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from Libres Ébats

Dans mes deux derniers billets, je parlais du silence des hommes et de la peur de consulter un psy. J'ai dit beaucoup de choses. Mais il restait un sujet que je n'étais pas encore prêt à aborder.

Je n'ai jamais fait de coming out sur ma bisexualité. Quelques personnes sont au courant, mais pas ma famille, ni tous mes proches. Avec le recul, je réalise que cette part de moi, restée longtemps dans l'ombre, a probablement pesé bien plus lourd que je ne voulais l'admettre. Les premiers indices remontent pourtant à l'adolescence. À l'époque, je ne les interprétais pas de cette manière. Parfois un échange de regard, une émotion incompréhensible, une attirance que je préférais ignorer. Je les ai laissés de côté, en espérant qu'ils finiraient par disparaître.

Vers vingt ans, un homme rencontré sur un site de rencontres gay, Jmec de mémoire, m'avait proposé un rendez-vous. Plus la date approchait, plus je sentais monter un mélange d'excitation et d'angoisse. Une partie de moi avait envie d'y aller. L'autre cherchait déjà une bonne raison d'annuler. Au dernier moment, je lui ai dit que je ne pouvais pas venir. Mes mains tremblaient en écrivant le message. Ce n'était pas parce qu'il ne m'attirait pas. C'était parce que je n'étais pas capable de comprendre ce qui se passait en moi. Alors je me suis raccroché à l'explication la plus rassurante. Je me suis convaincu qu'il ne s'agissait que d'une curiosité, d'une phase qui finirait par passer. Après tout, j'étais attiré par les femmes. Je voulais croire que cela suffisait à répondre aux questions que je refusais encore de me poser.

Les années ont passé et j'ai continué à repousser ces interrogations. Elles revenaient pourtant régulièrement, parfois au détour d'un rêve, parfois d'une pensée ou d'une émotion que je n'arrivais pas à expliquer. Je me répétais toujours la même chose : pas toi.   Pendant ce temps, je construisais des relations hétérosexuelles longues et sincères. C'était la vie que je connaissais, celle dans laquelle je m'étais construit et qui ne soulevait aucune question aux yeux des autres.

Vers vingt-huit ans, entre deux relations longues, j'ai vécu ma première véritable expérience avec un homme. Cette fois, il ne s'agissait plus d'une simple curiosité, il y avait du désir, il y avait du plaisir, et cette expérience venait confirmer quelque chose qui m'accompagnait silencieusement depuis l'adolescence. Sur le moment, je me suis senti à la fois soulagé d'avoir enfin une réponse et profondément déstabilisé par tout ce qu'elle impliquait pour la suite.

Ce n'est plus une question de honte. Cette étape, je crois l'avoir franchie depuis longtemps. Ce qui reste difficile, c'est tout ce qui gravite autour. Comment annoncer à ceux que l'on aime qu'ils ne connaissent qu'une partie de notre histoire, sans leur donner le sentiment d'avoir été trompés ?   Pendant des années, je me suis persuadé que garder le silence était la solution la plus simple. Je pensais préserver les autres. En réalité, je protégeais surtout l'équilibre que j'avais construit autour de ce secret.

En écrivant mes deux précédents articles, j'ai réalisé quelque chose que je n'avais jamais vraiment dit. Je pensais parler du silence des hommes, en réalité, je racontais aussi une partie de mon histoire. Je ne gardais pas seulement mes émotions pour moi, je gardais également une partie de mon identité.

Lorsque ma dépression est arrivée, je vivais avec cette impression permanente de devoir adapter mon discours selon les personnes que j'avais en face de moi. Au travail, avec ma famille ou avec certains amis, je ne racontais jamais exactement la même histoire. Je me suis accroché au travail, persuadé que rester occupé suffirait à faire taire toutes les questions que je refusais encore de me poser. Je contournais les conversations qui me mettaient mal à l'aise, j'évitais soigneusement de regarder ce qui se passait en moi et, sans même m'en rendre compte, je m'épuisais à maintenir une stabilité qui devenait chaque jour un peu plus fragile.  Je me suis épuisé.

C'est dans ce contexte que j'ai commencé à consulter une psychologue. Je me souviens qu'elle ne m'a jamais demandé si j'étais gay, bi ou hétéro, ni si ma famille était au courant. La seule chose qui l'intéressait, c'était de comprendre ce qui me faisait souffrir. Sur le moment, cette question m'a presque surpris par sa simplicité. Aujourd'hui, je crois surtout qu'elle m'a permis, pour la première fois depuis longtemps, de ne plus avoir à choisir quelle version de moi j'allais raconter. Je pouvais simplement dire que je n'allais pas bien. J'ai fini par comprendre ce n'était pas ma bisexualité qui me faisait souffrir. Ce qui m'épuisait, c'était cette vigilance permanente qui consistait à réfléchir avant chaque phrase, à me demander ce que je pouvais dire, à qui, et ce qu'il valait mieux garder pour moi. À force, on finit par surveiller chacun de ses mots sans même s'en apercevoir, jusqu'à oublier ce que cela fait de parler librement.

Aujourd'hui, je continue à composer avec cette réalité. Certaines personnes connaissent cette partie de moi et cela n'a absolument rien changé à notre relation. D'autres n'en savent toujours rien. Selon les situations, je choisis encore mes mots, j'évite certains sujets et il m'arrive même de laisser les autres tirer leurs propres conclusions, simplement parce que je ne me sens pas prêt à engager une conversation qui pourrait tout bouleverser. C'est devenu un réflexe, maintenant.

Écrire ces mots m'a fait du bien. Partager, même partiellement, m'a libéré d'un poids invisible. Je ne suis plus tout à fait seul. Des espaces existent où je peux être entier comme celui-ci, sans filtre, sans cette vigilance permanente. Et puis il y a ces échanges, comme ceux que je partage avec des amis nouveaux ou anciens, où je n'ai plus besoin de tricher. Des espaces où la fatigue commence à retomber.   Je ne sais pas encore où tout ça va mener. Mais pour la première fois depuis longtemps, je sens la pression retomber.

 
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from Techno-Fil et faits divers

Après mon article précédent “Le blues de l’administrateur”, j’explore ici le rôle des modérateurs dans le contexte des réseaux sociaux du fédiverse, un rôle qui n’est pas exempt d’exigences et de frustrations… mais qui est néanmoins essentiel et souvent mal compris.

Image du jeu "LOTRO": Ravanel looking over the Shire

Une anecdote pour commencer

Il y a très longtemps, j’ai commencé à jouer à un jeu vidéo de manière assidue à l’occasion d’un achat dans lequel il était fourni gratuitement en cadeau : “The Lord Of The Rings Online” ou LOTRO. Ce jeu est de la famille des MMORPG (jeu de rôle en ligne massivement multijoueur, pour le traduire librement en français), et j’en parle au présent car il existe toujours bien que je n’y joue plus. Pour faire court, il se déroule dans l’univers du Seigneur des Anneaux (je suis un fan inconditionnel de Tolkien et de son œuvre) et consiste en un monde ouvert persistant, dans lequel on peut interagir avec tous les autres joueurs en temps réel et réaliser des quêtes sélectionnées, allant des plus guerrières aux plus triviales et pacifiques.

Pourquoi je vous parle de cela ? Car on peut créer ou adhérer à des communautés ou confréries pour reprendre le vocabulaire du jeu , c’est-à-dire des groupements de joueurs unis dans un esprit ou un objectif commun. C’est donc ce que je fis et en sélectionnai une qui me sembla adaptée à ce que je recherchais, mû par la personnalité et la vocation de sa créatrice bienveillante.

Au début tout se passa bien. Malheureusement, y adhéra un personnage qui se révéla rapidement agressif, invasif, prenant toute la place au service d’un idéal guerrier très différent de la promesse initiale. La créatrice n’était pas conflictuelle et souffrait par ailleurs de problèmes personnels, ses lieutenants n’ont pas pris la mesure ou n’ont pas jugé la menace suffisante, de sorte que cette personne prit en quelque sorte le contrôle de cette confrérie et y imposa sa manière et son esprit néfaste. Après quelques prises de bec, je décidai que ce n’était pas ce que je recherchais et je quittai cette confrérie sans jamais en chercher une autre.

Cet épisode m’a profondément marqué car c’est un reflet miniature de la vie réelle : une personne toxique qui prend toute la place suffit à semer la zizanie et à créer un état d’esprit totalement différent de celui qui pouvait prévaloir au sein d’un groupe initialement formé. J’en garde une trace encore aujourd’hui, et une répulsion profonde envers ces personnes qui agissent toujours aux limites des règles, tout en sachant très bien ce qu’elles font pour pervertir une équipe au service de leur propre idéal maléfique.

Voilà, je trouve, une parfaite métaphore d’un réseau social, et ce que le modérateur ne doit jamais laisser s’installer : cette dérive de l’esprit d’un groupe. Je conserve contre ces excès une vigilance et une aversion, que je considère comme du devoir du modérateur d’en protéger la communauté.

Une équipe devant le soleil qui se lève

L’équipe de modération

L’équipe de modération évolue au cours du temps. Chaque candidature se fait sur la base du volontariat, elle est acceptée collégialement entre les modérateurs existants et l’administrateur, par un processus de cooptation intuite personae.

L’objectif de la modération est de faire de GayFR un réseau social où chacun de ses membres se sente bien, y soit respecté et y prenne du plaisir.

Le modérateur a une responsabilité importante : par ses actions, il aide chaque utilisateur à bien utiliser le réseau social, dans le respect de ses valeurs et de ses règles ; il évite les débordements et les abus éventuels ; il influence la ligne éditoriale du site ; il en renvoie ainsi à tous une certaine image. Au-delà du cercle du réseau social, il contribue à son rayonnement et en est un ambassadeur.

Le modérateur, comme l’administrateur, contribue dans le cadre d’une action volontaire, bénévole et non rémunérée. Bien que cela puisse prendre du temps, il ne faut pas en attendre une compensation financière, mais bien plutôt la satisfaction de contribuer à la communauté et de rendre le réseau social meilleur. Il n’a pas non plus vocation à promouvoir ses intérêts personnels dans ce cadre, mais il est le bienvenu à faire connaître sa position de modérateur à l’extérieur et à promouvoir le site.

Le modérateur doit faire respecter la charte de modération, toujours avec bienveillance. Ceci nécessite tact, politesse mais aussi à certains moments, fermeté. Les règles s’appliquent à tous, administrateur et modérateurs compris.

Chaque modérateur pourra prendre seul ses décisions en accord avec son meilleur jugement, en la documentant si nécessaire dans l’interface. S’il a un doute ou besoin de se concerter avec d’autres modérateurs, il pourra le faire à son initiative. Chaque modérateur est au même niveau que les autres, le premier à se saisir d’un sujet est légitime à le faire, il n’y a pas de pré carré a priori. La communication entre modérateurs est encouragée, sans remettre en cause le principe de l’anonymat souhaité par chacun.

Aucun engagement de temps de réponse ni de volume de travail n’est demandé, et il est tout-à-fait clair pour chacun que la vie réelle amène ses exigences qui doivent toujours rester prioritaires, et peuvent entraîner une indisponibilité plus ou moins longue sans préavis ni justification à donner. Le modérateur pourra quitter ses fonctions à tout moment, sans avoir de raison à fournir.

Une main tendue vers le soleil

L’esprit…

J’ai développé ce qui suit dans une publication sur Mastodon, que je reprends avec quelques ajustements.

Les gens partent, viennent, c’est la vie d’une instance et c’est très bien. Bienvenue d’ailleurs aux nouveaux, j’espère que vous vivrez une expérience agréable ici.

Car c’est bien le but : faire de ce lieu un endroit où il est plaisant d’échanger, de discuter, sans prise de tête et en toute liberté.

En toute liberté ? Oui, mais dans un cadre défini toutefois. Il y a des règles, et oui. Cela vous paraît paradoxal ? Et pourtant, ne dit-on pas que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ? Comme sur tous les autres serveurs du fédiverse, nous avons des règles que vous avez toutes acceptées en vous inscrivant. Elles sont résumées dans les douze points en bas de cette page, n’hésitez pas à vous rafraîchir la mémoire si vous le sentez utile et vous comprendrez alors à nouveau pourquoi elles sont importantes et à dire vrai, évidentes.

Malheureusement et comme dans toute société aussi petite soit-elle, il y a toujours un risque de dérive, et c’est la lourde tâche des modérateurs (dont fait partie l’administrateur que je suis) que de veiller à leur application. Nous ne contrôlons pas tout ! Seulement ce qui nous est signalé et ce qui apparaît dans le fil public, et à l’occasion, ce qui peut croiser nos regards d’utilisateurs ordinaires.

Et pour tout dire, la nécessaire conformité aux lois françaises n’est pas un gage suffisant de respect des autres, et certaines formes d’interpellations notamment vis-à-vis de personnes inconnues peuvent paraître déplacées. Vous arrêteriez un passant ou une passante dans la rue pour lui faire une blague salace ou de l’humour noir ? Non, hein ? Sur internet, c’est pareil.

Certaines personnes sont fragiles, peuvent se sentir stigmatisées, et ce type d’humour peut être perçu comme un harcèlement. Utiliser des termes homophobes « pour en désactiver la charge agressive » (je cite) peut très bien passer avec certaines personnes, pas avec d’autres. Et demander à ce que celles-ci bloquent l’auteur n’est pas conforme à l’esprit « opt-in » du fédiverse : c’est déjà trop tard, on a été exposé, certes on n’en verra pas plus mais pour certains le mal est fait.

Quand on connaît la personne, c’est différent, pour peu que celle-ci ne vous ait pas demandé d’arrêter ou n’ait pas manifesté de signe évident d’agacement devant les réponses systématiques décalées à chacune de ses publications, par exemple. Quand c’est sur le fil public et non pas dirigé contre un utilisateur, c’est aussi différent, et les avertissements de contenus (« CW ») utilisés selon votre bon jugement sont appropriés.

On a droit à l’erreur, on peut se laisser emporter. Mais quand un modérateur vous en fait gentiment la remarque, il suffit de rectifier et de reconnaître que oui, les autres ne reçoivent pas forcément les messages de la même manière que vous aviez l’intention de les communiquer. On peut argumenter des opinions ; les sentiments, eux, ne se discutent pas, c’est la perception de celui qui les reçoit, et on y prête attention.

Faire respecter cela, c’est une tâche ingrate qui incombe aux modérateurs et à l’administrateur mais qui est pourtant nécessaire pour un réseau social sûr et bienveillant. Cela n’est en rien du contrôle dictatorial, cela n’a rien à voir avec « Chat Control » (renseignez-vous si vous en doutez !) et non, désolé, on ne peut pas tout dire, même soi-disant « pour plaisanter ». Combien de déclarations toxiques ont été faites sous ce couvert !

Nous offrons beaucoup de liberté ici, mais si vous pensez que ce n’est pas suffisant, n’hésitez pas à nous contacter, nous sommes toujours disponibles et à l’écoute. Et sinon, il existe d’autres serveurs peut-être moins bien modérés mais qui vous permettront toute expression ou qui conviendront mieux au fond et à la forme que vous souhaiteriez y donner.

Et si de votre côté vous vous sentez abusés ou vous tombez sur des contenus inacceptables, vous savez que vous pouvez bloquer la personne, voire la signaler afin que notre équipe de modération prenne les actions adéquates.

Notre serveur est modéré, oui. Pour le bien et pour le confort de tous. Nous ne voulons pas qu’il devienne comme certains de ces réseaux que vous avez justement fuis pour cette bonne et simple raison. Nous ne sommes pas, et ne deviendrons jamais, une cave à trolls.

Cahier et stylo à encre

… et la lettre

À quoi sert le modérateur, concrètement ?

Pour les utilisateurs

Avant tout, le modérateur est là pour aider les utilisateurs, et assurer que le réseau social est sain, plaisant, respectueux et bienveillant.

Pour l’image

De plus, les publications et le comportement de nos membres influent sur la perception que les autres serveurs ont de nous. Si on laissait faire, ces derniers pourraient (à juste titre) nous bloquer en retour en nous jugeant toxiques, avec le risque d’un effet domino. Et une fois que l’on est sur une telle liste, il devient quasiment impossible de s’en faire retirer. Être bloqué, c’est la sanction ultime, le risque d’isolement et à terme la mort du serveur, c’est pourquoi nous sommes particulièrement vigilants sur ce point.

Pour la licéité

On en parle peu, mais il faut se rappeler que le mécanisme de la fédération fait que les contenus visibles sont répliqués sur tous les serveurs. Ainsi, on peut se retrouver à stocker des images illégales si certaines publications étaient visibles depuis chez nous.

Aquarelle "Act Now"

Que fait le mod ?

Si vous ne l’avez pas fait récemment, prenez le temps de relire nos douze règles en bas de cette page, ainsi que notre charte de modération. Car le modérateur ne se contente pas de les appliquer, il doit les promouvoir et les faire respecter (en toute sympathie).

Fil public

Le fil public est un peu l’image que renvoie notre serveur à l’extérieur. Aussi, on le consulte régulièrement pour s’assurer qu’il respecte nos règles. C’est le seul cas où on lit les publications a priori. Accessoirement, on peut aussi agir si on tombe par hasard ou en réponse sur des posts problématiques.

