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from Chroniques Autistes

C’est la grande question qui vient de me traverser l’esprit en regardant un épisode de la série Le goût de vivre dans laquelle un personnage apprend une terrible nouvelle concernant sa santé. Et plus modestement, je me demandais depuis ce matin comment choisir quoi faire de ma journée…

Pourquoi? Parce que je n’ai pas trop mal dormi, pour une fois, et avec tout ce que je vis depuis récemment pour une rare fois je n’ai aucun rendez-vous, ni obligation aujourd’hui. Et comme je le mentionnais récemment essayer d’organiser mes journées en bloc de temps est quelque chose que je tente depuis peu.

Pourquoi? Parce que si comme moi vous êtes TDAH, oui j’utilise volontairement dans mon cas personnel le verbe être, car cela fait partie de moi, tout comme l’autisme à la différence des cancers que j’ai eus, et de mes risques de cancers héréditaires. Donc si le TDAH est votre réalité vous savez très bien, avec vos propres saveurs car chacun.e d’entre nous est unique, comment cela peut être facile de ne rien faire à cause des défis de nos fonctions exécutives, qui viennent souvent en plus comme pour moi avec la cécité temporelle depuis la périménopause, cycle qui m’a aussi révélé le TDAH.

Donc, trop régulièrement, je gaspille mes journées, et avec l’épée de Damoclès qui est au-dessus de ma tête, ou plutôt la bombe qui est dans mon corps depuis le diagnostic de mutation génétique expliqué dans le billet précédent, ce gaspillage prend une toute autre saveur. Car j’ai aussi appris récemment pourquoi, en plus de tout le reste j’étais épuisée, et donc ma faible énergie devient encore plus précieuse. J’essaie d’y faire encore plus attention, car avec tous les examens de suivi que je dois subir je ne sais jamais ce qu’ils vont détecter, je suis d’ailleurs dans l’attente d’un résultat. En plus de tout ça je vieillis, et mon corps subit les contrecoups des décennies de camouflage ignorant mes neurodivergences et des mes burnouts neurodivergents, ceux des chirurgies récentes et de leurs effets secondaires.

Je suis donc constamment déchirée entre mes impulsivités qui me donnent des myriades d’envie, et j’adore ça, et les limitations physiques que je m’impose avec tout ce que j’ai vécu et ce que je vis, car des périodes de repos sont vitales pour essayer de faire face quotidiennement à tout ça le plus sereinement possible. Mais ma vie peut paraître plate comme on dit ici, ou sans saveurs. J’ai longtemps lutté contre ça, encore un deuil à faire, mais j’ai réussi à réinventer ma vie en faisant les choses différemment, en essayant car c’est loin d’être toujours possible, de me reposer avant un rendez-vous / une obligation ET surtout après.

Par rapport à la vieillesse, je me suis rendu compte récemment que j’étais devenue sage. Je ne m’indigne plus pour autant de choses qu’avant, pour ces choses pour lesquelles je n’ai aucun pouvoir. Je compense cela en m’impliquant à un niveau très limité en suivant mes valeurs, valeurs qui m’ont permis de trouver un sens à ma vie après mon premier cancer du sein et ma crise existentielle avec la perte de l’illusion de l’immortalité.

Pour en revenir à la question initiale je n’ai bien sûr pas de réponse définitive, mais pour la seconde question je vais essayer de faire aujourd’hui, il est encore tôt chez moi, uniquement les choses qui me plaisent, et ça commence avec ce billet. Cela va être facilité avec la nuit pas trop mauvaise bien évidemment. Ces mots sont aussi motivés par une chronique lue ce matin qui parle d’un sujet dont on ne parle pas dans nos sociétés occidentales, mais qui pourtant concerne tout le monde, mais cela fera l’objet d’un prochain billet tout comme d’autres questions existentielles.

 
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from Chroniques Autistes

(date d’écriture initiale : 26 mars 2026)

Bienvenue dans le monde des maladies rares!

Vous savez, ou vous imaginez, quand vous annonce que vous avez un cancer, le choc que cela peut provoquer.

Essayez d’imaginer maintenant ce que ça de savoir que vous pourriez en avoir 7 différents à cause de votre ADN.

Voici la première partie de mon histoire, je vais tenter d’écrire régulièrement pour essayer de mieux gérer le tout.

Nous voici donc à l’automne 2023, et suite à ma première mastectomie de routine on m’annonce un premier cancer du sein.

Été 2025, suite au dépistage génétique auquel j’ai eu accès à cause de mon histoire familiale, on m’annonce une rare mutation génétique. Elle porte le joli nom de PTEN, et j’ai la version avec le syndrome tumoral hamartomateux.

J’apprends donc que je risque de développer 7 différents types de cancer avec des % de chances plus ou moins élevés. Je vais vous épargner les pourcentages, mais je dois apprendre à vivre avec un risque d’avoir :

  • un cancer de la thyroïde et
  • un cancer du sein (je n’ai plus de seins, mais il y a toujours un risque) et
  • un cancer de l’estomac et
  • un cancer du côlon et
  • un cancer de l’endomètre et
  • un cancer du rein (je suis née avec un seul rein) et
  • un cancer de la peau (un mélanome).

J’ai gagné le gros lot à la loterie! Et ce diagnostic génétique confirme aussi que je suis autiste, l’autisme faisant partie des trop nombreuses manifestations de cette mutation.

Et j’en ai d’autres comme une macrocéphalie. Mon père avait aussi une grosse tête, tout comme mon frère en a une, on ne saura jamais avec certitude ayant perdu mon père, mais je l’ai probablement héritée de lui, et je sais maintenant pourquoi ma mère n’a jamais pu enfant nous trouver un chapeau à notre taille!

Mais revenons auX cancerS et aux trop nombreux examens de suivi que je vais avoir tous les 1 ans, 3 ans et 5 ans.

Mon risque de récurrence de cancer du sein passe donc de 2% à 85%.

À peine le temps de me faire à l’idée, à l’automne 2025 commence le premier cycle des nombreux examens de suivi dont une IRM qui va remplacer la mammographie.

Et donc à l’automne 2025, suite à ma première IRM on m’annonce qu’une tumeur, non détectée à la mammographie de contrôle effectuée quelques mois plus tôt, nécessite une biopsie vu mon profil.

Pour la faire court, janvier 2026 je subis une deuxième mastectomie.

Mars 2026, suite à ma première coloscopie et gastroscopie (j’ignore comment s’appellent ces examens dans vos pays francophones), le gastro-entérologue m’annonce avoir prélevé un polype dans l’estomac, et 7/8 dans l’intestin, tout en précisant qu’il en a vu une centaine en tout dans cette partie de mon corps… Mais bonne nouvelle, il en faut, il n’a pas vu de cancer, je vais prendre ça pour l’instant...

J’ai un rendez-vous de suivi avec lui dans 2 mois pour avoir le résultat des analyses des prélèvements qui devraient prendre entre 3 et 4 semaines.

Et évidemment, j’ai commencé à lire sur le cancer du côlon, car autant de polypes augmente forcément mes risques. Je ne suis pas médecin, mais je ne suis pas bête non plus, les différentes options ne sont pas forcément réjouissantes…

À la fin du mois, j’ai justement un rendez-vous de suivi avec mon oncologue suite à mon deuxième cancer du sein, et je vais lui poser 2 ou 3 questions sur les différents types de polypes, plus particulièrement les polypes hamartomateux du côlon.

Je devrais avoir aussi dans quelques mois un rendez-vous avec une gynécologue pour discuter d’un possible retrait préventif de l’utérus. Ce sera le dernier rendez-vous du premier cycle d’examens qui devrait reprendre en septembre, et je devrais probablement faire une biopsie de l’utérus, une procédure pas drôle du tout en attentant l’opération.

Comment je vais dans tout ça me diriez-vous? Je ne sais pas.

J’ai des vagues d’angoisse/anxiété/stress essayant de me projeter dans l’avenir avec x organes en moins (?), tout en étant autiste et TDAH pour ajouter du fun à l’histoire...

J’ai l’impression d’être divisée en x morceaux devant devoir voir x spécialistes, chaque problématique étant traitée individuellement. Le tout avec un niveau proche du 0 pour la compréhension et le support concernant mes neurodivergences, le tout naviguant dans un système de santé provincial au bord du précipice.

Histoire à suivre!

 
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from Chroniques Autistes

(article écrit en 2024)

J’ai envie d’écrire alors je le fais tout de suite vu mes fonctions exécutives, mais ce ne sera ni sur le cancer, l’autisme, ou encore sur le TDAH parce qu’il faut bien varier les plaisirs! Note pour mes compatriotes neuroatypiques : ce texte contient pas mal de sarcasmes, si vous avez un doute vous savez où me posez la question!

J’ai encore lu récemment, je ne sais plus où, des commentaires à la con et condescendants sur la façon que s’expriment les Québécois comme si tout le monde dans cette province s’exprimait de la même manière, et ça m’a donné l’idée de lister les clichés que j’entends et lis, ainsi que les commentaires que l’on me fait directement depuis 22 ans que je vis au Canada depuis que nous y avons émigré depuis la France. Je vais vous les donner en vrac en essayant de les classer plus ou moins par thèmes. Et bien évidemment, je ne prétends pas détenir la vérité universelle, ce billet est basé sur MON expérience personnelle. J’ai choisi de pas mal simplifier ce qui suit car c’est un très vaste sujet, et je m’adapte à la majorité de mon lectorat qui vient probablement de mon pays de naissance et qui n’a sans doute qu’une vague idée du Canada et du Québec.

Le plus courant, est celui entendu lors de notre dernier séjour en 2017 en France et qui consiste par le trio : caribous, poutine, Céline Dion, suivi de tentatives malheureuses d’imiter l’accent québécois (ne faites pas ça) parce que bien sûr le Canada = le Québec uniquement, aucune idée que nous puissions habiter ailleurs. Ce commentaire ressort d’ailleurs souvent dans les commentaires que je lis en ligne. Un exemple parmi tant d’autres d’imitation ratée.

Viennent ensuite les commentaires condescendants de la part de personnes qui bien souvent n’ont jamais mis les pieds ici, ni qui n’ont jamais vraiment voyagé d’ailleurs, ou alors avec une mentalité colonialiste/de safari : « ils sont gentils ces Québécois, hein? » « oh mais comment tu fais avec l’accent, moi je pourrais pas! » « mais t’as pris un accent québécois! » sur un ton généralement (mais pas toujours) moqueur comme si c’était une tare probablement? Voir au sujet de l’accent l’entrevue de Jean-René Dufort avec Solange à Paris lors des Jeux Olympiques, à partir de 4.07 minutes Jean-René Dufort rencontre Solange à Paris.

Passons aux logements maintenant, vu qu’il semblerait que nous habitions dans des igloos et que les ours polaires se promènent dans les rues de nos villes. Voir des ours polaires dans les rues est une chose qui arrive dans CERTAINES parties de cet immense pays, ce n’est pas très répandu, je dois préciser qu’il y a eu un ours noir au centre ville de ma municipalité, mais cela reste rare. De même que non nous ne vivons pas dans des cabanes en bois au fond des bois, et non ne portons pas tous des chemises à carreaux rouge et noir. Dire cela équivaut à dire que toute la population française porte un béret et se promène avec une baguette sous le bras…

Et la nourriture! Parce que évidemment nous ne savons pas manger ici vu que nous sommes Américains (si, si, j’insiste), et non pour mes compatriotes Canadiens je ne parlerais pas des provinces de l’ouest, et nous ne mangeons que des hamburgers, frites, et pizzas! Et pendant que je parle de nos voisins du sud nous ne payons PAS (en principe car c’est en train de changer hélas) nos soins de santé, car encore une fois nous ne sommes PAS aux États-Unis. Et oui nous avons l’équivalent de la sécurité sociale, et les couvertures changent selon les provinces car la santé est une compétence gérée par les provinces. La seule chose commune à toute la population canadienne c’est d’ailleurs la monnaie et l’armée, TOUT le reste varie selon les provinces, régions, ou encore villes vu que nous avons 3 paliers de gouvernement. Pour prendre un exemple récent, le 11 novembre est loin d’être un jour férié pour tout le monde, comme pour d’autres jours fériés, voici un texte expliquant pour qui le 11 novembre était férié.

En parlant provinces : le Canada est un confédération, dans cet article vous trouverez une explication de ce qu’est la confédération. Et en « 1867, trois colonies de l’Amérique du Nord britannique, le Canada, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, se sont unies pour former une « union fédérale » portant le nom de Canada. Au fil des ans, toutes les autres possessions britanniques de l’Amérique du Nord ont été intégrées ou se sont jointes à la fédération canadienne, et ce, dans des circonstances propres à chacune. Le Canada compte aujourd’hui dix provinces et trois territoires. » Source.

Pour continuer avec la géographie, toujours basé sur des commentaires entendus et que je continue à entendre, quand il y a une catastrophe ou un évènement climatique au Canada cela ne veut pas dire que nous forcément concernés. Je ne compte plus les nombres de fois suite à la mention dans les journaux français d’incendies de forêts ou encore de tempêtes de neige où on m’a demandé si on allait bien. Ça part d’un bon sentiment, mais comme je dis toujours pour faire un parallèle, ce n’est pas parce qu’il pleut à Lille qu’il pleut aussi forcément à Marseille, même chose pour ici. Et non, je n’habite pas non plus au Pôle Nord, mais à 100 km environ de la frontière américaine, il n’y a pas constamment 3 mètres de neige, il ne fait pas non plus tout le temps -40, et d’ailleurs depuis 2/3 ans, nous n’avons plus de neige à Noël à cause du réchauffement climatique dans notre région, et nous sommes loin d’être les seuls. Ce cliché sera peut-être le plus « facile » à défaire?

