La symbolique de la Saint-Jean-Baptiste

Le 24 juin, dans le martyrologe romain (le catalogue des saints en quelque sorte) c’est la fête de Jean-le-Baptiste (ou Jean-le-précurseur) mais pourquoi ce jour précisément puisqu’on ne sait ni quand il est né, ni quand il a fini sa vie, décapité pour le plaisir de la seconde épouse d’Hérode selon ce qui est conté dans l’évangile.

L’explication est beaucoup plus simple : le 24 juin, c’est le tournant du solstice d’été, les jours commencent à nouveau à raccourcir et c’est ici que le symbolisme entre en jeu.

Pour le comprendre, il faut relire l’évangile et notamment les versets 25 à 30 du chapitre 3 de celui de Jean (l’apôtre, qui n’a rien à voir avec notre Jean du jour!), c’est là qu’apparaît la phrase “Il faut qu’il croisse, et que je diminue”. (Jn 3:30). Mais qu’est-ce à dire?

Petit retour en arrière dans le même évangile, au chapitre 1 , versets 19 à 34 où l’on peut lire le témoignage de Jean-le-Baptiste envers Jésus-Christ. Jean-le Baptiste, ou le précurseur, tout ce que l’on sait de lui, c’est qu’il vit au désert, qu’il est vêtu d’une peau de bête, qu’il se nourrit de sauterelles et de miel et qu’il baptise dans l’eau. Il annonce la venue du Royaume de Dieu et invite à la repentance, il est la voix qui crie au désert. Il annonce aussi la venue du Messie mais il n’est pas prophète, de son propre aveu.

On sait aussi, par l’évangile de Luc, qu’il est parent avec Jésus mais on ne sait pas s’ils se sont fréquentés dans leur jeunesse. On sait juste que Marie s’est rendue chez sa parente Elisabeth qui est enceinte d’un fils sur le tard et que cet enfant tressaille de joie dans le ventre de sa mère lorsque Marie, elle aussi enceinte, est près de sa parente. (Voir Luc au chapitre 1).

Ce qui précède explique pourquoi l’église catholique a choisi cette date pour célébrer Jean-le-Baptiste. Jusqu’au 21 décembre, les jours vont inexorablement raccourcir jusqu’au solstice d’hiver et après quelques jours de stagnation, il recommencent à s’allonger à partir du… 25 décembre, jour de la nativité du Christ, lumière et sauveur du monde selon les chrétiens.

Si tout cela colle admirablement pour l’hémisphère nord, ce n’est pas le cas pour l’hémisphère sud où les choses sont inversées! Lors de l’établissement des fêtes religieuses chrétiennes, l’hémisphère sud était inconnu. Imaginons un instant que tout ceci se serait passé dans l’hémisphère sud de notre planète, alors le 24 juin serait le jour où nous fêtons la nativité… du Christ.

Quoiqu’il en soit, le but premier de l’établissement de ces fêtes était bien sûr de détacher les populations des cultes païens célébrant les solstices. C’était une sorte de soft-power pour convertir au christianisme les masses dans les premiers siècles de notre ère.

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