Chapitre VI — Le feu de l'Enfer

Comme nous nous remettions debout, je vis que d’autres participants étaient arrivés entretemps. Cette nouvelle animation était particulièrement prisée, comme un reflet de l’état de la société moderne où faire souffrir l’autre semblait désormais accepté voire désirable ?
Je fus interrompu dans ma réflexion philosophique par un jet d’eau froid et puissant.
“— Allez les lopes, retournez-vous, penchez-vous, on nettoie tout ça pour la nouvelle animation. Et bienvenue aux nouveaux invités, approchez.”
Félix nous projetait un fort jet d’eau, armé d’un tuyau d’arrosage, et il ne s’arrêta que lorsqu’il jugea que nous étions parfaitement rincés. L’eau était froide, mais je la trouvai finalement rafraîchissante car le soleil nous dardait de ses rayons depuis déjà deux heures. Puis il nous guida vers l’étendoir à linge.
Celui-ci avait le bon goût d’être à l’ombre de deux grands arbres. Bien sûr, maintenant proche, je comprenais à présent son usage. Mark avait ouvert un grand coffre derrière nous, et en avait retiré deux ustensiles identiques, qui étaient en métal fin et avaient la forme d’un grand hameçon recourbé. Il fouilla ensuite pour présenter au public plusieurs objets similaires qui différaient par la taille de leur embout, comme pour leur demander leur sélection. Ce fut évidemment le plus volumineux qui recueillit leur faveur et qu’il retint donc. Il attacha ensuite une longue corde dans la boucle à l’autre bout, qu’il fit passer dans un des anneaux enfilés sur les câbles tendus en hauteur faisant ainsi poulie, puis retomber de l’autre côté.
La suite était claire, et je vins me positionner de moi-même au-dessus du crochet qu’il venait de lubrifier abondamment, la corde restant derrière mon dos. Mark introduisit alors le diamètre métallique imposant en moi, en poussant fort mais sans trop de difficulté, mon orifice ayant aussi été préparé plus tôt par des doigts crémeux. Il était immense ! Cinq centimètres de diamètre au moins, et dans cette matière inflexible cela ne pardonnait pas.
Il me fallut quelques minutes pour m’accoutumer pendant qu’il s’occupait de mon voisin, mais je me sentis bien et comblé. Je remarquai une fine tranchée sur le terrain entre les deux pylônes, assez profonde toutefois pour qu’on ne pût s’y tenir debout, alors qu’il tirait sur la corde pour tester la pression. Je compris pourquoi quand il finit de m’attacher par les poignets au haut des câbles avec des bracelets sanglés, et qu’il lesta la corde tombante avec un poids d’haltère accroché par une attache prévue à cet effet. Il faisait probablement dix à quinze kilogrammes ? En tous cas, il tira fortement sur le crochet anal, qui remonta en moi et exerça une telle pression que je dus lever les pieds pour me positionner. Je devais toutefois tenir ces pieds en arrière, toujours maintenus écartés par la barre de contrainte, afin d’éviter la tranchée tandis que mes poignets étaient retenus vers l’avant sans toutefois supporter mon poids ; je me trouvais ainsi, comme mon voisin juste après, debout et dans une position de cambrure extrême, sur la pointe des pieds et totalement à la merci de quiconque voulût profiter de moi.
J’aimais être soumis. Là, devant ce groupe qui avait suivi tous les préparatifs et qui semblait saliver d’avance des traitements qu’il pourrait m’infliger, je n’en menais pas large. Mais je les anticipais avec une appréhension teintée de désir, et mon membre libéré semblait vouloir l’exprimer.
“— Allez-y, faites vous plaisir. Vous avez des instruments ici”, en pointant vers le coffre. “Restez juste dans les limites du jeu, on a encore besoin de nos lopes pour la suite !”, conclut Mark.
Il sembla s’en aller, et je ne fus guère rassuré de me savoir sans protecteur désormais. Les curieux les plus courageux — manière de parler — s’approchaient déjà. D’aucuns fouillaient le coffre aux trésors, et en retiraient des équipements, certains avec un usage évident, d’autres encore à explorer. Des mains touchaient mon corps, une autre tirait sur la corde, me faisant rentrer un peu plus le crochet en moi.
Un premier s’avança, un martinet en cuir à la main. Il me le montra afin que je comprisse ce qu’il allait m’infliger, et je commençai à reconnaître des visages parmi cette foule initialement anonyme pour moi. C’était encore le primo-bock et il était décidément parmi les plus audacieux. Passé derrière moi, il me caressait le corps et chaque fesse alternativement avec l’objet, créant en moi un mélange d’appréhension et d’excitation. Clac ! Un premier coup suivi d’un autre, et une rafale délicieuse s’abattit sur moi, chauffant alternativement chaque hémisphère, puis le dos par moments.