Le Canada pays bilingue? Ahaha, vaste sujet sur lequel je ne m’avancerais pas dessus aujourd’hui, je dirais juste que non les Canadiens ne sont pas tous bilingues français/anglais, et aussi oui le Québec est une province du Canada, mais non le Québec n’est pas le Canada. Encore un autre thème d’envergure! Et parlant de langue, la langue française n’est pas l’apanage de la France, et non les Québécois ne parlent pas mal français, ils parlent un français différent. Tiens, encore une idée de billet, tout comme sur les sacres un autre méga cliché…

Un petit dernier au sujet de la population avec cet article de Radio-Canada. Évidemment, encore cela varie beaucoup selon les provinces, les zones urbaines et rurales, mais la première photo de l’article donne une idée de la diversité de la population à l’opposé des clichés…

 
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from Chroniques Autistes

(article écrit en 2024)

Je vais mal et j’ose enfin l’exprimer et je ne suis pas la seule. Beaucoup de femmes dans les groupes de support en ligne pour le cancer du sein rapportent le même sentiment de malaise et de n’avoir aucune aide une fois les traitements « terminés ». Le terme est entre guillemets parce que pour certaines ça ne l’est jamais. Je suis dans un groupe en ligne de femmes en Ontario et un autre à l’échelle du Canada et nous sommes beaucoup à vivre cela. Pour les personnes à l’extérieur du pays il faut garder à l’esprit que la santé est une compétence provinciale, nos expériences sont très différentes d’une province à l’autre, et elles peuvent l’être aussi d’une région à l’autre dans la même province.

Ce qui est terminé c’est ce qu’il est aux yeux des autres, après l’opération, ou la radiothérapie, la chimiothérapie ou encore l’hormonothérapie (prescrite sur 5 ans). En ce qui me concerne, il y aura eu seulement une mastectomie unilatérale sans hormonothérapie initialement prescrite par l’oncologiste parce que cela m’apporte seulement 1,1 % de bénéfices versus les nombreux effets secondaires plus ou moins graves.

Et donc après ces traitements nous sommes laissées à nous-mêmes avec généralement des listes longues comme le bras de numéros de téléphone pour chercher de l’aide, du support, des ressources, etc. En décembre dernier avant l’opération, j’avais obtenu des références de la part de la Fédération du cancer d’Ottawa de thérapeutes francophones ayant une expérience avec des patients ayant ou ayant eu le cancer. Comme au Canada il y a une très grosse demande, les délais d’attente peuvent être plus ou moins longs et j’ai mon premier rendez-vous est seulement à la mi-mars. En attendant, j’ai eu quelques séances avec une autre thérapeute francophone, mais le français étant sa troisième ou quatrième langue les nuances et autres subtilités de la langue lui échappait. Et j’ai beaucoup de chances car les deux sans être autistes sont neurodivergentes.

Nous avons donc la possibilité de faire appel à des thérapeutes mais encore faut-il avoir une assurance privée (une mutuelle) pour en couvrir les frais, ou encore en avoir la possibilité, je pense ici aux communautés rurales éloignées, ou aussi avoir accès à Internet pour profiter des séances en ligne, et il est loin d’être fiable partout et coûte bien souvent un bras.

Bref, il y a aussi tout simplement l’impossibilité de faire tout simplement une demande car la personne n’en a pas la force épuisée après les traitements, ou bien pour moi c’est une immense épreuve de devoir passer un coup de téléphone étant autiste, parce qu’évidemment il n’y a qu’un numéro de téléphone. Si le sujet vous intéresse Autisme : passer un appel téléphonique, c’est plus complexe qu’il n’y paraît

Et pourquoi avons-nous besoin d’aide? Parce que l’épreuve du cancer du sein est traumatisante non seulement dans notre corps avec la mastectomie, ou la tumorectomie (seulement une partie du sein est retiré), avec la chimiothérapie, la radiothérapie et leurs effets secondaires sans parler de ceux des hormones. Mais c’est aussi traumatisant psychologiquement, moralement et émotionnellement. Comment faire le deuil de son ou de ses seins? Comment gérer les différents effets secondaires possibles qui peuvent arriver à plus ou moins long terme et qui sont décrits ici : physiothérapie et cancer du sein. Encore une fois, c’est à nous de trouver quelqu’un pour ces possibles effets secondaires, formée dans ce domaine, ce qui est loin d’être évident avec en plus toutes les restrictions mentionnées déjà plus haut. Et comment gérer la peur de la récidive? Comment gérer notre nouvelle image corporelle? etc. Tant de questions qui se posent…

Les réponses que nous obtenons en général sont de : faire du sport, manger mieux, parler à quelqu’un, s’entourer de ses amis et de sa famille, bref que des solutions faciles (sarcasme). Solutions pour lesquelles on n’imagine même pas qu’elles pourraient être inaccessibles pour des raisons aussi diverses, en ce qui me concerne, que les fonctions exécutives, l’autisme, le TDAH, l’absence physique d’amis et de famille sans oublier le fait que de ne pas conduire est un gros handicap dans la ville où j’habite. Mais pour ça tout le monde assume forcément que je conduis…

Comment conclure un tel texte? Parce que c’est loin d’être fini. Je dois encore une fois puiser dans ma résilience en attendant le rendez-vous de la mi-mars tout en gérant du mieux que je peux la fatigue, les douleurs post-opératoires (qui peuvent perdurer pendant 2 ans), mes autres soucis de santé, bref tout en continuant à faire semblant d’aller bien parce que c’est « fini ». Enfin presque, j’ai un rendez-vous de suivi avec l’oncologue fin mars pour parler de ma décision de prendre ou non l’hormonothérapie et d’aborder le sujet des tests génétiques pour évaluer les autres risques de cancer auxquels je pourrais face. Ah, j’ai oublié de vous dire que le cancer est loin d’être rare chez les autistes, un article en anglais sur le sujet Is There a Link Between Autism and Cancer?

 
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from Chroniques Autistes

(cet article date de 2023)

51 ans aujourd’hui et le temps de faire un bilan. J’en faisais régulièrement à la date anniversaire de notre arrivée au Canada (le 23 juin 2002), mais j’ai arrêté cette tradition et je ne me souviens plus trop pourquoi. Je tiens à préciser qu’il n’y aucune arrière-pensée derrière les mots qui suivent, ni ironie, ou quelconque message caché. Si vous connaissez un tant soit peu quelque chose à l’autisme la précision précédente est probablement inutile pour vous. Je suis quelqu’un de pragmatique, j’énonce des faits et une réalité qui est la mienne, rien de plus.

51 ans et c’est bientôt mon 2ème anniversaire en sachant que je suis autiste. Vieillir en étant autiste est difficile car rien n’existe pour nous si nous sommes capables de prendre plus ou moins soin de nous (comprendre être autiste sans la co-condition courante d’une difficulté d’apprentissage ou retard intellectuel selon les pays).

51 ans et heureuse d’être arrivée à cet âge-là étant autiste vu la moyenne d’âge des personnes autistes qui est dramatiquement basse. Je vous laisse chercher par vous-mêmes les statistiques pour votre pays, gardez à l’esprit que ces chiffres ne représentent pas du tout la réalité étant donné qu’ils prennent en compte seulement les diagnostics officiels. Et en avoir un est un privilège géographique, financier, de sexe, de race, de genre et de génération inaccessible à beaucoup d’entre nous.

51 ans et incapable de travailler depuis plusieurs années plus que quelques heures par semaine à la suite de mon burnout autistique débuté en 2016 et qui a duré plusieurs années. Donc si jamais quelque chose arrive à mon mari je me retrouve seule et sans appui d’aucune sorte, car étant « trop indépendante » (je cite) je n’ai droit à rien.

51 ans et en deuxième année du Diploma in Egyptology à partir du 1er octobre. Ce sera très probablement ma dernière année à l’université ayant réalisé l’année dernière qu’étudier seule à distance et sans aide a ses limites, à cause entre autres de mes fonctions exécutives dysfonctionnelles. Mon rêve d’obtenir un Doctorat s’envole et c’est quelque chose que j’apprends à accepter.

51 ans et seule avec mon mari. C’est quelque chose que nous avons accepté mais ce n’est pas forcément parfois sans regret ni nostalgie. Nos quelques rares connaissances/copains/anciens collègues vivent loin, ont déménagé, ont des enfants, une famille, une vie, et c’est donc devenu depuis longtemps une tradition pour nous de célébrer nos anniversaires et autres jours fériés seuls, généralement au restaurant maintenant particulièrement à Noël. Étant autiste je suis souvent soulagée de ne pas avoir de vie sociale, mais en même temps pouvoir simplement aller prendre un verre avec une autre personne est quelque chose qui me manque. J’arrive à compenser cette absence grâce aux échanges en ligne qui me permettent de créer et d’essayer d’entretenir des liens. Mais ce dernier point est souvent difficile pour une personne autiste.

51 ans et chanceuse d’avoir une maison, une climatisation qui est une bénédiction vu la température et l’humidité de ces derniers jours en ce début de septembre. J’ai aussi la chance de faire un travail que j’aime, de vivre dans un quartier très calme, d’avoir accès à la nature à une courte distance de la maison, tous ces facteurs permettent indéniablement de mieux vivre étant autiste. J’apprends chaque jour à gérer de mieux en mieux le fait d’être autiste. Cela ne fonctionne pas tout le temps, c’est un processus d’essais/erreurs mais j’ai la chance de pouvoir le faire. Hier encore, j’ai pris connaissance d’un nouveau facteur qui pouvait influer sur mon bien être général et cet apprentissage continuera sans aucun doute encore tout au long de ma vie.

51 ans et 21 ans au Canada dont 17 en Ontario avec une langue maternelle qui s’est modifiée et qui s’est adaptée à son nouvel environnement. Et l’enseigner à nouveau me permet de la pratiquer différemment et surtout de la conserver!

 
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from Journal d'un libre-penseur chrétien

C’est le titre d’un livre écrit par Mauro Biglino, chercheur dans le domaine de l’histoire des religions et spécialiste de l’hébreux massorétique.

S’il a le mérite de poser des questions pertinentes et s’il a le don pour mettre au jour les incohérences des textes bibliques et que tout lecteur attentif et dénué de dogmatisme aura repéré lors d’une lecture approfondie de la Bible, il a, à mon sens, un peu trop tendance à faire siennes des théories de visites extra-terrestres dans l’antiquité qui aurait modifié le cours de l’humanité.

Il relève de nombreuses incohérences dans les textes et là, on ne peut qu’être d’accord, tout comme on peut accepter le fait que le Dieu de l’ancien testament (dans le Pentateuque en particulier) et celui du nouveau testament ont l’air de deux Dieux différents. Il est vrai que certains récits se retrouvent racontés deux fois et de manière différentes comme la création d’Eve pour ne citer qu’un exemple.

Pour commencer, en tant que spécialiste de la langue hébraïque, il déclare que la langue hébraïque n’a pas de terme qui désigne Dieu. Dans la version hébraïque, il est fait mention d’Elohim qui est une forme plurielle de El mais qui ne peut, selon lui, se traduire par Dieu au singulier. Yahvé ne serait qu’un El parmi les Elohim.

Il y a dès la Genèse, des passages totalement obscurs comme celui-ci :

Or, quand les hommes eurent commencé à se multiplier sur la terre, et que des filles leur naquirent les fils de la race divine trouvèrent que les filles de l'homme étaient belles, et ils choisirent pour femmes toutes celles qui leur convinrent. L'Éternel dit: “Mon esprit n'animera plus les hommes pendant une longue durée, car lui aussi devient chair. Leurs jours seront réduits à cent vingt ans. Les Nefilim parurent sur la terre à cette époque et aussi depuis, lorsque les hommes de Dieu se mêlaient aux filles de l'homme et qu'elles leur donnaient des enfants. Ce furent ces forts d'autrefois, ces hommes si renommés.

Toute la théologie repose sur un Dieu unique mais alors qui sont ces fils de la race divine? Et soyons, honnête, il y a comme une familiarité avec les autres dieux de l’antiquité qui n’hésitaient pas à se mêler aux humains.

Mais plus problématique est que Yahvé, qui ne serait donc pas un Dieu selon Biglino mais un être de chair et d’os puisque Jacob/Israël s’est battu avec lui, par exemple mais pire encore, il serait un être maléfique! Et en effet, on peut sérieusement se poser la question : où est la miséricorde et l’amour infini de Dieu lorsque celui-ci se définit comme un dieu jaloux qui ne tolère pas que son peuple se prosterne devant d’autres dieux et le menace de mort et tue même son propre peuple! Exige des sacrifices sans fin d’animaux innocents pour absoudre les pêchés de son peuple! Mais il y a pire encore, Yahvé/Dieu ordonne aux siens d’exterminer des populations entières pour que les siens prennent possession des territoire. Ces peuples sont littéralement victimes de génocide, il n’y a pas d’autre terme pour qualifier les actes affreux qui consistent en la mise à mort de l’ensemble de la population à l’exception des femmes qui n’ont pas connu d’hommes pour servir d’esclaves aux hommes et Yavhé/Dieu en réclame une part! De même qu’il réclame une part de l’or et du butin en général conséquence de ces génocides et mise à sac! Il y a de quoi être retourné, en tout cas pour celui, qui affronte les écritures avec raison. Evidemment, l’église catholique romaine choisit les textes qui l’arrange pour les lectures de la messe omettant les plus problématiques. Il faut le dire. Comme il faut dire que les textes ont été copiés et recopiés maintes fois et sans doute altérés, modifiés à escient ou pas.

On le remarque, le Dieu, père aimant et miséricordieux du nouveau testament est aux antipodes du Dieu de l’ancien testament (même s’il y a une évolution dans certains livres).

Que dire aussi de ce pauvre Job, qui à cause de l’autorisation de Dieu, subit les assauts de Satan et subit avec stoïcisme les épreuves les plus ignobles? A la fin, il est récompensé diront certains mais quand-même… Où est l’amour de Dieu dans le récit de Job… Je n’en ai guère vu…

L’ordre des livres dans la Bible n’a rien de logique puisque des textes comme le livre de la Sagesse, un des derniers écrits datant du Ier siècle avant notre ère (et peut-être achevé après la mort de Jésus) ne se trouve pas à la fin de l’ancien testament et de surcroît, s’il a été rédigé et inspiré de Dieu, comment se fait-il qu’il n’évoque pas Jésus qui allait bientôt paraître dans le monde…

Autre problème avec Dieu : s’il est omniscient et omnipotent comment se fait-il qu’il cherche Adam et Eve au Jardin d’Eden? Qu’il ait besoin d’être rassuré de la fidélité de son peuple alors qu’il pourrait lire nos pensées les plus secrètes… L’auteur pose un tas de questions pareilles… et il faut dire qu’il y a de nombreuses incohérences et inconsistances dans le récit… qui peuvent raisonnablement faire douter que les textes soient d’inspiration divine… ou alors comme l’écrit l’auteur, Dieu est un mauvais relecteur de son oeuvre.

