Et les cloches des églises se sont tues!

Cela n’échappe à personne, du moins pour ceux qui vivent dans de petites villes ou à la campagne. Du vendredi Saint à la nuit de Pâques le samedi soir (ou le dimanche matin), les cloches ne carillonnent plus.

La légende veut qu’elles s’en vont à Rome pour être bénies et en revenant, elles vont déverser des tonnes de petits œufs en chocolat pour le plus grand plaisir des (grands) enfants.

La dernière Cène et la Crucifixion de Jésus

Le jeudi Saint, au soir, nombre de paroisses organisent l’office du dernier repas de Jésus où le geste du lavement des pieds est souvent encore effectué. Cet office marque le début du Triduum pascal qui s’achève le samedi dans la nuit avec la messe de la nuit de Pâques (à l’instar de la messe de la nuit à Noël).

Le vendredi, la messe est célébrée et l’évangile est bien évidemment la passion du Christ qui selon les paroisses est “rejouée” par des paroissiens et le prêtre. Les hosties distribuées le vendredi Saint ont été consacrée lors de l’office du jeudi Saint. Le vendredi Saint, il y a également l’ostentation de la croix.

J’avais assisté une fois à l’abbaye de Clervaux à cet étrange temps liturgique catholique. Au lieu des cloches, c’était une crécelle qui faisait office de signal pendant les offices de la liturgie des heures.

Il est d’usage de considérer que Jésus fut crucifié sur le coup de midi (Sexte, la sixième heure) et qu’il expira dans l’après-midi (None, neuvième heure)… Vient ensuite l’attente jusqu’aux vigiles pascales et pour cette raison, il n’y a pas de messe le samedi en journée, c’est l’attente auprès du tombeau.

Le samedi soir, l’église abbatiale est plongée dans le noir, et dehors, les paroissiens se réunissent et reçoivent une chandelle et entrent dans l’église. Peu à peu, au fur et à mesure que les chandelles vont s’allumer en passant la flamme de chandelle à chandelle, l’église va s’illuminer. S’en suivra un très long office de nuit avant une série d’office le dimanche de Pâques.

Les œufs, les cloches et les lapins

Si en Belgique et en France, ce sont les cloches qui amènent les œufs à leur retour de Rome, en Allemagne, c’est le lapin qui les cache.

Mais pourquoi, diable, offrir des œufs à Pâques?

D’une part, les œufs ont une conservation limitée et au vu du carême (période de jeûne de quarante jours), il faut bien faire quelque chose avec tous ces œufs; d’autre part, c’est une tradition païenne ancienne qui remonte à l’antiquité. L’œuf est le symbole de fécondité et de renaissance. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Pâques tombe au printemps (même s’il y a une certaine concordance historique au vu des connaissances actuelles), le printemps, c’est le moment où la nature renaît, où la “création” est renouvelée.

Aujourd’hui, dans notre monde de surconsommation, toutes ces traditions se sont perdues et plus besoin de cuire des dizaines d’œufs pour éviter de les jeter et souvent, les oeufs durs ont été remplacés par des œufs en sucre ou en chocolat au point de friser la crise de foie!

On notera enfin, que contrairement à ce que l’on pense souvent, ce n’est pas Noël la fête la plus importante du christianisme mais Pâques! Et pour cause, c’est la célébration de la victoire de la vie sur la mort (qui pour les protestants libéraux est à voir de manière plutôt philosophique que comme une vérité historique avérée) et que l’on soit croyant ou pas, on ne peut nier que le monde renaît d’une certainement manière au printemps (pour l’hémisphère nord du moins).

J’en ai déjà parlé ailleurs, mais les juifs fête aussi la Pâque du Seigneur mais c’est une toute autre histoire et une tout autre signification : elle symbolise la libération des hébreux du joug égyptien avec l’ultime plaie d’Egypte où l’ange de Dieu évita de tuer les premiers-nés des hébreux à condition que ceux-ci aient aspergé le linteau de leur porte du sang d’un agneau immolé et mangé en entier (avec les tripes).

Il y a néanmoins une relative corrélation avec le sacrifice de Jésus sur la croix qui est l’agneau de Dieu immolé pour absoudre le peuple du pêché. Quelque chose qui choque nombre de personnes, y compris des chrétiens et montre un visage de Dieu qui est nettement moins sympathique que celui que Jésus a montré tout au long de sa prédication.

L’on dit que Dieu a tant aimé les hommes, qu’il a livré son propre fils. Je ne sais pas vous mais moi, ça me choque et ce n’est pas la seule chose qui me choque dans toute l’histoire biblique. J’aurais l’occasion de revenir sur tous ces aspects troublants du texte biblique au fur et à mesure des billets futurs.


Les écrits de ce blog reflètent les opinions et les réflexions de l’auteur se basant sur son propre parcours et ses propres connaissances acquises au fil du temps . Ils ne constituent en aucun cas une vérité absolue, au mieux ils se veulent matière à réflexion personnelle.

Merci pour votre lecture.

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