à la marche du monde.

Que faire alors? Laisser tomber? Non, certainement pas mais être conscient que l’on ne pourra pas, seul, changer le monde, que l’on a des moyens limités dont il faut user car le défaitisme n’est pas une option mais en veillant à se préserver soi-même car, croyez-en mon expérience, il n’y aura personne ou presque le jour où vous irez mal et il est des chutes très douloureuses dont on se remet difficilement et au prix d’efforts titanesques! Mais, on peut en sortir et vivre sereinement et pleinement investi dans le monde qui nous entoure sans se laisser emporter par la vague!

Et Dieu dans tout ça?

Voilà une bonne question! Pour le protestant libéral et libre-penseur que je suis, loin de tous les dogmes de l’église catholique, la question de Dieu est secondaire. Je ne suis même pas sûr qu’il existe, du moins pas dans la forme que l’on aime à lui donner, c’est-à-dire, un veil homme barbu perché dans le ciel et qui compte mes fautes pour me juger au jour de ma mort. Non, pour moi, Dieu est un concept abstrait, une vue de l’esprit, une étincelle d’éternité présente au fond de mon âme et de mon corps. Ne sommes-nous pas tous de la poussière d’étoile, formés d’atomes qui se composent, se décomposent et se recomposent? Qu’ont été mes atomes avant que je ne sois qui je suis?

Dieu, j’en ai fait l’expérience, au fond de moi, dans cette église abbatiale, en 2011, il y a près de quinze ans (j’en ai parlé ailleurs). En fait, on ne peut rencontrer Dieu que lorsqu’on est face à soi-même, au plus profond et totalement démuni, que l’on a plus rien à perdre. C’est là, au fond de soi qu’on le trouve et qu’il nous attend. Jésus est le chemin vers le Père dit-on et c’est une des rares choses de la religion que j’admets : le chemin d’humilité et d’amour du prochain est le seul chemin pour parvenir à Dieu et l’enseignement de Jésus (qu’il soit véridique ou inventé de toute pièce, peut importe) est le moyen.

Alors, à ceux qui attendent et questionnent Dieu pour savoir pourquoi, il n’intervient pas, qu’il ne répond pas, je voudrais dire qu’ils peuvent attendre très longtemps encore, il ne se manifestera pas car ce n’est pas un être, c’est l’incréé qui est au fond de chacun de nous, c’est là qu’est la force du changement.

Ces propos sont très gnostiques et cette conclusion est inspirée par ma lecture de l’évangile de Thomas, un des évangiles apocryphes trouvé dans les grottes de Qumran et dont je termine la lecture. Un évangile dont j’aurai l’occasion de parler prochainement et qui permettra, à vous mes lecteurs, de mieux comprendre ce que je viens d’écrire ci-avant.

Conclusion

Le premier chapitre du livre de l’Ecclesiaste, un texte qui a entre 2500 et 3000 ans, révèle des vérités immuables et montre combien les anciens avaient des intuitions sur le monde qui les entourait. Beaucoup de ces constatations, remarques, conseils sont toujours d’actualité dans notre XXIe siècle perturbé et nous invite à nous poser et à nous poser certaines questions sur le déroulement de notre vie et la vanité, l’inconstance de tout ce qui nous entoure…

C’est aussi une réponse de sagesse face aux injonctions de notre société moderne de performance, de culte de la personnalité, d’optimisation de tout et de rien et une invitation à dire STOP quand ça va trop loin.

Alors oui, le sage est probablement plus triste que les autres et celui qui augmente sa connaissance souffre plus que celui qui se contente de vivre sa vie sans se poser de question mais la sagesse pourra nous aider aussi à avancer mais sans se brûler les ailes.


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Les éléments de discorde entre catholiques et protestants sont nombreux et l’assomption en est un et pas des moindres. En effet, il ne repose, comme beaucoup de dogmes de l’église catholique sur aucun élément théologique solide. Pire, il repose sur des traditions basées sur des écrits apocryphes.

Marie, la reine de la discorde

Chez les catholiques, Marie est considérée comme la mère de Dieu et au fil du temps, elle est devenue, à mon sens, quasi comme une déesse à l’égal de Dieu, ce qui est très dérangeant... d’autant que pour certains protestants, la trinité pose déjà un problème! Les catholiques s’en défendent mais force est de constater le nombre de fêtes qui lui sont dédiées est important et il y a quelques années, le Pape François en a ajoutée une le 1er janvier : Marie, mère de l’église… rien que ça! On ne compte plus les titres reçus par la mère de Jésus…

Pour les protestants, point de culte marial. L’idée même du culte marial des catholiques est perçu comme une façon de lui donner plus d’importance que les écritures ne lui en accorde. On rappellera que pour les protestants, seule l’écriture compte et que donc, tout ce qui est établi en dehors des écritures canoniques (on pourra relire d’autres billets sur ce sujet).

Et c’est justement pour cette raison que les protestants ne peuvent accepter le dogme de l’immaculée conception de Marie, qui consiste à croire que Marie a été conçue sans péché. Rien dans l’écriture (dans le canon du moins) ne permet d’attester une telle chose.

Beaucoup de la théologie mariale catholique repose en fait sur une série d’apocryphes non retenus dans le canon mais on remarquera que ceux-ci ont tout de même une certaine influence dans la théologie et la doctrine catholiques, c’est quand même un comble!

Marie reste un modèle de piété et de foi pour les protestants mais vu que pour les protestants, le chrétien est seul responsable devant Dieu et peut dialoguer directement avec lui, ils ne voient aucune raison d’adresser des prières à Marie (ou aux saints). Dieu est accessible en direct et Jésus est celui qui nous le fait connaître.