Au fil des quelques deux cents pages, l’auteur pose et analyse toute une série d’épisodes et essaie de nous montrer que le texte n’a rien de religieux mais est plutôt pour ce qui est de l’ancien testament du moins, un livre de guerre qui raconte comment Yahvé a tenté et échoué à donner un territoire au peuple qu’il s’est accaparé.

Un autre point abordé par l’auteur est l’enlèvement d’Hénoch, d’Elie et de Jésus. Pour l’auteur, il ne fait pas de doute, ces deux personnages sont enlevé par un objet volant. Ce qui est certain, c’est que c’est assez curieux la façon dont c’est raconté comme par exemple pour Elie :  Lorsque l'Eternel fit monter Elie au ciel dans un tourbillon, celui-ci partait de Guilgal avec Elisée…

…Alors qu’ils continuaient à marcher tout en parlant, un char et des chevaux de feu les séparèrent l'un de l'autre et Elie monta au ciel dans un tourbillon. 

Que sont donc ces chevaux de feu et ce tourbillon? Ce sont des questions légitimes et qui n’ont pas de réponses rationnelles autres que ces personnages sont enlevé par un objet volant. Alors l’auteur aurait-il raison lorsqu’il évoque des extra-terrestres (ou un peuple très avancé) pour expliquer l’inexplicable. Il est un fait que d’autres récits de l’antiquité parlent de chariots de feu volant dans le ciel… mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons trouvé la plus petite preuve qu’il y aurait eu des objets volants dans l’antiquité. Ce qui est certain, c’est que certaines techniques antiques comme les miroirs ardents qui dans l’antiquité permettaient de mettre le feu à un navire à distance. Il y a peut-être des savoirs oubliés, je ne sais pas mais rationnellement, on ne peut qu’être interpellé de ce genre de passages…

L’auteur tend à démontrer que la bible n’est pas un livre sacré, ni de religion et qu’il ne parle pas de Dieu mais d’un “être” particulier, Yahvé qui règne sans partage sur une tribu. Il veut aussi montrer que les textes ont sans doute été réécrits, amendés, modifiés pour coller à une réalité locale et temporelle et surtout pour maintenir les religions dans un certain pouvoir.

Bref, une lecture malgré tout intéressante dans l’ensemble et qui permet de voir les textes dits sacrés (qui ne le sont peut-être pas tant que ça) sous un nouveau jour.

L’auteur fait mention d’un livre intitulé “Comment la bible est devenue sacrée” (collection Le monde de la Bible chez Fidès et Labor) du Professeur Michael L. Saltow de l’université de Brown aux USA et spécialiste de l’ancien testament et comme les choses sont bien faites, ce livre traînait dans mes étagères, cela va être l’occasion de m’y plonger. Il est préfacé par Thomas Römer, professeur au collège de France, qui est aussi l’auteur d’un Que sais-je? sur l’ancien testament.

En parlant de Que sais-je? il existe plusieurs volumes consacrés à la bible et à Jésus. Petits ouvrages concis et fort bien fait, c’est un bon début pour celui qui voudrait s’initier à ces sujets. De surcroît, le prix est tout à fait abordable (10 EUR environ).

Je terminerai en spécifiant que ce que j’ai lu dans ce livre m’a certes interpellé mais au même titre que d’autres ouvrages que j’ai eu l’occasion de lire, il alimente ma réflexion et ma recherche de sens. Il est un fait qu’un tel ouvrage bouscule toutes les quasi certitudes que l’on nous inculque depuis tout jeune et qui façonnent nos sociétés et que cela ne plait pas aux autorités religieuses. C’est justement là, pour moi, une preuve que les autorités religieuses de tout temps et en tout lieu instrumentalisent les textes à leur avantage pour garder un ascendant. C’est peut-être moins vrai chez les protestants (chez les libéraux particulièrement).

En guise d’ultime conclusion je dirais que l’important n’est pas la solution, mais la quête!

Pour ceux qui seraient intéressés, les références du livre dont il est question ici :

L’ancien et le nouveau testament : des livres sans Dieu de Mauro Biglino, Macro éditions, collection savoirs anciens – ISBN : 978-88-2851-707-8

Le site officiel de l’auteur : https://www.maurobiglino.com

 
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from Journal d'un libre-penseur chrétien

Je l’ai rapidement évoquée hier, dans le billet consacré au vendredi Saint et cela a ravivé des souvenirs déjà anciens d’un séjour à l’abbaye de Clervaux au Grand-Duché de Luxembourg où j’étais présent pour la veillée pascale. Avec l’aide du Missel grégorien (c’est le missel romain mais qui inclut les chants grégoriens des offices), je vais essayer de rendre l’ambiance et le faste de cet office nocturne car, disons-le tout de go, c’est fastueux dans la mise en scène presqu’autant que les passions du Christ qui se produisent le vendredi Saint un peu partout sur la planète.

Le soir de la veillée, on reçoit une pittance légère et ensuite on se met au lit pour une paire d’heure (littéralement puisque le repas du soir a lieu à 19 h 30).

A 22 h 30, la foule des paroissiens et des hôtes se réunissent devant l’entrée de l’église abbatiale, un grand feu est allumé. Il fait assez froid (on est sur les hauteurs) et la chaleur du feu qui crépite est une source de chaleur et de lumière bienvenue car tout est calme et noir alentour. L’église elle-même est plongée dans le noir.

Chacun a reçu un petit cierge et attend. Les prêtres et diacres se rendent près du feu et celui-ci est béni.

La bénédiction achevée, on procède à l’allumage du cierge pascal que des moines auront patiemment décoré durant de longues heures. Une fois le cierge allumé, une procession se met en marche le prêtre tenant le cierge élevé et chante Lumen Christi! (Lumière du Christ!) et la foule répond Deo gratias! (Nous rendons grâce à Dieu!).

Arrivés à la porte de l’église abbatiale, les cierges que la foule a reçu sont allumés au cierge pascal et on entre ensuite en procession. Ce n’est que lorsque le cierge pascal est arrivé à l’autel que les lumières de l’église s’allument.

Vient ensuite l’annonce de la Pâque avec la foule debout et tenant les cierges qu’ils ont reçu. Une fois cette annonce solennelle faite, les cierges sont éteints et les fidèles peuvent s’asseoir. Il y a déjà près d’une demi-heure que l’office a débuté.

C’est maintenant le temps de la liturgie de la parole introduite par un cantique et une première lecture sur la création, suivie d’une prière.

S’ensuivent six autres lectures toute précédées d’un cantique et suivies d’une prière. Ces lectures retracent l’histoire du peuple élu : sacrifice et délivrance d’Isaac, passage de la mer Rouge (en fait, la mer des Joncs), l’amour de Dieu pour Jérusalem son épouse, le mystère de l’eau et de la parole, Dieu offre aux hommes la sagesse et enfin le cœur nouveau et l’esprit nouveau.

Vient ensuite la lecture de l’Apôtre avec la lettre aux Romains : Ressuscité des morts, le Christ ne meurt plus.

Précédé de l’Alleluia, mit en sourdine depuis le début du carême, la lecture de l’évangile de l’année (A, B ou C).

On procède ensuite à d’éventuels baptêmes sinon on passe directement à la bénédiction de l’eau baptismale. Une fois cette bénédiction effectuée, les fidèles sont invités à réaffirmer leur promesse de foi baptismale. Tous sont debout et les cierges sont à nouveau allumés.

Après cela, l’on passe au chant d’offrande et on omet le Credo.

L’office se terminera pas la communion et le renvoi des fidèles.

Il est près de deux heures du matin lorsque cette vigile pascale s’achève mais chacune et chacun est invité à un prendre une collation et ensuite un peu de repos avant les Laudes qui auront lieu à 7 h 30. Comme le jour de la Nativité, il n’y a pas de vigiles le matin.

Le dimanche de Pâques, la messe sera aussi assez longue et le repas de midi sera festif et une fois n’est pas coutume, il y a du vin (pour ceux qui le souhaitent) ou du jus de pommes de la production de l’abbaye en plus de l’eau traditionnelle.

Le soir, après les Vêpres, il y aura le salut au Saint-Sacrement et les complies auront lieu une heure plus tôt qu’à l’accoutumée, il faut bien récupérer de la longue journée!

L’église catholique observe la même liturgie partout mais dans la plupart des églises, cette veillée pascale a lieu beaucoup plus tôt et est moins fastueuse qu’à l’abbaye dans la mesure où les chants grégoriens amènent une dimension particulière à cette veillée.

Même pour le protestant libéral que je suis et malgré toutes les réticences et désaccords avec l’église de Rome, cela reste une très belle expérience et un très beau souvenir.

 
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Cela n’échappe à personne, du moins pour ceux qui vivent dans de petites villes ou à la campagne. Du vendredi Saint à la nuit de Pâques le samedi soir (ou le dimanche matin), les cloches ne carillonnent plus.

La légende veut qu’elles s’en vont à Rome pour être bénies et en revenant, elles vont déverser des tonnes de petits œufs en chocolat pour le plus grand plaisir des (grands) enfants.

La dernière Cène et la Crucifixion de Jésus

Le jeudi Saint, au soir, nombre de paroisses organisent l’office du dernier repas de Jésus où le geste du lavement des pieds est souvent encore effectué. Cet office marque le début du Triduum pascal qui s’achève le samedi dans la nuit avec la messe de la nuit de Pâques (à l’instar de la messe de la nuit à Noël).

Le vendredi, la messe est célébrée et l’évangile est bien évidemment la passion du Christ qui selon les paroisses est “rejouée” par des paroissiens et le prêtre. Les hosties distribuées le vendredi Saint ont été consacrée lors de l’office du jeudi Saint. Le vendredi Saint, il y a également l’ostentation de la croix.

J’avais assisté une fois à l’abbaye de Clervaux à cet étrange temps liturgique catholique. Au lieu des cloches, c’était une crécelle qui faisait office de signal pendant les offices de la liturgie des heures.

Il est d’usage de considérer que Jésus fut crucifié sur le coup de midi (Sexte, la sixième heure) et qu’il expira dans l’après-midi (None, neuvième heure)… Vient ensuite l’attente jusqu’aux vigiles pascales et pour cette raison, il n’y a pas de messe le samedi en journée, c’est l’attente auprès du tombeau.

Le samedi soir, l’église abbatiale est plongée dans le noir, et dehors, les paroissiens se réunissent et reçoivent une chandelle et entrent dans l’église. Peu à peu, au fur et à mesure que les chandelles vont s’allumer en passant la flamme de chandelle à chandelle, l’église va s’illuminer. S’en suivra un très long office de nuit avant une série d’office le dimanche de Pâques.

Les œufs, les cloches et les lapins

Si en Belgique et en France, ce sont les cloches qui amènent les œufs à leur retour de Rome, en Allemagne, c’est le lapin qui les cache.

Mais pourquoi, diable, offrir des œufs à Pâques?

D’une part, les œufs ont une conservation limitée et au vu du carême (période de jeûne de quarante jours), il faut bien faire quelque chose avec tous ces œufs; d’autre part, c’est une tradition païenne ancienne qui remonte à l’antiquité. L’œuf est le symbole de fécondité et de renaissance. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Pâques tombe au printemps (même s’il y a une certaine concordance historique au vu des connaissances actuelles), le printemps, c’est le moment où la nature renaît, où la “création” est renouvelée.

Aujourd’hui, dans notre monde de surconsommation, toutes ces traditions se sont perdues et plus besoin de cuire des dizaines d’œufs pour éviter de les jeter et souvent, les oeufs durs ont été remplacés par des œufs en sucre ou en chocolat au point de friser la crise de foie!

On notera enfin, que contrairement à ce que l’on pense souvent, ce n’est pas Noël la fête la plus importante du christianisme mais Pâques! Et pour cause, c’est la célébration de la victoire de la vie sur la mort (qui pour les protestants libéraux est à voir de manière plutôt philosophique que comme une vérité historique avérée) et que l’on soit croyant ou pas, on ne peut nier que le monde renaît d’une certainement manière au printemps (pour l’hémisphère nord du moins).

J’en ai déjà parlé ailleurs, mais les juifs fête aussi la Pâque du Seigneur mais c’est une toute autre histoire et une tout autre signification : elle symbolise la libération des hébreux du joug égyptien avec l’ultime plaie d’Egypte où l’ange de Dieu évita de tuer les premiers-nés des hébreux à condition que ceux-ci aient aspergé le linteau de leur porte du sang d’un agneau immolé et mangé en entier (avec les tripes).

Il y a néanmoins une relative corrélation avec le sacrifice de Jésus sur la croix qui est l’agneau de Dieu immolé pour absoudre le peuple du pêché. Quelque chose qui choque nombre de personnes, y compris des chrétiens et montre un visage de Dieu qui est nettement moins sympathique que celui que Jésus a montré tout au long de sa prédication.

L’on dit que Dieu a tant aimé les hommes, qu’il a livré son propre fils. Je ne sais pas vous mais moi, ça me choque et ce n’est pas la seule chose qui me choque dans toute l’histoire biblique. J’aurais l’occasion de revenir sur tous ces aspects troublants du texte biblique au fur et à mesure des billets futurs.

 
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Comme je l’écrivais sur Mastodon, ce 25 mars 2026, ma grand-mère maternelle aurait eu cent ans. L’occasion de me remémorer un souvenir en rapport avec ce blog.

Ma première bible, c’est d’elle que je l’ai reçue. Malheureusement je ne la possède plus mais j’ai un souvenir précis de celle-ci. Je me revois à 11 ou 12 ans, dans le grand lit de la chambre où je dormais quand je passais le weekend chez ma grand-mère. La lumière extérieure était assez forte et il ne faisait pas noir dans la chambre qui avait deux grandes fenêtres de surcroît.

Cette bible, je m’en souviens très bien : elle avait une couverture rouge légèrement cartonnée et rouge vermillon dans un format un peu plus grand que le livre de poche mais beaucoup plus épais malgré le papier très fin qui caractérise les bibles. Elle venait de la librairie “Halbart” à Liège et qui était la librairie de référence à l’époque. Il n’existait pas de grandes chaînes de magasins “culturels” comme aujourd’hui. Comme il était de coutume à l’époque, une étiquette autocollante dorée était apposée sur la première page intérieure mentionnant le nom et l’adresse de la librairie. Je dois l’avoir reçue pour mon anniversaire, je ne suis plus tout à fait sûr mais ce qui est certain, ce n’était pas pour ma communion puisque je ne l’ai pas faite.