Signalements

C’est la voie normale pour traiter les publications suspectes qui sont remontées par d’autres utilisateurs, soit sur notre serveur, soit depuis un autre (utilisateur et/ou publication). J’ai écrit « suspectes » car parfois le signalement n’est pas justifié, notamment on reçoit des signalements pour du contenu NSFW mais si celui-ci respecte nos règles, on laisse passer.

Tendances

C’est l’essentiel de l’activité du modérateur. C’est ce que voient nos utilisateurs dans la rubrique « tendances » ou « explorer » avec trois sous-chapitres : « messages », « hashtags » et « actualités ». Ces contenus sont filtrés par modération, pour éviter de nous faire noyer sous les contenus indésirables, sans intérêt pour nous ou de type politique US invasifs. Ce qui donne donc du travail aux modérateurs. Quand ? En continu !

Comptes

Les actions sur les comptes (limitation, suspension) font l’objet d’un échange avant action, sauf pour les cas évidents (violation patente de nos règles par homophobie, racisme, pédo…)

Rubik's Cube

Les défis du modérateur

Ne pas vouloir tout contrôler

Le modérateur n’est pas là pour tout contrôler, pour lire toutes les publications ni pour garantir que tout va bien à 100%. C’est clairement écrit dans notre charte, nous faisons de notre mieux, dans les limites de la proportionnalité des efforts possibles et souhaitables.

Rester neutre

Autre défi : rester neutre, le modérateur n’abuse pas de sa position. Et si en tant qu’utilisateur, vous sentez une injustice, vous pouvez faire appel d’une décision à votre encontre.

Ferme mais bienveillant

Tout est dans le titre, et cela ne pose aucun problème car tous les modérateurs ici ont cet état d’esprit ! La présomption de bonne foi prévaut.

Ambassadeur

Tout comme l’administrateur, le modérateur incarne également en partie le serveur qu’il représente. Par transparence, les modérateurs sont identifiés par un badge discret sur leur profil.

Ne tirez pas sur le pianiste !

Remercions tous les modérateurs pour leur contribution à rendre le réseau social meilleur ! Leur rôle peut paraître ingrat et on n’aime pas forcément être interpellé par un modérateur, mais c’est dans un esprit positif et au service du bien de tous.

Et si malgré cette description ce rôle vous tente et vous avez envie de contribuer plus activement et de l’intérieur à un monde meilleur sur le fédiverse, n’hésitez pas à me contacter !

 
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from Journal d'un libre-penseur chrétien

Réflexions sur le verset 8 du chapitre 5 de l’évangile de Jean

Comme vous le savez, vous qui suivez ce blog, mon rituel au lever, c’est de lire, entre autres, la page de Pain quotidien et sa méditation.

Souvent inspirante, la méditation m’offre une vision du monde, de la spiritualité et parfois même un regard inattendu sur ma propre vie comme ce fut le cas ce vendredi 17 juillet 2026.

Si vous êtes lecteur de mon blog carnets de tout et de rien où je me livre à vous sans fard sur différents aspects de ma vie, vous ferez très certainement le rapprochement avec ce qui suit et ce qui est publié là-bas.

Le commentaire de David Gonzalez sur ce passage de l’évangile de Jean fait le constat que ce simple verset est un appel à se redresser, à sortir de l’immobilité intérieure. C’est dans le mouvement, dans le fait risquer un geste, que la guérison commence. Il parle carrément de résurrection et j’aime beaucoup cette idée. J’avais déjà abordé ce thème de la résurrection à Pâques dans une optique très différente de la vision classique qu’en a fait l’église catholique. Et si c’était ça la résurrection? Et s’il elle se produisait déjà de notre vivant! Cette conception bouleverse tout ce que l’on nous a enseigné à ce sujet! Quelle bonne nouvelle! Et quelle joie aussi!

Il poursuit sa réflexion, nous invitant à porter ce qui nous a portés, à faire du lieu de la douleur, de l’attente, de l’enfermement un lieu de passage. Non pas fuir son passé mais le prendre avec soi, d’une autre manière : le grabat (= nos fardeaux) ne disparaît pas, il change de nature, il devient mémoire, on ne le subit plus, on l’assume.

Il ajoute qu’on efface pas ce qu’on a traversé mais qu’on le traverse à nouveau, debout cette fois! Les traces laissées par les épreuves ne sont pas gommées, elles sont redessinées et à travers cette résurrection par la foi, ce fardeau devient un témoignage!

Ce texte, simple et fort à la fois, est un grand signe d’espoir pour tous ceux qui portent de lourds fardeaux et qui pensent qu’il n’y a pas d’issue à leur souffrance. C’est un grand signe d’espoir même si l’on n’est pas croyant!

Le protestantisme libéral a cela de libérateur et de de positif, c’est qu’il ne juge pas. Au contraire des catholiques, nul besoin de bonnes oeuvres, ni même de pénitence pour être sauvés! En soi, c’est déjà une libération que d’en être convaincu!

Les catholiques pensent qu’ils obtiendront le paradis dans une vie ultérieure et qui sera le fruit de leurs bonnes oeuvres. Pas le protestant libéral, pas moi en tous cas! Non pas qu’il ne faut pas faire du bien à nos semblables, là, n’est pas la question et dire le contraire serait aller à l’encontre du seul commandement de Jésus “Aimez-vous les uns les autres comme moi je vous ai aimés”. C’est une invitation claire à faire le bien autour de nous et à aimer les autres comme soi-même. D’ailleurs, on ne peut pas aimer les autres sans s’aimer soi-même et c’est souvent là qu’est le problème, s’aimer soi-même n’a rien d’évident surtout dans notre société individualiste, où la performance est à tous les étages et où l’autre est souvent vu comme un concurrent! Combien parmi nous pensent, à tort, qu’il ne sont bons à rien, n’ont pas de valeur, voire même qu’ils ne sont pas de bonnes personnes?

Pour le protestant libéral, une chose est certaine et c’est pour moi, le sola le plus important des cinq : “C’est par la grâce que vous êtes sauvés, au moyen de la foi, cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu” (Éphésiens 2:8). Autrement dit, peu importe le nombre de bonnes oeuvres que l’on peut faire, ça nous donnera peut-être bonne conscience mais ça, Dieu, n’en a cure! Ce qu’il attend de nous, c’est de nous laisser envahir par son amour et sa grâce par le moyen de la foi, et ma foi, j’ai encore du chemin à faire de ce côté-là!

#ProtestantismeLibéral #foi #résurrection #spiritualité #religions

 
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from Carnets de tout et de rien

⚠️ Mise en garde : dans cet article, il est question de coming-out mais aussi d’homophobie parentale.

Introduction

Aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais fait de coming-out au sens où il n’y a pas eu de moment solennel… Pas de “J’ai quelque chose d’important à vous dire” chez moi. Pas un mais des dizaines de coming-out tout au long de ma vie sans grand effet d’annonce!

Quand j’y repense cependant, c’est par le truchement de la bande dessinée que je réalisais en 1984-1985 que j’ai fait mon plus beau coming-out! De manière naturelle, sans complexe et sans me poser de question, par l’intermédiaire de mes personnages dont l’un deux s’appelait… Éric et qui n’était autre qu’une version adulte de l’adolescent que j’étais.

Une histoire que je vais vous conter ici...

Kevin & Éric

Pour ma première vraie bande dessinée, je n’avais pas cherché bien loin pour les personnages, j’avais pris des acteurs, des sportifs, un des maîtres-nageurs de la station balnéaire où je passais les vacances, des potes de classe et moi-même donc… C’est d’ailleurs en juillet 1984 que j’avais commencé cette bande dessinée se déroulant à la côte belge.

Pour l’époque, et aussi bizarre que cela puisse paraître aujourd’hui, un duo masculin comme personnages principaux d’une bande dessinée n’avait rien d’extraordinaire : Tintin et Haddock, Spirou et Fantasio, Tif et Tondu, … Les duos mixtes ou les duos féminins étaient rares voire inexistants! Un des premiers “couples” en BD furent Natacha l’hôtesse de l’air et son inséparable Walter, son collègue gaffeur. Il n’y avait jusqu’alors rien de surprenant dans ma bande dessinée.

Non, l’événement, qui a posteriori est clairement une indication de mon orientation sexuelle et de l’acceptation de celle-ci apparaît dans quatre cases d’une plache réalisée un an plus tard : l’ennemi de mon duo d’aventuriers est retrouvé mort et il s’avère que c’est le frère de Kevin. Une sombre histoire de vengeance après une trahison. Une case montre clairement deux hommes enlacés. Élément plus troublant, c’est la réaction du père qui chasse son fils homo. Sur le moment même, je dois avoir été inspiré d’une scène du feuilleton Dynasty où il y avait un personnage homo répondant au nom de Steven Carrington mais aujourd’hui, je me demande si inconsciemment, il n’y avait pas déjà une crainte instillée dans mon esprit sur la réaction qu’auraient mes parents. Difficile à dire. Cependant, ces cases sont pour moi un témoignage de mon interrogation inconsciente à propos de mon orientation sexuelle et l’implication de celle-ci.

Ce qui me frappe plus encore aujourd’hui, c’est que personne n’ait réagi en voyant ces cases car je publiais cette BD, sous forme de fanzine que et je vendais pour me faire un peu d’argent de poche et mes principaux lecteurs étaient quand même la famille. N’ont-ils pas voulu voir? N’ont-ils pas regardé? La deuxième option est la plus vraisemblable… ma mère n’avait, par exemple, aucun intérêt pour mes dessins, mon père, à peine plus!

Voici les quatre cases en question.

Quatre cases de bande dessinée où il est question d'homosexualité et d'homophobie

Au niveau des dialogues, il y a deux choses assez antagonistes : d’une part, il y a un dialogue entre les deux amants qui est d’une banalité sans nom (j’avais 15 ans et aucune expérience encore!) mais la réaction du père et le mot “tapette” qu’il emploie, je pense savoir pourquoi je l’ai utilisé.

Un jour, j’étais avec mes parents dans le piétonnier d’Oostende et alors que nous passions devant le magasin de vêtements C&A, je vois dans la vitrine une belle chemise couleur lilas pastel, c’était la mode de l’époque. Je fais part que je la trouve belle. La réponse de ma mère a été d’une violence verbale rare et m’a infligé une honte sans nom: “Je ne veux pas de tante à la maison!”. Rien que d’y penser, je revois les regards des passants sur moi ou sur ma mère, peut-être sur les deux… mais je ressens toujours toute l’homophobie de ma mère comme si c’était hier! Car oui, je peux le dire sans hésiter, ma mère est profondément homophobe voire pire… vous savez ce mot commençant par “f” (J’en reparlerai dans un autre billet).

Cette violence verbale m’a fait plus mal que mille gifles et a laissé une trace indélébile dans ma mémoire. Bref, ça ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices… mais je préférais ignorer… enfin, j’essayais…

1988

Les années passent, j’ai mes premières expériences et je n’ai plus de doute sur mon orientation sexuelle. Personnellement, je n’ai pas de problème et les quelques personnes qui savent, sont cool avec ça et bienveillantes, ce qui pourrait me donner l’envie, malgré tout, de faire un coming-out. J’en ai assez d’entendre mes parents, et ma mère surtout, dénigrer à qui mieux mieux les homos qu’on voit à la télé, en rue, … et surtout les questions du genre “quand est-ce que tu nous ramènes une copine?”…

A l’école, j’ai un très bon ami, Philippe, qui, j’en suis certain est homo mais ne s’accepte pas… Il sombre dans la dépression. Je lui apporte les notes de cours et lui tient compagnie. Je lui fais part de mon désir de tout balancer comme ça d’un coup à mes parents…Il m’en dissuade craignant que je me retrouve à la rue… Sur le moment même, je trouve qu’il n’a pas tort… mais d’un autre côté, j’étouffe littéralement dans ce milieu familial hostile… Evidemment, j’aurais pu trouver refuge chez ma grand-mère maternelle mais ça aurait eu pour conséquence de la mettre en porte à faux vis-à-vis de sa fille et je ne voulais pas lui imposer ça, elle en avait déjà assez bavé dans la vie…

Je continue donc ma vie, en cachette pour mes parents, et ouvertement pour la plupart des autres, y compris mes camarades de classe. Une école d’art a peut-être l’avantage d’être fréquentée par des personnes plus ouvertes d’esprit, y compris les professeurs.

Au début de la vingtaine, je deviens majeur et peux dès lors fréquenter des endroits qui m’étaient jusqu’alors interdits et je ne me prive pas. Mes parents ne remarquent rien, preuve pour moi de leur inintérêt pour la vie des autres... Arrive un jour où je fais une rencontre avec un gars dix ans plus âgé que moi. Nous décidons de nous revoir et ainsi commence ma première longue relation, c’était en 1991 et j’étais au service civil à l’Université de Liège.

Sortie du placard

Même s’il y avait beaucoup de personnes qui connaissaient ou avaient deviné mon orientation sexuelle, la plupart, pour ne pas dire toutes, s’en fichaient royalement, sans doute avoir fait mon service civil en faculté de psychologie sociale m’aura aussi aidé. J’ai pu trouver des ressources pour comprendre et achever le processus d’acceptation. Je me souviens aussi avoir eu un énorme crush pour un des assistants dans le service de psychologie cognitive où je servais de cobaye volontaire pour des expériences. Thibault, un charmant garçon, était loin de me laisser indifférent et malgré que je foirais ses expériences avec des résultats hors normes, il m’appelait malgré tout souvent pour participer à d’autres tests… Je n’ai jamais oser faire le premier pas… timidité maladive quand tu nous tiens! Malgré tout, je ne l’ai jamais totalement oublié et ça reste un souvenir teinté de douce mélancolie.

Entre 1991 et 1992, j’ai passé plusieurs fois quelques jours chez une cousine de ma grand-mère qui habitait près de Maastricht aux Pays-Bad. J’envisageais même de partir vivre là-bas, le pays me semblant plus ouvert que ne l’était la Belgique de l’époque…

Un jour de juillet 1992, la cousine de ma grand-mère m’a demandé de but en blanc, un matin, si j’étais homo. Comme d’ordinaire, lorsque l’on me posait la question, j’ai répondu avec autant de franchise et d’aplomb, que oui, j’étais homo. Elle m’a répondu qu’ils s’en doutaient, son mari, son fils aîné et elle-même mais que ça ne changeait rien… Bon, la réalité a été un peu autre… puisque je n’ai jamais plus été invité.

Mes parents étant en vacances en ce même mois de juillet, je logeais chez ma grand-mère et voilà qu’à peine rentré qu’elle vient avec la même question! Coïncidence ou est-ce que sa cousine lui avait téléphoné, je n’ai jamais pu le savoir. Bien sûr, pour ma grand-mère, qui en avait vu d’autres dans sa vie, ça n’était pas une catastrophe, tout ce qu’elle voulait, c’est que je sois heureux. Elle se doutait bien de quelque chose car à chaque Gay Pride à Bruxelles, elle avait cru me voir… ce qui était impossible, je n’ai jamais participé à une Gay Pride et certainement pas à cette époque!

Ce qui m’a le plus marqué, c’est lorsqu’elle m’a fait part de ses craintes quant à la réaction de sa fille, ma mère donc, le jour où elle apprendrait que j’étais homo… Cela a été notre secret pendant une bonne année, elle avait même proposé de venir avec mon ami chez elle pour plus de tranquilité.

1993

A la sortie du service civil, je devais être engagé aux chemins de fer mais ma myopie a été le facteur qui m’en a empêché et je me retrouvais à devoir rester chez mes parents plus longtemps que prévu… De plus, en période de récession économique, pas facile de trouver un job… J’ai même été jusqu’à Londres pour en décrocher un, tout faire pour partir loin de mes parents tant je n’en pouvais plus!

Un soir d’août, alors que je rentre avec le dernier train, après avoir passé la journée avec mon ami, mes parents m’attendent dans le salon plongé dans la pénombre. Bizarre, d’autant que d’ordinaire, ils sont déjà au pieu quand je rentre puisque j’ai ma clé.

Tu n’as rien à nous dire?” est leur bonsoir… Sur le moment, je ne comprends pas… alors la question se fait plus précise : “Est-ce que ton ami, c’est juste un ami ou plus?”. Bon, le moment de vérité est là, et je ne vais pas reculer ou nier, pas devant eux, peu m’importe ce qui arrivera, je suis prêt! Et je leur dis, simplement que oui, c’est plus qu’un ami.

Mon père, comme à son habitude, n’a pas réagi plus que ça… il n’a jamais eu beaucoup d’intérêt pour moi, c’était sa façon de me punir du fait que je ne voulais pas suivre les choix qu’il entendait faire à ma place pour ma propre vie. La réaction de ma mère a été conforme à ce que j’attendais : “Mais qu’est-ce qu’on a mal fait?”… Je n’ai même pas essayé de lui expliquer qu’il n’y avait rien de mal, qu’il n’y a rien de mal fait, ni de coupable, que sais-je? Cela n’aurait, de toute façon, servi à rien.

Mon père a ajouté qu’il ne voulait plus que j’ai des relations intimes sous son toit. Comment il savait? Il avait fouillé dans la poubelle et avait trouvé un préservatif usagé! Non, mais franchement?!