Personnellement, cette place de Marie m’a toujours posé problème lorsque j’étais encore dans l’église catholique et c’est une des nombreuses raisons (pas la plus importante du reste) qui m’ont donné envie d’aller voir ailleurs.

L’assomption

Comme nous approchons du quinze août, l’occasion était rêvée pour tordre le cou à ce dogme qui ne repose sur rien et est un énième sujet de discorde entre catholiques et protestants.

Si cette croyance est ancienne et remonte aux débuts du christianisme, la proclamation du dogme affirmant que Marie a été enlevée corps et âme au ciel à sa mort ne date que de 1950! Un siècle plus tôt, en 1854, avait été proclamé le dogme de l’immaculée conception.

La fête du 15 août est ancienne et correspondrait à la consécration, en 431, de la première église dédiée à Marie.

De nombreux éléments de la tradition de l’assomption sont issus de plusieurs écrits apocryphes datant du début du christianisme et qui se sont transmis avec des variations.

Ainsi, l’église catholique, qui n’est pas à une contradiction près (mais prête à tout pour conserver un pouvoir sur le peuple chrétien) et s’appuie donc sur des textes non reconnus comme fiables pour établir un dogme. Rien d’étonnant à ce que les protestants, plus terre-à-terre, les libéraux en particulier voient tout cela d’un mauvais œil! Et dire que les catholiques et leur Pape prétendent être gardien de la foi véritable…

Pour les catholiques, aller à la messe le 15 août est obligatoire puisque c’est une solennité.

Certains catholiques voient dans le récit d’Hénoch et d’Élie qui, tous deux ont été enlevé au ciel et ne sont donc pas morts comme tous les humains une indication de l’assomption de Marie… arguments très discutables, on en conviendra… puisque les évangiles canoniques sont assez discrètes quant à Marie.

Le Coran, le livre saint des musulmans, est plus prolixe sur Marie (plus même que dans les évangiles chrétiennes!) mais là aussi, beaucoup de ce qui se trouve dans les sourates est largement inspiré d’apocryphes chrétiens contemporains de l’époque de rédaction du Coran.

Mais pourquoi ce culte marial, qui ne cesse de se développer au cours des siècles? Une raison avancée est que de nombreuses églises dédiées à Marie sont implantées là où se trouvaient des temples dédiés à des déesses telles Aphrodite, Isis, la déesse mère, etc… et que pour ne pas brusquer les païens, qu’il convenait de convertir à la nouvelle religion d’état, le christianisme, on a toléré cette mariôlatrie.

En conclusion

Pour les protestants, ces dogmes ne reposent sur rien et n’ont pas lieu d’être. Néanmoins, ils gardent un regard bienveillant envers la mère de Jésus y voyant un modèle de foi et une figure sympathique.

Pour ma part, c’est le souvenir de ma grand-mère maternelle, qui s’appelait Maria, qui aimait beaucoup la fête du 15 août qui restera l’incarnation de la fête de l’assomption. A Liège, en Outremeuse, c’est l’occasion de grandes festivités et toutes les Marie du quartier sont fleuries ce jour-là. Une fois encore, le païen se mêle au religieux.

#blog #spiritualité #religion #christianisme #protestantisme #ProtestantismeLiberal


Les écrits de ce blog reflètent les opinions et les réflexions de l’auteur se basant sur son propre parcours et ses propres connaissances acquises au fil du temps . Ils ne constituent en aucun cas une vérité absolue, au mieux ils se veulent matière à réflexion personnelle.

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Réflexions sur le verset 8 du chapitre 5 de l’évangile de Jean

Comme vous le savez, vous qui suivez ce blog, mon rituel au lever, c’est de lire, entre autres, la page de Pain quotidien et sa méditation.

Souvent inspirante, la méditation m’offre une vision du monde, de la spiritualité et parfois même un regard inattendu sur ma propre vie comme ce fut le cas ce vendredi 17 juillet 2026.

Si vous êtes lecteur de mon blog carnets de tout et de rien où je me livre à vous sans fard sur différents aspects de ma vie, vous ferez très certainement le rapprochement avec ce qui suit et ce qui est publié là-bas.

Le commentaire de David Gonzalez sur ce passage de l’évangile de Jean fait le constat que ce simple verset est un appel à se redresser, à sortir de l’immobilité intérieure. C’est dans le mouvement, dans le fait risquer un geste, que la guérison commence. Il parle carrément de résurrection et j’aime beaucoup cette idée. J’avais déjà abordé ce thème de la résurrection à Pâques dans une optique très différente de la vision classique qu’en a fait l’église catholique. Et si c’était ça la résurrection? Et s’il elle se produisait déjà de notre vivant! Cette conception bouleverse tout ce que l’on nous a enseigné à ce sujet! Quelle bonne nouvelle! Et quelle joie aussi!

Il poursuit sa réflexion, nous invitant à porter ce qui nous a portés, à faire du lieu de la douleur, de l’attente, de l’enfermement un lieu de passage. Non pas fuir son passé mais le prendre avec soi, d’une autre manière : le grabat (= nos fardeaux) ne disparaît pas, il change de nature, il devient mémoire, on ne le subit plus, on l’assume.

Il ajoute qu’on efface pas ce qu’on a traversé mais qu’on le traverse à nouveau, debout cette fois! Les traces laissées par les épreuves ne sont pas gommées, elles sont redessinées et à travers cette résurrection par la foi, ce fardeau devient un témoignage!

Ce texte, simple et fort à la fois, est un grand signe d’espoir pour tous ceux qui portent de lourds fardeaux et qui pensent qu’il n’y a pas d’issue à leur souffrance. C’est un grand signe d’espoir même si l’on n’est pas croyant!

