Chapitre V — Déjeuner sur l'herbe

Avec mon compagnon, tous deux entièrement nus et récurés, nous allâmes dehors par la véranda où nous attendait Mark, tout habillé avec une certaine élégance. Point de Félix en vue mais je ne m’en étonnai point.
“— Bon, vous êtes bien préparés ? Lolo, tu lui as expliqué ? À peu près ? Bien, c’est simple. Vous faites partie des animations de la journée, vous faites tout ce qu’on vous dit, dans les limites de nos règles. Les membres et les invités payent cher, il ne faut pas les décevoir ! Ils viennent ici chercher des choses qu’ils ne trouvent pas ailleurs et qui les sortent de leur ordinaire de couple ou du Cap d’Agde. Aujourd’hui ils seront particulièrement nombreux et il y aura des gens bien, alors je compte sur vous.”
Après cette longue tirade, je me demandai ce qu’il entendait par des gens “bien”. Il voulait sans doute parler de membres fidèles, voire de notables du coin ? S’étant jusqu’alors plutôt adressé à moi car mon voisin semblait être un habitué, il reprit cette fois à notre adresse commune :
“— Le programme aujourd’hui est assez dense et long, il y a des trucs qu’on n’a jamais essayé avant. Vous verrez au fur et à mesure, on vous guidera. Ne soyez pas trop étonné au début, vous allez contribuer au service du buffet de manière… inhabituelle.”
Je pensai alors que nous servirions les invités entièrement nus, eux habillés, comme je l’avais vu déjà conter sur le blog d’une relation. Exhibition et état de vulnérabilité induit par la tenue d’Adam procurent une certaine excitation. Mais en fait, après nous avoir tous deux inspectés d’un air satisfait, il alla fouiller dans un coffre contre le mur duquel il sortit plusieurs instruments.
Le premier était une barre de contrainte d’environ un mètre, terminée par deux bracelets en cuir qu’il nous attacha à chacun aux chevilles sans les serrer. Cela nous écartait les jambes tout en nous permettant de marcher, un peu cahin-caha mais nous pouvions nous déplacer selon les ordres reçus.
Le second était un pilori métallique assez fin et de la même taille, doté de trois trous, avec lequel il nous menotta les poignets de part et d’autre tandis que l’orifice central légèrement plus petit se refermait sur notre organe, l’ensemble de notre service trois-pièces saillant devant. C’était un objet intéressant, qui mettait bien en valeur mon devant malgré sa taille modeste, qui cachait une grande partie de mes poils pubiens, et surtout qui assurait que mes mains ne pussent rien défendre. Le parfait objet pour un soumis !
Ainsi équipés, il nous envoya dans le jardin attendre l’arrivée des premiers participants. L’herbe était désormais entièrement sèche sous nos pieds avec le soleil qui dardait et l’ombre qui manquait. Les tables étaient recouvertes de nappes blanches, mais bien sûr rien n’était encore servi. Nous étions postés de part et d’autre de la véranda, car l’arrivée se faisait par là, le jardin ne semblant pas avoir de portail extérieur.
Un premier couple arriva : en effet ils étaient tout habillés, chemise et jeans mais en sandales, et après avoir bisé Mark à l’intérieur, ils se dirigèrent vers nous. Nous n’avions pas droit à un salut, mais plutôt à un regard comme celui que l’on décoche devant un rosbif sur l’étal du boucher. Je me sentais un peu humilié, les jambes écartées et le membre enfermé et ainsi exposé, mais c’était bien le but. Une main passa sur mon torse, une autre soupesa mes bourses, et ils passèrent. D’autres suivirent et un rituel similaire se déroula, avec pour principale différence les points de contact et le style : qui une tape sur les fesses, qui un attardement sur mes aréoles, qui encore un bisou sur mon devant. Le jardin se remplissait, et notre nudité impuissante détonnait dans ce groupe exclusivement composé d’hommes, même si certains n’étaient guère plus vêtus que d’un short, d’un tee-shirt et de tongs.
“— Les amis !”, déclama Mark après que tous furent arrivés, on va prendre l’apéro. Vous avez le choix, les classiques, ou bien on vous propose bière à la lope.”