Les jours qui ont suivi, ont été bizarres… aucun des deux n’a à nouveau abordé le sujet et pour ma part, je n’estimais pas à avoir à me justifier de quoi que ce soit. Mon frère cadet, lui s’en moquait littéralement que je sois homo ou pas, d’ailleurs, il était déjà au courant depuis un moment, c’était notre complicité et notre pacte, toujours là l’un pour l’autre face à nos parents et il n’a pas failli et à aucun moment je n’ai imaginé qu’il aurait vendu la mèche et m’aurait trahi! Ou alors, plus grave, il aura subi des pressions de mes parents… Laissons le bénéfice du doute!

Heureusement pour moi, peu de temps après, j’ai eu un premier job plus ou moins stable et ai profité pour lever le camp de chez mes parents et vivre ma vie en mettant toujours un peu plus de distance entre eux et moi et en me constituant une famille de rechange avec quelques personnes que j’appréciais et qui m’appréciaient. (J’y reviendrai aussi).

Ma mère a continué d’être homophobe et mon père, je n’ai jamais su…

Conclusion

Voilà, comment s’est déroulé un coming-out qui n’en était pas un! Tout au long de ma vie, j’ai du être suffisamment à l’aise avec mon orientation sexuelle au point que beaucoup de mes collègues venaient me trouver en me demandant si c’était vrai ce qu’on disait à mon propos. Je répondais toujours le plus simplement du monde : oui, c’est vrai ce qui me valait comme réponse : “en te voyant, on ne croirait pas”! Ce genre de réaction est assez typique et je ne m’en suis pas formalisé outre mesure… les stéréotypes ont la vie dure!

Comme toujours, je suis intéressé par vos retours. Chacun aura vécu sa sortie du placard d’une manière ou d’une autre (ou pas du tout) mais la chose la plus importante, ce n’est pas le coming-out, c’est essayer d’être heureux, en accord avec son être profond et bienveillant envers soi.

#gayfr #témoignage #comingOut #homosexualité #homophobie #homophobieParentale #ViolencesFamiliales

 
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from Les carnets d'EricMSM

Introduction

Si vous êtes belge et que vous aimez l’histoire, nul doute que le nom de Bart Van Loo vous dira quelque chose car il est LE spécialiste des ducs de Bourgogne et de la Belgique bourguignonne! Auteur d’un best-sellers sur le sujet, il est aussi l’auteur de podcasts passionnants sur le sujet et il est donc aussi l’auteur d’un Podwalk, une sorte de balade contée à travers Bruxelles pour nous faire découvrir des traces de cette ère bourguignonne et nous faire voyager dans le temps tout en marchant. Même ceux qui, comme moi, connaissent bien Bruxelles, découvrent quelques petits secrets qui étaient bien gardés!

Le Podwalk est disponible en français, en néerlandais et en anglais sous forme d’application à télécharger dans votre magasin d’applications.

Je vous propose ici, de refaire le chemin parcouru en photos principalement et j’espère qu’il vous donnera envie de le faire vous même! Alors si vous êtes prêts, rendez-vous, place des Palais, à l’entrée du parc de Bruxelles.

Le palais royal de Bruxelles, siège de travail du Roi

Le parcours

Carte du parcours du Podwalk

C’est installé sur un banc que la balade commence avec une introduction où nous sommes invités à faire disparaître le palais royal actuel et à imaginer le palais du Coudenberg qui se trouvait là jusqu’au XVIIIe siècle. D’abord château, puis palais, il fut aussi la résidence des Téméraires à Bruxelles. Le palais fût détruit par un violent incendie dans la nuit du 3 au 4 février 1731. On peut encore voir des vestiges de ce palais en sous-sol lorsque l’on visite le musée Belle-vue, situé à côté du palais royal, une visite à ne pas manquer!

A l’issue de cette introduction, nous sommes invités à prendre un petit chemin qui descend dans les bas-fonds du parc.

Dans le parc de Bruxelles, dans les parties surbaissées

Ici, nous sommes invités à nous imaginer des scènes de chasse à l’époque bourguignonne.

Nous quittons le parc de Bruxelles pour nous rendre rue Ravenstein. A hauteur de Bozar, nous découvrons une plaque commémorative qui nous informe qu’il y avait là un Internat où ont séjourné les sœurs Brontë.

Plaque commemorative concernant les soeurs Brontë

Un peu plus loin, découvrons un bâtiment unique : l’hôtel Ravenstein. Il s’agit ni plus, ni moins du dernier hôtel aristocratique du XVe siècle conservé. Là, où il se trouve était le quartier juif de Bruxelles, ce qui est rappelé par le nom de l’escalier tout près de l’hôtel qui s’appelle… l’escalier des juifs.

L'hôtel Ravenstein

Nous poursuivons notre route et remontons jusqu’au coin de la rue où nous traversons pour rejoindre le Mont des Arts non sans admirer les belles façades dont certaines sont des témoins du style Art-Déco (la dernière à droite sur la photo).

De belles façades rue Ravenstein

Au Mont des Arts, nous sommes tout à côté de la KBR (Koninklijke Bibliotheek/Bibliothèque Royale) qui abrite notamment une collection unique de manuscrits du moyen-âge. Une visite est aussi vivement recommandée! On ne manquera pas d’admirer la vue sur la ville depuis le haut du Mont des Arts avant de continuer notre chemin vers la Place Royale.

La vue sur Bruxelles depuis le Mont des Arts

Sur la place Royale, en surface, nous pouvons voir cette statue de Godefroy de Bouillon, un belge célèbre qui fut le premier roi de Jérusalem à l’issue de la première croisade au XIe siècle.

Statue de Godefroy de Bouillon sur la Place Royale

Mais savez-vous que sous la place Royale, se trouvent des vestiges du Palais du Coudenberg dont nous parlions au début de l’article! On peut même des sous-sols du musée Belle-vue, voir la place par une fenêtre discrète! La preuve en image (photo prise lors d’une visite en 2025).

Vue sur la place royale depuis les sous-sols du Coudenberg

Nous nous engageons dans la rue Royale en direction du Sablon.

Nous passons devant le musée Old Masters, encore une visite pour tous ceux qui aiment la peinture ancienne. Il faudrait plus d’une vie pour visiter et découvrir tout ce que la ville a offrir! Dans ce musée, on pourra découvrir des peintures de l’époque bourguignonne pour encore plus s’immiscer dans la vie de l’époque.

L'entrée du musée des arts anciens

Pour qui va régulièrement à Bruxelles, et c’est mon cas, je n’ai jamais connu le palais de Justice autrement que couvert d’échafaudages! Depuis peu, certains ont disparu, ce qui permet de voir à nouveau certains éléments architecturaux.

La rue Royale en direction du palais de Justice

Nous voici arrivés à l’église Notre-Dame du Sablon, une église gothique dont la construction a duré deux siècles!

L'église Notre-Dame du Sablon vue depuis le square du petit Sablon

Intérieur de l'église Notre-Dame du Sablon

Nous traversons la rue Royale pour nous rendre dans le square du Petit Sablon juste en face. Sur le pourtour extérieur, on peut découvrir les statues représentant quarante-huit métiers d’autrefois. A l’intérieur, la fontaine des Ducs d’Egmont et de Hornes ne peut nous échapper, de même que les dix statues en marbre blanc représentant diverses figures historiques dont Mercator que l’on aperçoit sur la photo ci-dessous.

La fontaine des comtes d'Egmont et de Hornes

Si vous êtes curieux, à l’arrière de cette fontaine, vous pourrez voir une représentation du tour de cou des chevaliers de la toison d’or.

L'arrière de la fontaine, où l'on peut voir la fameuse toison d'or avec son bélier

Après un petit répit, à l’ombre sur un des bancs du square, nous reprenons notre route et arrivons au bas du Grand Sablon. A gauche, l’église de la Chapelle au-dessus des voies de la jonction ferroviaire Nord-Midi dont la construction causa la destruction de quartiers entiers! Nous allons maintenant nous engager dans la rue de Rollebeek.

Petite place au bad du Grand Sablon avec la rue de Rollebeek au centre face à nous

Dans cette petite rue piétonne, on y découvre la plus ancienne auberge de Bruxelles, l’Estrille du Vieux Bruxelles. Une fontaine en face de l’établissement attire notre attention, les petits personnages qui se trouve à son sommet, sont inspirés de ceux que l’on peut voir dans les peintures de Pieter Brueghel.

L'estrille du Vieux Bruxelles, la plus ancienne auberge de Bruxelles

Fontaine avec des statuettes inspirées de personnages de Pieter Brueghel

Avant de traverser le boulevard de l’Empereur, nous ne manquerons pas un des vestiges les mieux conservés du premier mur d’enceinte de la ville de Bruxelles datant du XIIIe sicèle. La Tour Anneessens était une tour d’angle. Etant coincée entre de grands bâtiments, on a vite fait de passer outre mais le Podwalk est bien fait, lorsque vous approchez d’un point, la lecture se lance automatiquement.

Tour Anneessens, vestige de la première enceinte de la ville

Nous nous rapprochons du centre de Bruxelles et voilà que nous nous retrouvons nez-à-nez avec le Grand Jacques! Sur cette petite place, se trouve la Fondation Brel, espace d’archives et muséal sur le grand chanteur belge. A ne pas manquer!

Statue de Jacques Brel

Nous nous dirigeons maintenant vers le Manneken Pis, la plus célèbre figure bruxelloise et pourtant…

Savez-vous que la statue que vous admirez n’est pas l’originale? L’originale se trouve Grand Place dans le musée de la ville de Bruxelles aménagé dans le bâtiment que l’on appelle Maison du Roi. Il n’y a pas que Bruxelles qui ait une statue d’un petit garçon qui fait pipi, la ville de Geraardsbergen (Grammont) en possède une aussi et elle est plus ancienne que celle de Bruxelles! Un peu avant le Manneken Pis, dans la rue que l’on vient d’emprunter, on pourra aussi visiter un petit musée consacré aux différents costumes du petit bonhomme.

Le Manneken Pis, sans costume!

Nous arrivons au cœur de Bruxelles et la plus belle place du monde! La Grand-Place. Ce qui la rend si merveilleuse, c’est qu’elle a conservé un ensemble de bâtiments plus majestueux les uns que les autres! On peut y passer des heures à regarder tous les détails des façades. Mais avant de pénétrer sur la place, on s’arrête devant le bas-relief dédié à Éverard t’ Serclaes.

Bas-relief dédié à Éverard t' Serclaes

Vous remarquerez que le gisant est lustré, c’est dû au fait que de nombreux touristes frottent le bras, le genou ou encore la tête du chien, ce serait une sorte de porte-bonheur. Entrons maintenant sur la Grand-Place pour y admirer quelques-unes des façades.

La Grand-Place de Bruxelles

Grand Place de Bruxelles, détail de deux façades

L'hôtel de ville

La Grand Place de Bruxelles

Nous quittons la Grand-Place pour nous rendre vers l’église Saint-Nicolas, où nous découvrons une autre fontaine surmontée à nouveaux de personnages inspirés de Brueghel. Derrière eux, on voit la maison “De Goude Huyve”. Cette maison construite à l’origine au XVIIe siècle rue de l’Étuve, a été reconstruite à côté de l’église Saint-Nicolas en 1929.

Maison de Goude Huyve et fontaine

Devant l’église, on distingue une statue. Il s’agit de la laitière. Selon la légende, il y avait une laitière qui rêvait devenir riche et vite encore, alors elle commença à tromper les clients, d’abord en mettant de l’eau dans le lait, ensuite en utilisant un instrument de mesure contrefait. A sa mort, lorsqu’elle arriva devant Saint-Pierre celui-ci lui refusa l’entrée au paradis et elle fût condamnée à errer dans les rues de Bruxelles à minuit en criant. Cette statue se veut un avertissement aux commerçants.

Statue de la laitière devant l'église Saint-Nicolas

La balade nous emmène à présent dans la rue des Bouchers, une des rues les plus célèbres du centre-ville où l’on trouve de nombreux établissements horeca, c’est un peu l’attrape-touristes mais c’est là aussi que l’on trouve le célèbre restaurant “Chez Léon” que l’on voit sur la photo ci-dessous.

La rue des Bouchers et la friture chez Léon

Et bientôt, nous terminons notre balade à la cathédrale Saints-Michel et Gudule, la célèbre cathédrale gothique au cœur de Bruxelles.

La cathédrale Saints-Michel et Gudule.

Après avoir visiter la cathédrale, on pourra s’asseoir sur un des bancs dans le square ombragé et revenir au XXIe siècle tout en rêvant à l’époque bourguignonne sans laquelle la Belgique ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui puisque c’est sous les Téméraires que sont nés les Plats-Pays, de Lage Landen.

Informations pratiques

  • Le site officiel de Bart van Loo où l’on trouvera aussi toutes les références concernant ses livres, ses podcasts et bien plus encore!
  • Le site (en néerlandais) sur les Podwalks de la VRT (avec d’autres idées de découvertes
  • Pour visiter avantageusement la plupart des musées cités dans l’article, il y a le pass musée, un pass annuel qui pour 65 EUR donne accès à plus de 200 musées à travers toute la Belgique!

#blog #baladeUrbaine #histoire #patrimoine #Podwalk

 
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from Techno-Fil et faits divers

Administrateur du fédiverse… Un rôle que je tiens depuis plus de trois ans, je me confie ici sur comment c’est arrivé, ce que j’en pense, les joies, les difficultés et les frustrations associées.

BSOD, l'écran bleu de la mort.

Genèse

Vous le savez peut-être car je m’en suis déjà confié ailleurs, mais tout a commencé par un bannissement du réseau social Twitter (maintenant X) en septembre 2022, pour une nouvelle bannière de profil jugée trop explicite. Après plusieurs tentatives infructueuses d’appel pour rétablir mon accès, j’ai commencé à regarder des alternatives, et j’ai découvert l’existence du réseau Mastodon et plus généralement du protocole ActivityPub.

Je confesse n’en avoir jamais entendu parler auparavant, j’étais comme beaucoup simple consommateur (et de fait, produit) de ces réseaux sociaux centralisés et commerciaux, mais la promesse d’un monde différent rendant le contrôle aux utilisateurs, couplé avec une soudaine popularité de Mastodon poussée par la reprise du réseau X par Elon Musk, m’a incité à approfondir, puis finalement à tenter l’expérience.

En première étape, je me suis inscrit sur un réseau existant : rubber.social. Ce n’était pas exactement mon cœur de cible, mais en octobre 2022, avec l’afflux soudain d’inscriptions, beaucoup de serveurs Mastodon avaient limité voire suspendu les adhésions, surpris par la montée en charge non anticipée. Ceci m’a permis de monter à bord, comprendre les concepts, me familiariser avec l’interface et enfin décider d’aller plus loin.

Je cherchais un réseau gay plutôt francophone, permettant d’exposer de la nudité sans être soumis aux caprices d’une autorité centrale, et ne trouvant pas vraiment mon bonheur, j’ai commencé ce qui était à l’origine un projet personnel : monter mon propre serveur. J’ai été encouragé à l’époque par un autre utilisateur, Xtian, qui deviendrait ensuite mon premier membre puis modérateur ; il est depuis reparti pour des raisons personnelles, mais je lui garde une place spéciale dans mon cœur.

Je pratiquais Linux depuis longtemps avec une distribution assez hardcore : Gentoo, qui m’avait permis de bien comprendre le système d’exploitation en profondeur, avec une installation très manuelle et une compilation systématique de toutes les bibliothèques et applications. J’ai donc loué les composants nécessaires : nom de domaine, serveur VPS, stockage S3 et mail dédié, et suivi scrupuleusement le tutoriel officiel d’installation de Mastodon. Bien qu’expérimentale, je ne voulais pas d’une installation bricolée sur un PC à la maison, sachant que celle-ci ne supporterait pas la mise à l’échelle et souhaitant également apprendre à utiliser à titre privé ces services nuagiques qui étaient déjà monnaie courante au boulot.

Avant Noël 2022, Mastodon GayFR était né !

Le logo Mastodon en 3D.

Contenant et compte nu

Premiers pas

C’était assez grisant de voir son serveur se connecter aux autres, et le fil s’enrichir au fur et à mesure. J’avoue que je ne savais pas à quoi m’attendre au niveau des adhésions, et une dizaine sont arrivées assez rapidement, avant un flux plus lent. Finalement, début 2023 la migration massive depuis X était déjà derrière nous, et je n’avais pas bénéficié de cet appel d’air.

Je me suis mis à m’interroger sur la vocation de ce serveur. Fallait-il qu’il fût focalisé sur le contenu explicite et la nudité, ou bien être plus divers ? En fin de compte j’optai pour la seconde solution, car cela correspondait mieux à ce que semblaient rechercher certains de nos premiers membres alors que l’offre en contenus sexuels était par ailleurs déjà pléthorique.

Je décidai ainsi de changer de compte principal, conservant l’autre pour les contenus sus-cités, mais affichant une image plus généraliste en tant qu’administrateur, ce qui me sembla alors une nécessité car malheureusement, l’habit (ou son manque) fait le moine et on a plus de mal à faire confiance à un profil libertin pour gérer un service.