Je connaissais les textes bibliques par la messe à laquelle j’assistais de mon plein gré et où j’étais même enfant de chœur mais je n’avais jamais tenu de bible en main. Je m’étais donc plongé dans le “livre” comme dans n’importe quel livre et commençai par le premier chapitre du livre de la Genèse. L’excitation était à son comble : j’allais apprendre comment était né le monde et l’humain avec une certaine naïveté d’enfant.

Mais très vite, je me suis heurté au texte et ai assez rapidement abandonné cette lecture! J’y voyais déjà des incohérences et trouvait le récit bizarre car ça ne correspondait pas du tout à ce que j’avais appris avec la série animée d’Albert Barillé, il était une fois l’homme qui constituait avec l’encyclopédie Alpha Junior mes sources principales d’acquisition de connaissances! Aucune trace des dinosaures dans la bible et aucune trace des ancêtres des premiers hommes…

Mon esprit critique était déjà assez aiguisé à l’époque mais malheureusement, ce n’est pas avec mes parents que j’aurais pu avoir une discussion sur le sujet… ni avec personne de mon entourage… La science et la raison ont largement pris le dessus car je pensais bien que les explications scientifiques sur l’origine du monde beaucoup plus convaincante que ce qui était écrit dans la bible.

Aujourd’hui, j’ai appris que l’on pouvait être un scientifique et croire en Dieu (il existe de nombreux cas et plus qu’on ne le pense) et que l’on pouvait lire la bible de manière scientifique aussi. L’un et l’autre ne sont pas forcément incompatible mais à condition de garder un esprit critique!

Mon seul regret, ne plus posséder cette bible, j’aurais aimé savoir de quelle traduction il s’agissait, je peux augurer qu’elle était catholique mais c’est tout!

 
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Quelques réflexions en guise d’introduction

D’ici quelques jours, débutera la période la plus importante pour tout chrétien, la célébration de la mort et de la résurrection de Jésus : Pâques. Mais qu’est-ce qui se cache derrière la résurrection? Est-ce comme le dogme, assez universellement repris quelque soit la confession chrétienne, que Jésus est revenu à la vie dans sa chair ou est-ce quelque chose de plus subtil comme le pensent les protestants libéraux? Mon cœur et ma raison, inévitablement, penchent vers le plus subtil.

Pour les catholiques et pour les fondamentalistes de tout poil, je ne suis pas chrétien si je ne crois pas à la résurrection. Et bien, j’assume totalement la chose. Je ne crois pas à la résurrection telle qu’elle est vendue et encore moins à une résurrection dans la chair au jour du jugement dernier. Non, rien à faire, ma raison m’empêche de croire à ces fantasmes de vie éternelle, d’immortalité!

Si l’on y réfléchit bien, nous sommes toutes et tous immortels d’une certaine manière puisque tout ce qui existe sur notre planète n’est qu’un grand recyclage d’atomes depuis les débuts de la planète. Tiré par les cheveux mon idée? Vraiment? Non, justement, très terre à terre si je puis oser! Lorsqu’un organisme (végétal ou animal) meurt, il se décompose, sert de nourriture à de nombreux autres organismes vivants (bactéries, insectes, …) et c’est cette décomposition qui va permettre l’éclosion de la vie après un cycle plus ou moins long. De même la pluie qui tombe aujourd’hui, est la même qui tombait il y a quatre milliards d’années! Donc, le jour où je mourrai et serai incinéré, mes cendres seront dispersées sur la terre et ces particules iront fertiliser le sol et peut-être qu’il en sortira une jolie fleur! En résumé : la mort donne la vie!

En fait, c’est notre peur de la mort et de perdre tout ce que l’on a accumulé tout au long de notre bref passage sur terre, qui nous pousse à croire à ces récits fantastiques de résurrection et de vie éternelle, c’est une conviction profonde chez moi. Et cela crée bien du malheur dans notre monde…

Le détachement des biens matériels est, pour moi, la meilleure des choses qui puisse arriver à un humain car toutes les angoisses disparaissent une fois que l’on a franchi le cap de ne plus s’accrocher à des biens matériels, c’est une libération, c’est un poids qui disparaît, c’est une forme de résurrection! Le détachement permet aussi d’être plus présent au monde qui nous entoure et à notre prochain.

Etre conscient que demain, tout peut s’arrêter, aide aussi à mieux apprécier le présent et conduit à moins procrastiner (en théorie du moins!).

Sénèque, philosophe contemporain de Jésus écrivait : “Vous vivez comme si alliez toujours vivre, jamais votre vulnérabilité ne vous effleure l’esprit, vous ne remarquez pas tout le temps qui est déjà écoulé; vous le perdez comme si vous pouviez en disposer à volonté alors que ce jour même dont vous faites cadeau à une personne ou à une activité, est peut-être votre dernier jour à vivre. Toutes vos craintes sont des craintes de mortels, mais tous vos désirs sont des désirs d’immortels”

Il écrivait encore : “Le plus grand dommage dans la vie, c’est de remettre à plus tard. C’est un défaut qui nous fait perdre chaque jour nouveau, et nous enlève le présent en nous donnant à espérer l’avenir. Le plus grand obstacle à la vie, c’est l’attente, qui se suspend au lendemain et ruine l’aujourd’hui.

La résurrection chez les protestants libéraux

“Pour le chrétiens libéraux, la résurrection de Jésus est moins un événement historique et physique qu’une manifestation du pouvoir transformateur de l’amour, de la justice et du renouveau que Dieu apporte au monde.”

C’est ainsi que débute un texte publié dans le bulletin de la paroisse protestante de Liège-Marcellis et il me semble qu’il résume assez bien l’idée qui anime le chrétien libéral et qui rejoint assez bien mon idée sur la question.

Si nous lisons attentivement les évangiles, nous constaterons très vite des incohérences et même des contradictions et comme pour la trinité, la construction du mythe de la résurrection de Jésus s’est faite entre le Ier et le Ve siècle de notre ère tant d’un point de vue théologique que politique. Il ne faut jamais perdre de vue la montée en puissance politique de l’église au cours des derniers siècles de l’empire romain. Il ne faut également jamais perdre de vue que le platonisme n’a eu cesse d’influencer la pensée chrétienne des premiers siècles. Cela explique sans doute ces récits de la résurrection et de l’apparition de Jésus sous forme “humaine” à ses disciples après sa mort.

Sur le site protestants dans la ville, on trouvera de nombreux articles sur le sujet : Page de recherche sur le site

Jésus est-il mort sur la croix?

Il y a quelques années, j’avais lu, un ouvrage de l’historien et romancier Gérald Messadié qui s’intitulait Jésus de Srinagar, quatrième tome d’une série qu’il a consacrée à Jésus, l’homme qui devint Dieu. Il part de l’hypothèse que Jésus ne serait pas mort sur la croix et après son échec cuisant à Jérusalem, serait parti vers l’est et le Cachemire où serait son tombeau. L’hypothèse est séduisante et expliquerait bien des choses mais la réalité est que nous ne savons pas ce qu’il s’est passé ce jour-là…

Un article très récent de National Geographic fait le point sur ce que l’archéologie révèle de la crucifixion et c’est de loin, à mon humble avis, la meilleure voie à suivre pour essayer de comprendre ce qui s’est passé.

Est-ce que Jésus est mort très vite (trop vite aux yeux de certains) car très affaibli, tombé dans un coma profond. Est-ce que Joseph d’Arimathie l’a sauvé et soigné et qu’ensuite il a disparu de la vie publique? Est que Marie-Madeleine, ivre de chagrin a eu des hallucinations? Beaucoup de questions, peu de réponses mais une chose est sûre, des personnes y ont cru et ont répandu la nouvelle incroyable! Comme le fait remarquer l’article du National Geographic, l’état d’esprit humain du Ier siècle n’est pas celui de l’humain du XXIe siècle.

Conclusion

Pour clore ce billet, je dirais finalement que, peu importe si la résurrection est une histoire vraie ou une légende, une supercherie. Le récit de la résurrection est un formidable espoir pour qui ne veut pas sombrer dans le défaitisme mais prions pour que la résurrection ait lieu de notre vivant, pour nous rendre meilleurs et plus attentifs aux autres (tous les autres, humains comme non-humains!) et faire du monde, un endroit meilleur!

 
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from Techno-Fil et faits divers

Vue d’ensemble de quelques fonctionnalités plus avancées

Mastodon, le réseau social qui n'est pas à vendre

Dans cette troisième partie consacrée à Mastodon, je balaye quelques fonctionnalités plus avancées. Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous conseille la lecture de la partie 1 (concepts et philosophie de Mastodon) et de la partie 2 (bien commencer avec Mastodon).

Usage

On supposera donc ici que vous maîtrisez les bases de Mastodon et que vous savez publier ainsi que vous abonner à d’autres comptes. Nous aborderons des aspects parfois moins connus mais néanmoins utiles, sans prétendre à l’exhaustivité. Je décris simplement la fonctionnalité sans vous abreuver de captures d’écran, d’autant plus que les icônes et leur localisation peuvent varier selon que vous utilisez un navigateur ou bien une application, ainsi vous saurez qu’elle existe et vous la trouverez sans difficulté.

Marque-pages

Vous pouvez classer des publications avec l’icône marque-page, pour y revenir plus tard. Toutes apparaîtront dans un fil spécial identifié avec la même icône ; par ailleurs, cela pourra être utile pour définir des exceptions si vous mettez en place une suppression automatique de messages (voir plus loin).

Listes

Vous voulez regrouper certains membres auxquels vous êtes abonné pour voir leurs publications dans un fil particulier ? Ou définir un groupe restreint de personnes qui vous intéressent plus particulièrement ou sur un thème précis ? Créez une ou plusieurs listes pour y rattacher les comptes correspondants, vous pourrez ensuite consulter leurs publications dans la liste correspondante.

Brouillon

La fonctionnalité n’est pas disponible nativement mais il est possible de créer un brouillon pour le publier plus tard de la manière suivante : écrivez votre message en visibilité « mention privée », mais sans mentionner personne ; en le publiant, vous seul pourrez continuer à le voir (si vous avez peur de ne pas le retrouver, vous pouvez aussi utiliser le marque-page). Quand vous êtes prêt, ouvrez-le à nouveau et choisissez « supprimer et ré-écrire » (car sinon vous ne pourrez pas modifier sa visibilité) ; ajustez éventuellement le message existant qui est repris dans l’interface et surtout modifiez sa visibilité selon le niveau souhaité, puis publiez.

Suivi de hashtags

Vous savez que vous pouvez suivre des comptes, mais savez-vous que vous pouvez aussi suivre des hashtags ? Choisissez des thèmes qui vous intéressent pour ainsi enrichir votre fil, vous y verrez toutes les publications mentionnant les hashtags suivis (en plus des comptes auxquels vous êtes abonnés).

Flux RSS

Si vous utilisez un lecteur de flux RSS, vous pouvez aussi suivre toutes les publications d’un compte Mastodon avec l’URL du compte souhaité suffixé par .rss ; donc par exemple, pour mon compte cela donnera https://gayfr.social/@barbapulpe.rss

Invitations

Si votre administrateur l’a autorisé, il est possible de générer des liens d’invitations (avec des limites que vous définissez). Transmettez-les aux personnes que vous souhaitez et celles-ci pourront rejoindre la même instance Mastodon de manière facilitée en cliquant sur le lien.

Balles jaune, vert, rouge avec smiley, pouce levé et cœur

Visibilité

Voici probablement l’aspect le plus délicat à maîtriser, qui caractérise l’univers fédéré par rapport à celui centralisé auquel les grandes plateformes commerciales nous ont habitué. Sans aller dans les détails techniques, il est important de bien comprendre comment votre visibilité est affectée car votre expérience ici en dépend.

Qui voit qui et quand ?

Quand vous créez un compte sur un serveur Mastodon, tous les autres comptes sur ce serveur verront votre profil et vos publications, mais personne d’autre. Pour que les comptes d’autres serveurs vous voient, votre compte doit y être connu, et pour cela il faut que quelqu’un de ce serveur vous suive, ou interagisse avec une de vos publications (like, boost, commentaire).

Il y a donc un effet « œuf et poule » ! Et si vous voulez gagner des abonnés notamment au début, il vous faudra suivre d’autres comptes (qui pourront alors vous suivre en retour) ou interagir avec d’autres publications (pour susciter des réponses ou des interactions). Cela produit un effet « boule de neige » car plus vous interagissez, plus vous vous ferez connaître et plus vous deviendrez visible. Il suffit d’une personne sur chaque autre serveur qui vous suive pour que vous soyez connu partout et par tous ! Si en revanche vous n’avez aucun abonné et que personne n’a interagi avec vos publications, seuls les membres de votre serveur vous verront.

Enfin, vos publications ne seront automatiquement visibles d’un autre serveur qu’à partir de l’instant où une personne de ce serveur a commencé à vous suivre ; avant, il faudra lui donner le lien complet de la publication. Voilà pourquoi quand vous vous abonnez à un nouveau compte, vous ne verrez peut-être pas ses plus anciens posts, voire même un profil vide de publications si vous êtes le premier de votre serveur à vous y abonner.

Citations

Il est désormais possible de citer des publications d’autres membres, pour peu que celui-ci l’ait autorisé. Vous gardez le contrôle de qui peut vous citer (tout le monde, abonnés ou personne) : à la fois par défaut dans les réglages de votre profil, et pour chaque publication au moment de poster. Et vous pouvez modifier ce réglage a posteriori.

Vie privée

N’oubliez jamais que tout ce qui est publié en mode public est visible… publiquement. Comme toujours sur internet, vous ne pourrez pas garantir que le contenu n’a pas été copié par un robot et son effacement ultérieur est donc incertain. Réfléchissez bien avant de publier publiquement…

Certains réglages de votre profil permettent de définir le comportement vis-à-vis de l’indexation de moteurs de recherche, etc. mais là encore, cela ne vous rend pas invisible sur internet.