Le protestantisme libéral a cela de libérateur et de de positif, c’est qu’il ne juge pas. Au contraire des catholiques, nul besoin de bonnes oeuvres, ni même de pénitence pour être sauvés! En soi, c’est déjà une libération que d’en être convaincu!

Les catholiques pensent qu’ils obtiendront le paradis dans une vie ultérieure et qui sera le fruit de leurs bonnes oeuvres. Pas le protestant libéral, pas moi en tous cas! Non pas qu’il ne faut pas faire du bien à nos semblables, là, n’est pas la question et dire le contraire serait aller à l’encontre du seul commandement de Jésus “Aimez-vous les uns les autres comme moi je vous ai aimés”. C’est une invitation claire à faire le bien autour de nous et à aimer les autres comme soi-même. D’ailleurs, on ne peut pas aimer les autres sans s’aimer soi-même et c’est souvent là qu’est le problème, s’aimer soi-même n’a rien d’évident surtout dans notre société individualiste, où la performance est à tous les étages et où l’autre est souvent vu comme un concurrent! Combien parmi nous pensent, à tort, qu’il ne sont bons à rien, n’ont pas de valeur, voire même qu’ils ne sont pas de bonnes personnes?

Pour le protestant libéral, une chose est certaine et c’est pour moi, le sola le plus important des cinq : “C’est par la grâce que vous êtes sauvés, au moyen de la foi, cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu” (Éphésiens 2:8). Autrement dit, peu importe le nombre de bonnes oeuvres que l’on peut faire, ça nous donnera peut-être bonne conscience mais ça, Dieu, n’en a cure! Ce qu’il attend de nous, c’est de nous laisser envahir par son amour et sa grâce par le moyen de la foi, et ma foi, j’ai encore du chemin à faire de ce côté-là!

#ProtestantismeLibéral #foi #résurrection #spiritualité #religions


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J’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer dans d’autres articles, il y a un rituel le matin que j’ai gardé de mes séjours en abbaye, une lecture biblique et un psaume pour commencer la journée.

En abbaye, il y a la liturgie des heures d’une part et l’eucharistie de l’autre. Vous pourrez vous référer à l’article spécifique que j’ai écrit sur ce sujet particulier ici.

Les laïcs (c’est-à-dire les catholiques non ordonnés) peuvent nourrir leur prière avec la prière du temps présent qui est une forme allégée de la liturgie des heures.

Pour les protestants, il n’y a ni bréviaire, ni liturgie des heures et la prière est fondamentalement différente de la prière catholique ou orthodoxe. En effet, pour le protestant, la prière est un dialogue avec Dieu et pas une oeuvre de piété pour obtenir ses bonnes grâces. Pas de prière aux saints ou à Marie, Soli Deo, Dieu seul et Jésus comme seul médiateur entre Dieu et les hommes. La prière du protestant est simple, avec les mots de tous les jours comme un dialogue avec un ami et peu importe l’endroit ou le moment, l’important est d’être honnête et également qu’elle soit surtout orientée vers les besoins des autres et du monde. Un article plus détaillé sur ce sujet peut être consulté sur le site Regards Protestants.

Pour ma part, ce moment au lever est avant tout un moment de méditation, un moment pour penser aux personnes qui me sont chères (qu’elles soient vivantes ou non) et nourrir ma réflexion.

Si il n’existe pas de bréviaire ou de lectionnaire, on peut malgré tout trouver des ouvrages divers (en version papier ou digitale) pour nous aider dans cette démarche.

J’en ai testé plusieurs au fil des années et il y a deux publications dans lesquelles j’ai trouvé une nourriture spirituelle qui me convient et je vais vous les présenter brièvement :

Paroles et Textes (Losungen)

C’est un petit livre format poche qui existe depuis près de 300 ans et qui est édité par la Herrnhuter Brüdergemeine qui est une des plus anciennes église protestante, antérieure même d’un siècle à la réforme de Martin Luther. Cette fraternité est née dans l’actuelle Tchéquie mais suite à l’excommunication et la condamnation au bûcher de Jan Hus, les frères ont fui vers l’Allemagne actuelle, dans un petit village du nom de Herrnhut au fin fond du land de Saxe. On pourra lire plus en détail sur la page Wikipédia.

Ce petit recueil contient pour chaque jour de l’année un verset de l’ancien testament et un du nouveau testament qui se répondent, puisés parmi des centaines de versets et un petit texte d’accompagnement.

C’est une manière courte et simple pour entamer une méditation ou simplement voir la journée qui s’annonce ou qui s’est passée à travers le prisme de ces versets.

A titre d’exemple, voici ceux de ce samedi 27 juin 2026 :

“Ne laisse pas mon cœur dire des paroles méchantes, ni faire du mal avec ceux qui font le mal. (Psaume 141, 4)

Avant, vous étiez dans la nuit, mais maintenant, en étant unis au Seigneur, vous êtes dans la lumière. Vivez comme des gens qui appartiennent à la lumière. (Ephésiens 5, 8)

Jésus le Christ, lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler! Jésus le Christ, lumière intérieure, donne-moi d’accueillir ton amour! (All. 61-18)”

Pain quotidien

L’autre outil que j’utilise pour ce moment d’introspection matinale propose lui un verset et un psaume du lundi au samedi avec un texte de réflexion qui souvent est ancré dans le monde actuel. Il permet aussi en huit années de lire l’entièreté de la Bible, chaque livre, au début, est présenté pour le resituer dans son contexte historique et politique. Le dimanche, on a au choix, deux courtes lectures et un psaume ou les lectures de l’UEPAL (Eglise Protestante Unie d’Alsace-Lorraine). On peut bien sûr lire l’ensemble si on le souhaite!