Industrialisation

Les premiers mois, je me reposais sur les outils de base fournis. Mais baignant dans un univers professionnel informatique et sécurité, je résolus de mettre en place des sauvegardes quotidiennes complètes (pour assurer un Plan de Reprise d’Activités) et une observabilité granulaire à partir d’un nouveau serveur dédié : des indicateurs partout, avec génération d’alertes en cas de soucis. Jusqu’ici tout s’était bien passé, mais je me sentais un peu aveugle, et ces tableaux de bord m’ont permis d’améliorer et d’augmenter la capacité des serveurs au fur et à mesure de la croissance des services.

Je me suis dit que par souci de transparence, j’afficherai les indicateurs les plus intéressants : ils sont ici, ou encore .

Expansion

Un peu déçu par la croissance continue mais lente de Mastodon, je me suis dit qu’en offrant une nouvelle application, je multiplierai l’intérêt et gagnerai de nouveaux membres. Ainsi naquit Pixelfed GayFR sur un nouveau serveur et un nouveau domaine, après avoir dans un premier temps enrichi l’expérience de blog avec Plume à l’époque (désormais remplacé par WriteFreely GayFR sur lequel vous lisez cet article).

Je fus alors pris d’une sorte de frénésie pour offrir progressivement tous les types de services dont le fédiverse disposait : non pas toutes les applications car il y en a trop, mais plutôt la plus connue dans chaque catégorie. Et pour essayer de mettre un peu d’ordre dans un univers par nature dispersé, je créai un portail pour guider les futurs utilisateurs. J’arrivai ainsi à dix applications dans le fédiverse, plus un lecteur de flux RSS et une messagerie instantanée XMPP. Enfin, je développai un pont pour lier cette dernière avec le fédiverse.

Je considère que nous avons désormais atteint une bonne offre de services, même si je reste à l’écoute sur les évolutions et extensions encore possibles.

Tout cela tourne sur trois serveurs chez un hébergeur européen, ainsi qu’un service de stockage S3 pour les médias et les sauvegardes chez un autre hébergeur, européen également. Comme je m’en suis expliqué dans un autre article), j’ai souhaité que ces services demeurent gratuits.

Tête de mort sur fond noir.

L’incarnation du mâle

La malédiction de l’administrateur

Depuis le début, je savais que le plus grand danger de l’administration est que la gestion du contenant prenne le pas sur le plaisir du contenu. Je lutte contre cela, mais c’est malheureusement quasiment inévitable, car le maintien du service en production reste prioritaire puisque tous les utilisateurs en dépendent.

Ce que j’avais moins bien mesuré, c’est à quel point l’administrateur est à son corps défendant l’incarnation de son serveur. Dans un système contraint par la surveillance mutuelle justifiée par la peur de toute dérive de Mastodon vers les abus des plateformes centralisées, toute action ou opinion exprimée est scrutée, et le moindre écart peut être sanctionné par la très redoutée “suspension” ou “défédération”, c’est-à-dire la mise à l’index par le reste du fédiverse.

Il se trouve que l’on ne peut rien me reprocher sur ce plan, néanmoins cela oblige à une discipline dans l’expression qui peut parfois être pesante. Un mot d’humeur, couplé à la distance et la difficulté de l’écrit dans un monde multilingue qui plus est, peut être mal interprété et exposer tous nos utilisateurs à des conséquences. Je m’en garde donc.

La frustration du modérateur

Le rôle du modérateur est par essence conflictuel : détecter les abus, répondre aux signalements, expliquer avec diplomatie mais fermeté à des utilisateurs ce qu’ils ne devraient pas faire et pourquoi, pour en retour recevoir des reproches ou des insultes, heureusement peu courantes !

Ce rôle est nécessaire, sans un minimum de règles, de respect mutuel et de bienveillance ce réseau social perdrait son âme : respectez également les messagers que sont les modérateurs. Quand ceux-ci doivent intervenir, c’est rarement de gaité de cœur. Nous sommes tolérants : si vous suivez les douze règles et valeurs que vous avez acceptées lors de votre inscription, vous êtes bien !

Si malgré cette description ce rôle vous tente et vous avez envie de contribuer plus activement et de l’intérieur à un monde meilleur sur le fédiverse, n’hésitez pas à me contacter !

Les instances toxiques

Certains serveurs ont été créés pour partager ou propager des contenus toxiques : racisme, homophobie, pédopornographie, antisémitisme… la liste est trop longue et il m’est pénible de l’énumérer.

Pour nous protéger contre ces contenus, il s’agit donc de bloquer ces serveurs afin que leurs publications ne nous atteignent pas ; incidemment, d’éviter par la même occasion de stocker du contenu illégal, car la mécanique de la fédération recopie sur tous les serveurs du réseau chaque contenu qui en est connu.

C’est un exercice très désagréable, car je ne bloque pas à l’aveugle, mais j’utilise des listes publiées par ailleurs ou des blocages de serveurs référents pour nourrir nos propres suspensions en agrégeant et en vérifiant. C’est long, c’est sale, mais le monde actuel nous impose cette discipline.

Les mises à jour

Quand on gère trois serveurs et une quinzaine d’applications de fait, il y a toujours des mises à jour à faire. Je les réalise hebdomadairement, sauf en cas d’urgence de sécurité où je peux le faire plus rapidement. Autant les mises à jour du système sont bien gérées par l’éditeur, autant les applications du fédiverse sont très hétéroclites dans leurs dépendances techniques, leur documentation et leur approche.

Selon les semaines, cela peut donc nécessiter une à plusieurs heures. Et dire que c’est passionnant serait exagéré. Mais c’est essentiel, en particulier pour la sécurité. Et ces derniers mois, tout s’est accéléré avec l’intelligence artificielle et la détection et publication de nouvelles vulnérabilités, vitesse qui risque de croître encore…

Croissance lente, depuis le bourgeon jusqu'à la fleur.

Ne s’use que si l’on s’en sert

Comptes

Certains utilisateurs créent un compte, puis ne se connectent… jamais. Ont-ils changé d’avis ? Trouvé ailleurs ? Va savoir.

D’autres se connectent mais ne remplissent ni biographie, ni profil. Parmi eux, une partie ne se connecte plus après un temps : on peut penser qu’ils n’ont pas apprécié leur expérience ; et d’autres s’abonnent sans jamais interagir : ils sont probablement là pour mater, rien de plus.

Puis certains essayent : profil, biographie, une ou deux interactions puis s’en va (ou pas, mais se ne connecte plus) : là aussi, une expérience qu’ils n’ont pas aimée, ou bien peut-être pas assez d’interactions à leur goût. Car comme vous le savez, le fédiverse nécessite un effort continu pour se faire connaître dans la durée et avoir des interactions.

Et enfin, les réguliers : le noyau dur qui est là quotidiennement (merci à vous !), ceux qui vont et viennent de temps à autre mais qui restent dans la durée (plutôt des irréguliers, donc). Cette catégorie doit représenter moins de 10% de tous les comptes.

C’est la première fois que je gère un réseau social, et je ne m’attendais pas à ces chiffres. Mais finalement, j’ai l’impression que c’est assez représentatif. Cher lecteur, si vous avez d’autres éléments, je suis preneur !

Visibilité

Si l’on veut attirer de nouveaux utilisateurs, il faut être visible. Et on s’aperçoit de la difficulté à le devenir dans la jungle de l’internet, dominée par les algorithmes des corporations centralisées. Les techniques classiques de SEO peuvent être appliquées, avec la limitation que vous ne contrôlez pas le code des applications.

Il existe en général pour chaque application un annuaire, auquel on peut soit s’inscrire directement, soit plus souvent demander à y figurer, ce qui peut être plus ou moins compliqué (ce le fut pour nous inscrire sur l’annuaire officiel de Mastodon). En théorie, cela devrait amener de nouveaux inscrits.

En théorie seulement, car la plupart ont un serveur “officiel” (ou flagship en anglais) qui est leur vitrine et qu’ils promeuvent. Celui-ci se retrouve ainsi le plus gros, car il est le premier et que son caractère “officiel” lui confère autorité, et on recrée ainsi des serveurs importants et dominants dans un univers qui se veut décentralisé. Pour Mastodon, c’est accentué par le fait que c’est le serveur par défaut qui est proposé dans l’application cliente. Oui on peut changer, mais encore faut-il le savoir et le vouloir.

Je pense que cette situation n’est pas satisfaisante, et que la tentation de la centralisation tord le modèle fédéré, au détriment de la diversité et des bonnes volontés des “petits” serveurs. Cela rend notre visibilité encore plus difficile.

Croître ?

Mais faut-il croître ? Au risque de dénaturer ou de diluer la petite communauté hébergée sur son serveur ?

Je pense que oui, pourvu que cette croissance soit modérée. Sans ça, et avec l’attrition naturelle, on court le risque de diminuer en deçà d’un seuil acceptable. Et les nouveaux apportent du… neuf, des changements salutaires qui évitent que l’on se sclérose, des opportunités d’échanges avec des personnes différentes. Certes, on n’est pas limité à son serveur ; mais celui-ci représente une part de sa communauté et bien souvent le siège de partages privilégiés.

Et puis pour ma part, j’ai besoin de savoir que mes services sont utiles, donc utilisés. Sinon, à quoi bon ?

Un anneau pour les gouverner tous...

Maître du donjon, et joueur ?

En guise de conclusion, la question est posée : peut-on être à la fois administrateur et membre actif d’un serveur, tout en y prenant du plaisir ?

Après avoir lu cet article, vous en sortirez peut-être avec un avis mitigé. Je ne sais pas si je vous ai donné envie de vous lancer ! Ce n’était pas l’objectif, l’inverse non plus d’ailleurs, mais bien de vous conter sans fard comment je le vis et de vous plonger dans la vie quotidienne des administrateurs, qui sont parfois critiqués voire qualifiés de dictateurs (oui, je l’ai lu !), mais sans qui les réseaux décentralisés n’existeraient pas.

Heureusement, j’ai fait de belles rencontres ici et les relations, parfois depuis le début, parfois récentes, sont plus intimes et se perpétuent. Ce sont des choses que je n’avais jamais vécues sur Twitter !

Rassurez-vous ! Je n’ai aucune envie de m’arrêter et j’ai la ferme intention de continuer encore pendant de nombreuses années. Et c’est aussi ma manière de lutter pour la défense de la vie privée et des libertés individuelles.

Vous voulez m’aider ? Faites de la publicité pour recruter des membres de qualité qui enrichiront notre communauté. Parlez de votre expérience, faites que vos amis et relations quittent les GAFAM, et si vous êtes bien ici, dites-le partout !

Merci pour tout…

 
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from Libres Ébats

Il y a quelques jours, je publiais un article dans lequel je m'interrogeais sur les raisons qui poussent tant d'hommes à attendre d'être au bord du précipice avant de parler de leur souffrance. En le relisant, je me suis rendu compte qu'il soulevait une autre question, tout aussi importante.

Pourquoi avons-nous si peur d'aller voir un psy ?

Pendant longtemps, je croyais que le plus difficile, lorsqu'on décide d'aller voir un psy, était de pousser la porte de son cabinet. Avec le recul, je me rends compte que je me trompais. Le plus difficile, ce n'était pas de prendre rendez-vous. C'était d'accepter ce qui risquait de se passer une fois assis dans le fauteuil. J'avais peur d'ouvrir une boîte de Pandore.

On parle souvent de la peur du regard des autres. Dire que l'on voit une psychologue reste encore associé, dans beaucoup d'esprits, surtout dans la sphère masculine à une forme de faiblesse. Comme si demander de l'aide signifiait que l'on n'était plus capable de tenir. Mais je crois qu'il existe une crainte plus silencieuse. La peur de découvrir que l'on va beaucoup plus mal qu'on ne voulait bien l'admettre.

Pendant des années, je me suis raconté que j'allais finir par m'en sortir seul. Je continuais à travailler, à voir du monde, à faire ce que l'on attendait de moi. J'avais l'impression que tant que je continuais à avancer, c'est que tout n'allait pas si mal. En réalité, je retardais simplement le moment de regarder les choses en face.

Les chiffres montrent que ce comportement est loin d'être exceptionnel. En France, les femmes représentaient environ les deux tiers des consultations chez les psychologues en 2023-2024, contre seulement un tiers pour les hommes (FondaMental). Plus préoccupant encore, parmi les adultes ayant traversé un épisode dépressif caractérisé, plus d'un sur deux ne bénéficie d'aucune prise en charge en santé mentale (Santé Publique France, Baromètre 2024). Ces chiffres ne disent pas pourquoi les hommes consultent moins. Mais ils montrent que cette difficulté dépasse largement les histoires individuelles.

Quand j'ai traversé ma dépression, j'ai fini par comprendre une chose, je n'avais pas peur de la psychologue, j'avais peur de moi-même.   Peur que des souvenirs remontent. Peur de découvrir que certaines blessures étaient encore là. Peur de réaliser que je n'étais pas aussi solide que je voulais le croire. Tant que je gardais tout cela à distance, j'avais l'impression de contrôler la situation. Je pouvais continuer à me dire que le plus dur était derrière moi. Qu'il suffisait d'attendre encore un peu.

En y repensant, je crois que c'était une illusion, la boîte de Pandore était déjà ouverte. Elle ne parlait simplement pas avec des mots. Elle s'exprimait autrement : par une fatigue permanente, une tension nerveuse, une difficulté à lâcher prise et cette impression de devoir toujours rester en contrôle. Mon corps exprimait depuis longtemps ce que je refusais encore de regarder.  Pendant les pires crises que j'ai pu connaître, mon corps m'a servi de défouloir, de punching-ball au sens premier. Car ma colère, mon mal-être ne devaient pas affecter les autres, alors je me suis retourné vers la seule personne que j'avais sous la main : moi-même.

C'est là que la surprise est venue. J'avais cru que les séances allaient ouvrir des blessures. En fait, elles m'ont juste appris à les reconnaître. Ma psy n'a pas inventé ma souffrance. Elle m'a aidé à mettre des étiquettes dessus. J'ai compris que parler ne rendait pas les émotions plus fortes. Au contraire, les nommer leur faisait souvent perdre une partie de leur pouvoir.  Ça paraît évident maintenant. Pourtant, ça allait complètement à l'encontre de ce que j'avais appris.

On imagine parfois qu'il suffit de quelques séances pour aller mieux, comme si un professionnel allait nous apporter toutes les réponses. En réalité, j'ai souvent eu l'impression de ressortir des premières séances avec davantage de questions que de certitudes. Il y a des rendez-vous qui, sur le moment, m'ont laissé de marbre. Et pourtant, ce sont souvent eux qui m'ont fait me réveiller en pleine nuit, en pleurs, face à une prise de conscience ou une remontée de souvenirs que je croyais enfouis.  Sur le moment, c'était parfois inconfortable. Avec le recul, je comprends que c'était aussi le signe que quelque chose commençait enfin à bouger.

Je me sens incontestablement mieux aujourd'hui qu'au moment où j'ai commencé mon suivi. Pourtant, je serais incapable de dire que tout est réglé. Certaines blessures sont encore là. Il m'arrive toujours de vouloir tout contrôler ou de retomber dans des schémas que je croyais derrière moi. La différence, c'est que je les reconnais davantage et que je ne les laisse plus s'installer en silence.

Finalement, le plus grand changement n'est peut-être pas d'avoir trouvé toutes les réponses. C'est d'avoir accepté de ne plus les chercher seul. Aujourd'hui, je sais qu'il faut oser demander de l'aide avant que ça ne devienne impossible. Parce que oui, j'ai eu peur. Mais la peur, ce n'est pas une raison pour ne jamais avancer.

 
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from Carnets de tout et de rien

Avant-propos

Dans ce billet, j’ai envie d’évoquer un sujet qui finalement concerne tout le monde : l’attirance dans les relations personnelles et sentimentales et particulièrement des attirances atypiques où il y a une assez grande différence d’âge entre les protagonistes.

Je me pose depuis longtemps la question pourquoi certaines personnes sont plutôt attirées par ceux/celles qui sont plus âgés qu’eux et pour quelles raisons, s’il y en a. J’aborde ici l’attirance intellectuelle plutôt que physique, cette dernière répondant à d’autres critères, me semble-t-il.

Je partirai, comme à chaque fois dans ce blog de mon expérience personnelle pour tenter de trouver des réponses à ces questions, qui, oui me taraudent et parce que j’ai constaté au fil du temps, que cette attirance évoluait. Je suis curieux aussi de savoir si d’autres dans le même cas que moi, ont trouvé ne fut-ce qu’un début de réponse.

Une enfance et une adolescence très solitaire

Ce n’est plus un secret pour ceux qui me lisent régulièrement sur ce blog ou sur mon blog spirituel. L’enfance et l’adolescence dans une famille dysfonctionnelle en proie aux problèmes d’alcoolisme et de la violence n’est probablement pas l’endroit le plus idéal pour grandir sereinement.

Je ne souhaite pas faire du pathos et je n’aborderai pas ici les événements, qui selon moi, ont contribué à me faire grandir trop vite et me retrouver à dix ans adulte avant l’heure. J’avais évoqué dans mon introduction sur mon blog spirituel cet épisode où l’institutrice avait posé la question à ma mère si elle se rendait compte que j’avais des réactions d’adulte alors que j’avais seulement dix ans. Est-ce là le point de départ d’une évolution qui fera que dès l’adolescence, je me sentirai plus en phase avec des personnes plus âgées que moi qu’avec celles de mon âge? Je pense, avec le recul, que oui.