Vous pouvez changer la visibilité par défaut de vos publications pour par exemple la définir sur « abonnés seulement », les rendant non visibles publiquement, mais si c’est votre intention alors je vous recommande de verrouiller l’abonnement à votre compte afin d’accepter les nouveaux prétendants, sinon n’importe qui pourra voir vos publications simplement en s’abonnant à vous.

Enfin, comme le rappelle la bannière de Mastodon, les « messages privés » ne sont pas chiffrés de bout-en-bout. Concrètement, cela veut dire qu’ils peuvent potentiellement être lus par l’administrateur du serveur source et destination (mais aussi par des intermédiaires techniques,…) Si cela vous pose un souci, n’utilisez par ce moyen pour communiquer mais préférez une messagerie sécurisée offrant un chiffrement fiable (nous offrons XMPP, par exemple).

Masquage

Vous n’aimez pas ce que certains comptes publient et vous ne voulez plus les voir dans votre fil ? Utilisez le masquage dans les options sur leur profil et vous ne verrez plus leurs publications.

Blocage

Si certains comptes vous dérangent carrément et que vous voulez cesser toute interaction avec eux, utilisez alors le blocage : plus fort que le masquage, cela coupera toute visibilité réciproque et toute interaction comme par exemple les commentaires. Ce sera comme si le compte n’existait plus pour vous (et vice-versa pour l’autre). Si le compte publie du contenu contraire aux règles du serveur, vous pouvez en plus créer un signalement.

Filtrage

Pour être plus fin sur ce que vous voyez ou ce que vous souhaitez cacher derrière un avertissement de contenu, vous pouvez également dans vos options de profil définir un ou plusieurs filtres basés sur des mots-clefs qui vous permettront de contrôler davantage les articles apparaissant dans votre fil.

Suppression automatique

Par défaut, vos publications restent permanentes, mais vous pouvez définir une durée après laquelle elles seront automatiquement effacées. Notez également que des exceptions sont possibles, par exemple pour celles épinglées ou celles ayant un marque-page, pour un nettoyage moins destructif selon votre choix.

Coche bleue de vérification

Vérification

Dans un système fédéré sans autorité centrale, la notion de vérification de compte (pour authentifier qu’un compte appartient bien à son auteur) n’est pas possible directement. Le stratagème défini par Mastodon pour s’en rapprocher est de certifier qu’un site internet (réputé être sous le contrôle de l’auteur ou de son organisation) renvoie bien au compte Mastodon de l’auteur.

Cela se matérialise de la manière suivante : j’ai confiance dans le site gayfr.online et je sais que son auteur s’appelle Barbapulpe ; sur le profil Mastodon de Barbapulpe, j’ai un lien vers ce site et celui-ci apparaît comme validé par un marquage vert ou avec une coche. Cela fonctionne car pour obtenir ce résultat, il faut créer un lien spécial sur le site gayfr.online que seul son administrateur contrôle.

La manipulation nécessaire est décrite dans l’option correspondante de votre profil.

Migration d'oiseaux au soleil couchant

Changement de serveur

Vous souhaitez changer de serveur ? C’est possible ! Vous pouvez le faire à de multiples reprises, mais dans la limite d’une fois par mois maximum (pour éviter les abus). Sachez toutefois que si vous garderez globalement vos abonnements et vos abonnés, vous perdrez vos publications existantes qui ne seront pas reprises sur le nouveau serveur.

Voici les étapes à réaliser :

  • Sauvegarder votre profil depuis l’ancien serveur : avant de migrer, il est conseillé de sauvegarder votre profil et vos données. Bien que vous ne puissiez pas transférer vos publications, vous pouvez conserver une copie de votre profil.
  • Créer un nouveau compte : inscrivez-vous sur le nouveau serveur Mastodon que vous souhaitez rejoindre.
  • Importez ensuite sur ce nouveau compte toutes les données sauvegardées précédemment que vous souhaitez récupérer (abonnements, listes, marque-pages, blocages…)
  • Toujours à partir de ce nouveau serveur, dans les préférences de votre compte, créez un alias avec l’ancien compte dans l’option « déplacement depuis un compte différent ».
  • Connectez-vous ensuite à votre ancien compte sur l’instance d’origine, et dans les préférences de votre compte, sélectionnez l’option « déménager vers un compte différent » et entrez le nom d’utilisateur de votre nouveau compte. Cette opération est irréversible !
  • Vérifier la redirection : une fois la migration effectuée, votre ancien compte affichera un message indiquant que le profil a été déplacé, et vos abonnés seront redirigés progressivement vers votre nouveau compte.
  • Finaliser la migration : après « un certain temps », vous pouvez choisir de supprimer votre ancien compte si tout fonctionne correctement sur le nouveau serveur.
 
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from Techno-Fil et faits divers

Cœur rouge devant une liasse de billets de vingt euros.

Version française (English version below)

Voici un article court et une fois n’est pas coutume, il est rédigé en français et en anglais, sous la forme d’une FAQ (foire aux questions).

Les services de GayFR sont-ils tous gratuits ?

Oui. Nous vous offrons dix applications du fédiverse toutes interconnectées, une messagerie instantanée ainsi qu’un lecteur de flux RSS, le tout pour la modique somme de zéro (insérer votre devise ici).

Quelle est la contrepartie ?

Il n’y en a pas. Vos données personnelles restent protégées et privées et ne seront jamais exploitées ni revendues, nos services sont assurés de manière éthique, sans aucun objectif commercial ni de rentabilité.

Alors, pourquoi fournir ces services ?

C’est une manière de rendre à la société ce qu’elle m’a donné, et un moyen de vous permettre de vous exprimer en un lieu sûr, à l’abri de l’homophobie et de toute forme de discrimination.

C’est aussi ma façon de lutter contre le mépris des libertés individuelles et de la vie privée en fournissant une plateforme éthique qui ne poursuit aucun but capitalistique ni de promotion d’idéologies politiques toxiques.

Est-ce que ça a un coût ?

Bien sûr ! Cela se présente sous deux formes.

Coût financier

Les coûts comprennent l’achat des quatre noms de domaine et e-mails correspondants, la location des trois serveurs virtuels ainsi que celle de l’espace de stockage objet S3. Et je remercie ici tous les développeurs des applications gratuites en source ouverte !

Peu importe les montants puisque je ne demande aucun contribution ! Si cela vous intéresse, contactez-moi directement.

Effort humain

C’est probablement le plus exigeant. Une fois passée la phase d’installation des services, qui s’est réalisée très progressivement et qui s’est étalée sur presque trois ans, depuis l’instance Mastodon initiale jusqu’à l’ajout des derniers services, nous sommes désormais en régime de croisière.

Je réalise des mises à jour hebdomadaires car c’est crucial pour la sécurité ! Et accessoirement, cela apporte de nouvelles fonctionnalités. Disons que cela peut prendre une heure quand il y a peu de mises à jour, à quelques heures chaque semaine quand il y en a beaucoup.

Et tous les deux ans, compte tenu du modèle commercial du fournisseur des serveurs virtuels, je migre intégralement chaque serveur, ce qui est sain par ailleurs car cela me permet de les reconstruire sur une base saine.

Enfin, c’est peu fréquent mais il peut y avoir des interventions en urgence quand une partie du système tombe en panne.

Pourquoi ne rien faire payer ?

Parce que cela changerait notre relation ! Et parce que j’ai la chance de ne pas en avoir besoin, je préfère dès lors donner plutôt que de tarifer ces services.

Certains permettent de faire des dons et c’est très bien. Quant à moi je ne veux pas d'argent, c’est mon choix.

Si vous voulez contribuer et m’aider, continuez à lire…

Peut-on avoir confiance ?

Oui. Bien sûr, je ne vais pas répondre autre chose… Alors pour être plus convaincant, je vous dirai que j’offre ces services depuis plus de trois ans et tous nos membres peuvent témoigner que cela se passe bien et n’ont jamais eu de problème à déplorer ici.

Maintenant, en tant qu’administrateur j’ai toute visibilité sur les applications et les données que vous y mettez (sauf la messagerie instantanée chiffrée). Tout personne avec les droits root qui vous dirait le contraire est soit un menteur, soit un incompétent ! Donc, si vous n’êtes pas convaincu, ne venez pas, je ne peux pas vous dire mieux…

Comment contribuer ?

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Yes. We offer ten interconnected Fediverse applications, instant messaging, and an RSS feed reader, all for the modest sum of zero (insert your currency here).

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There isn't one. Your personal data remains protected and private and will never be exploited or resold. Our services are provided ethically, without any commercial or profit-making objectives.

So why provide these services?

It's a way of giving back to society what it has given me, and a way of allowing you to express yourself in a safe place, free from homophobia and all forms of discrimination.

It is also my way of fighting against the disregard for individual freedoms and privacy by providing an ethical platform that does not pursue any capitalist goals or promote toxic political ideologies.

Does it come at a cost?

Of course! There are two types of costs.

Financial cost

The costs include the purchase of the four domain names and corresponding email addresses, the rental of the three virtual servers, and the rental of S3 object storage space. And let me thank here all the free open-source application developers!

The amounts are irrelevant, as I am not asking for any contribution! If you are interested, please contact me directly.

Human effort

This is probably the most demanding aspect. Once the service installation phase was complete, which took place very gradually over almost three years, from the initial Mastodon instance to the addition of the latest services, we are now in a steady state.

I perform weekly updates because it's crucial for security! And incidentally, it brings new features. Let's say it can take an hour when there are few updates, to a few hours each week when there are many.

And every two years, given the business model of the virtual server provider, I migrate each server in its entirety, which is healthy because it allows me to rebuild them on a sound basis.

Finally, it's rare, but there can be emergency interventions when part of the system goes down.

Why not charge anything?

Because it would change our relationship! And because I am fortunate enough not to need to, I prefer to give rather than charge for these services.

Some offer the possibility of donating and that’s great. As for me I don’t want any money, it’s my choice.

If you want to contribute and help me, keep reading…

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Yes. Of course, I'm not going to say anything else… So to be more convincing, I'll tell you that I've been offering these services for over three years and all our members can testify that everything is going well and they've never had any problems here.

Now, as an administrator, I have full visibility of the applications and data you put on them (except for encrypted instant messaging). Anyone with root privileges who tells you otherwise is either a liar or incompetent! So, if you're not convinced, don't come, I can't say any more than that…

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I want these services to be useful, and therefore used, so if you want to help, spread the word, advertise us, list us in directories or articles in all appropriate media… The more quality members we have, the more meaningful it will be and the more it will benefit the entire community.

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from Week-end à hommes

Homme nu vêtu d'un string métallique, recto et verso.

Après un certain temps encore, je commençai à me préoccuper du retour. Il ne devait pas être si tôt et je travaillais le lendemain, aussi tirai-je mon smartphone de mon sac à dos. Il affichait un vaillant trente-pour-cent, ce qui devrait être suffisant, mais surtout un tardif dix-sept heures, ce qui n’était pas étonnant vu l’activité intense pratiquée depuis mon lever post méridien.

Tapotant sur l’écran tactile, j’avisai rapidement que ma gare de départ la plus proche se situait au Grau-du-Roi, et que je devais donc retourner là-bas, ayant une heure et demie environ pour le faire ; c’était suffisant, mais sans grande marge. Puis deux correspondances via Nîmes et Lyon pour enfin être rendu à mon domicile, probablement aux alentours de vingt-trois heures. Surtout, les correspondances étaient courtes, onze minutes à Nîmes puis vingt-trois minutes pour attraper le TGV, mais cela devrait suffire.

Armé de ce savoir, je résolus de réserver mes billets, ce qui fut rapidement fait, et je m’accordai même la première classe. Puis je me mis en route, il me fallait marcher les sept kilomètres qui me séparaient du bâtiment ferroviaire, donc sans traîner.

Je commençai à trotter dans le plus simple appareil où m’avait laissé mon groupe et qui seyait parfaitement au côté nudiste de la plage, et j’ignorai les quelques regards parfois invitants de certains beaux hommes, cherchant sans doute à m’attirer dans les dunes pour me présenter leurs secrets. J’étais à la vérité repu de sexe, ce qui ne m’arrivait pas souvent mais je dois dire que ce week-end fut particulièrement riche de ce côté. Aussi et peut-être surtout, je n’avais plus guère le temps de folâtrer, car si je ratais mon train il me serait difficile d’arriver chez moi ce soir.

J’avais dépassé le secteur naturiste et j’étais en territoire textile, mais je m’accordai encore un peu la caresse du vent marin sur l’ensemble de mon corps. Bientôt, je bifurquerai sur l’asphalte et devrai me revêtir, car si j’avais fait le chemin à l’aller nu et tenu en laisse, cette fois-ci je n’avais plus de maître qui aurait pu détourner l’attention ou expliquer qu’il ne s’agissait que d’un jeu. Désormais, cela ressemblerait plus à de l’exhibition.

Je jugeai que le moment était venu, et puisant dans mon sac à dos, ma main incrédule n’y trouva pas ce qu’elle cherchait. Elle recommença sans plus de succès, et mes yeux l’aidèrent alors à comprendre la situation. Si dans la poche avant tout ce qui était essentiel y était bel et bien, mon smartphone comme je l’ai dit, ma montre, mon portefeuille et mes clefs, en revanche la poche principale respirait le vide.

Mais oui ! Je n’y avais pas mis mes vêtements hier soir pensant le faire ce matin, et les événements s’étaient enchaînés de sorte que Mark avait dû saisir mon sac tel quel, semblant rangé et les omettant donc — ou bien plus perfide encore, le réalisant très bien mais me faisant un dernier coup façon Albion. Ainsi, mon short, mon tee-shirt et mes sandales manquaient à l’appel, seuls se trouvaient les objets qui n’avaient jamais quitté mon sac : un plug et un thong tous deux métalliques.

Je me posai pour réfléchir : j’étais donc pieds-nus, sans rien à me mettre en haut et tout au plus mon thong pour le bas. J’écartai l’idée du plug car il ne correspondait pas vraiment à une solution à mon problème, et à dire vrai, après tout ce que j’avais vécu ces trois jours, je doutai même qu’il tînt en place. Nous étions dimanche soir, et même si par miracle je trouvais encore des magasins ouverts, je n’avais guère de temps devant moi. Quant à retourner chez Mark et Félix, il n’en était pas question, et je préférais racheter plus tard de nouveaux atours plutôt que d’avoir encore affaire à eux.