On peut lire chaque jour en ligne ces lectures que l’on trouvera ici.

Cela peut paraître peu mais c’est déjà beaucoup si l’on s’applique à méditer ce que nous lisons. Et comme écrit plus haut, ce qui caractérise les protestants, c’est le dépouillement, la simplicité dans la prière et il ne s’agit pas de faire des oeuvres de piété qui ne rapportent rien à leur yeux.

Ecouter, entendre ce que la Parole veut nous dire de notre vie personnelle et plus généralement du monde qui nous entoure, c’est là l’essentiel de cette démarche.

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. (Matthieu 11,15)

En conclusion

Si je dois bien avouer que je ne suis pas un croyant ordinaire (je ne suis même pas sûr d’être croyant), ces lectures m’apportent chaque matin matière à réfléchir et sont comme des perles de sagesse. Et même si Dieu est un ami imaginaire, qu’importe si cela fait du bien et permet de se décentrer, de regarder vers les autres autant qu’à l’intérieur de soi.

Ce fût pour moi une libération extraordinaire le jour où je suis passé de l’autre côté (du catholicisme rigide et formaté au protestantisme libéral). Le poids des dogmes, des formules toutes faites qui finissent par sonner creux… Ici, c’est tout le contraire, la Parole est redécouverte à la lumière de chaque jour!

Je termine par une petite parole trouvée dans mon éphéméride favori car je lui trouve une résonance particulière avec ce qui vient d’être dit plus haut:

Devant la douleur d’un ami, le mieux est de se taire. Les paroles n’ajouteraient rien au réconfort de notre présence.


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Le 24 juin, dans le martyrologe romain (le catalogue des saints en quelque sorte) c’est la fête de Jean-le-Baptiste (ou Jean-le-précurseur) mais pourquoi ce jour précisément puisqu’on ne sait ni quand il est né, ni quand il a fini sa vie, décapité pour le plaisir de la seconde épouse d’Hérode selon ce qui est conté dans l’évangile.

L’explication est beaucoup plus simple : le 24 juin, c’est le tournant du solstice d’été, les jours commencent à nouveau à raccourcir et c’est ici que le symbolisme entre en jeu.

Pour le comprendre, il faut relire l’évangile et notamment les versets 25 à 30 du chapitre 3 de celui de Jean (l’apôtre, qui n’a rien à voir avec notre Jean du jour!), c’est là qu’apparaît la phrase “Il faut qu’il croisse, et que je diminue”. (Jn 3:30). Mais qu’est-ce à dire?

Petit retour en arrière dans le même évangile, au chapitre 1 , versets 19 à 34 où l’on peut lire le témoignage de Jean-le-Baptiste envers Jésus-Christ. Jean-le Baptiste, ou le précurseur, tout ce que l’on sait de lui, c’est qu’il vit au désert, qu’il est vêtu d’une peau de bête, qu’il se nourrit de sauterelles et de miel et qu’il baptise dans l’eau. Il annonce la venue du Royaume de Dieu et invite à la repentance, il est la voix qui crie au désert. Il annonce aussi la venue du Messie mais il n’est pas prophète, de son propre aveu.

On sait aussi, par l’évangile de Luc, qu’il est parent avec Jésus mais on ne sait pas s’ils se sont fréquentés dans leur jeunesse. On sait juste que Marie s’est rendue chez sa parente Elisabeth qui est enceinte d’un fils sur le tard et que cet enfant tressaille de joie dans le ventre de sa mère lorsque Marie, elle aussi enceinte, est près de sa parente. (Voir Luc au chapitre 1).

Ce qui précède explique pourquoi l’église catholique a choisi cette date pour célébrer Jean-le-Baptiste. Jusqu’au 21 décembre, les jours vont inexorablement raccourcir jusqu’au solstice d’hiver et après quelques jours de stagnation, il recommencent à s’allonger à partir du… 25 décembre, jour de la nativité du Christ, lumière et sauveur du monde selon les chrétiens.

Si tout cela colle admirablement pour l’hémisphère nord, ce n’est pas le cas pour l’hémisphère sud où les choses sont inversées! Lors de l’établissement des fêtes religieuses chrétiennes, l’hémisphère sud était inconnu. Imaginons un instant que tout ceci se serait passé dans l’hémisphère sud de notre planète, alors le 24 juin serait le jour où nous fêtons la nativité… du Christ.

Quoiqu’il en soit, le but premier de l’établissement de ces fêtes était bien sûr de détacher les populations des cultes païens célébrant les solstices. C’était une sorte de soft-power pour convertir au christianisme les masses dans les premiers siècles de notre ère.

#religion #Christianisme #symbolisme #spiritualité #blog


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Je n’avais pas encore eu l’occasion de parler de cette autre fête importante du christianisme qui a lieu dix jours après l’Ascension et cinquante jours, d’où son nom, après Pâques.

Cet épisode est relaté dans les Actes des Apôtres que l’on doit à l’auteur de l’évangile de Luc et qui fait d’ailleurs suite à celui-ci.

On notera que cet épisode de la Pentecôte n’apparaît dans aucun des évangiles! Seul Jean (dont la rédaction est postérieure aux trois autres évangiles) évoque la venue du Paraclet (le protecteur promis) une fois que Jésus sera monté auprès de son père.

La première évocation de la Pentecôte apparaît dans la première épître aux Corinthiens.

Ainsi, Luc, que l’on considère comme le premier historien chrétien, relate cet épisode et le situe en temps et en lieu : l’action se passe dans le cénacle de Jérusalem où un grand groupe de disciples (les apôtres et les premiers chrétiens sans doute) est réuni et nous sommes au moment où les hébreux fêtent Chavouot.