Une petite rumeur montra que l’intérêt avait été éveillé, à vrai dire pour moi aussi, tandis que Félix était apparu, également impeccablement vêtu en style smart casual, et nous guidait avec Lolo vers deux tireuses à bière. Celles-ci étaient positionnées côte-à-côte sur une des tables centrales, et il nous fit nous poster de côté de sorte que nos fesses se trouvassent à l’aplomb du robinet, nous tournant le dos l’un-l’autre, penchés à la perpendiculaire autant que le pilori nous le permît, la tête appuyée sur une autre table faisant un U avec la principale.
Le premier invité s’était emparé d’un bock à anse posé à côté, et sous la guidance de Félix, le positionna sous mon postérieur. Mon hôte ouvrit alors le robinet, et la bière s’écoula d’abord sur le bas de mon dos, puis trouvant son chemin tracé grâce à l’écartement forcé de mes jambes, suivit mon sillon avant de remplir le bock.
Une clameur accompagna le courageux, et deux files indiennes se formèrent afin que tous pussent profiter de cet apéro unique. La bière était servie à l’anglaise, c’est-à-dire presque tiède, et elle titrait probablement un faible taux d’alcool, de sorte que la sensation était physiologiquement agréable et chatouillait mon orifice. Mais l’impression d’être réduit à un simple objet donnait un sentiment particulier à ce service, dont je ne pus dire sur l’instant s’il me plaisait ou s’il me gênait.
Ils étaient bien une bonne vingtaine, et certains repassèrent plusieurs fois. Mon sillon était inondé de bière, et j’imaginai qu’il développait un arôme particulier, mais je ne crus pas qu’il conférât à la boisson un goût marqué, autre que celui de l’interdit et de la domination.
On allait passer aux plats. On nous fit quitter notre position, et à notre adresse :
“— Les lopes, vous vous nettoyez avant qu’on apporte la suite.”
Je ne savais pas exactement ce que Mark signifiait par là ni comment il envisageait la chose alors que nos membres étaient entravés, mais Lolo avait compris tandis qu’il se positionnait accroupi derrière moi et m’invitant de ses mains à me pencher en avant, se mit à me lécher longuement et avec application le creux du sillon, devant le public silencieux. C’était très émoustillant, et quand il eût fini je lui accordai la réciproque, m’assurant que son envers fût entièrement lustré pendant que je profitai d’un léger goût de cette bière qui ne nous serait manifestement pas servie autrement.
On nous fit installer tous deux côte-à-côte sur la grande table centrale, sur le dos et tête-bêche. Félix déposa alors sur tout notre corps divers aliments : saumon fumé et jambon en grandes tranches qui se retrouvèrent étalées sur mon nombril, mes cuisses, mes pieds et sur mes parties saillantes au milieu ; rillettes au niveau de mon thorax ; et fromage blanc aux herbes étalé sur ma poitrine.
“— Servez-vous, vous avez le pain ici et des couverts là”, et un mouvement général se fit vers le buffet, comme il est d’accoutumée dans ces manifestations quand la nourriture est servie, mais avec un petit plus de curiosité ici.
Le premier à se servir voulut la pièce de choix : le saumon placé sur mes parties, qu’il accrocha avec sa fourchette en prenant bien soin d’appuyer plusieurs fois avant qu’enfin il se décidât à le prendre. Les couverts étaient en bois, les dents restaient agressives mais je les trouvai stimulantes, ce qui provoqua en moi un commencement de raideur. Une nouvelle tranche vint remplacer l’ancienne alors que d’autres convives se servaient, et que des couteaux — toujours en bois — raclaient les rillettes et le fromage blanc, en s’attardant vigoureusement sur mes tétons et autour.
Puis de la guacamole suivit, étalée en tas sur mes tétons et au creux de mes bourses. Les chips de maïs pointues prenaient un malin plaisir à creuser dans ma chair, sous le prétexte de bien tout ramasser et en revenant sans cesse pour ne rien en laisser, même si elles dépassaient largement la frontière et caressaient vigoureusement des parties de mon corps qui n’en étaient visiblement pas encore couvertes.