Et en effet, lors de mes humanités, je préférais traîner avec les élèves de 5ème ou de 6ème (= années de fin du cycle secondaire) qu’avec ceux de ma classe de première année, ce qui m’obligeait à franchir la grille de séparation entre les deux préaux et qui m’a valu plusieurs fois d’être rembarré à mon grand dam! Les gars et les filles de mon âge ne m’intéressaient pas! Il y avait aussi quelques professeurs avec lesquels je pouvais discuter de sujets qui, à priori, n’intéressaient pas les jeunes adolescents et c’était une belle bouffée d’air dans une vie assez morne.

Lors que je suis arrivé dans l’enseignement artistique, en troisième secondaire à l’âge de 14 ans, les classes étaient plus mélangées et il y avait des camarades de classe qui étaient déjà plus âgés, c’était avec eux que j’avais les meilleurs contacts. Du côté des profs, par contre, c’était plus mitigé… certains étant plus gamins que les ados de 15-16 ans que nous étions! Deux exceptions : ceux d’histoire de l’art. Le premier, car il avait rencontré Dieu et ça a été l’occasion d’échanges sur ce sujet qui me passionnait (déjà)! L’autre, c’était une dame assez distinguée et qui portait à ravir des chemisiers très transparents! J’ai beau être homo (enfin, je sentais déjà bien que j’étais plutôt attiré par les hommes, incluant même dans une bande dessinée réalisée à l’époque l’homosexualité et sa représentation (soft), en dessin) mais j’étais sous le charme et pas totalement indifférent ce que laissait transparaître les chemisiers de cette dame qui, en outre, avait un don pour faire aimer l’art!

Etant curieux de tout et insatiable lorsqu’il s’agit d’apprendre de nouvelles choses, j’étais loin des préoccupations de mes camarades de classe. Mon adolescence a été très solitaire et j’avais très peu d’amis. Et les quelques amies et amis que j’avais étaient des adultes dont une en particulier qui tenait le kiosque à journaux de la gare. Elle a été, avec sa mère, une des premières à savoir que j’étais homo et il y avait une telle complicité qu’elle me filait des revues olé-olé quand mes parents partaient seuls en weekend. En dehors de ce petit détail, je pouvais parler librement et sans subir de jugement.

La vie d’adulte

Cette attirance relationnelle pour les personnes plus âgées va se poursuivre au début de ma vie d’adulte et jusqu’à la bonne trentaine.

Mes toutes premières rencontres, et ma première longue histoire étaient toutes avec des hommes plus âgés que moi, souvent une dizaine d’années de plus que moi, voire plus parfois (on ne demande pas l'âge d’emblée et on est parfois surpris!). Où étaient les jeunes-hommes de mon âge (22 à l’époque)? Je l’ignore mais dans les lieux que je fréquentaient, ils n’y étaient pas et ça ne me posait pas de problème particulier d’ailleurs. Ce que je cherchais? A l’époque, je ne me posais pas trop la question à vrai dire, mais avec le recul, des bras protecteurs comme ceux d’un père? Un grand frère à qui je pouvais confier tous mes secrets sans crainte de jugement? Les deux, sans doute et certainement de l’affection que je ne trouvais pas auprès de mon propre père… pour qui je n’avais pas de prénom, je m’appelais “Fils”… pas “Eric”!

Evidemment, tout n’a pas toujours été sans accroc car à vingt-deux ans, on a encore peu d’expérience de vie et cela peut créer des frictions surtout si le partenaire entend jouer un rôle autoritaire… ce que je fuyais justement!

Dans l’ensemble, malgré tout, je me sentais très bien avec ces hommes plus âgés avec qui je pouvais échanger sur toute une série de sujets que je ne pouvais aborder avec des personnes de mon âge et encore moins avec mes parents.

Ainsi, un manque d’affection, une enfance et une adolescence volées et solitaires, une maturité plus grande que la normale et une recherche de stabilité, c’est certainement le cocktail qui, du haut de mes 56 ans, je vois comme étant la cause de cette attirance pour les personnes plus âgées que moi dans mes relations sociales.

A la toute fin de la vingtaine et après une première rupture, j’ai remis mon destin dans les mains d’un gars qui tenait une sorte d’agence matrimoniale pour homos. Je cherchais toujours la stabilité mais lui, contrairement à moi, pensait que quelqu’un de mon âge serait mieux pour moi… Après coup, ce ne fût pas le meilleur choix même si il y avait une certaine complicité du fait d’avoir des souvenirs en commun concernant certains domaines… mais ça s’est terminé sur un fiasco retentissant et douloureux!

Me voici dans la trentaine bien entamée lorsque je me retrouve seul, et à nouveau c’est vers des personnes plus âgées que moi que je me tourne. Nous sommes aux débuts d’Internet et des sites de rencontres… J’étais inscrit sur un site plutôt orienté ours et leurs admirateurs et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’étais paumé dans ce monde virtuel… quand la plupart se contentaient de quelques photos et d’une bio très succinte, je m’efforçais d’écrire une bio assez complète et forcément, je n’avais pas beaucoup de succès. Néanmoins, de cette époque, j’ai gardé deux belles amitiés qui perdurent encore aujourd’hui. Mais voici que si je continue à préférer la compagnie de personnes plus âgées que moi, je constate que des hommes plus jeunes me contactent plus souvent qu’avant. L’expérience le plus marquante sera celle que j’ai relatée dans cet article où j’expliquais comment j’étais devenu père sans le savoir.

Plus j’avançais vers la cinquantaine, plus cette tendance à susciter l’intérêt de personnes plus jeunes s’intensifiait si bien que je me retrouvais dans l’exact contraire de ce que j’avais vécu jusqu’alors. Ce n’était plus moi qui cherchait du réconfort ou des conseils mais c’est moi, qui en donnait. Cela m’a troublé (et me trouble encore aujourd’hui). On pourrait dire qu’il s’agit là d’une évolution normale, qu’il s’agirait d’une sorte de relais de flambeau, oui, c’est peut-être ça.

Aujourd’hui, j’ai de bons contacts avec les personnes de mon âge, car eux aussi ont vieilli et sont devenus (pour la plupart) matures et j’ai de bons contacts avec des personnes plus jeunes. Cela me permet de rendre un peu de ce qui m’a été donné lorsque j’avais vingt ans.

Cette inversion a été l’occasion de pérégrinations mentales intenses tant cela me troublait, bien plus que je ne le pensais! C’est sans doute la rançon d’avoir franchi le cap de la cinquantaine, peut-être? Est-on plus sage, plus posé? Peut-être mais surtout, je pense que nous nous dénigrons parfois en pensant que notre temps est passé, que nous n’avons plus de valeur! Cet intérêt suscité (je parle ici surtout sur un plan relationnel, social) est la preuve du contraire et dans le monde, il y a sans doute beaucoup de jeunes de vingt, et d’hommes de trente ou quarante ans qui vivent/ont vécu des histoires semblables tout en étant différentes parfois.

Certaines rencontres sont encore plus troublantes et ont des conséquences encore plus étranges! C’est l’une de ces rencontres inattendues qui me permet aujourd’hui d’écrire des articles très personnels, intimes et sans fard, une rencontre qui fait sauter les verrous les uns après les autres et cette fois, le plus jeune apporte au plus âgé tout autant qu’il reçoit du plus âgé. C’est comme le yin et le yang, les deux faces d’une même pièce et finalement l’achèvement, peut-être, d’un long processus.

Quoi qu’il en soit, je suis heureux si je peux apporter du bien-être à quelqu’un peu importe son âge et d’apporter cette écoute attentive et bienveillante à cette personne en particulier et de la recevoir de sa part aussi. Une complicité hors du commun s’est développée de manière naturelle et assez rapide; nos échanges ont vite été très personnels, dans le respect de nos différences et sans tabous. Ainsi pour conclure ce billet, je voudrais juste dire:

Merci à toi mon ami pour nos échanges et cette complicité, qui je l’espère durera encore longtemps! Cet article t’est dédié!

Vos retours m’intéressent, comme toujours.

#gayfr #relationsSociales #amitié #complicité #attirance #homosexualité #échanges #témoignage #blog

 
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from Les carnets d'EricMSM

Introduction

Évoqué dans mon précédent billet, voici donc l’étape du Rheinburgenweg, un sentier de grande randonnée qui relie Rolandseck à la limite du land de Rhénanie-Palatinat et Bingen et inversement.

L’étape parcourue ce 4 octobre 2016, est la quatrième étape en partant du Sud (de Bingen donc) et malheureusement, la partie la plus spectaculaire est inaccessible actuellement à la suite d’un éboulement de roche. Le récit et les photos ont ainsi une valeur historique en quelque sorte.

Ce n’est pas une très longue étape (9 bons kilomètres) mais elle est assez éprouvante, même pour le randonneur aguerri.

Le point de départ est la gare d’Oberwesel d’où un chemin d’accès nous permet de rejoindre le sentier principal.

Si vous êtes prêts, allons-y! Remontons donc le temps de dix années, une époque où j’avais encore de la couleur dans les poils comme vous pouvez le constater sur le traditionnel selfie. 😅

L'auteur du blog posant devant l'imposant panorama près de Sankt-Goar

La randonnée

Le point de départ est donc la gare, et après avoir traversé la petite ville et son rempart, nous rejoignons un sentier le long la voie ferrée.

Dans Oberwesel

L’amateur de train pourra aussi trouver son plaisir (ici une photo de juin 2004 prise depuis le rempart en question).

Un train passant en contre-bas du rempart à Oberwesel - photo de juin 2004

Le sentier n’était pas très marqué mais le balisage était bien présent, on ne peut s’égarer. Le mois d’octobre, avec ses brumes et les couleurs automnales commençant à apparaître, donnaient un aspect encore plus romantique au Rhin… romantique. Pas étonnant que la vallée ait tant inspiré artistes et écrivains.

Le sentier dans la verdure, dernier coup d'oeil sur Oberwesel avant d'entamer la montée

Une chose est certaine, ça va grimper et fort! Très vite, on se déplace à travers des vignobles aux couleurs automnales.

Le chemin de randonnée à travers les vignes

Et bientôt, nous avons un premier panorama sur la vallée du Rhin en direction de Bingen sur les hauteurs d’Oberwesel.

Panorama sur Oberwesel dans la brume d'automne

La section suivante est, en 2026, condamnée suite à un éboulement mais en 2016, on pouvait toujours emprunter la partie la plus spectaculaire qui s’apparentait plus à de l’escalade que de la randonnée comme on peut le voir sur la photo. Il s’agit de ne pas avoir le vertige, et de bien se tenir au filin d’acier! Une poussée d’adrénaline, même pour le randonneur expérimenté mais quelle vue!

Le sentier le plus étroit avec son filin de sécurité

Une fois cette étape franchie, je suis arrivé à une aire de repos, de quoi souffler et reprendre un peu des forces avant de poursuivre le chemin qui va être plus aisé à partir de là mais avec de beaux paysages à découvrir.

Aire de repos sur les hauteurs

Pendant un petit moment, le chemin s’écarte du bord de la falaise et prend l’allure d’un chemin de campagne.

Le chemin entre l'aire de repos et le point de vue sur le Loreley

Il ne faudra pas longtemps pour avoir un premier regard sur le célèbre rocher du Loreley, dont j’ai déjà parlé dans le billet précédent.

Un banc au bord de la falaise avec une vue partielle sur le Loreley

Quelques dizaines plus loin, nous arrivons à une aire de repos avec une vue imprenable sur le Loreley. Une plaque commémorative indique les trois auteurs, dont l’écrivain Heinrich Heine, du célèbre chant consacré à ce lieu mythique du Rhin. On peut déjà remarquer sur cette photo que le rocher forme un goulot d’étranglement du fleuve!

Vue sur le Loreley

Plaque commémorative pour les trois compositeurs à l'origine du chant du Loreley

A partir de là, Sankt-Goar va se découvrir à moi au long du chemin avec une série de beaux panoramas sur la vallée.

Vue sur le Loreley et la vallée du Rhin, on distingue bien le rétrécissement du fleuve.

Le parcours me fait passer par plusieurs plateforme d’observation d’où l’on a des vues sublimes sur la vallée du Rhin, ici, en direction de Sankt-Goar et Koblenz (Coblence), on remarquera le bac qui traverse le Rhin pour rejoindre Sankt-Goarshausen sur l’autre rive, bien nécessaire car les ponts sont peu nombreux sur cette partie du Rhin, ce qui confère à cette portion son charme authentique.

Panorama sur la vallée du Rhin sur les hauteurs de Sankt-Goar

Bientôt le chemin va entamer la descente pour rejoindre la petite cité lovée au bord du fleuve.

Vue sur la vallée du Rhin près de Sankt-Goar

Me voici presqu’arrivé à Sankt-Goar, dont le but ultime sont les ruines du château que l’on distingue dans le fond, à gauche sur la photo, il domine la petite ville. La voie ferrée traverse la petite ville, cette portion de la ligne de la rive gauche du Rhin était à l’époque des grands trains internationaux, une des plus belles d’Allemagne. Des trains mythiques comme le Rheingold, l’ont longtemps arpenté, c’était l'axe principal vers la Suisse et l’Italie jusqu’à la mise en service de la ligne à grande vitesse entre Köln (Cologne) et Frankfurt-am-Main (Francfort-sur-le-Main).

Vue sur Sankt-Goar

Pour achever en beauté cette belle randonnée, une visite des ruines du château était au programme.

Indicateur de direction pour se rendre au château.

Les ruines sont imposantes et les deux photos ci-après donnent une idée assez précise de l’étendue de ce château!

Les ruines du château de Rheinfels à Sankt-Goar

Les ruines de château de Rheinfels avec la vue sur la vallée en direction de Bingen

En cette fin de journée, le soleil a fait une timide apparition mais l’automne est la saison des brumes et cela sied parfaitement à la vallée du Rhin.

Pour clore cette belle randonnée et avant de repartir vers la gare et rentrer en train jusqu’à Oberwesel, une dernière vue panoramique depuis le point le plus haut du château avec un ciel magnifique.

Panorama sur la vallée du Rhin depuis le point le plus haut du château

Cette randonnée reste un très bon souvenir et j’espère que ce modeste compte-rendu et les photos vous auront donné l’envie de partir, vous aussi, à la découverte du Rhin romantique. Si vous n’êtes pas rando, je ne peux que vous conseiller de faire la croisière d’un jour depuis Bingen jusqu’à Sankt-Goar où vous pourrez admirer depuis le bateau pas moins de quarante châteaux, qui dit mieux?

Un train du MittelRheinBahn en gare d'Oberwesel

Informations pratiques

  • Toutes les informations sur le sentier (en allemand, anglais et néerlandais mais pas en français!) et en particulier sur cette étape. Vous y trouverez les dernières mises à jour et autres déviations.
  • Pour rechercher les horaires pour rejoindre Oberwesel, on consultera le site officiel des chemins de fer allemands.

English summary

Back in 2016 for this blog entry with a hike on the Rheinburgenweg a long distance hiking path joining Bingen with Rolandseck following the Rhine Valley.

This section will show you some of the most impressive views on the valley. Unfortunately, the climbing section is barred and a deviation is foreseen, to get to know the last updates, you can have a look at the official website of the hiking path (see above)

The section here goes from Oberwesel to Sankt-Goar. You can access both places easily by train.

#randonnée #RandoSansAuto #Hiking #1jour1souvenir #1jour1archive #outdoors #blogging #blog

 
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from Les carnets d'EricMSM

Introduction

La vallée du Rhin moyen en Allemagne est une des plus belle portion du fleuve, on l’appelle aussi Rhin Romantique à cause des nombreux châteaux qui sont visibles sur les deux rives entre Bingen et Koblenz (Coblence). C’est aussi dans cette portion que l’on trouve le célèbre site de la Loreley, un promontoire rocheux qui s’avance fortement dans le fleuve, faisant de ce passage l’endroit le plus étroit du Rhin. Il fut la cause de nombreux accidents et naufrages. Loreley, c’est aussi le nom d’une nymphe de la mythologie germanique, qui a l’instar des sirènes de l’Odyssée attire les navigateurs jusqu’à les faire échouer sur les rochers. Le Rhin romantique a inspiré de nombreux artistes, écrivains et chanteurs.

La région est parcourue par de nombreux sentiers de grande randonnée comme le Rheinburgenweg, le Rheinsteig ou encore le Saar-Hunsrück-Steig.

Boppard, la perle du Rhin, est située dans un méandre du fleuve et le massif du Hunsrück vient mourir ici. Et c’est précisément sur cet ultime massif schisteux qu’est installé l’attraction phare du lieu : le télésiège qui permet d’accéder au sommet facilement.

Sortie de la gare de Boppard-Hbf

Pour les plus sportifs, et ceux qui n’ont pas peur du vide, ils pourront vivre des sensations fortes en parcourant le Klettersteig (Sentier d’escalade) pour rejoindre le sommet. Personnellement, c’est l’option que j’aurais choisie si j’avais été seul. J’avais déjà eu l’occasion de tester quelque chose de semblable un peu plus en amont du côté d’Oberwesel mais mon ami étant sujet au vertige, nous avons trouvé le compromis du télésiège pour accéder au sommet. Et même ça, c’était déjà un effort pour lui.

Boppard, la perle du Rhin

Nous sommes arrivés un peu avant neuf heures et avions un peu de temps avant que le télésiège n’ouvre, ainsi, nous avons profité pour flâner au bord du Rhin et prendre un café en bonne compagnie.