Je résolus donc de tenter l’aventure. Je revêtis ainsi mon thong, qui était conçu en anneaux métalliques entrelacés à la manière d’une cotte de maille, ayant l’apparence par devant d’un sachet contenant mes parties, et à l’arrière une simple chaîne métallique épousant mon sillon comme le ferait un string, le tout étant maintenu à la taille par une autre fine chaînette. Inutile de dire que l’on pouvait deviner ce qu’il renfermait par le manque d’opacité de la structure, et qu’il laissait ma toison saillir généreusement devant. Je terminai en enfilant mon sac à dos de sorte que ses bretelles couvrissent mes tétons, masquant ainsi une des parties de mon anatomie qui auraient pu accentuer ma quasi-nudité.

Je repartis alors, d’un pas résolu afin d’une part que les regards des passants n’eussent pas le temps de me regarder en détails, d’autre part car le temps pressait. Le chemin de sable, l’asphalte du trottoir, tout cela paraissait encore naturel si près de la plage, et j’éveillai simplement quelques coups d’œil en coin. Quand je passai derrière le port, les regards étaient plus insistants, et à la vérité j’avais un côté exhibitionniste et j’aimais que l’on me regardât, probablement même que le petit danger que je ressentis ajoutait à mon excitation. Je voulais surtout éviter les autorités, qui selon moi étaient seules susceptibles de me causer du désagrément et de m’arrêter dans ma course, ce qui eût été fâcheux car j’aurais alors la certitude de rater mon train.

Cela n’arriva point et enfin arrivé à ma gare de départ, je me fis tout petit dans un coin du quai avant de monter à bord du TER. Celui-ci était presque bondé, aussi restai-je debout et autant à l’écart que possible. Dos à la cloison, je déplaçai mon sac sur le ventre en essayant de masquer mon bas également, ce que je parvins assez bien à faire. Arrivé en gare de Nîmes, donc loin de toute activité balnéaire, ma tenue allait bien plus détonner et le risque augmenter.

Il fallait prendre un nouveau train pour rejoindre la gare TGV, et je marchai aussi vite que possible en scrutant tout particulièrement la présence de contrôleurs ou autres forces de l’ordre, que je pus éviter d’autant plus facilement qu’ils étaient peu nombreux. Certains badauds me regardaient passer en coup de vent, je pense qu’ils remarquaient essentiellement ma nudité pédestre, et avant qu’ils pussent remonter les yeux au-dessus de mes cuisses, j’étais déjà passé.

Enfin arrivé en gare TGV, il me fallut ruser et jouer des mains et des piliers pour patienter, masqué autant que je le pus, les vingt minutes d’attente sur le quai, le train arrivant d’une autre gare avant de repartir aussitôt. Ce fut en montant que je me découvris le plus, cherchant la place solo que j’avais réussi à réserver, sous le regard réprobateur des passagers qui me voyaient passer à leur niveau et remarquant très bien mon accoutrement, ou plutôt son défaut.

Le problème de la première classe, c’est que certains clients estiment qu’il s’agit d’un secteur privilégié, réservé au bon milieu, et accueillent mal tout intrus du peuple qui paraît venir d’un monde qui n’est pas le leur. Mais j’avais choisi ce compartiment car il offrait des places seules, et bien que je ne susse pas encore en réservant que cela m’éviterait un voisin scrutateur voire délateur, j’avais déjà bien en tête le fait d’éviter un vis-à-vis désagréable ou, pire encore, qui ferait la conversation.

Personne ne fit de remarque toutefois, et je m’installai à ma place en me disant que le tour était joué. En effet, j’abattis ma tablette ce qui masqua mes jambes aux regards, je mis mon sac dessus ce qui me permit de cacher mon torse, je dirigeai mes pieds vers la cloison et je résolus de ne plus bouger jusqu’à notre arrivée. Je savais bien que mon voisin sur l’autre rive du couloir et toute personne passant à côté verrait à quel point j’étais peu couvert, mais j’étais rassuré et je me préparai mentalement à contester toute tentative de me faire descendre en exigeant de voir l’alinéa du règlement qui l’aurait motivé.

Je revécus ce week-end de trois jours mentalement, et comment mes relations avaient évolué au fil de son déroulé : une visite à l’exposition d’art tout d’abord, innocente, mais pas vraiment ? J’avais un peu racolé en m’habillant si court — bien que cela ne fût rien au regard de mon dénudé actuel — et si j’avais suivi cet inconnu qui s’appelait Mark, c’était bien dans l’espoir d’une relation sexuelle avec lui. Et je ne fus pas déçu, car son copain l’avait admirablement secondé et tous deux m’avaient comblé, littéralement. Mais je me demandai maintenant si cela n’avait pas constitué de leur part un test pour ce qui allait suivre ?

Puis la partie fine, où j’avais subi sévices et humiliations qui avec le recul, m’excitaient à y repenser. Se laisser manger, dominer, boire à la fontaine de gloire, et c’était probablement là que les choses s’étaient gâtées, car mon compagnon d’infortune s’était peut-être trouvé piqué de ne plus avoir l’exclusivité de l’attention. Et pourtant il semblait qu’il vînt d’ordinaire avec un autre, mais peut-être ce dernier était-il relégué dans un rôle secondaire ?

La partouze m’avait marqué par le spectacle de débauche qu’elle avait déroulé, dans la plus pure continuité des séquences précédentes, donnant un aperçu de la nature humaine et de ce qu’elle produit de mauvais quand elle ne sait s’occuper ou n’a pas d’autre objet contre lequel exercer sa cruauté. Une forme de jeux du cirque, me dis-je, sous une forme moderne et débridée, et réservée à une certaine partie de la société.

Mark s’était montré méchant et plus encore le lendemain en me corrigeant, alors que je n’avais rien fait que d’essayer de jouer mon rôle du mieux possible. Je pensai qu’il avait construit une relation malsaine avec son dominé et qu’il avait mal vécu le fait que je m’interposasse, bien malgré moi, entre eux. Car si Lolo avait disparu, vraisemblablement avant la fin de la nuit, c’est qu’il avait probablement voulu marquer son mécontentement, comme je l’ai dit plus haut. De ce point de vue, Félix semblait plus équilibré, ne dépendant pas d’une relation de dominance émotive et pratiquant, semblait-il, le sexe comme simple plaisir.

Pendant que je revivais mentalement mon meilleur moment du week-end avec le groupe d’amis de quelques heures dont j’avais à présent oublié les prénoms, je fus interrompu dans ma réflexion par le contrôleur. Celui-ci me regarda d’un drôle d’air et je me préparai à argumenter et à expliquer en quoi ma tenue ne pouvait constituer motif à amende, ou pire encore, à débarquement, mais il se contenta de scanner mon QR-code et passa son chemin, le regard insistant entre ma hanche et ma cuisse, et se demandant probablement comment un tel hurluberlu pouvait avoir un billet valable en première mais ne voulant pas causer de problèmes un dimanche soir.

Je retournai dans mes pensées en imaginant les collègues dialoguant au café le lendemain matin :

“— Alors, ce week-end de trois jours ?

— Oh, je n’ai pas fait grand chose, un tour à la mer.

— Pas d’autre activité particulière ? Un peu de sport ?

— Moi, tu sais, le sport…”

Je ne disais pas grand chose, j’étais assez intérieur et bien malin qui pouvait suspecter que sous mon air discret, sobre et apparemment sérieux, je pratiquais un sport particulier chaque fois que l’occasion s’en présentait.

Je grelottais littéralement avec la climatisation du train qui m’avait saisi dès ma montée à bord, heureusement que le trajet ne durait guère plus d’une heure. Terminant le cheminement de mes pensées, je me pris à compter mentalement et dénombrai environ vingt-cinq fellations et plus de trente sodomies, s’agissant de personnes distinctes car certaines y étaient revenues plusieurs fois. Sur trois jours, cela me parut une bonne moyenne, en fait probablement un record pour moi, et j’en fus très content.

Nous arrivions à La Part-Dieu et il me fallut descendre. J’attendis un peu le dernier moment, et après un escalier je me retrouvai dans le souterrain sombre que je détestais, content toutefois de ne plus être exposé à la climatisation. J’allai vivement à ma dernière étape, et curieusement, bien que je ne fusse toujours vêtu que de mon thong et de mon sac à dos, je captais moins de regards dans la cohue des gens pressés qui déambulaient rapidement dans la luminosité faiblarde. C’étaient encore mes pieds nus qui retenaient l’essentiel de l’attention de ceux qui se retournaient, et j’en souris intérieurement, me disant que d’autres pays étaient bien plus ouverts sur ce point.

Je fus heureux d’arriver enfin chez moi ; ainsi que d’avoir réussi à parcourir plus de trois cents kilomètres en transport public, vêtu seulement d’un string métallique !

Le lendemain se déroula à peu près comme je l’avais prévu, mais la conversation du café prit un tour un peu différent :

“— Ah tiens hier soir j’étais à Lyon et j’ai vu un mec quasi à poil en gare. Il est passé vite mais tout le monde se retournait sur lui. D’ailleurs il te ressemblait un peu, André.

— Cherche pas, c’était moi. D’ailleurs je me balade souvent à poil le soir en ville, tu sais bien.”

De gros rires incrédules ponctuèrent ma répartie, tellement elle était éloignée de l’image mentale qu’avaient de moi mes collègues. Moi, une bête de sexe exhibitionniste ?

Je ne suis pas celle que vous croyez !

 
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from Week-end à hommes

Mer et plage avec homme nu vu de dos.

Nous étions au plein milieu de la plage, sur une bande de sable modérément ferme, et autour de nous se trouvaient différents publics, qui assis ou discutant, qui rôtissant au soleil, qui lisant un livre ou qui encore se promenant au bord de la mer ou allant et venant s’y baigner. Autant dire que tout le monde pouvait nous voir, ce qui ne semblait pas gêner mes futurs partenaires, et à vrai dire les gens qui nous entouraient non plus, étant peut-être habitués, un peu voyeurs voire pratiquants du même art. Exhibitionnisme, en extérieur et en groupe : tous les ingrédients réunis que je trouvais les plus excitants pour la pratique du sexe.

Mes six compagnons étaient déjà un peu revigorés, sans doute anticipant l’avenir immédiat. Seb se présenta d’abord face à moi alors que je me mis à genoux, et je commençai à lui travailler le membre, comme je l’avais déjà fait probablement à vingt personnes ce week-end. J’y mettais plus de cœur en voyant qu’il appréciait et que sa raideur croissait rapidement : d’abord la langue, en dessous et sur les côtés, puis tout en bouche, imprimant un mouvement de va-et-vient et modulant la pression de mes lèvres avec les oscillations de ma tête et mes caresses linguales.

Max s’était posté à côté, et je relâchai presque à regret mon emprise pour la porter sur ce dernier et lui infliger le même traitement. Il fut rapidement rejoint par tous les autres, qui formèrent un cercle presque parfait autour de moi. Je ne savais plus où donner de la tête, littéralement ! Si j’avais d’abord commencé à m’occuper de chacun à tour de rôle, il me sembla désormais plus stimulant de jouer avec eux l’effet de surprise, et d’alterner à droite, à gauche, derrière, au centre, afin que chacun reçût sa récompense mais que personne ne sût exactement à quel moment.

Ce manège où je tournais dura très longtemps. Chacun des organes était différent et présentait un goût propre. Comme ma salive les enveloppait, eux-mêmes produisaient ce liquide qui précède l’extase, en plus ou moins grande quantité selon la personne. Son goût légèrement salé et sa consistance collante me plaisaient, et auguraient favorablement de la suite.

On m’invita alors à me déplacer un peu pour me poster sur un transat plat couvert d’un matelas molletonné en plastique, et m’y poser à quatre pattes. De là, je pus continuer mes caresses buccales aux membres qui ne cessaient de défiler. Ils n’étaient que six, mais ils y revenaient sans cesse dans une sorte de noria infinie !

L’un s’était sans doute détaché toutefois, car je sentis un objet chaud balayer mon sillon, d’abord de bas en haut puis à rebours, la langue s’attardant sur le seuil de ma porte. J’aimais cette douceur humide qui laissait derrière elle une impression de fraîcheur alors qu’elle commençait à peine à sécher, immédiatement renouvelée au prochain passage.

Estimant probablement avoir mérité sa récompense, ce fut un doigt frais qui remplaça temporairement la langue, enduit d’un lubrifiant à ce qu’il me parut. Ce majeur semblait satisfait de son introspection qu’il réussit sans effort, aussitôt rejoint par un index puis un annulaire, tous ensembles. Ceux-ci furent remplacés dans leur passage par un organe unique mais généreux à ce que je sentis, qui toqua une fois, puis une seconde fois avant de rentrer délicatement mais fermement jusqu’au fond.

Quel bonheur ! Je sentis toutes ses veines pendant qu’il amorçait un premier mouvement de retrait, pour revenir et vice-versa avec régularité et application. Je ne réalisai pas de qui il s’agissait, et à la vérité, peu m’importait. Je profitai de ce moment intense, celui où les corps glissent et coulissent à l’unisson. Je continuais à alimenter la noria en simultané, sans doute de manière plus saccadée du fait des mouvements qui étaient imprimés côté fondement.

Celle-ci sembla prendre une nouvelle trajectoire, alors que mon premier entrant s’était éclipsé pour venir se présenter devant moi et me permettre de goûter à son organe enrichi de l’arôme de mon intérieur. Un autre l’avait remplacé et je ressentis la même douceur teintée de fermeté tandis qu’il rentrait lui aussi en moi. Nouveaux mouvements, nouveau positionnement de la noria, et tous se succédèrent pour me visiter par la porte arrière, sortant de l’avant pour y revenir ensuite.

Cela dura longtemps, et j’aurais souhaité atteindre l’éternité dans cette activité pleine de satisfaction mutuelle, mais la position finit par devenir fatigante pour moi, et comme en écho, on m’invita à me retourner pour m’allonger sur le dos sur le transat. Je fus positionné de sorte que ma tête pendît vers le bas, ce qui permit aux prétendants de rentrer par la porte avant et d’atteindre le fond de ma gorge. Cela provoquait chez moi un mouvement réflexe et je perdis la maîtrise de mes glandes salivaires tout en devant m’appliquer pour pouvoir continuer à respirer convenablement. En même temps, on s’assurait de l’autre côté de ne pas me laisser vide, et le pilonnage qui s’ensuivit pendant que j’étais sollicité à l’avant à en perdre la tête me rendit dans un état d’abandon quasi-extatique.