Je m’interrogeais sur ce que ressentaient les participants tout en me disant que nous étions loin des règles d’hygiène dans les restaurants, mais j’y prenais plaisir. Mon corps était collant, graissé, sans cesse stimulé et offert à tous. J’avais presque l’impression que c’était un peu moi que l’on mangeait, ce qui me procurait une sensation bizarre et nouvelle.
Ce manège dura assez longtemps et des mini-quiches assez chaudes vinrent enrichir le menu, positionnées par Félix plus particulièrement au creux de mes bourses et sur mes seins, endroits qui étaient le plus sensibles à la chaleur — et pourtant il fallait bouger le moins possible afin que les aliments restassent en équilibre.
Cela incita chez un invité — celui qui avait le premier saisi son bock lors de l’apéritif — un mouvement de succion de chacun de mes tétons, se justifiant juste après de vouloir ne pas en laisser une miette. Cela donna le signal à un autre qui fit de même après avoir saisi une quiche, mais sa bouche s’attardant plus longuement encore sur mon membre qui saillait toujours et qui hésitait entre excitation et soumission, laissant régulièrement couler un filet d’humidité dont profitait celui qui mangeait la tranche ainsi assaisonnée.
Félix approcha alors qu’une petite foule s’était formée et que des mains indiscrètes et des bouches gourmandes avaient commencé à m’explorer le corps, et je compris qu’il voulait éviter que les choses ne s’emballassent trop tôt.
“— Patience, patience, on va d’abord finir le buffet”, et je compris — si j’en doutais encore — que nous passerions tôt ou tard à la casserole.
On desservit et on allait passer au dessert, mais avant cela bien sûr, il fallait nettoyer les tables ! C’est ce que je compris rapidement devant l’œil de Félix, et je m’attaquai le premier cette fois à entièrement lustrer le corps de Lolo. Il y en avait un peu partout : c’était collant, graisseux, il restait des morceaux, et tout fut englouti, léché, avalé, car c’était manifestement le seul repas dont je profiterai, les rogatons en somme. Mon alter ego fit de même et nous faisant face, nous pouvions agir de concert, alterner les assauts de nos bouches — car c’était un des seuls organes qui n’était pas sous contrainte —, nous embrasser à pleine langue au passage, et nous attarder sur nos membres que l’exercice durcissait bien qu’ils fussent toujours piégés.
Un cercle s’était formé autour de nous et ce spectacle de deux lopes entrelacées sur la table et se gobant réciproquement avec leurs seules lèvres en excitait plus d’un. Pour certains c’était visible, et quelques mains se glissaient même discrètement sous les pantalons et les shorts.
Une fois le corps en apparence immaculé à nouveau, on nous fit nous positionner à genoux sur un banc sans dossier le long de la table centrale, la tête appuyée sur cette dernière, le dos à l’horizontale, les jambes toujours écartées par la barre qui n’avait jamais quitté nos chevilles et qui dépassaient donc. Je pensais que cette position annonçait une nouvelle séquence bien plus sexuelle, tout en me demandant s’il n’aurait pas fallu alors ôter cette barre.
Cela prit une toute autre direction, quand Mark apporta de grands saladiers remplis de fraises fraîches et entières devant la satisfaction générale. Puis il amena également de grands bols de crème épaisse, qu’il versa sur nos dos en invitant ses hôtes à se servir. Le froid de la crème me fit tressauter ; cela ne dura point, mais créa une appréhension du prochain service similaire.
“— La crème est là, et si vous préférez on a de la Chantilly en bombe, vous pouvez vous en servir comme vous voulez.”
Le signal était donné, chacun prit plusieurs fraises avec une cuillère dans une petite assiette, puis à tour de rôle, saisies par leur queue verte, les imbibaient de crème en les frottant sur notre dos tartiné. Elles étaient fraîches également ! Et certains l’avaient compris, prenant un malin plaisir à les approcher aux endroits qui semblaient me faire le plus d’effet et en ménageant un effet de surprise pour le moment du contact. Cela provoquait à chaque fois un tressautement chez moi, mais j’appréciais les mouvements sinueux et créatifs qui étaient imaginés, allant bien entendu fouiller jusque dans mon sillon, qui s’en retrouva tout crémeux, littéralement !