Tasses de café et pains au chocolat

En flânant le long du Rhin, on peut voir la Kronentor (La porte de la couronne), partie de l’ancienne fortification de la ville. On peut notamment y voir les marques des crues qui parfois sont impressionnantes dans la vallée du Rhin.

Kronentor

La petite cité a également conservé de nombreuses maisons anciennes, comme celle-ci qui date de 1609.

Une maison à colombages datant de 1609

Après la rando, on pourra se restaurer sur la place où l’on trouvera de grandes terrasses pour profiter du beau temps.

Place du marché de Boppard

Mais pour l’instant, il est temps de rejoindre le point de départ du télésiège situé à la sortie de la ville en prenant la promenade le long du Rhin où l’on pourra admirer quelques belles villas de la belle-époque, lorsque l’on ne partait pas spécialement loin en villégiature.

Le Rhin et le centre-ville de Boppard

Quelques belles villas d'un blanc immaculé

Nous voici arrivés à la station basse du télésiège et il y a grande affluence! Dans ce cas, il faut compter vingt à trente minutes avant d’embarquer mais l’attente vaut la peine!

La station du télésiège

Nous voici embarqués pour un voyage de vingt minutes environ, la vitesse étant réduite, on a tout le loisir (ou pas) d’admirer à gauche et à droite le paysage. La descente sera plus intéressante pour ceux et celles qui veulent prendre des photos. Pour notre part, nous avons fait la montée et sommes redescendus à pied plus tard, ce qui est un bon compromis.

A bord du télésiège

Nous voici en vue de la station haute du télésiège et le vrai début de la balade du jour.

Arrivée au terminus du télésiège

Le retour par les sentiers…

Une fois arrivé en haut, il n’y a plus qu’à redescendre.

Pas si vite, avant ça, nous parcourons le sentier Saar-Hunsrück jusqu’au lieu dit Engelseiche (le chêne de l’ange) où il y a un abri en bois, idéal pour le pic-nic. C’est là, qu’arrive le sentier d’escalade. Nous allons le reprendre d’ici pour repartir vers Boppard.

Engelseiche

Premier arrêt et premier point de vue : le Vierseenblick Le point de vue des quatre lacs. Des quatre lacs? Il n’y a bien sûr aucun lac, c’est une vue de l’esprit due à la géographie du lieu, la végétations et les massifs rocheux font en sorte que le Rhin est en partie caché et ainsi se dessinent quatre lacs, comme on peut le voir sur la photo.

La vue depuis le point de vue du Vierseenblick

Nous poursuivons par un étroit chemin qui va au plus près du bord du massif pour profiter de belles vues sur la vallée et arrivons au point de vue suivant : le Gedeonseck. Tout comme au point de vue précédent, une belle terrasse avec vue sur la vallée permet de se restaurer ou de simplement siroter une boisson rafraîchissante.

Ici, plus question de lacs, mais d’une belle vue sur le méandre.

Vue sur le méandre du Rhin depuis le point de vue de Gedeonseck

Peu avant la station du télésiège, le chemin bifurque et entame une descente parfois assez abrupte et après quelques dizaines de mètres, nous serpentons en suivant le chemin tracé dans le schiste en passant sous le télésiège.

Le chemin de randonnée suivant le parcours du télésiège (vue vers le sommet)

La descente nous permet d’encore profiter de beaux panoramas sur la vallée.

Panorama sur la vallée depuis le chemin de randonnée qui suit le tracé du télésiège

Vue sur Boppard depuis le sentier

Vue sur Boppard avec un arbre portant les marquages en premier plan

A quelques dizaines de mètres de l’arrivée à la station du bas, nous arrivons à l’endroit où le chemin d’escalade nous rejoint, ou plutôt se sépare car le Klettersteig est un circuit à sens unique en boucle. Ainsi si vous venez du bas, c’est ici que vous choisissez si vous prenez le chemin d’escalade ou si vous empruntez le chemin que nous venons de prendre pour redescendre.

Bifurcation entre le Saar-Hunsrück Steig et le Klettersteig Mittelrhein

Un panneau donne des informations en quatre langues, le sentier d’escalade n’est pas conseillé aux personnes souffrant de vertiges et il faut être équipé de bonnes chaussures de marche et éventuellement un harnais (que l’on peut louer).

Et bientôt, nous revoici dans la vallée et rejoignons la gare par le même chemin que le matin en longeant le Rhin.

Le Rhin et Boppard depuis la promenade

Le tracé du parcours effectué

Cliquez sur l’image pour accéder au tracé à télécharger sous forme de trace GPX

Le tracé de la balade

Informations pratiques et liens

Boppard est facilement accessible par le train depuis Koblenz (Coblence) avec le Mittelrheinbahn qui relie Mainz (Mayence) à Köln (Cologne) en suivant le Rhin sur une grande partie du trajet. Il y a au minimum deux trains par heure qui marquent l’arrêt à Boppard-Hbf. Horaires via : https://www.mittelrheinbahn.de ou VRM-Info

Le balisage des balades est exemplaire avec de nombreuses indications quant aux possibilités de restauration, arrêts de bus, gares, …

Pour la balade, comme pour toutes les randonnées, de bonnes chaussures sont recommandées, on ne le répétera jamais assez. Prévoyez aussi de l’eau en suffisance s’il fait chaud!

Si vous souhaitez faire la balade d’escalade, prévoyez un équipement spécial, surtout si vous n’êtes pas habitués à ce genre de parcours. Voir ici pour vous faire une idée! On peut louer le matériel sur place.

Site officiel de l’office du tourisme pour découvrir d’autres choses à faire et à voir.

Le site officiel du télésiège.

Et enfin, puisque j’en parlais au début de l’article, la page Wikipédia sur la Loreley.

English summary

A small tour in the Romantic Rhine Valley from Boppard. The small city offers lots to see and to enjoy, a good terrace, the Rhine promenade and the chairlift that allows you to get on the summit and walk to the Vierseenblick (Four lakes view), one of the several point of views.

If you’re more adventurous and sportive, you may choose the climbing path with would give you lots of emotions.

Your efforts will be rewarded with stunning views on the Rhine valley.

#blog #randonnée #RandoSansAuto #Hiking #RhinRomantique

 
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from Libres Ébats

Il y a des livres qui racontent une histoire. Et puis il y a ceux qui continuent à nous accompagner bien après la dernière page. « Dans le noir, je crie » de Sikou Niakate fait clairement partie de ceux-là.

Dans ce récit autobiographique, Sikou Niakate raconte son parcours de jeune homme noir ayant grandi dans un quartier populaire. Il y parle du racisme, du déterminisme social, du regard des autres, mais aussi de ce que l'on apprend très tôt lorsqu'on grandit dans certains milieux : un homme ne montre pas ses émotions.

Enfant, les garçons de son quartier apprenaient très tôt que la peur, la tristesse ou le besoin de douceur n'avaient pas leur place. Ce n'est qu'en échangeant avec d'autres hommes, bien plus tard, qu'il a compris que cette solitude était largement partagée.

Bien sûr, son histoire n'est pas la mienne. Pourtant, en refermant ce livre, une question ne me quittait plus. Pourquoi les hommes attendent-ils presque toujours d'être au bord du précipice pour commencer à parler ? Cette question m'a poursuivi plusieurs jours. Et plus j'y réfléchissais, moins je me reconnaissais dans l'idée que les hommes ne sauraient pas communiquer.

Ce n'est pas que nous soyons incapables de parler. Nous passons parfois des soirées entières à refaire le monde. Mais dès qu'il s'agit de dire “je vais mal”, tout devient beaucoup plus compliqué. Comme si personne ne nous avait jamais appris cette langue-là.

Depuis la cour de récré, la règle est toujours la même. Un garçon doit être solide. Il doit encaisser, contrôler ses émotions, rassurer les autres et ne jamais montrer qu'il vacille. Pleurer devant d'autres hommes reste aujourd'hui encore un exercice presque impossible. On préfère plaisanter autour d'une bière, parler taf ou raconter des conneries plutôt que d'avouer qu'on est au bout du rouleau. Au fond, je retrouve exactement le même mécanisme que dans mes précédentes réflexions sur la performance, le lâcher-prise ou mon burn-out. Le décor change, mais le scénario reste identique. On attend d'un homme qu'il puisse tout traverser seul, sans jamais demander d'aide.

Quand j'ai sombré dans la dépression, j'ai appliqué cette règle à la lettre. Je n'en ai pas parlé à mes amis. Je n'en ai même pas parlé à mon père. Certains savaient sans doute que quelque chose n'allait pas. Mais personne ne posait vraiment la question. Et moi, je faisais tout pour qu'on ne me la pose pas. Avec le recul, cela me paraît complètement absurde. J'étais en train de m'effondrer de l'intérieur, mais je continuais à jouer mon rôle. Je souriais. Je travaillais. Je faisais comme si tout allait bien.   Le problème, c'est que ce silence ne protège de rien.

À force de tout garder pour soi, les émotions finissent toujours par trouver une autre sortie. Chez certains, ce sera un burn-out. Chez d'autres, une dépression, des addictions ou une colère permanente dont ils ne comprennent même plus l'origine. Certains retournent cette violence contre leurs proches. D'autres contre eux-mêmes. Et parfois, lorsque plus rien ne semble supportable, ce silence conduit jusqu'au suicide. J'ai appris à la dure que lorsque je garde tout pour moi, c'est mon corps qui finit par payer.

S'il y a bien une chose que mon suivi chez ma psy m'a apprise, c'est que parler n'est pas un signe de faiblesse. J'y ai appris à mettre des mots sur ce qui me traverse avant que mon corps ne décide de le faire à ma place. Cela n'efface pas tout. Mais on ne porte plus ça tout seul.

Depuis quelque temps, je remarque que je me livre beaucoup plus facilement qu'avant. Je n'ai plus ce réflexe de tout garder pour moi. Aujourd'hui, il m'arrive plus souvent de dire quand quelque chose ne va pas, même si ce n'est pas toujours facile.

Cette évolution m'a aussi permis de nouer une relation que je n'aurais jamais imaginée il y a quelques années. J'entretiens une correspondance avec un homme qui est devenu un véritable ami. Au fil de nos échanges, nous avons fini par parler de nos blessures, de nos doutes, de notre santé mentale, de nos peurs... Il y a encore quelques années, je n'aurais jamais imaginé avoir ce genre de conversations, encore moins avec un autre homme. Nous évoquons nos fragilités sans chercher à paraître plus forts que nous ne le sommes réellement. Il n'y a ni compétition, ni jugement, ni tabou. Juste deux hommes qui osent dire des choses qu'ils n'auraient sans doute jamais dites ailleurs.

Je me demande parfois si ce n'est pas justement l'écriture qui rend cette sincérité possible. Derrière un écran, on a le temps de réfléchir. On peut effacer une phrase, la réécrire, hésiter, puis finalement envoyer un message que l'on n'aurait probablement jamais osé prononcer à voix haute. L'écriture offre cette distance qui rend parfois la sincérité plus accessible. Cette correspondance est devenue un endroit où je n'ai plus besoin de faire semblant que tout va bien.

Pour autant, je suis loin d'avoir réglé toutes mes difficultés. La communication avec mon père reste très superficielle. Il y a des conversations que nous n'avons jamais eues. Peut-être que nous ne les aurons jamais. Ce n'est pas de sa faute, ni de la mienne. Nous avons simplement appris le même langage, celui où certaines émotions restent silencieuses.   C'est aussi ce qui m'a touché dans le livre de Sikou Niakate. Les discriminations qu'il raconte sont très différentes de ce que j'ai vécu. Pourtant, je retrouve un mécanisme commun. Lorsqu'une société t'apprend qu'une partie de toi n'est pas acceptable, tu finis par devenir celui que les autres attendent. Et à force de jouer ce rôle, tu oublies parfois qui tu es réellement.   Je me demande parfois combien d'hommes vivent comme je l'ai fait pendant des années, en gardant pour eux tout ce qui les fragilise. Pas parce qu'ils cachent leur identité, mais parce qu'ils cachent leurs peurs, leurs doutes, leur fatigue et leurs blessures derrière une image de solidité que tout le monde valorise... jusqu'au jour où elle finit par s'effondrer.   Pendant longtemps, j'ai cru que les hommes ne savaient pas parler de leurs émotions. Aujourd'hui, je crois surtout que nous avons appris à nous taire.

Alors nous attendons. Nous attendons qu'un burn-out, une dépression, une séparation ou un deuil nous obligent enfin à parler. Et parfois, nous attendons tellement longtemps qu'il est déjà trop tard.

Peut-être que le problème n'est pas le silence des hommes. Peut-être est-il dans cette étrange idée qu'il faudrait d'abord toucher le fond avant de s'autoriser à dire simplement : « Je ne vais pas bien. »

 

 

 
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from Carnets de tout et de rien

Avertissement : Cet article aborde le thème de la maladie ayant entraîné le décès de mon frère cadet.

Coucher de soleil sur Arlon

Le matin du six juillet deux mille huit, un dimanche, restera la date la plus douloureuse de toute ma vie. Ce matin-là, vers huit heures, j’ai reçu un appel de mes parents pour m’annoncer le décès de mon frère cadet qui avait à peine trente-deux ans… Un séisme sans nom!

Plusieurs mois auparavant, il avait déjà été hospitalisé pour une hépatite A mais les médecins n’avaient pas vu que le pancréas était sévèrement atteint. Du repos lui avait été prescrit pour se remettre de cette hospitalisation mais chassez le naturel et il revient au galop. Mon frère était voué corps et âme à son boulot d’expert-comptable auquel s’ajoutaient des cours dans une haute école, une chorale et était encore l’organiste dans une paroisse. Cet emploi du temps n’était pas de nature à aider à sa guérison et son épouse ne lui apportait pas beaucoup d’aide… Les repas du soir, c’était plus souvent des plats de la friterie que de la cuisine maison… Je reste convaincu que cet acharnement dans les activités professionnelles et autres était une échappatoire à une vie de famille au bord de l’effondrement. Ce qui le retenait, c’étaient ses deux enfants, mon neveu, qui avait huit ans à l’époque, et ma nièce qui venait de naître au début de l’année.

Mon frère et moi avions eu une dispute sur le fait qu’il ne prenait pas de temps pour respirer… j’étais en rage de le voir s’enfoncer dans cette boulimie de travail et activités et je l’avais mis en garde, je m’en souviens bien, qu’un jour, il se lèverait et ferait une attaque ou quelque chose du genre s’il continuait ainsi! Cette dispute avait eu lieu lors d’un rare dîner en famille où même là, un dimanche, le téléphone n’arrêtait pas de sonner : des clients qui avaient besoin d’un renseignement urgent… Sérieusement, le dimanche midi?!

Son épouse ne m’aimait pas parce que je disais ce que j’avais à dire. Et pour être honnête, je ne la portais pas dans mon cœur, incapable de tenir un ménage, de faire la cuisine, toujours dans les jupes de sa mère et fainéante. Je me suis toujours demandé ce qu’il lui avait trouvé… mais bon, ne dit-on pas que l’amour rend aveugle… à moins qu’il n’y ait une autre raison, j’y reviendrai plus loin.

Trois semaines avant la date fatidique, il avait été admis aux urgences un vendredi soir car il avait des douleurs insupportables dans l’abdomen. A l’hôpital, il a fallu insister pour que l’on daigne lui administrer quelque chose pour calmer les douleurs. Quelques jours plus tard, il était transféré aux soins intensifs, mis sous respiration artificielle et sous sédatif tant il était agité. Une pancréatite aiguë avait été décelée et le pronostic vital était engagé. Commencèrent trois semaines de stress intense mais je refusais de baisser les bras et même si je n’étais pas très porté sur la prière, je croyais à la puissance que celle-ci peut avoir. Malheureusement, elle n’aura manifestement pas été assez forte pour le sauver…

Travaillant à Arlon avec les horaires irréguliers propres au personnel de train et n’ayant pas de voiture, il m’était difficile d’aller le voir aussi souvent que j’aurais souhaité mais je prenais de ses nouvelles chaque jour sans exception. Lorsque j’allais le voir, j’étais dévasté de le voir inerte sur son lit, lui qui était toujours occupé à quelque chose.

Quelques jours avant son décès, il y avait eu une amélioration et il avait pu même quitter le lit et prendre place dans le fauteuil. Espoir immense que les choses allaient s’améliorer.

Le weekend, j’avais de la visite d’un ami qui venait de loin et à qui je devais faire visiter la ville. La nuit du samedi au dimanche, vers deux heures du matin, je me suis réveillé avec un sentiment curieux. Une impression bizarre, quasi indescriptible, un lien rompu, un fil coupé… J’étais troublé et parvins difficilement à me rendormir. Arriva la nouvelle le matin vers huit heures. J’ai, par après, fait le rapprochement avec le malaise de la nuit et aujourd’hui encore, il m’arrive fréquemment de me réveiller sur le coup de deux heures du matin…

Lors de cet appel du dimanche matin, pour la première fois, mes parents me dirent qu’ils avaient besoin de moi à leurs côtés alors que jusque là, j’avais été transparent, inexistant. Malgré la contrariété, je n’ai pas hésité à prendre la route de Liège. C’est l’ami en visite qui m’y a conduit pour aller plus vite.