Chavouot est une fête juive qui a lieu cinquante jours après Pessa’h (la Pâque juive). Elle est une des fêtes les plus importantes du judaïsme puisqu’elle rappelle le don de la Torah (la Loi) au mont Sinaï.

Voilà un parallèle qui ne doit sans doute rien au hasard et comme bien souvent dans la Bible, la symbolique joue un grand rôle. 50 jours équivalent à 7 semaines et 7 est un chiffre symbolique important dans le judaïsme… Rien ne semble laissé au hasard donc.

Ensuite, il ne faut pas perdre de vue que le christianisme naissant à Jérusalem n’était à la base qu’une variante de plus du judaïsme. En témoignent les disputes entre Pierre et Paul au sujet des “gentils” (les non-juifs), leur soumission à la loi judaïque et le fait d’être circoncis, … pour citer quelques exemples des divergences.

Les Actes des Apôtres ont été rédigés vers 80-85 soit une dizaine d’années après la destruction de Jérusalem et son temple par les romains à la suite d’une énième révolte des juifs contre Rome.

On peut donc supposer une volonté certaine dans le parallélisme entre les deux fêtes et le fait de situer cet événement à ce moment précis.

Il y a aussi une volonté de montrer l’universalité des événements qui se sont produits cinquante ans plus tôt : l’évangile, la bonne nouvelle, est pour tout le monde puisque le don de l’Esprit Saint permet à ceux qui le reçoivent de parler dans d’autres langues et ainsi se faire comprendre de tous jusqu’au confins du monde connu d’alors. C’est pour ainsi dire l’acte de naissance du christianisme qui va peu à peu s’émanciper du judaïsme pour finir par s’en séparer au cours du IIe siècle de notre ère. Paul, peut d’ailleurs être considéré comme le théologien de la nouvelle religion. On retiendra que certaines épîtres comptent parmi les plus anciens textes chrétiens et même antérieurs aux premiers évangiles. (la plus ancienne, celles aux Thessaloniciens, date de l’an 50 de notre ère et donc antérieure à l’évangile de Marc, qui est le plus ancien, ayant été rédigé probablement dans les années 60 de notre ère, les évangiles de Matthieu et Luc datent des années 80-90 et celui de Jean de la toute fin du Ier siècle voire du début du IIe siècle).

Les langues de feux, sont à rapprocher du buisson ardent dans l’épisode des tables de la loi au mont Sinaï. C’est la façon préférée à Dieu pour se manifester : une nuée ou un feu ardent.

La fête de la Pentecôte est attestée à partir du IVe siècle et fixée comme expliqué plus haut au septième dimanche après Pâques.

Elle clôture aussi le temps pascal et l’on peut considérer qu’il s’agit aussi d’une commémoration de la naissance de l’église chrétienne même si elle n’est pas encore séparée du judaïsme. Cette séparation sera progressive et s’achèvera au milieu du IIe siècle faisant du christianisme, une religion à part.

Il n’est donc guère étonnant qu’il y ait des parallèle entre judaïsme et christianisme dans ces textes très anciens. Il fallait convaincre les juifs que Jésus était l’envoyé de Dieu qu’ils attendaient. Tout est fait dans les écritures du Nouveau Testament pour faire coller les événements avec les prophéties de l’Ancien Testament.

Deux mille ans plus tard, on a guère évolué sur ce plan là, et même pire… on utilise des écritures qui n’ont aucun début de preuve factuelle pour commettre des exactions que l’on croyait révolues au XXIe siècle…


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Introduction

Je viens d’achever la lecture de deux volumes de la célèbre collection Que sais-je?, l’un consacré à l’ancien testament rédigé par Thomas Römer, historien et philologue, professeur au Collège de France où il occupe la chaire “Milieux bibliques” et l’autre consacré au nouveau testament rédigé par Régis Burnet, professeur d’exégèse du nouveau testament à l’université catholique de Louvain(-la-Neuve).

Ce sont de petits volumes d’une centaine de pages mais à la matière dense et complexe, ne nous voilons pas la face, car rien n’est simple dans le livre des livres mais c’est un voyage passionnant dans l’histoire de l’antiquité et des religions, qui remet totalement en perspective le sens à donner à ces textes “sacrés”!

La collection Que sais-je? comporte plusieurs volumes consacrés aux sujets religieux et ont l’avantage de faire la synthèse de la connaissance sur un sujet avec une rigueur scientifique et historique qui font des ouvrages de cette collection une référence qui ne se dément pas depuis plus de 80 ans. Un point de départ idéal pour s’aventurer plus loin sur le sujet, grâce à la riche bibliographie en fin de volume, pour ceux qui veulent comprendre et affûter leur esprit critique.

L’ancien testament (2ème édition 2024)

Ce que les chrétiens appellent ancien testament correspond en partie seulement au texte de la bible hébraïque. Et encore parmi les chrétiens, il faut faire le distinguo entre catholiques, protestants et orthodoxes. Et pour les orthodoxes, il faut encore différencier selon les mouvances de l’orthodoxie (grecque, orientale, ethiopienne).

On l’a dit, rien n’est simple dans ce bric-à-brac et ce n’est que le début! Le canon, c’est-à-dire les textes repris et considérés comme dignes de foi, en est à l’origine! Mais rassurez-vous, après avoir lu ce livre, vous serez incollables sur l’ancien testament!

Un tableau synoptique reprend en effet les différents canons de l’ancien testament qui permet de voir quels livres sont repris ou non selon la version.

Si l’on veut avoir une bible qui reprend l’ensemble des textes des trois canons, à l’exception du livre d’Hénoch qui n’est plus repris que dans le canon éthiopien, il faudra s’orienter vers une version TOB (Traduction Œcuménique de la Bible).