Mais je ne criai point car j’étais habitué à ce type de traitement et, à la vérité, j’adorais ça. Cela se remarquait côté face, ce qui incita un autre à utiliser sur mon membre gonflé une roulette à piquants, dans un mouvement de va-et-vient et avec une pression grandissante. Il passa ensuite à mes tétons, le premier puis le second, et revint en bas. Pendant ce temps, le martinet avait arrêté son ouvrage, mais je sentais une caresse d’autant plus redoutable qui me préparait à un nouvel assaut. J’agrippai les sangles avec mes mains.
Un nouveau, adepte du doigt crémeux auparavant, expérimentait des pinces. Convaincu après un essai sur son doigt qu’elles mordaient bel et bien, il s’approcha devant moi et en accrocha une autour de mon téton droit, prenant soin de l’enserrer autour de ses dents métalliques. La douleur fut intense. Elle diminua rapidement jusqu’à devenir supportable alors que mon corps s’habituait à cette nouvelle vascularisation. Le second fut pris au même piège. Je me retins de crier, tout en serrant les dents et fermant les yeux dans un mouvement de douleur sans ambiguïté. Cela plut à mon tortionnaire, qui accrocha alors de petits poids à la boucle qui terminait chaque pince. Je ne sais de quelle masse il s’agissait, mais cela tirait fort et renouvela la douleur.
Ce fut le moment que choisit le paddle pour s’abattre sur moi, après ses longues caresses préparatoires. Sollicité par tous les côtés, mes fesses frappées par cette raquette en cuir, la prostate chatouillée par le crochet anal et les tétons en feu, je criai plusieurs fois, en rythme avec les coups.
Et pourtant, mon avant exprimait autre chose, et offrait encore plus de surface à la roue dentée qui s’affairait dès que le paddle se reposait. Mais celle-ci était bien plus redoutable dès qu’elle chatouillait à sa manière mon bout de téton qui dépassait des crocs de sa pince. Mes orteils, seuls à supporter le poids de mon corps et donc à résister face à la gravité à la pénétration plus profonde du crochet, défaillaient par moments, me pressant en mon intérieur et provoquant par intermittences la sortie par mon organe d’un filet collant.
Tout mon corps transpirait abondamment. Douleur et plaisir se mélangeaient en moi et me montraient cette fois encore leur frontière floue.
Ce manège dura assez longtemps, probablement une bonne heure, pendant que les participants se succédaient à tour de rôle, et qu’on ressentait des sensations différentes avec chacun. Mon compagnon n’était pas en reste, mais à vrai dire je n’y pensais pas du tout à ce moment-là. Félix finit par s’approcher, et on me libéra des pinces, ce qui me causa une nouvelle douleur : je m’y étais habitué, en quelque sorte, et l’afflux soudain de sang créa une sensation très désagréable. Il ôta mes bracelets, relâcha la corde et la décrocha ; pour autant, le hameçon resta en place. Il fit de même avec mon voisin.
Puis après nous avoir libéré les chevilles de leur barre de contrainte, il nous entoura le cou avec un cuir, et enfin attacha une nouvelle sangle entre le crochet anal et ce collier, qu’il resserra autant qu’il le pût. Nous étions à nouveau cambrés et sollicités par notre arrière mais les mains et les pieds libres, alors que Mark nous avait rejoint, et que chacun de nos hôtes nous guidait vers l’une des banquettes molletonnées que j’avais avisées ce matin, séparant la foule en deux groupes. La mienne serait la rouge.
Je m’agenouillai sur les parties basses, puis me penchai sur la table au milieu de façon à y appuyer mon ventre. Mark s’occupa de passer les menottes en cuir d’abord à mes chevilles, puis à mes poignets en tirant mes bras en avant. Les membres ainsi enserrés et tendus, j’étais à nouveau prisonnier. Il montra un autre coffre à proximité, et conclut : “à vous de jouer.”
Ma position était électrisante, et si je n’étais pas pénétré de cet immense crochet, je pense que certains seraient passés à un nouveau type d’amusement. Mais il était bien là et son retour métallique fin passant dans mon sillon laissait exposé chacun de mes hémisphères pleinement et sans entraves. Dans cette position, il ne restait plus qu’une chose à faire, et la seule liberté était le choix de l’ustensile.
Cette fois je voyais le coffre tandis que le petit groupe en énumérait le contenu, et j’en salivais d’avance. Je pratiquais très régulièrement fessée et discipline, et je me sentais ici en terrain connu. J’entendais au loin que l’autre groupe avait déjà débuté, et les bruits secs et presque réguliers suivis de petits cris m’excitaient encore davantage par anticipation. Chacun s’arma et passa devant moi avant de pratiquer son art.
La tapette en bois, avec des trous afin de ne pas ralentir sa course, épaisse et assénant des coups sourds.
Celle-ci était courte. Paf ! Son frottement… Paf ! sur mes fesses… Paf ! avant chaque coup… Paf ! était inquiétant… Paf ! et rassurant à la fois.