Une fois arrivé, je me suis demandé dans quel mauvais film je jouais… La mère de ma belle-sœur en train de tout régenter et intimant à mon neveu de huit ans de se conduire en homme et que dorénavant, c’était lui qui devait veiller sur sa mère et sur sa sœur! Comment peut-on mettre une telle pression sur un gamin de huit ans qui vient de perdre son père de surcroît!? Je sentais la colère monter en moi… mais je me suis retenu… cela n’aurait servi à rien et ça n’était pas le moment.

De la part de mes parents, je n’ai pas eu beaucoup plus de réconfort… et j’ai du encaisser pas mal de choses… A peine arrivé, j’étais déjà redevenu transparent… inexistant. Je peux comprendre que dans la douleur on s’égare et que perdre un enfant est quelque chose dont on ne se remet jamais tout à fait mais perdre un frère, est tout aussi douloureux et je n’ai eu droit qu’à un peu de réconfort de ma grand-mère maternelle, comme toujours. Elle-même était dévastée car ce n’était pas logique qu’il soit parti avant elle…

Le boulot m’avait donné congé pour le lendemain mais je me sentais inutile et finalement, je me demandais pourquoi j’étais venu… je décidai donc de repartir vers Arlon et par chance, j’avais une collègue qui était à Liège en voiture et m’a proposé un lift. J’ai rappelé le boulot pour dire que je viendrais travailler le lendemain, je préférais avoir l’esprit occupé par autre chose. De toute façon, il n’y avait plus rien à faire!

L’enterrement avait lieu le mercredi. Et ce fut le début d’une série d’événements déroutants! A l’église, je me suis rendu compte encore une fois combien j’étais inexistant et transparent. On ne m’a pas demandé si je voulais dire un mot et je ne compte plus les personnes présentes qui me demandèrent qui j’étais par rapport au défunt… c’était comme si je n’avais jamais eu de frère… J’étais entre tristesse et colère d’être traité comme un étranger alors que c’était mon frère que j’enterrais! Je ne suis sans doute pas le seul à qui ce genre de choses est arrivée et je ne souhaiterais à personne, pas même à mon pire ennemi, de vivre une chose pareille!

Je ne m’étendrai pas sur le comportement de ma belle-sœur tout au long de la journée et jusqu’à la mise en bière… hurlant des “pourquoi m’as-tu abandonnée?” à tout bout de champ! Comme si mon frère avait décidé de mourir!

Je suis reparti peu après la mise en bière, tant je n’en pouvais plus de cette mauvaise comédie… tout comme ma grand-mère d’ailleurs.

J’ai eu le contre-coup plus tard et une partie de mes problèmes de santé viennent de cette épreuve. Il y a néanmoins du positif, de cette épreuve, j’ai gagné deux belles amitiés avec deux personnes rencontrées sur Internet et qui sont devenues des amis très proches, deux amitiés qui durent depuis dix-huit ans!

Ce n’était pas la fin des contrariétés familiales cependant… Quelques semaines plus tard, me voilà soumis à un interrogatoire en bonne et due forme de la part de mes parents. La cause? Ma chère belle-sœur avait découvert des mails sur l’ordinateur de mon frère concernant des réservations d’hôtel et des rendez-vous avec des hommes. Lorsque j’ai demandé à voir ces fameux mails, comme par hasard, elle les avait effacé dans la colère… Sérieusement? Elle qui à peine deux mois après le décès de mon frère avait déjà quelqu’un d’autre!!!

Et voici que mes parents entrent en scène et avec des accusations à peine voilées, veulent savoir si j’étais au courant et si oui, pourquoi je le leur avais caché!!! Le fait était que je n’étais pas au courant et que quand bien même j’aurais su, ce n’était pas à moi à en faire part. Point! Inutile de dire qu’ils n’ont pas été satisfait de ma réponse et le pire a été lorsqu’ils m’ont demandé s’ils étaient des monstres au point que mon frère ne se serait pas confié à eux. Mon cœur hurlait, que oui, c’était des monstres qui nous avaient maltraités psychologiquement pendant de nombreuses années mais ma réponse fut simplement qu’il y avait des sujets difficiles à aborder avec eux tant leur esprit était étriqué.

Mon frère et moi, n’étions pas souvent d’accord entre nous mais il y avait une chose sur laquelle nous pouvions compter l’un sur l’autre, c’était le respect de la vie privée de l’autre tout en sachant que l’autre serait là dans le besoin. J’ai toujours eu le sentiment que mon frère s’était sacrifié et avait gâché sa vie pour vivre une vie qui n’était pas la sienne et donner des petits-enfants à mes parents puisque moi, je ne leur en donnerais pas… Vous comprendrez que je ressens une certaine culpabilité par rapport à tout cela alors que je ne devrais pas, en fin de compte. Si mes parents n’avaient pas exercé des pressions concernant le mariage et d’avoir des petits enfants, sa vie aurait sans doute été toute autre et il serait peut-être toujours en vie…

Depuis dix-huit ans, je traîne ce poid immense et je n’ai pas encore vraiment réussi à faire mon deuil… avec une double culpabilité : je n’ai pas dire lui dire au revoir, le cercueil ayant du être refermé très vite et le sentiment qu’il a sacrifié sa vie…

Il y a aussi la manière dont il a été soigné qui reste questionable jusqu’à ce jour… J’ai bien tenté d’en savoir plus auprès des médecins de l’hôpital (qui ne reconnaîtront jamais qu’ils ont commis une erreur de jugement – pour eux, mon frère était alcoolique – et qu’ils n’ont pas fait ce qu’il fallait dès le début de l’hospitalisation, voire qu’ils avaient loupé la pancréatite quelques mois auparavant)… mais contre les médecins, c’est un peu être comme Don Quichotte… C’est aussi une triste réalité. Il me faudra rester avec cette cause de décès : septicémie due à une nécrose totale du pancréas et d’autres organes.

En perdant mon frère, j’ai perdu l’unique personne de la famille, hormis ma grand-mère maternelle, qui m’acceptait tel que j’étais et qui prenait ma défense et qui me rendait moins transparent et moins inexistant.

Mes neveu et nièce, je ne les vois plus, je suis persona non grata, un mauvais exemple aux yeux de ma belle-sœur. Subir l’homophobie dans sa propre famille, c’est le pire qui puisse arriver… mais ça, cela fait longtemps que j’ai décidé de ne plus m’en inquiéter. Et si mon neveu et ma nièce avait voulu, ils auraient pu me contacter, ils ne l’on jamais fait. et lorsque je les voyais chez mes parents, une tension, un malaise était palpable de leur côté.

Depuis 2008, la première semaine de juillet est un moment difficile à passer et j’espère que d’avoir, pour la première fois, mis par écrit mes ressentis, j’arriverai enfin à trouver une certaine forme de paix et à avancer. Pas un jour, que je ne pense à lui. Nul besoin de visite au cimetière pour ça! Penser à lui, me donne l’impression qu’il est toujours vivant quelque part au fond de mon cœur, c’est peu et c’est déjà beaucoup!

Un mot, pour finir sur la photo en début d’article : pendant plusieurs jours après l’enterrement, j’ai été au belvédère à Arlon m’asseoir sur un banc pour regarder le coucher du soleil, c’était un des rares moment où j’arrivais à m’apaiser; j’y repense à chaque fois que j’y passe.

Mon frère et moi sur la plage

Une photo du temps de l’insouciance sur la plage en vacances à la mer du nord où nous construisions d’immenses châteaux de sable.

#blog #deuil

 
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from Les carnets d'EricMSM

Introduction

Totemus, c’est une application pour téléphone qui propose des chasses au trésor en se baladant à la découverte d’une localité. Tantôt urbaines, tantôt campagnardes ou encore un mix des deux, ces balades accessibles à tous sont ludiques, et permettent d’en apprendre plus sur les lieux.

Ces chasses au trésor sont réparties dans toute la Belgique et le nord de la France et leur nombre augmente régulièrement.

Bienvenue à Neufchâteau, au rythme de l’eau

Cette balade de 6,3 kilomètres est assez facile et nous emmène à la découverte du patrimoine architectural, historique et naturel de la cité chestrolaise.

En répondant aux énigmes, Neufchâteau n’aura plus de secret pour vous! Je vous propose ici une découverte virtuelle de cette balade et espère qu’elle vous donnera l’envie de la faire vous-même. Si vous êtes prêt, allons-y!

l'auteur devant les lettres en 3D écrivant Neufchâteau

La balade

Nous démarrons de l’office du tourisme, où le visiteur trouvera de nombreuses publications, souvenirs et des produits locaux. Nous nous dirigeons vers un bâtiment qui est orné de la reproduction d’une carte du XVIIe siècle où l’on remarquera le château qui domine la région.

Ancienne carte de Neufchâteau du XVIIe siècle

Après avoir répondu à une première énigme, nous nous dirigeons vers le centre de la localité où nous pourrons voir quelques belles façades art-déco et après une énigme au Palais de Justice, nous découvrirons la villa Capon avant de quitter le centre urbain pour prendre un chemin dans les bois qui nous mènera à l’un des trois anciens moulins que nous croiserons sur notre route.

Chemin dans les bois

En longeant le ruisseau de Longlier, nous revenons en ville en contrebas du centre-ville.

Un jardin joliment fleuri le long du chemin

Non loin de la place du Faubourg, nous découvrirons le menhir de Neufchâteau. Il s’agit d’un bloc de quartz trouvé dans une sapinière des environs en 1970, il mesure deux mètres et pèse cinq tonnes! Ce n’est donc pas un menhir au sens strict du terme mais il est à l’origine d’une fête gauloise!

Le menhir de Neufchâteau

Nous poursuivons notre route et traversons la grand-route non sans remarquer un immense bâtiment qui n’est autre que l’ancien relais de la malle-poste qui avant que le chemin de fer ne naisse permettait de voyager à travers l’Ardenne.

L'ancien bâtiement de la Malle-Poste

Peu après, nous arrivons au petit vignoble installé sur une côte en contrebas du centre-ville avec la tour des Joncs qui se détache sur les hauteurs de l’imposant bâtiment de l’institut Saint-Michel.

Un chemin étroit offrant une alternative à la petite route

Le vignoble et sur les hauteurs l'institut Saint-Michel et la tour des Joncs

Peu après le vignoble, nous arrivons à l’étang Bergh, que nous allons parcourir par les chemins en caillebotis. On peut y voir batraciens, libellules, des oiseaux aussi et une végétation typique des fanges.

L'entrée de l'étang Begh

Sur les chemins en caillebotis sur l'étang de Bergh

Après avoir fait le tour et profité d’une petite pause pour observer la nature, nous ressortons et découvrons en face le moulin Klepper et son grand bâtiment blanc.

Le moulin Klepper

La balade va ensuite nous faire faire le tour du lac artificiel qui offre toute une série d’activités sportives ou ludiques, ou tout simplement un moment de détente sur un banc, sur la petite plage aménagée ou à la terrasse du bar.

Le lac de Neufchâteau

La base nautique et la plage du lac et une invitation à ne pas cueillir les fleurs sauvages

L’art est aussi présent dans cette balade avec cette première oeuvre placée sur les rives du lac. Mon homme est une oeuvre d’Agathe De Rouck. La statue est placée sur un bloc de schiste de sept tonnes!

Mon homme, une statue posée sur un bloc de schiste de sept tonnes!

Pour quitter le lac et rejoindre le centre sportif, nous avons le choix entre deux ponts de singe. Je vous laisse deviner lequel j’ai emprunté.

Deux ponts de sing, un large et un étroit.

Un dernier détour nous emmène auprès la fontaine aux poissons une oeuvre de Jean-Michel Folon que la ville a acquise en guise de souvenir d’une fête organisée par le comité local de l’Unicef.

Fontaine aux poissons

Nous retournons vers le vignoble et remontons les escaliers en découvrant l’oeuvre de street art des danois Kongstad.

Escalier décoré par l'oeuvre de Kongstad

Et nous voici bientôt à nouveau sur la place de l’église où l’on pourra s’informer sur les seigneurs de Neufchâteau et voir une maquette du château qui se trouvait là, dans le passé.

Panneau d'informations sur les seigneurs de Neufchâteau

Maquette en pierres de l'ancien château

Notre point d’arrivée, non loin de là, est notre point de départ et après une ultime énigme, il nous reste à trouver le totem caché quelque part près de l’arbre solaire. La boucle est bouclée!

L'arbre solaire

La balade terminée, on pourra se rendre à l’office du tourisme pour obtenir le badge de la Province et prolonger le plaisir en terrasse en face de l’hôtel de ville.

Accès en transports en communs

En train SNCB : gare de Libramont (InterCity Bruxelles – Namur – Arlon – Luxembourg) et ensuite un train L vers Neufchâteau (la gare est à 3 kilomètres du centre-ville)

En bus TEC : Ligne 87 Libramont – Neufchâteau – Léglise

Autres Informations et liens utiles

On trouvera des toilettes publiques soit dans le bâtiment du CPAS, soit à l’office du tourisme. Des pancartes indiquent les heures d’ouveture.

On trouvera dans le centre une boulangerie, une épicerie bio et des établissement horeca.

  • Site officiel de l’office du tourisme où l’on trouvera des informations complémentaires sur le patrimoine et les curiosités ainsi que d’autres idées de balades et randonnées pédestres ou à vélo.
  • Site officiel de Totemus

Carte du parcours

En cliquant sur la carte, vous pourrez accéder à son tracé que vous pourrez télécharger sous forme de trace GPX

Carte de la balade - clic droit pour ouvrir dans un nouvel onglet

English summary

A short and easy walk of 6,3 kilometers around Neufchâteau with a sort of treasure hunt.

Along the way, we’ll discover the past of the small city and it architectural, historical and natural heritage.

Some art creations are also visible underway and we would also be able to enjoy a short rest on the banks of the lake.

A good mix of nature, history and art for a nice day out without car as the tour is easy to reach with train/bus.

#outdoors #randonnée #RandoSansAuto #Hiking #WithoutCar #Nature #Patrimoine #Art

 
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from Libres Ébats

Souvenez-vous, quand les applis de rencontre sont arrivées, il y avait un côté terriblement séduisant. C’étaient la promesse de l’optimisation ultime du marché du désir. Plus besoin de perdre des heures dans des bars à décoder des regards ambigus ou à gérer le stress du rejet en face à face.

 

La machine nous offrait une interface fluide, de la data, des filtres, des cases. Tu coches ton orientation, ton rayon géographique, ton type de corps, et ce fameux rôle sexuel (actif/passif) dont on a tant de mal à se détacher.

En un clin d'œil, l'écran te sort un catalogue sur mesure. On a l’illusion de piloter sa vie sexuelle et affective avec une clarté limpide. Sauf qu’à force de filtrer le réel pour aller au plus vite, on a fini par industrialiser nos propres désirs.

La vérité, c'est que Tinder et Grindr n'ont pas été pensés pour libérer nos sexualités. Ils ont été conçus sur le modèle exact d'Uber ou d'Amazon, pour transformer l’autre en une ressource disponible en deux clics, livrable immédiatement au bas de ta porte. Le profil devient une marchandise, le swipe devient un acte d'achat, et le choix infini engendre... une insatisfaction permanente.

 C'est la logique pure du capitalisme appliqué aux corps. Pour que le système tourne, il faut créer un sentiment de manque perpétuel. Pourquoi s'investir dans une conversation, pourquoi accepter les failles ou la complexité de la personne en face, quand un simple mouvement de pouce te promis un modèle plus récent, plus performant et garanti sans bla-bla ?

 

Sur l'appli, l'industrialisation des corps est totale. En nous forçant à nous segmenter (tribu, rôle, statut,....), la plateforme fige les identités. On ne rencontre plus un individu, on consomme une catégorie. Les corps sont triés, hiérarchisés selon les critères les plus brutaux de la performance virile : l'érection garantie, le corps bodybuildé, la jeunesse éternelle.

C’est la foire aux morceaux de viande. Quelques minutes de connexion suffisent pour voir pleuvoir des dizaines de photos non sollicitées. On exhibe la marchandise pour appâter le chaland.

 

Le pire, c'est que cette logique marchande détruit l'essence même de la rencontre : l’imprévisibilité.

Sur l'application, l'acte est entièrement scripté avant même d'avoir croisé le regard de l'autre. Tout est contractualisé en amont dans le tchat. Qui fait quoi, où, comment, et dans quelle position. Il n'y a plus aucune place pour la spontanéité, pour la découverte ou pour l'égarement. On se pointe au rendez-vous non pas pour rencontrer un humain, mais pour exécuter un cahier des charges. On a transformé le frisson de l'inconnu en une simple mécanique de livraison, où la moindre surprise ou la plus petite imperfection physique sont vécues comme un défaut de fabrication.

 

Derrière la théorie, le coût humain est bien réel. C'est le nœud à l'estomac quand on ouvre l'application. Ces plateformes ont été construites comme des machines à sous de casino. On y cherche frénétiquement un « match », un message, une validation. Et quand le compteur reste à zéro, le verdict tombe, notre valeur sur le marché est dévaluée. On se sent invisible, périmé.