Après avoir exploré la constitution du canon, l’auteur nous emmène dans l’histoire de l’écriture et des traductions des textes anciens et ensuite nous livre une brève histoire des royaumes d’Israël et de Juda, car oui, il y avait aux alentours du Xe siècle avant notre ère deux royaumes : Israël au nord avec Samarie comme capitale et Juda au sud avec Jérusalem comme capitale. Ces deux royaumes ont disparu, le premier à la fin du VIIIème siècle avant notre ère et le second au VIème siècle avant notre ère avec la destruction du temple et l’exil à Babylone. On notera que c’est suite à la chute de Samarie que Jérusalem va prendre une importance capitale.

Ensuite l’auteur aborde la formation des trois partie de l’ancien testament selon l’ordre de la bible hébraïque : le Pentateuque, les Prophètes et les “Écrits”. A l’intérieur de ces trois partie, il retrace l’histoire de la rédaction livre par livre. Et là, nous découvrons, stupéfaits, que les textes que nous lisons aujourd’hui n’ont pas été écrit d’une pièce et encore moins par les auteurs qui leur sont traditionnellement affectés mais bien par réécriture, découpage, regroupement, carrément inspiré d’autres écrits antiques… et ce sur plusieurs siècles et par plusieurs rédacteurs…

Il y a même suspicion que des personnages aussi importants qu’Abraham, Moïse, David, Salomon ne soient que des personnages légendaires car leur historicité ne peut être assurée! Même les livres dits historiques ne seraient pas aussi historiques qu’ils ne le prétendent car, et c’est bien connu, l’histoire est écrite par les vainqueurs et pour certains de ces livres, il est soupçonné que ces livres ont été réécrits dans le but de mettre le royaume de Juda sous un meilleur jour par rapport au royaume d’Israël.

Ainsi, au fil des pages, on va de stupéfaction en stupéfaction (ou pas), et on se demande à la fin si il y a vraiment quelque chose à retirer de tout ça? Sans conteste, je répondrai oui, mais en prenant d’énormes pincettes et en les prenant pour ce qu’ils sont : des textes parfois sapientiaux, parfois pas du tout sages (guerres d’extermination, génocides, conquêtes, …) et une histoire brodée autour de quelques noyaux de textes anciens pour donner un récit, une histoire à un peuple qui aurait été choisi par une divinité qui se fait appeler YHWH.

L’ouvrage se termine par une annexe reprenant les différents livres et textes qui sont repris dans le canon catholique et orthodoxe, y compris l’étrange livre d’Hénoch (à lui seul il vaut un article, patience donc).

Je termine ici cette évocation avec un mot à propos de la date de rédaction de l’ancien testament : les plus anciens textes, sont ceux de Qumrân, connus sous le nom de manuscrits de la Mer Morte et dont certains datent du IIIe siècle avant notre ère. On peut considérer que la mise en forme définitive des textes se situe quelque part entre ce IIIe siècle avant notre ère et le Ier siècle de notre ère!

Voilà, après ce voyage, et comme l’indique le quatrième de couverture : “une plongée fascinante qui vous fera lire la Bible d’un œil neuf!”

Si le livre d’Hénoch, qui a fait partie du canon et qui est évoqué dans le nouveau testament à plusieurs reprises, vous intéresse, vous pouvez le lire en ligne ou bien dans La Bible, écrits intertestamentaires édité dans la Bibliothèque de la Pléiade. Nous aurons l’occasion d’en reparler car ce livre est encore plus époustouflant que tout le reste.

Le nouveau Testament (4ème édition 2025)

Régis Burnet, l’auteur, nous convie dans ce volume également à un voyage spatio-temporel entre le milieu du Ier siècle de notre ère et le début du IIe.

Le nouveau testament est composé des évangiles et de toute une série de textes divers et d’une apocalypse (révélation) qui le clôt.

Comme Thomas Römer avec l’ancien testament, l’auteur suit la chronologie de la rédaction des textes du nouveau testament, en présente le contenu et le replace dans le contexte socio-politique et historique de l’église naissante. Il expose aussi leur orientation théologique car, oui, il s’agit bien de convaincre les uns et les autres que Jésus (qui d’ailleurs devrait s’appeler Josué si l’on traduit son vrai nom hébreu Yeshoua qui signifie Dieu sauve, Jésus vient de la traduction en grec ancien  Ιησους/Ièsous) était le messie, l’oint de Dieu (Christ) promis à Isräel. Dieu, par l’intermédiaire des prophètes et notamment Ésaïe, a promis qu’il enverrait un sauveur pour restaurer la royauté et ce sauveur serait issu de la lignée de David à qui il avait fait la promesse que sa lignée régnerait à jamais.

Ici aussi, comme dans l’ancien testament les auteurs à qui sont attribué les textes ne sont pas certains pour tous les textes. Certaines épîtres avaient été par le passé attribuées à Paul par exemple mais il n’en était rien. C’est le résultat de travaux de recherches qui ont identifié des différences de style et de forme.

Le livre se divise en quatre parties, après une brève introduction qui parle des premiers chrétiens.

La première partie aborde les premiers écrits, qu’il appelle l’age apostolique. C’est là que l’on retrouve Paul de Tarse et ses missives. Ce sont les plus anciens textes du nouveau testament et donc antérieur aux évangiles. On pourrait, en exagérant à peine, parler de Paulinisme, plutôt que de Christianisme tant Paul a théorisé et l’on peut même parler de théologie paulienne dans l’épître aux Romains.