Nouvelles rotations et succession de tous mes partenaires, tous voulaient profiter des nouvelles stimulations que permettait cette position et les lubrifications associées, et ils y revinrent plusieurs fois avec une fréquence s’accélérant. La fatigue en touchant certains aussi, cela finit par ralentir.

Je sentis qu’on me repositionna encore et sur le côté cette fois, permettant à mon cou de se reposer sur le matelas et le soulageant du même coup. Ainsi dirigé, mon regard put voir que nous avions un public, plusieurs personnes s’étant regroupées pour nous regarder tous, et il me sembla même qu’un smartphone avait filmé la scène. Cela ne semblait pas gêner mes partenaires qui l’avaient déjà remarqué depuis longtemps, et cela m’excita encore davantage.

Chris s’allongea derrière moi, ajustant sa position et soulevant ma jambe afin de permettre à son membre de retrouver l’orifice qu’il avait déjà épousé plusieurs fois. Il y parvint, et un mouvement de reins lui permit d’y revenir, alors que je lui facilitai la tâche en écartant plus encore ma cuisse et en levant le reste de ma jambe du mieux que je pus. Les mouvements de va-et-vient se succédèrent à nouveau puis mes partenaires, et chacun put tester cette nouvelle position avec succès.

Il était temps de varier un peu. Étant ramené sur le dos, David vint au dessus de moi mais tête-bêche, de sorte que ma bouche rencontrât à nouveau sa virilité, mais lui faisant de même. Nous y étions, le soixante-neuf tant attendu ! Car même si je suis passif à cent-pour-cent, comme je l’ai dit j’apprécie aussi le plaisir buccal et le privilège de l’éprouver tout en le dispensant en même temps est formidable.

Après un temps, il voulut toutefois changer et se levant, il m’invita à faire de même pour me remplacer sur le transat. Lui aussi allongé sur le dos, il me fit le chevaucher à califourchon et venir m’empaler sur son membre. Je gardai les pieds sur le sable de chaque côté du transat, tout en m’asseyant sur sa virilité et posant les mains derrière moi sur le cadre, je me mis à balancer les hanches afin d’être tout entier pénétré de sa raideur. David entama un mouvement similaire, et je pus ainsi alterner phases de calme où je profitai de ses oscillations, et phases actives où se jouait la réciproque.

Seb vit que le moment était adapté pour se poster debout à côté de moi et étant ainsi au bon niveau, je le happai aussitôt de ma bouche gourmande. Chris se mit debout de l’autre côté, et j’alternai ainsi entre eux, toujours enfilé tout entier sur David. Après avoir profité largement de cet échange, Max remplaça David, puis Marc et Franck se mirent aux avants-postes pour répéter l’histoire, avec un léger changement puisque ayant pivoté, je tournai cette fois le dos à mon hôte allongé.

Comme je fatiguais un peu, celui-ci le vit et me tira en arrière, de sorte que je fusse étendu sur son ventre et son thorax. J’étais léger, il était robuste, cette position nous convint à tous deux, et il redoubla d’efforts et de profondeur en moi, tout en me stimulant les tétons. Ma prostate était désormais attaquée sous ce nouvel angle et cette vigueur décuplée, et la fréquence des assauts devait être idéale car je commençai à trembloter des jambes et à complètement perdre le contrôle de mes sens et de mes muscles.

Une sensation que je connaissais bien et à laquelle je m’abandonnai tout entier, tandis qu’un flot presque ininterrompu commença à s’écouler de mon organe et que j’atteignis l’orgasme. Oui ! Mon hôte ne s’arrêta point, bien au contraire, s’assurant ainsi que je profitasse le plus longtemps possible de cet état de grâce et d’extase, que j’eusse voulu éternel alors que le flot qui pulsait hors de mon corps paraissait intarissable et que ma bouche formait des gémissements de plaisir.

Il finit par venir lui aussi, mais je le sentis à peine, engourdi du bas et toujours tremblant des membres inférieurs. Il marqua une pause après s’être retiré, et je dus patienter cinq bonnes minutes pour récupérer l’usage de mes sens. Il l’estima, et me faisant asseoir momentanément, se fit remplacer par Marc que j’avais un peu délaissé. Celui-ci prit toute la place qu’avait laissée Max, y compris en moi, et tenta dans un premier temps de répéter l’exploit de ce dernier. Mais étant peut-être trop confortable et voyant que Franck était dans l’impatience comme lui, il l’invita d’un regard à se poster entre mes jambes ouvertes.

Premier assaut alors que j’étais déjà pénétré en entier, qui se répéta pour réussir dès le second, m’emplissant généreusement d’un double diamètre chaud. Marc me tenait fermement, et Franck imprima de ses reins des mouvements de va-et-vient. Je savais que je n’atteindrai pas un nouvel orgasme ainsi car la profondeur à laquelle on fore en cette position est généralement inférieure, mais j’étais amateur d’élargissement extrême et j’y trouvai ainsi mon bonheur.

Marc le trouva également assez rapidement, à la fois pris dans mon intérieur et stimulé par le frottement du membre de mon second partenaire qui continuait alors que le premier lâchait son lest pour s’envoler vers le septième ciel. Inondé par cette nouvelle flaque, j’étais aux anges et Franck la sentait aussi, tandis qu’il continuait de plus belle et qu’une nouvelle lubrification venait sur son outil en faciliter le coulissage.

Il se lâcha également, et je ressentis l’énergie du flot qui jaillit en moi par pulsations successives. Il finit par sortir avec une dose du liquide qu’il venait de m’injecter, qui coula sur les cuisses de Marc avant que ce dernier ne s’extrayât également de mon poids. Galvanisé par ce spectacle et voulant y participer également, je vis que Seb et Chris attendaient leur tour et je devinai qu’ils voulaient, eux aussi, tenter la double.

Lubrifié et dilaté comme je l’étais, je me prêtai à leur désir tandis que Seb s’allongeait maintenant sur le transat. Cette fois, il m’attira à lui ventre contre ventre, et pendant que ses mains s’enroulèrent autour de mes hanches, je me retrouvai rapidement en communion avec lui. Il m’embrassait sur la bouche et faisait de même en dessous, nos langues se croisaient et échangeaient leurs caresses et leurs humeurs alors que son organe me fouillait de même en mon sein qui était tout aussi mouillé.

Il rentra profondément, opposant les oscillations de ses reins avec celles de ses mains, et je goûtai au contact charnel qui unissait nos torses et nos poitrines, en plus de nos extrémités déjà accouplées. Mais il avait bien dans l’idée que nos ébats ne se limitassent pas à deux, et m’ayant écarté les cuisses de ses mains tout en restant uni à moi, de sorte que mes jambes pendissent à ses côtés jusqu’à ce que mes pieds touchassent le sable, il se repositionna pour lui aussi desserrer les jambes.

Il ouvrit donc la voie à Chris qui s’approcha et tenta de passer par le chemin ainsi tracé. Je le sentis qui tapa à ma porte, cette fois-ci par derrière le membre déjà enfilé, tandis que la fois précédente c’était dans l’ordre inverse. La sensation était différente et me donna l’impression que la seconde, troisième, quatrième tentative furent plus difficiles. Ou bien était-ce une affaire de diamètre supérieur, car bien que j’eusse une capacité importante pour avaler ce qui m’était jeté, une double me faisait approcher de ma limite.

La cinquième fois fut la bonne, et me fit lâcher un cri alors que j’eus l’impression qu’on me forçait au-delà de ce que mon corps pouvait accepter. Et pourtant, qu’est-ce que j’avais déjà pris ! Chris attendit que mon orifice s’habituât à cette nouvelle dimension, puis reprit son cheminement avec prudence mais fermeté. Mouvement arrière, puis avant. Encore. Encore, et encore, et encore, de plus en plus rapidement. Cela devint confortable, puis enfin agréable. Et maintenant j’en voulais plus.

Il fallut cinq minutes pour qu’il atteignît son paroxysme, et il giclait encore abondamment pendant qu’il se retirait déjà, finissant son office sur mon dos. Cela déclencha presque instantanément la même réaction chez Seb; qui se laissa couler en moi et tapissa mon intérieur généreusement. Quelle sensation de bonheur, quand un homme s’abandonne en vous et que vous le sentez physiquement se laisser aller !

Libéré de leur emprise et me rasseyant, je vis que Chris était proche, et réalisai qu’il était le seul à ne pas encore s’être envolé. Je ne voyais aucune raison de le laisser à part, mais je voulus tenter de coupler notre plaisir et atteindre ensemble notre apogée. Pour cela, la position qui me réussissait le mieux était debout, cambré et légèrement penché en avant, les mains appuyées sur un dossier de chaise par exemple.

Là il n’y en avait point, mais j’avisai Max debout nous regardant, et lui fis comprendre comment il pouvait m’aider, en me supportant les avant-bras pendant que je m’appuierai sur les siens afin de trouver cette station idéale. Ainsi positionné aux bons soins de ce solide gaillard et les pieds arrimés dans le sable, je fis signe à David afin qu’il me rejoignît par l’autre côté et pour qu’il commençât à me besogner.

Il ne se fit pas prier, et trouvant probablement la position debout agréable pour lui aussi, rentra d’un bloc en trouvant immédiatement sa voie. Il amorça ses mouvements, dans un premier temps sans les mains qu’il garda sur ses hanches à ce qu’il me semblât. Cela lui permettait des mouvements amples et profond, et me penchant à peine plus, m’assura qu’il tapât sur ma prostate.

Je n’avais plus qu’à attendre, tandis qu’il redoublait d’effort. Il eut la bonne idée de trouver une occupation à ses mains, qui se positionnèrent autour de mes tétons en les pinçant par moments, et caressant mes aréoles à d’autres. Ceci provoquait toujours en moi une forte excitation, mais dans l’état que j’approchais, cela me fit durcir davantage.

L’orgasme prostatique a ceci d’extraordinaire qu’il peut être atteint plusieurs fois d’affilée. Au fur et à mesure que je montais, je percevais à nouveau cette sensation au niveau du périnée, cette perte de contrôle qui peut laisser penser que l’on va se laisser aller, ces tremblements dans les jambes alors que les muscles ne sont plus pilotés par le cerveau… Mon membre en semi-raideur se mit à fuir à nouveau, par saccades rythmées par les mouvements de mon partenaire, et une quantité laiteuse indescriptible coula sur le sable, s’accrochant à mes cuisses et à mes jambes dans le mouvement pendulaire qui m’était imprimé.

Jouissance !

David finit également par atteindre l’orgasme dans une série de râles, tandis qu’il semblait me remplir par l’arrière pour remplacer tout le fluide qui m’avait échappé par l’avant. j’étais déjà entièrement abandonné dans les bras de Max qui me portait quasiment alors que mes jambes se dérobaient.

Ce fut un moment fabuleux pour moi, et j’espérai que mes amis d’un jour en garderaient souvenir également — et probablement les spectateurs qui avaient commencé à se disperser après le clap de fin.

Nous restâmes assis longtemps, sans dire mot, à contempler la mer pour ce qui me concernait, à aller et venir se baigner pour le reste de l’équipe. On vint même me frotter le dos avec de l’eau de mer et je compris plus tard qu’il s’était agi d’effacer ce qui restait de mon inscription honteuse.

Ils finirent par commencer à ranger, puis à me saluer :

“— Dédé c’était génial, on a passé un super moment. J’espère qu’on se reverra un jour peut-être ? Nous on doit y aller, à plus.”

J’eus droit aux bises de chacun, puis ils s’éloignèrent en groupe, me laissant assis nu sur le sable, m’étant assuré auparavant que mon sac à dos était toujours à proximité. Je regardais ces beaux corps mâles s’éloigner, avec un peu de regret.

 
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from Week-end à hommes

Robinet laissant échapper son jet.

Quand j’ouvris l’œil, il était presque midi ! J’avais dormi d’une traite, et si j’avais vaguement perçu de l’agitation à côté, je ne me réveillai vraiment qu’à ce moment où le soleil m’éclairait le visage. J’entendais une discussion à côté, peut-être était-ce plutôt cela qui me tirait de mon sommeil car elle me sembla presque vive.

“— … T’inquiète, il reviendra, c’est juste une passade.”

C’était la voix de Félix, et je compris qu’il parlait de Lolo. Celle de Mark lui répondit :

“— Quand même, c’est la première fois qu’il me fait ça. J’avais raison, je ne voulais pas que l’autre participe.

— Il nous a bien aidé quand même, et il s’en est pas mal sorti, non ?

— Justement, peut-être trop bien. Et on le reverra plus après, alors que Lolo, c’est un habitué. Et je tiens un peu à lui…

— Ouais, t’attache pas trop quand même, hein.

— T’es jaloux ?

— Tant que ça reste sexuel, non. Mais faudrait pas que ça aille trop loin, des fois je trouve que tu le regardes d’une drôle de manière.

— Comme un soumis, rien de plus. Fais-moi pas chier avec ça.”

Félix grommela quelque chose et la conversation en resta là. Je compris que “l’autre”, c’était moi et que le conseil de Félix quand il m’avait libéré était probablement sage. Mais avant de partir, je résolus de prendre un petit-déjeuner, plutôt un brunch à cette heure, car j’avais faim et je considérais que je l’avais mérité, tout de même. Mon sac posé sur le lit, je sortis donc de ma chambre et comme le premier jour, m’emparai d’un bol de céréales et d’un jus d’orange, que j’allai manger dans le jardin.

J’étais encore entièrement nu, il faisait déjà chaud et cela restait ma tenue appropriée, enfin je voulais profiter une dernière fois du lieu en toute liberté. Assis sur ma chaise de jardin, je contemplai ce dernier en voyant que tout avait été rangé — à l’exception de la corde à linge — à l’instar de l’intérieur de la maison qui avait dû être entièrement récurée si j’en croyais l’odeur de détergent qui avait chatouillé mes narines en passant. L’un des avantages du carrelage, c’est qu’on peut le laver à grande eau, et il en avait eu besoin compte tenu de ce qu’il avait vu ces quelques heures !