Plus cinglante, la tapette en rotin, dont la longueur permettait une course supérieure mais qui perdait aussi en précision.
Le tapissier frappait de plus loin et la matière était plus mordante, mais restait parfaitement supportable — et je dirais désirable — grâce à sa grande surface.
La ceinture en cuir épaisse, plus difficile à manier mais diablement efficace.
Un premier coup bien placé cingla mes deux fesses d’un coup et nul doute que la lanière marqua ma peau à cet endroit. Aïe ! Je dus lâcher un cri, de surprise mais de délice aussi. Galvanisé, le tanneur recommença mais se rata la seconde fois et atteignit le bas du dos. Il se reprit et se rapprocha pour gagner en précision, et chacun de mes hémisphères en prit alors pour son grade pendant assez longtemps. Cela dut effacer la première trace, sous les coups répétés des autres. Je commençai à avoir mal.
Le martinet en cuir dur et court, que j’avais déjà expérimenté juste avant mais qui me donnait un plaisir renouvelé dans cette position.
Je l’avoue, c’est mon préféré, il est bien supérieur à celui en cuir doux à longues lanières. Il permet une certaine précision, et ses nerfs choisissent leur point de chute exact selon une volonté propre, chacun cinglant. Tchik ! Tchik ! Tchik ! Et comme je poussai des cris de plus en plus forts en rythme avec les oscillations de l’objet, cela motivait — à raison — mon tortionnaire à continuer de plus belle.
La raquette en cuir, mais pas comme la longue de tout-à-l’heure, non, la terrible, épaisse, fine et à trou, le paddle qui inflige à chaque impact un coup sec et mordant.
Mes fesses devaient déjà être écarlates, et j’étais désormais dans cet état où c’est l’attente de chaque coup qui est insupportable, et son administration libératrice. Aaaah ! Le premier coup fut terrible, asséné en plein milieu de ma fesse droite qui était en feu. Aah ! Je ne pus retenir un second cri alors que ma fesse gauche eut également son dû. Comprenant l’effet qu’il me produisait, le porteur de paddle m’administra une volée de coups qui me laissèrent pantelant.
Tous se succédèrent, et j’eus tout le temps d’en profiter quasiment jusqu’à l’orgasme, tandis que mes fesses chauffaient, rougissaient et en redemandaient, finissant par appréhender le moment de caresse et à espérer encore et encore. Oui. Clac ! Vas-y ! Encore ! Ah ! Aaah ! Plus fort ! Décuplant cet effet, le crochet qui me remplissait percutait ma prostate à chaque impact tandis qu’un mouvement réflexe de retrait me faisait vibrer au rythme qu’y imprimaient mes tortionnaires.
Je ne sais combien de temps cela dura, mais de l’autre côté l’action semblait s’être arrêtée, même si j’en voulais toujours plus bien que mes hémisphères brûlassent du feu de l’Enfer. Ce fut encore Félix qui arriva pour contrôler que tout allait bien, ce qu’il me demanda brusquement — et cette attention était suffisamment rare pour être appréciée, même s’il pensait sans aucun doute au bien-être de ses invités. Je le regardai à nouveau, et faiblement : “encore”, ce qui n’était probablement plus très raisonnable pour moi. Il laissa les invités continuer encore un peu pour leur plus grand plaisir, avant d’arrêter l’activité.
“— Bon, on fait une pause, il est bientôt dix-huit heures. On va passer à la prochaine animation, on a de nouveaux invités qui sont arrivés pour y participer.”
Déjà ! J’avais vraiment sévèrement pris, et j’aurais bien continué. Mais ce n’aurait pas été indiqué, et il fallait respecter le programme, vu que différents membres participaient à chaque séquence…
Lolo était déjà là depuis un certain temps à me regarder, et il attendait pour me passer une crème apaisante sur la peau. J’en avais en fait bien besoin. J’étais probablement rouge vermillon, et la chaleur était intense, aggravée par le soleil toujours dardant et la sueur produite par mon corps. Il finissait de l’appliquer sur mon épiderme à vif alors que Félix me détachait de la banquette, et je fis de même pour lui juste après car il en avait aussi nécessité.
Certains partaient déjà, et je vis que le public changeait. Le style aussi, le cuir et les harnais se substituaient aux chemises et aux pantalons, et les corps s’étaient dénudés assez largement. Je me souvenais bien de l’intitulé de la prochaine animation, et je me dis que je pourrai bientôt étancher ma soif…
On ne nous enleva à l’un et à l’autre ni notre collier ni notre crochet anal, et toujours cambrés, nous nous tenions debout au milieu de la foule en partie renouvelée, qui nous regardait semblait-il avec envie.
Mon regard visa la palissade à trous.
Week-end à hommes

Récit érotique gay en douze chapitres, paru en janvier et février 2026.
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