La seconde partie aborde la seconde génération avec le premier évangile, le plus concis aussi, celui de Marc. On y retrouve des écrits comme l’épître aux Hébreux, les lettres de Pierre et Jacques et aussi l’évangile de Matthieu. Le but de ces écrits : inscrire le christianisme naissant dans le Judaïsme et le différencier du Judaïsme sacerdotal. On y trouve aussi un autre groupe d’écrits inspirés par la théologie de Paul comme les épîtres aux Colossiens, aux Éphésiens, et poursuivre son oeuvre théologienne. On y trouve aussi les écrits attribués à Luc (évangile et actes des apôtres) qui veulent justifier la mission de Paul autour de la Méditerranée et jusqu’à Rome et aussi la posture a adopter face aux Romains (Première lettre de Pierre).

On arrive à une troisième génération, abordée dans la troisième partie. Là, on y trouve les écrits attribués à Jean, son évangile, ses épîtres et pour finir l’Apocalypse. Une singularité théologique et liturgique.

La quatrième partie relate le long processus de la formation du canon qui s’étend du IIe siècle au IXe siècle quand même. Il faut dire que la période s’étalant du IIe au IVe siècles a été prolifique en matière d’écrits chrétiens. Ils forment deux volumes de la Bibliothèque de la Pléiade, par exemple! Ce qui a poussé l’église dès le IVe siècle a mettre de l’ordre pour aboutir à un texte standardisé au IXe siècle.

De nombreux écrits qualifiés d’apocryphes (cachés et dont l’authenticité ne peut être établie et non pas faux comme on l’entend trop souvent) viennent de cette période prolifique et notamment l’évangile de Thomas, de Marie-Madeleine, l’enfance de Jésus, …

On le voit, ici comme dans l’ancien testament, il convient de prendre avec circonspection tous ces textes et comprendre d’où ils viennent et pourquoi ils ont été rédigés aide à mieux en saisir le sens, rien n’est anodin et surtout lorsqu’un empereur romain décide de porter le christianisme à l’état de religion d’état.

Il n’en reste pas moins que, si c’était un coup de marketing, c’était un coup de génie puisque deux mille ans plus tard, on lit toujours ces textes et ils suscitent toujours de vifs débats!

En conclusion

Alors, la Bible parole de Dieu dictée par lui-même, inspirée par lui ou simplement des récits antiques comme il en existe beaucoup d’autres? Chacun se fera son opinion et à moins d’être témoin de Jéhovah ou fondamentaliste religieux (qui croient à la lettre à ce qui est écrit et que ce qui est écrit a été dicté par Dieu lui-même) on ne peut qu’être interpellé et se questionner.

Nous ne saurons sans doute jamais avec une certitude absolue le fin mot de cette histoire fabuleuse d’un peuple obscur de nomades du moyen-orient qui sera à l’origine des trois plus grandes religions du monde…

De tout temps, les humains se posent ces éternelles questions : d’où venons-nous, pourquoi sommes-nous et où allons-nous? Des réponses que nous avons petit-à-petit mais qui ne sont pas des certitudes et ne le seront sans doute jamais.

L’intérêt de ces ouvrages est de nous ouvrir l’esprit et surtout de nous permettre de remettre en perspective et dans le contexte historique. Ils nous apprennent que les populations du moyen-orient étaient en contact les unes avec les autres, personne ne vit en parfaite autarcie. Depuis que l’humain est, il voyage et est en contact avec d’autres cultures, d’autres pensées et cela influence sa propre vision. Certains humains ont aussi l’art particulier de tourner les paroles pour leur propre avantage (et c’est encore aujourd’hui le cas avec ces dirigeants qui se servent de la Bible pour justifier des actes barbares ou des guerres…

Finalement, la Bible, n’est que le reflet de nos errements, de nos bons et mauvais côtés et surtout notre incapacité à assumer nos responsabilités, préférant déléguer à un autre, Dieu dans le cas présent, le soin de régler et décider pour nous et comme Ponce Pilate, nous laver les mains des conséquences de nos actes.

Deux petits volumes à la matière dense pour nous inviter à réfléchir et à approfondir la question, une bonne introduction à la matière pour un prix modique (10 EUR/volume).


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Quarante jours après Pâques, c’est la fête de l’Ascension, où Jésus quitte le monde terrestre pour son royaume céleste selon la tradition chrétienne d’où il enverra le Saint-Esprit qui viendra sur les disciples lors de la Pentecôte, qui a lieu dix jours après l’Ascension.

Évoqué succinctement par Marc, Luc en relate une première version à la fin du chapitre 24 de son Évangile mais c’est surtout dans le livre des Actes des Apôtres, attribué au rédacteur de l’Évangile de Luc et dont il forme la suite logique, qu’il en fait une description plus détaillée et différente de surcroît!

Mathieu et Jean ne font pas mention de l’Ascension.

Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a commencé de faire et d’enseigner jusqu’au jour où il a été enlevé au ciel après avoir donné ses ordres, par le Saint-Esprit, aux apôtres qu’il avait choisis. (Actes des apôtres 1:1-2)

C’est d’ailleurs Luc qui parle de quarante jours de présence de Jésus après qu’il fut ressuscité parmi ses disciple.

Tout cette partie est imprégnée littéralement de “magie” et certains passages difficiles à croire : Jésus est en chair et en os mais il disparaît subitement à la vue des disciples d’Emmaüs après avoir rompu le pain en leur présence dans la taverne où ils se sont arrêtés pour la nuit.

Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le rompit et le leur donna. 
Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de devant eux. (Luc 24:30-31)

Ensuite, Jésus, toujours dans ce même chapitre de Luc, apparaît aux onze qui sont pris de peur. L’ Évangile de Jean précise même qu’ils sont enfermés de peur des chefs juifs, ce qui justifie leur effroi de voir Jésus parmi eux. C’est Jean qui relate aussi l’épisode où Thomas, absent lors de la première apparition, veut voir de ses yeux et sentir de ses doigts les plaies de Jésus pour croire que c’est vraiment lui. Il sera “exaucé” huit jours plus tard lors d’une seconde apparition de Jésus. D’où l’expression, croire comme Saint-Thomas (ne croire que ce que l’on voit et expérimente soi-même).

On notera que selon Jean, Jésus envoie l’Esprit-Saint dès cette première rencontre et donc avant qu’il ne disparaisse pour de bon mais aucune trace d’une Ascension chez Jean, pas plus que chez Matthieu. (Voir Jn 20:19-29)

Comme écrit plus haut, Marc relate l’Ascension de manière brève sans données sur le lieu où le moment où cela se produit.

Luc, dans son Évangile relate l’Ascension comme suit :

Il les conduisit jusque vers Béthanie, puis il leva les mains et les bénit. 
Pendant qu’il les bénissait, il les quitta et fut enlevé au ciel. (Luc 24:50-51)

Par contre dans ses Actes des Apôtre, l’épisode est relaté comme suit :

Alors qu’il se trouvait en leur compagnie, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, «ce que je vous ai annoncé, leur dit-il, car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit.»
Alors que les apôtres étaient réunis, ils lui demandèrent : « Seigneur, est-ce à ce moment-là que tu rétabliras le royaume pour Israël ?»
Il leur répondit : «Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance lorsque le Saint-Esprit viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre.»
Après avoir dit cela, il s’éleva dans les airs pendant qu’ils le regardaient et une nuée le cacha à leurs yeux. 
Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait, deux hommes habillés de blanc leur apparurent et dirent : «Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous à regarder le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous reviendra de la même manière que vous l’avez vu aller au ciel.» (Actes des Apôtres 1:4-11)

Comme on le voit, seul deux évangélistes relatent cet épisode de l’Ascension de Jésus et de manière assez différente de surcroît selon que l’on lise l’un ou l’autre Évangile (qui sont assez semblables) ou les Actes. Pourquoi Matthieu et Jean ne relatent-ils pas cet événement qui semble important et pourquoi chez Luc, le Saint-Esprit est-il promis après qu’il soit monté au ciel alors que chez Jean, ils le reçoivent d’emblée!

De plus, qui sont ces êtres habillés en blanc qui sortent de nulle part et qui informent les disciples qu’il reviendra de la même manière?

Tout cela est peu crédible et semble tout droit sorti d’un roman de science-fiction… et ce n’est pas la première fois que cela arrive dans la Bible!

Il y a tout d’abord eu Hénoch, un des sept patriarches, dont l’enlèvement au ciel est brièvement évoqué dans le livre de la Genèse (5:22-24) où il est écrit qu’après avoir vécu 365 ans, et avoir marché avec Dieu, il ne fut plus car enlevé par Dieu et dans l’épître aux Hébreux, il est précisé qu’il fut enlevé au ciel pour qu’il ne connaisse pas la mort. (He 11:5)

Le cas d’Élie est tout aussi interpellant; il est relaté dans le second livre des Rois (2:1) où on nous apprend qu’Élie fut enlevé par Dieu dans un tourbillon mais plus extraordinaire encore, au verset 11 de ce même chapitre, Un char et des chevaux de feu séparèrent Élie et Élisée et le premier monta dans le char et s’envola!

Ce symbole du char et des chevaux de feu se retrouve dans de nombreuses autres spiritualités (hindouisme, taoïsme, bouddhisme, …) et il faut y voir plutôt un symbole qu’un fait.

Je pencherais aussi plutôt vers le symbolisme pour ce qui est du récit de l’Ascension de Jésus au Ciel d’autant que cet épisode n’apparaît pas dans l’ensemble des Évangiles et son absence de celui de Jean, qui est différent des trois synoptiques et plus spirituel aussi, me conforte dans l’idée d’une symbolique à associer à ce récit.

Qu’en a-t-il été pour Jésus et pour les deux autres? Récits véridiques? Fables philosophiques, métaphysiques? Pures inventions? Inspiration venant d’autres traditions religieuses?

Pour les deux autres passages semblables à celui de l’Ascension, je pencherai aussi vers le symbolisme et l’influence d’autres spiritualités car les textes de l’ancien testament ont subi de nombreuses retouches au fil des siècles avant d’être fixés dans la forme que nous leur connaissons aujourd’hui (et même, les nouvelles traductions à la lumière de l’évolution des connaissances des langues anciennes amènent aussi de nouveaux éclairages).

Je suis en outre conforté par cette présomption suite à la lecture du “Que sais-je?” rédigé par Thomas Römer sur l’ancien testament. Je n’en dis pas plus ici… mais ce petit opus nous emmène de découverte en découverte et montre combien ces textes, même dans les parties dites historiques sont loin d’être factuelles. J’aurai l’occasion d’y revenir…

Je termine par un petit mot sur les êtres habillés en blanc qui apparaissent dans le récit relaté dans les Actes des Apôtres : ce sont sans doute des anges, ces êtres curieux qui apparaissent régulièrement dans la Bible. Qui sont-ils? Que sont-ils? Que désignent-ils? Je n’ai pas trouvé de réponse satisfaisante dans les recherches et lectures et j’ai vraiment beaucoup de mal avec ces messagers. Faute de preuves factuelles de leur existence, je ne peux, ici aussi, que voir une forme de symbolisme.

Bref, beaucoup de questions et peu de réponses…

N.B. : toutes les citations bibliques sont issues de la Bible Segond 21


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