Mark sortit brutalement et je lui lançai un “salut” qui manquait peut-être de conviction. Ses yeux me lancèrent un regard qui disait “tu es encore là !” mais sa bouche ne forma aucun mot. Il ne portait qu’un maillot de bain, et je regrettai de ne pouvoir faire mes dernières salutations au trésor qu’il renfermait.

Il sembla avoir pris une décision, et il m’intima l’ordre de me lever, ce que je fis immédiatement devant l’autorité qu’il y avait imprimée. Debout devant la table de jardin, ayant repoussé ma chaise en arrière, il écarta celle-ci tout-à-fait, envoya bol et verre à terre puis revenant du coffre qui était à côté, entreprit de lier mes deux chevilles aux pieds de la table avec des bracelets en cuir.

Cela me surprit et je me prêtai au jeu, bien que le moment me parût incongru et l’ambiance générale guère adaptée. Il revint ensuite avec une longue sangle, et me poussant le dos avec vigueur, me força ventre contre table pour faire le tour de l’ensemble avant de serrer le tout. Enfin, profitant de ma surprise et de mon apathie sur ce moment, il termina d’attacher mes poignets aux deux pieds de la table devant moi.

Je me trouvai ainsi entièrement ligoté et cambré en avant, offrant mon postérieur au monde. Un dernier aller-retour au coffre le fit revenir avec une ceinture en cuir à la main. Celle-ci était épaisse comme je m’en apercevrai bien vite, à la fois en épaisseur et en largeur où elle devait mesurer au moins cinq centimètres.

Je me demandai ce qu’il pourrait encore m’attacher, quand la sanction ne se fit plus attendre. Un coup formidable accompagna son mouvement de bras ample, prolongé par la ceinture qui claqua sévèrement sur mes deux fesses à la fois. Cela me fit crier car la douleur fut vive et inattendue. Encore pris par la surprise, un second coup arriva presque aussitôt et me fit crier encore plus fort, mélangeant cette fois protestation et réaction physiologique, accompagnées d’un mouvement avorté de mon corps qui souhaitait par réflexe mais sans succès s’extraire de son carcan. Cette fois on ne jouait pas, et il me sembla qu’il essayait vraiment de me faire mal.

Schlaaack ! Ses coups ne me rataient pas et chacun était plus terrible que le précédent, aggravé par la chaleur qui gagnait mon arrière caressé par le cuir. Il me punissait. Schlaaack ! De quoi il ne me le dit point, mais je suspectai que c’était lié à Lolo. Pourquoi celui-ci était-il parti, schlaaack ! Aïe ! Je ne le savais point, mais je devinai que la rivalité imaginaire qu’il avait bâtie à mon encontre, l’attention non exclusive qu’il avait reçue et mon succès modeste récolté l’avaient vexé. Schlaaack ! Déjà je n’en pouvais plus, et il ne semblait pas vouloir s’arrêter.

J’anticipais le prochain coup avec appréhension. J’étais fatigué, cueilli à froid, j’éprouvais un sentiment d’injustice, attaché et impuissant comme un gamin face — ou plutôt dos — à mon bourreau qui exprimait la méchanceté. Un sanglot monta à ma gorge. Schlaaack ! Schlaaack ! Deux coups administrés avec force et répétés aussi vite que lui permît la longueur du cuir eurent tout-à-fait raison de moi et je me mis à pleurer à chaudes larmes.

Cela l’arrêta, soit qu’il en fut surpris, soit qu’il avait atteint son but. Ou bien encore la présence de Félix qui passait derrière et qui lui dit “doucement !”

Il lâcha son arme et je crus qu”il allait me détacher, mais il ne l’entendait manifestement pas ainsi. Un court instant pendant lequel je devinai ensuite qu’il avait ôté son maillot, et le revoilà qui se présenta à nouveau derrière moi. Il m”écarta les hémisphères après les avoir saisis sans ménagement, et un organe durci se posta à mon sillon.

Je pensai qu’il avait conçu de rentrer à sec afin de poursuivre ce châtiment, mais il dut réaliser que cela lui serait aussi déplaisant qu’à moi, aussi partit-il à l’intérieur pour revenir aussitôt. Un contact froid me confirma qu’il s’agissait bien de lubrifiant, qu’il appliqua rapidement. Ses mains refirent le même mouvement sans plus de précaution, alors que je cessais mes sanglots.

Il entra alors directement et profondément, sans plus de formalités, m’attirant à lui et restant ainsi un court instant. Ce que j’avais vécu depuis vendredi m’avait désormais complètement ouvert pour plusieurs jours à toute expérience de ce type et cela ne me causa aucune douleur. J’étais simplement à sa merci et sous sa domination. Ce fut ce qu’exprima son corps en commençant un mouvement de va-et-vient marqué, sortant complètement par moments pour mieux y retourner, en saccades rapides et quasi-mécaniques.

Aucune attention, aucun érotisme, il me punissait là encore par cet acte et sa manière d’agir comme mon maître absolu : il me sodomisait, il m’enculait littéralement et il n’y avait rien d’autre dans son esprit, ni dans le mien d’ailleurs. Mon élasticité et mon diamètre l’obligeaient à jouer avec mes fesses pour se stimuler lui-même, ce qui me causait de la douleur à chaque fois qu’il pressait ma peau rougie par la fessée.

Ce manège dura quinze bonnes minutes, je me contentai de subir — que pouvais-je faire d’autre ? — et je n’émettais même aucun son, pourquoi le satisfaire avec des ahanements qu’il ne méritait pas d’entendre ? Finalement il sentit que son heure était venue. Plutôt que de satisfaire le plaisir que j’éprouve à recevoir les dons de mes partenaires, aspect de ma sexualité qu’il connaissait désormais, il se retira juste à temps pour que l’expression physiologique de son plaisir bestial me macule le dos, dans un mouvement où il visait tous les bouts de la peau que je lui présentais involontairement. Il matérialisait ainsi qu’il commandait et que je n’étais que son objet.

Après un moment, il se décida à venir me détacher les poignets. Cela me permit de le voir devant moi, entièrement nu et le membre désormais dégonflé, encore rougi de la visite fouillée qu’il venait de m’administrer. Passant derrière moi, il ne finit toutefois pas de dénouer les autres liens qui me plaquaient encore sur la table, et je sentis rapidement un filet chaud tomber sur le bas de mon dos.

Le salaud ! Il terminait son humiliation et sa punition avec cet acte ultime. Il urinait sur moi, balayant mon dos et visant également entre mes fesses, et je dégoulinais de son liquide par terre, ne pouvant toujours pas réagir. Ayant terminé son ouvrage et ne le voyant plus pendant plusieurs minutes, je compris par la suite qu’il avait à nouveau enfilé son maillot. Félix repassa :

“— Allez c’est bon, relâche-le maintenant, ça suffit.”

J’étais content de trouver un allié et la promesse de recouvrer ma liberté. Mark allait s’exécuter, non sans toutefois retirer du maudit coffre un collier en cuir, qu’il m’enroula autour du cou et auquel était attachée une lanière qu’il garda autour du poignet. Là, il se décida enfin à relâcher mes liens, et je pus me mettre debout, le regardant d’un air de ressentiment, mais qui s’apparentait plus à celui du gosse corrigé que d’un désir de revanche.

Il s’était aussi habillé d’une chemise hawaïenne au-dessus de son maillot ainsi que de tongs, et je remarquai qu’il portait mon sac-à-dos en bandoulière. Quant à moi j’étais toujours dans le plus simple appareil, pieds-nus et virilité à l’air, mon fondement rougi finissant de s’égoutter au sol. Surtout, j’étais maintenu en laisse par celui qui s’était arrogé mon maître et qui me tenait ainsi en respect par le cou.

“— Je vais faire un tour, je reviens d’ici deux heures”, cria Mark à l’adresse de Félix, que je ne devais plus revoir par la suite.

Il allait promener le chien, me dis-je. En effet, nous rentrâmes à l’intérieur par la véranda, puis en sortîmes directement par la porte d’entrée, celle par laquelle j’étais arrivé dans cette maison et ce jardin que je n’avais pas quittés depuis bientôt quarante-huit heures. Nous nous retrouvâmes dans la rue, et plutôt que de regagner sa voiture, il prit par la gauche et je le suivis, restant à la distance que me permettait la laisse qu’il tenait fermement en main.

Voilà donc que je me retrouvais en zone résidentielle semi-urbaine, sur un trottoir au bord d’une route, entièrement nu et tenu en laisse. Heureusement j’étais debout et le revêtement ne m’aurait pas permis de marcher à quatre pattes, mais j’étais offert ainsi à la vue des quelques passants qui se promenaient ou s’affairaient.

Il était dimanche après-midi et il y avait relativement peu de monde dans ce secteur. De plus, la plage était proche avec plusieurs zones nudistes alentour, même si elles sont censées être délimitées. C’est pourquoi je pensai que ma dégaine attirait les regards en coin, voire certaines têtes se retournant, mais que cela n’allait pas plus loin, pourvu que je ne tombasse pas sur des autorités.

J’essayais du coup de rester naturel. Je l’étais physiquement au sens propre, mais il fallait que je me sentisse à l’aise pour le paraître. J’aimais m’exhiber, mais je me trouvais ici un peu en décalage, un sentiment exacerbé par le collier m’assujettissant à son propriétaire. Rapidement je pris de l’assurance et marchai dignement, autant que me le permît ma position.

Je réalisai que nous nous trouvions plutôt au sud, rive gauche, du côté de Port-Camargue, et il y eut plus de monde en cheminant derrière la marina. Finalement, au milieu des regards étonnés ou amusés, je passai assez bien, l’attitude générale que je prenais rassurant les passants et touristes, une fois la surprise évanouie. J’étais habitué à marcher pieds-nus, et seuls les graviers fins constituaient une menace, heureusement nous étions plutôt en environnement asphalté sur les trottoirs.

Ce que je ne réalisai que plus tard et qui m’eût probablement ôté de ma superbe, c’était que les inscriptions au marqueur dans mon dos étaient toujours assez lisibles ; si j’avais quasiment réussi à les éradiquer sur mon torse, l’accès moins visible à l’autre côté m’avait fait omettre de les effacer avec le même succès, ne les voyant pas tout seul. Qu’avaient pensé les gens en lisant le texte et en suivant la flèche ? Je ne le saurai jamais.

Où allions-nous ? Comme nous bifurquions vers un chemin sablonneux, je compris que nous nous dirigions vers la plage de l’Espiguette. C’est une immense bande de sable fin, en partie naturiste, dont un coin est particulièrement prisé par la communauté gay et je crois en avoir parlé au début de ce récit, dont les dunes regorgent d’activité.

La mer ! Enfin, un sentiment de liberté était devant mes yeux, et je profitai de l’air maritime qui rafraîchissait un peu mon corps, chauffé par cette promenade nue forcée en plein soleil et la réverbération du bitume. Mais marcher sur le sable brûlant qui avait emmagasiné les rayons du soleil depuis ce matin était douloureux. Heureusement, nous allâmes jusqu’au bord de l’eau, là où le sable était plus ferme et nous permettait à tous deux de cheminer plus aisément. Probablement un ou deux kilomètres plus loin, nous atteignîmes le secteur naturiste.

Mark semblait chercher quelqu’un, et il avisa un groupe de beaux garçons qui jouaient au volley-ball. Il nous dirigea vers eux, et je goûtai la vision de leurs beaux corps musclés et bronzés, offrant tout à la vue du monde, leurs membres dodelinant au gré de leur jeu. Ils étaient six, et ils s’arrêtèrent à la vue de mon propriétaire tandis qu’il détachait enfin ma laisse. Échangeant bises et salutations, le plus grand me regarda puis demanda :

“— Alors qui tu nous amènes aujourd’hui, ce n’est pas Lolo ?

— Non, il s’appelle Dédé. Je vous le laisse, débrouillez-vous avec lui. Moi il faut que je rentre, Félix m’attend pour finir de nettoyer.

— Ah c’est vrai vous organisiez encore une partouze hier soir, c’était bien ? Un jour il faudra qu’on vienne.

— Oui, aucun souci, je vous ferai une réduction.

— Ça restera trop cher pour nous. Pas grave… Vraiment, tu ne restes pas pour regarder cette fois ? Salut, la bise à Félix !

— Oui”, dit-il en commençant à s’éloigner, puis revenant sur ses pas, jeta mon sac-à-dos près de moi avant de repartir.

Je me trouvai presque intimidé devant ces six grands gaillards qui me regardaient, et chacun se présenta : Chris, Max, Franck, Marc (un autre, donc), David et Sébastien, que l’on appelait Seb. Tous environ la fin de la trentaine ou début de la quarantaine, me dépassant en général d’une tête, et offrant courbes généreuses et formes saillantes. Mes regards s’attardèrent sur leurs corps et en particulier le centre qui me faisait face, et je sentis qu’il fallait que je disse quelque chose.

“— Je vous laisse finir votre partie, je vais prendre un bain en attendant puis je reviens ?

— Oui, tu reviens, hein ?”, répliqua Seb, à mi-chemin entre la question et l’injonction gourmande.

“— N’ayez crainte” fut ma réponse tandis que je me dirigeai vers la mer pour y nettoyer les stigmates de Mark, qui s’ils ne se voyaient probablement plus, souillaient encore mon honneur.

L’eau me rafraîchit et surtout me lava, bien que le sel ravivât la peau de mon séant. Je revins alors vers le petit groupe, qui avait de surcroît la garde de mon petit mais précieux sac-à-dos, alors qu’ils avaient terminé — ou interrompu — leur partie. Avisant mon dos, Franck dit un peu à la cantonade :

“— C’est pour être sûr de ne pas se tromper ? Moi je pense que j’aurais trouvé le chemin”, en riant et en désignant la flèche à ses camarades.

“— Moi aussi”, dit un autre, et tous semblaient joyeux devant la perspective d’un bon moment. Cela remonta mon humeur à bloc également, et nos regards se croisèrent, échangeant sans ambiguïté le désir réciproque que nous ressentions tous à cet instant.

J’étais content : une baise en groupe simple et naturelle, sans arrière-pensée ni lendemain, c’était exactement ce dont j’avais envie et besoin.

 
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