Et pour échapper à ce couperet algorithmique, on en vient à tricher. On ment sur sa taille, on ajuste son poids, et surtout, on négocie avec le calendrier. Il suffit de regarder le nombre incroyable de profils bloqués éternellement à 29, 39 ou 49 ans. On frôle la dizaine supérieure comme on frôlerait un précipice, terrifié à l'idée de basculer dans la tranche d'âge suivante et de subir le nettoyage des filtres des autres utilisateurs. Ce n'est pas du vice, c'est une stratégie de survie. Le système nous force à falsifier notre propre réalité pour avoir le droit d'exister sur le marché.

Mais le piège se referme aussi quand les rencontres ont lieu. Combien de fois s'est-on retrouvé face à un humain qui ne correspond en rien au profil que l’on avait mis au panier. Ou pire, face à quelqu'un qui est déjà mentalement en train de swiper sur son téléphone pendant qu'on lui parle.

On ressort de là avec une sensation de vide immense.  

Le génie pervers de ces applis, c'est leur pouvoir addictif. C'est un shoot de dopamine permanent. On s'épuise, on sature, on désinstalle l'application un dimanche soir par dégoût ou par fatigue mentale... pour la réinstaller le mardi suivant. Cet effet de manque est insidieux. On y revient non pas par désir réel, mais par réflexe, par peur du vide, parce que la machine nous a habitués à croire que la solitude ne pouvait se soigner qu’à coups de notifications.

C'est là que le piège devient purement comptable. Le business model de ces applis est en contradiction totale avec ton épanouissement amoureux. La machine n’a aucun intérêt à ce que tu trouves l'amour. Si tu trouves le grand amour, tu supprimes l'application, et la machine perd un client. Elle a tout intérêt à saboter subtilement nos chances de réussite pour prolonger votre quête à l'infini.

 

Alors, on fait quoi ? On supprime tout pour partir vivre en ermite ? Ce serait hypocrite, et ce n’est pas mon genre. Les applis sont là, confortables, bien installées dans nos vies. Elles ont leurs avantages malgré tout, elles restent un formidable brise-glace pour les timides, un raccourci magique quand on débarque dans une nouvelle ville, et le moyen de faire des rencontres qu'on n'aurait jamais croisées dans la vraie vie.

Il n’y a malheureusement pas de solution miracle, mais on peut déjà commencer par réintroduire du « temps mort ». On peut décider de désactiver les filtres trop stricts pour laisser sa chance à l'inconnu, ou s'imposer de discuter plus de trois jours avant de se caler un rendez-vous, histoire de redonner de l'épaisseur à l'humain derrière l'écran.

Sortir de la consommation, sous les draps comme sur nos écrans, c'est refuser de noter le mec en face comme une vulgaire livraison Deliveroo. C'est réapprendre le vertige de l'imprévu, accepter la panne, et s'autoriser une vraie discussion sans exiger qu'elle se termine forcément par une performance sexuelle normée.

 

 
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from Carnets de tout et de rien

Avertissement : Cet article évoque de manière littéraire ma toute première expérience intime, il y a près de quarante ans. Je la relate car elle m’a marqué de plusieurs manières et aujourd’hui encore, j’ai de la reconnaissance envers celui qui m’a initié. Ce texte ne contient rien d’explicite! A lire avec esprit d’ouverture néanmoins.

Introduction

Précisons tout de suite, cet article n’a rien à voir avec la chanson de Jeanne Mas même si elle est de la même époque et que c’est une bonne chanson!

Par la force des choses et bien malgré moi, j’ai été précoce dans pas mal de domaines… Trop tôt devenu adulte et souffrant d’un manque d’affection, j’avais compris très vite que j’étais différent et à quinze ans je rêvais déjà de me blottir dans les bras d’un homme, et à dix-sept, je suis passé du fantasme à la réalité.

Nous sommes donc en 1987. A cette époque, il y avait un journal toutes-boites dans la région liégeoise qui s’appelait Publi-Hebdo et dedans, il y avait des annonces de rencontres y compris d’hommes cherchant des hommes. Souvent, il y avait soit un numéro réponse à adresser à la gazette mais parfois, certains donnaient un numéro de téléphone. Je scrutais ces annonces avec envie. J’ai même osé téléphoner d’une cabine à certains mais sans succès comme on s’en doute.

Mes rêves étaient souvent peuplés d’hommes, souvent des acteurs de séries télévisées… Je me souviens particulièrement de l’acteur incarnant Francis 14 dans l’âge de cristal qui revenait souvent… Je remarquais aussi que je n’avais d’yeux que pour les hommes pendant que mes camarades de classe étaient plutôt portés sur les poitrines saillantes de certaines chanteuses ou actrices. Oh, il y avait des chanteuses ou actrices que je trouvais belles mais sans plus. Par contre certains chanteurs ne me laissaient pas indifférent. Habitant près de l’Allemagne et des Pays-Bas, j’avais aussi accès à des lectures autres comme le célèbre magazine allemand pour jeunes et donc grand public Bravo et ses pages sexo pour les jeunes… Quelque chose d’inimaginable en Belgique à l’époque. Ce magazine existe toujours aujourd’hui!

En 1987, on était majeur à 21 ans, j’étais donc encore loin d’avoir le droit à fréquenter clubs, bars, saunas ou même acheter une revue spécialisée comme on disait et bien qu’elles furent censurées, elles s’exposaient sans retenue dans les vitrines des kiosques de gare et même chez le marchand de journaux au coin de la rue! Je me souviens qu’il y avait en vitrine des revues homo aussi au titres évocateurs comme Nous ou Boys. C’étaient de petits formats remplis d’histoires stimulantes mais tout cela me restaient inaccessible.

J’avais beau n’avoir que dix-sept ans, je savais, par je ne sais quel miracle où se trouvaient certains lieux de drague homosexuelle en ville. J’avais un peu peur de tomber sur quelqu’un qui me connaisse ou connaisse mes parents alors pour ma première expérience, j’avais choisi la capitale.

Direction Bruxelles

Je ne me souviens plus exactement de la date mais ça devait être fin 1987; mon frère cadet rendait visite à une copine avec qui il s’était lié d’amitié lors des vacances à la mer durant l’été. Comme il n’avait que onze ans, je l’avais accompagné et déposé chez sa copine et devait le récupérer en fin d’après-midi. Pour moi, le programme était différent, il y avait du tram et du métro au programme mais autre chose aussi…

Quelques temps auparavant, j’avais remarqué un curieux manège dans la mezzanine de la gare centrale dans les environs du kiosque à journaux qui se trouvait là à l’époque, il y faisait assez sombre (par comparaison avec aujourd’hui). Ce kiosque avait une vitrine où trônaient toutes les revues spécialisées et j’avais remarqué que des messieurs allaient et venaient ragardant ces revues avec intérêt, s’en allaient et puis revenaient.

Soit, je ne sais ce que j’imaginais mais j’avais envie d’être dans les bras d’un homme et cette envie m’a poussé à moi aussi, déambuler et m’arrêter devant les revues. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’une épaule frôle mon épaule. L’excitation est à son comble mais la panique aussi! Je fais comme si de rien n’était et me remet en marche, passe près du gars qui me sourit. Je reviens vers le kiosque et le voilà qui me frôle à nouveau avant de s’éloigner vers la sortie de la gare dans la rue Ravenstein. Il se retourne pour voir si je le suis. J’hésite, pas très longtemps, et le suis. A la sortie de la gare il s’arrête et moi, pris de panique, je passe comme une fusée devant lui sans m’arrêter et sans le regarder. Je m’arrête un peu plus loin, il est toujours là, il me regarde et me sourit. L’envie étant plus forte que la crainte, je reviens sur mes pas et lui lance tout de go “Vous êtes homosexuel?”. Comme entrée en matière on a vu mieux, je n’en reviens toujours pas que j’ai pu dire une chose pareille à un inconnu en pleine rue! Il me répond posément que oui, il était homosexuel et me retourne la question. Je lui réponds que je ne sais pas encore bien. Il me propose alors d’aller vérifier cela chez lui. Il habite pas loin de là, dans le quartier Louise. J’hésite un instant, j’ai quand même mon frère à récupérer… Quel affaire s’il m’arrivait quelque chose et que je ne sois pas là à l’heure indiquée… Me fiant à mon instinct, je décide de suivre ce jeune-homme et nous voici à la rue Royale pour prendre un tram en direction de la place Stéphanie. Je lui explique que je dois être à tel endroit à tel heure et il me rassure, j’y serais sans faute.

Le grand moment

Plus moyen de reculer, et d’ailleurs, je n’en ai pas vraiment envie. Nous arrivons dans un petit appartement et j’ai une image encore assez précise du lieu et notamment de ce lit à même le sol avec une sorte de moustiquaire noire qui le transforme en nid ou cocon.

Si pour beaucoup, la première fois reste un souvenir assez flou et pas spécialement transcendental, ce ne fut pas le cas pour moi. C’était très doux du début à la fin et avec beaucoup de prévenance. Il m’avait même donné le conseil de voir un urologue car je souffrais d’un phimosis.

J’ouvre ici une parenthèse : Conseil que je n’aurais jamais eu de mes parents, et qui me vaudra un énième dispute avec mon père… mais au moins, j’aurais tenu bon et même s’il n’était pas d’accord, je suis quand même allé voir l’urologue qui avait été formel : soit on pratiquait une ablation du prépuce, soit j’allais vivre malheureux (ses propres mots) toute ma vie. Une opération faite à la mi-juin 1988 malgré l’opposition de mes parents mais mis devant le fait accompli, ils ne purent rien faire, l’urologue avait joué finement, merci à lui! Mon père a fait un scandale à l’hôpital et j’ai du le faire mettre dehors mais ça, c’était une habitude… malgré tout, pour la première fois de ma vie et bien qu’étant mineur au sens de la loi, j’avais décidé pour moi-même et non pas laissé décider quelqu’un à ma place de ce qui était bon pour moi!

Retour à ce jour mémorable. Si j’avais encore des doutes sur mon orientation sexuelle avant ce moment partagé avec ce jeune-homme, ils s’étaient envolés mais une autre crainte apparût aussitôt… Comment mes parents allaient-ils réagir le jour où ils l’apprendront… je n’étais guère optimiste… et craignait de me retrouver à la rue… (bien que j’aurais sans doute trouvé refuge chez ma grand-mère maternelle).

Il m’a remis sa carte de visite et m’a invité à le recontacter si jamais je passais à Bruxelles. Bien sûr, ça ne s’est jamais produit. J’ai bien essayé quelques fois de le joindre mais sans succès mais une chose était sûre, j’avais envie de recommencer et je savais aussi où je devais me rendre pour ça! Et ça n’était qu’un début…

Une surprise de taille, des années plus tard

Il y a des années de cela, au détour de la lecture du journal Le Soir, je m’arrête sur un article et surtout sur le nom d’un pédopsychiatre qui parle de son nouveau livre. Et stupeur, le prénom, peu courant, et le nom de mon premier amant apparaît en toutes lettres! Beaucoup de choses s’éclairent dans mon esprit qui explique pourquoi cette première expérience fut aussi marquante et reste un souvenir éveillant une certaine nostalgie quand j’y repense.

Il y a peu, j’évoquais avec un ami cet épisode de ma vie et en cherchant sur Internet, j’ai trouvé plusieurs pages sur ses livres et ses activités qui ont confirmé que pour une première expérience, je n’aurais pas pu mieux tomber!

Conclusion

Je suis reconnaissant envers cet homme car cette rencontre fortuite m’a donné du courage pour la suite et a surement contribué à l’acceptation de moi-même et à mon auto-détermination.

Néanmoins, aujourd’hui encore, je m’étonne de l’audace et de l’aplomb avec lesquels j’ai abordé ce jeune-homme à l’époque et je me dis que j’étais quand même inconscient dans un certain sens… mais cela est bien connu, les adolescents sont souvent téméraires et impulsifs et je n’ai pas échappé à la règle pour une fois!

Cette histoire peut-être vue en miroir avec un autre billet que j’ai écrit auparavant.

#blog #PremièreFois #homosexualité #adolescence

 
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from Journal d'un libre-penseur chrétien

J’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer dans d’autres articles, il y a un rituel le matin que j’ai gardé de mes séjours en abbaye, une lecture biblique et un psaume pour commencer la journée.

En abbaye, il y a la liturgie des heures d’une part et l’eucharistie de l’autre. Vous pourrez vous référer à l’article spécifique que j’ai écrit sur ce sujet particulier ici.

Les laïcs (c’est-à-dire les catholiques non ordonnés) peuvent nourrir leur prière avec la prière du temps présent qui est une forme allégée de la liturgie des heures.

Pour les protestants, il n’y a ni bréviaire, ni liturgie des heures et la prière est fondamentalement différente de la prière catholique ou orthodoxe. En effet, pour le protestant, la prière est un dialogue avec Dieu et pas une oeuvre de piété pour obtenir ses bonnes grâces. Pas de prière aux saints ou à Marie, Soli Deo, Dieu seul et Jésus comme seul médiateur entre Dieu et les hommes. La prière du protestant est simple, avec les mots de tous les jours comme un dialogue avec un ami et peu importe l’endroit ou le moment, l’important est d’être honnête et également qu’elle soit surtout orientée vers les besoins des autres et du monde. Un article plus détaillé sur ce sujet peut être consulté sur le site Regards Protestants.

Pour ma part, ce moment au lever est avant tout un moment de méditation, un moment pour penser aux personnes qui me sont chères (qu’elles soient vivantes ou non) et nourrir ma réflexion.

Si il n’existe pas de bréviaire ou de lectionnaire, on peut malgré tout trouver des ouvrages divers (en version papier ou digitale) pour nous aider dans cette démarche.

J’en ai testé plusieurs au fil des années et il y a deux publications dans lesquelles j’ai trouvé une nourriture spirituelle qui me convient et je vais vous les présenter brièvement :

Paroles et Textes (Losungen)

C’est un petit livre format poche qui existe depuis près de 300 ans et qui est édité par la Herrnhuter Brüdergemeine qui est une des plus anciennes église protestante, antérieure même d’un siècle à la réforme de Martin Luther. Cette fraternité est née dans l’actuelle Tchéquie mais suite à l’excommunication et la condamnation au bûcher de Jan Hus, les frères ont fui vers l’Allemagne actuelle, dans un petit village du nom de Herrnhut au fin fond du land de Saxe. On pourra lire plus en détail sur la page Wikipédia.

Ce petit recueil contient pour chaque jour de l’année un verset de l’ancien testament et un du nouveau testament qui se répondent, puisés parmi des centaines de versets et un petit texte d’accompagnement.

C’est une manière courte et simple pour entamer une méditation ou simplement voir la journée qui s’annonce ou qui s’est passée à travers le prisme de ces versets.

A titre d’exemple, voici ceux de ce samedi 27 juin 2026 :

“Ne laisse pas mon cœur dire des paroles méchantes, ni faire du mal avec ceux qui font le mal. (Psaume 141, 4)

Avant, vous étiez dans la nuit, mais maintenant, en étant unis au Seigneur, vous êtes dans la lumière. Vivez comme des gens qui appartiennent à la lumière. (Ephésiens 5, 8)

Jésus le Christ, lumière intérieure, ne laisse pas mes ténèbres me parler! Jésus le Christ, lumière intérieure, donne-moi d’accueillir ton amour! (All. 61-18)”

Pain quotidien

L’autre outil que j’utilise pour ce moment d’introspection matinale propose lui un verset et un psaume du lundi au samedi avec un texte de réflexion qui souvent est ancré dans le monde actuel. Il permet aussi en huit années de lire l’entièreté de la Bible, chaque livre, au début, est présenté pour le resituer dans son contexte historique et politique. Le dimanche, on a au choix, deux courtes lectures et un psaume ou les lectures de l’UEPAL (Eglise Protestante Unie d’Alsace-Lorraine). On peut bien sûr lire l’ensemble si on le souhaite!

On peut lire chaque jour en ligne ces lectures que l’on trouvera ici.

Cela peut paraître peu mais c’est déjà beaucoup si l’on s’applique à méditer ce que nous lisons. Et comme écrit plus haut, ce qui caractérise les protestants, c’est le dépouillement, la simplicité dans la prière et il ne s’agit pas de faire des oeuvres de piété qui ne rapportent rien à leur yeux.

Ecouter, entendre ce que la Parole veut nous dire de notre vie personnelle et plus généralement du monde qui nous entoure, c’est là l’essentiel de cette démarche.

Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. (Matthieu 11,15)

En conclusion

Si je dois bien avouer que je ne suis pas un croyant ordinaire (je ne suis même pas sûr d’être croyant), ces lectures m’apportent chaque matin matière à réfléchir et sont comme des perles de sagesse. Et même si Dieu est un ami imaginaire, qu’importe si cela fait du bien et permet de se décentrer, de regarder vers les autres autant qu’à l’intérieur de soi.

Ce fût pour moi une libération extraordinaire le jour où je suis passé de l’autre côté (du catholicisme rigide et formaté au protestantisme libéral). Le poids des dogmes, des formules toutes faites qui finissent par sonner creux… Ici, c’est tout le contraire, la Parole est redécouverte à la lumière de chaque jour!

Je termine par une petite parole trouvée dans mon éphéméride favori car je lui trouve une résonance particulière avec ce qui vient d’être dit plus haut:

Devant la douleur d’un ami, le mieux est de se taire. Les paroles n’ajouteraient rien au réconfort de notre présence.

 
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