Quelqu’un se rappela qu’il y avait de la Chantilly, et vida une partie de la bombe à l’endroit qui lui paraissait évident : entre mes fesses écartées. Alors sa fraise caressa longuement la crème mousseuse pour s’en imprégner avant de la gober d’un air probablement satisfait, et je ressentis la même chose que si l’on m’avait lubrifié avant de me proposer d’entrer. D’autres l’imitèrent, les fraises se succédèrent, et j’eus l’impression que certaines étaient tentées de s’inviter en moi. C’eut probablement été possible malgré la fragilité du fruit compte tenu de mon élasticité encore récente, ce n’eut probablement pas été bien grave si celui-ci s’y perdait sans espoir de retour, mais cela ne me disait rien du tout et je n’encourageai pas le mouvement.
L’idée en avait effleuré d’autres, qui devant les mêmes constats en avaient conçu une approche alternative et se permirent d’accompagner la fraise d’un doigt instigateur qui tentait alors de prendre un chemin différent à travers la Chantilly sans cesse renouvelée. Ouvert comme je l’ai dit, lubrifié par la crème, je n’opposai alors aucune résistance, et un majeur long et épais finit par m’explorer. Se léchant le doigt recouvert de crème, comme on le fait dans ces cas-là, il en inspira d’autres, et le dessert crémeux se transformait en exploration digitale de plus en plus longue et profonde. Ce n’était plus un majeur, mais deux, voire trois doigts qui s’invitaient en moi à travers la crème.
Ce fut à l’approche de Mark que l’activité se calma et redevint concentrée sur l’enduisage des fraises avec la crème. Le buffet touchait à sa fin alors que l’on débarrassait la table. Mais il fallait tout nettoyer, et on nous fit encore monter sur la grande table afin que chacun s’occupât de l’autre. Je n’étais pas un amoureux de la crème, mais celle-ci prenait bon goût en particulier quand ma langue fouillait mon partenaire pour m’assurer qu’il n’en restât aucune trace, orifice compris. Il fit ensuite de même, et cette langue lubrifiée par l’aliment m’excitait au plus haut point dans son mouvement intersillonnaire. Là encore, nous étions entourés par un cercle de spectateurs, dont certains ne cachaient même plus qu’ils avaient leur organe en main sous leur pantalon.
On nous envoya alors dans un coin de la haie, pendant que les tables furent débarrassées, leur nappe enlevée puis l’ensemble rangé près d’un mur. Debout que j’étais, tournant le dos à la scène, le membre et les mains toujours prisonniers, le moment me sembla approprié pour me soulager, car j’anticipais une nouvelle séquence particulièrement intense. Mon vis-à-vis trouva sans doute l’idée bonne et fit de même, le saillant apporté par le pilori le permettant sans nécessiter l’aide des mains.
Mais on nous vit, et quelqu’un fit un signe de la main que Félix aperçut. Celui-ci comprit. Je ne sais si cela nous était autorisé, s’il s’agissait d’une punition, mais il nous intima alors l’ordre de nous allonger sur l’herbe. Comme nous semblions avoir un peu de mal seuls et sous contrainte, il revint et nous libéra du pilori pénien, mais pas de la barre aux chevilles. Cela me soulagea de retrouver la liberté de mouvement de mes bras et la forme ordinaire de mon anatomie.
Mais je n’eus guère le temps de le savourer, car il répéta son ordre en le précisant, “à plat ventre”. Puis, à l’adresse de la foule :
“— On va passer à l’animation suivante, mais avant ça n’hésitez pas à passer aux WC, profitez de la nature si vous voulez”, en pointant dans notre direction.
C’était clair. La bière ayant fait son effet, et par une domination que je trouvais malsaine, le groupe vint se soulager sur notre dos à tour de rôle. Certains visaient les fesses, d’autres le creux du dos, d’autres encore — les pires — le visage. Cela dura assez longtemps, nombreux comme ils étaient, et l’humiliation que je ressentis en fut à son comble.
Pour moi, l’animation suivante avait déjà commencé.
Week-end à hommes

Récit érotique gay en douze chapitres, paru en janvier et février 2026.
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