La résurrection de Jésus, l'ultime supercherie?
Quelques réflexions en guise d’introduction
D’ici quelques jours, débutera la période la plus importante pour tout chrétien, la célébration de la mort et de la résurrection de Jésus : Pâques. Mais qu’est-ce qui se cache derrière la résurrection? Est-ce comme le dogme, assez universellement repris quelque soit la confession chrétienne, que Jésus est revenu à la vie dans sa chair ou est-ce quelque chose de plus subtil comme le pensent les protestants libéraux? Mon cœur et ma raison, inévitablement, penchent vers le plus subtil.
Pour les catholiques et pour les fondamentalistes de tout poil, je ne suis pas chrétien si je ne crois pas à la résurrection. Et bien, j’assume totalement la chose. Je ne crois pas à la résurrection telle qu’elle est vendue et encore moins à une résurrection dans la chair au jour du jugement dernier. Non, rien à faire, ma raison m’empêche de croire à ces fantasmes de vie éternelle, d’immortalité!
Si l’on y réfléchit bien, nous sommes toutes et tous immortels d’une certaine manière puisque tout ce qui existe sur notre planète n’est qu’un grand recyclage d’atomes depuis les débuts de la planète. Tiré par les cheveux mon idée? Vraiment? Non, justement, très terre à terre si je puis oser! Lorsqu’un organisme (végétal ou animal) meurt, il se décompose, sert de nourriture à de nombreux autres organismes vivants (bactéries, insectes, …) et c’est cette décomposition qui va permettre l’éclosion de la vie après un cycle plus ou moins long. De même la pluie qui tombe aujourd’hui, est la même qui tombait il y a quatre milliards d’années! Donc, le jour où je mourrai et serai incinéré, mes cendres seront dispersées sur la terre et ces particules iront fertiliser le sol et peut-être qu’il en sortira une jolie fleur! En résumé : la mort donne la vie!
En fait, c’est notre peur de la mort et de perdre tout ce que l’on a accumulé tout au long de notre bref passage sur terre, qui nous pousse à croire à ces récits fantastiques de résurrection et de vie éternelle, c’est une conviction profonde chez moi. Et cela crée bien du malheur dans notre monde…
Le détachement des biens matériels est, pour moi, la meilleure des choses qui puisse arriver à un humain car toutes les angoisses disparaissent une fois que l’on a franchi le cap de ne plus s’accrocher à des biens matériels, c’est une libération, c’est un poids qui disparaît, c’est une forme de résurrection! Le détachement permet aussi d’être plus présent au monde qui nous entoure et à notre prochain.
Etre conscient que demain, tout peut s’arrêter, aide aussi à mieux apprécier le présent et conduit à moins procrastiner (en théorie du moins!).
Sénèque, philosophe contemporain de Jésus écrivait : “Vous vivez comme si alliez toujours vivre, jamais votre vulnérabilité ne vous effleure l’esprit, vous ne remarquez pas tout le temps qui est déjà écoulé; vous le perdez comme si vous pouviez en disposer à volonté alors que ce jour même dont vous faites cadeau à une personne ou à une activité, est peut-être votre dernier jour à vivre. Toutes vos craintes sont des craintes de mortels, mais tous vos désirs sont des désirs d’immortels”
Il écrivait encore : “Le plus grand dommage dans la vie, c’est de remettre à plus tard. C’est un défaut qui nous fait perdre chaque jour nouveau, et nous enlève le présent en nous donnant à espérer l’avenir. Le plus grand obstacle à la vie, c’est l’attente, qui se suspend au lendemain et ruine l’aujourd’hui.”
La résurrection chez les protestants libéraux
“Pour le chrétiens libéraux, la résurrection de Jésus est moins un événement historique et physique qu’une manifestation du pouvoir transformateur de l’amour, de la justice et du renouveau que Dieu apporte au monde.”
C’est ainsi que débute un texte publié dans le bulletin de la paroisse protestante de Liège-Marcellis et il me semble qu’il résume assez bien l’idée qui anime le chrétien libéral et qui rejoint assez bien mon idée sur la question.
Si nous lisons attentivement les évangiles, nous constaterons très vite des incohérences et même des contradictions et comme pour la trinité, la construction du mythe de la résurrection de Jésus s’est faite entre le Ier et le Ve siècle de notre ère tant d’un point de vue théologique que politique. Il ne faut jamais perdre de vue la montée en puissance politique de l’église au cours des derniers siècles de l’empire romain. Il ne faut également jamais perdre de vue que le platonisme n’a eu cesse d’influencer la pensée chrétienne des premiers siècles. Cela explique sans doute ces récits de la résurrection et de l’apparition de Jésus sous forme “humaine” à ses disciples après sa mort.
Sur le site protestants dans la ville, on trouvera de nombreux articles sur le sujet : Page de recherche sur le site
Jésus est-il mort sur la croix?
Il y a quelques années, j’avais lu, un ouvrage de l’historien et romancier Gérald Messadié qui s’intitulait Jésus de Srinagar, quatrième tome d’une série qu’il a consacrée à Jésus, l’homme qui devint Dieu. Il part de l’hypothèse que Jésus ne serait pas mort sur la croix et après son échec cuisant à Jérusalem, serait parti vers l’est et le Cachemire où serait son tombeau. L’hypothèse est séduisante et expliquerait bien des choses mais la réalité est que nous ne savons pas ce qu’il s’est passé ce jour-là…
Un article très récent de National Geographic fait le point sur ce que l’archéologie révèle de la crucifixion et c’est de loin, à mon humble avis, la meilleure voie à suivre pour essayer de comprendre ce qui s’est passé.
Est-ce que Jésus est mort très vite (trop vite aux yeux de certains) car très affaibli, tombé dans un coma profond. Est-ce que Joseph d’Arimathie l’a sauvé et soigné et qu’ensuite il a disparu de la vie publique? Est que Marie-Madeleine, ivre de chagrin a eu des hallucinations? Beaucoup de questions, peu de réponses mais une chose est sûre, des personnes y ont cru et ont répandu la nouvelle incroyable! Comme le fait remarquer l’article du National Geographic, l’état d’esprit humain du Ier siècle n’est pas celui de l’humain du XXIe siècle.
Conclusion
Pour clore ce billet, je dirais finalement que, peu importe si la résurrection est une histoire vraie ou une légende, une supercherie. Le récit de la résurrection est un formidable espoir pour qui ne veut pas sombrer dans le défaitisme mais prions pour que la résurrection ait lieu de notre vivant, pour nous rendre meilleurs et plus attentifs aux autres (tous les autres, humains comme non-humains!) et faire du monde, un endroit meilleur!
Les écrits de ce blog reflètent les opinions et les réflexions de l’auteur se basant sur son propre parcours et ses propres connaissances acquises au fil du temps . Ils ne constituent en aucun cas une vérité absolue, au mieux ils se veulent matière à réflexion personnelle.
Merci pour votre lecture.
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