La parabole du vigneron et son enseignement
Introduction
Le texte de l’évangile proposé par Pain Quotidien illustre à merveille une des différences capitales entre les catholiques et les protestants (quelque soit la tendance mais particulièrement pour les libéraux) sur les thèmes du pardon et de la grâce accordés par DIeu.
Le texte
« En effet, le royaume des cieux ressemble à un propriétaire qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux pour un salaire d’une pièce d’argent par jour et les envoya dans sa vigne. Il sortit vers neuf heures du matin et en vit d’autres qui étaient sur la place, sans travail. Il leur dit : ‘Allez aussi à ma vigne et je vous donnerai ce qui sera juste. Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi et vers trois heures de l’après-midi et il fit de même. Il sortit enfin vers cinq heures de l’après-midi et en trouva d’autres qui étaient là, [sans travail]. Il leur dit : ‘Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans travailler ? Ils lui répondirent : ‘C’est que personne ne nous a embauchés. Allez aussi à ma vigne, leur dit-il, [et vous recevrez ce qui sera juste]. Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers. Ceux de cinq heures de l’après-midi vinrent et reçurent chacun une pièce d’argent. Quand les premiers vinrent à leur tour, ils pensèrent recevoir davantage, mais ils reçurent aussi chacun une pièce d’argent. En la recevant, ils murmurèrent contre le propriétaire en disant : Ces derniers arrivés n’ont travaillé qu’une heure et tu les as traités comme nous, qui avons supporté la fatigue du jour et de la chaleur ! Il répondit à l’un d’eux : Mon ami, je ne te fais pas de tort. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un salaire d’une pièce d’argent ? Prends ce qui te revient et va-t’en. Je veux donner à ce dernier arrivé autant qu’à toi. Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de mes biens ? Ou vois-tu d’un mauvais œil que je sois bon ? Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers. [Beaucoup sont invités mais peu sont choisis.] »
Matthieu 20 (Segond 21) https://app.bible.ch/D8Lw
A travail pas égal, salaire égal?
“Pardon, ai-je bien lu? Ceux qui n’ont travaillé qu’une heure gagnent autant que ceux qui ont travaillé toute la journée? Quel scandale!” C’est la première réaction que l’on a, sans doute, face au texte si on le lit comme étant une relation d’événements qui se sont réellement produits car évidemment, on a omis de lire qu’il s’agissait d’une parabole et que l’on parle du Royaume de Dieu et non de (conditions de) travail et d’argent!
Pour les protestants, cette parabole est évidemment une confirmation que le pardon de Dieu et le paradis ne s’achètent pas mais sont un cadeau qu’il nous fait et que c’est lui qui décide de donner ou pas!
Et c’est là une différence primordiale avec les catholiques romains! Pour eux, enfin pour l’institution qui n’est jamais à court d’idées pour asservir ses fidèles, plus on fera d’oeuvres, plus on donnera (à l’église), plus grande sera notre récompense de la part de Dieu et plus grandes seront nos chances d’entrer au paradis. Ce discours est moins présent aujourd’hui, certes, mais je l’entends encore très souvent et c’est une des raisons de la réforme de Luther, qui luttait en fait contre les indulgences, une sorte d’achat du paradis par l’argent… Cette idée a perduré longtemps et tant que l’église avait la main mise sur la population.
Mais quelle erreur tragique pour des générations de catholiques qui ont été dévoyé par l’institution qui était sensée leur assurer la rédemption! Une vraie trahison pourrait-on dire du message de l’évangile car ne nous y trompons, l’institution romaine savait parfaitement ce qu’elle faisait, elle ne poursuivait d’autre but que d’accumuler des richesses pour s’offrir un train de vie honteux à des années lumières du message évangélique! En maintenant ses fidèles dans une certaine ignorance ou leur racontant ce qu’elle voulait bien, tout en leur interdisant la lecture de la bible (qui n’était pas traduite en langues vernaculaires jusqu’au XVIe siècle), elle a trompé des millions et des millions de fidèles à travers les siècles. La réforme est venu changer les choses mais ça n’a pas empêcher l’église de Rome de continuer, préférant jeter l’opprobre sur les protestants plutôt que de faire son mea culpa! La dominations des peuples par la religion est la pire chose qui soit et est totalement contraire à l’esprit de l’évangile.
De nos jours, les catholiques, pourraient, comme les protestants lire par eux-même l’écriture et en tirer les enseignements, juste en lisant le texte tel qu’il est et non tel qu’il est interprété! Mais des siècles de domination et des dogmes fallacieux comme l’infaillibilité du pape ou encore cette institution honteuse au sein du Vatican qu’est le Dicastère pour la Doctrine de la foi qui prétend détenir la seule vérité, sont autant de freins à l’émancipation des catholiques. Sans doute qu’une certaine paresse intellectuelle joue aussi un rôle dans l’immobilisme au sein de l’église catholique de Rome… Combien de fois ai-je entendu des catholiques me dire qu’ils ne voulaient pas se poser de questions et prenaient donc pour argent comptant ce que les prêtres ou l’institution leur disait… Drôle d’usage de la liberté que Dieu leur a donné comme aux autres!
Toujours est-il et pour revenir à notre texte : le message est parfaitement clair ici : si Dieu a décidé d’être bon et donner librement ses bienfaits autant à celui qui fait peu qu’à celui qui fait beaucoup, en quoi cela nous regarde-t-il? Et la dernière phrase est limpide : beaucoup d’appelés, peu d’élus et ce n’est pas en démultipliant les bonnes oeuvres que l’on impressionne Dieu, c’est en étant humble de cœur et en étant à sa recherche honnêtement même si l’on doute souvent.
Ce n’est pas le seul exemple qui dénonce la foi démonstratrice liée à l’argent. L’épisode relaté dans l’évangile de Luc a propos de la veuve qui met de l’essentiel de ce qu’elle possède dans le tronc en comparaison avec ceux qui mettent de leur superflu, faisant dire à Jésus qu’elle a donné bien plus qu’eux en est un autre exemple…
Conclusion
Evidemment, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, le commandement suprême du Christianisme est “Aimer son prochain comme le Christ nous a aimé” et donc faire le bien est une bonne chose mais qu’on ne se trompe pas, le faire avec ostentation ou à dessein, ne sert à rien!
Et si le message n’est pas encore assez clair, on pourra relire la parabole du fils prodigue chez Luc (15:11-32) et se rappeler que la logique divine n’est pas la logique humaine. Faisons de notre mieux, c’est tout ce qui compte!
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