Chapitre II — Montre-moi

L’ordre ne souffrait pas de réplique verbale, et bien que je ne voulusse y résister, je jetai un œil vers Félix en face, qui continuait à nous regarder sans un mot, tout en consultant son smartphone. Nous filmait-il, regardait-il autre chose, je ne savais le dire précisément, toujours est-il que son regard n’exprimait aucune réprobation, rien de précis à vrai dire. Un nouveau coup d’œil vers le visage de Mark me confirma en retour que la voie était ouverte et que j’étais invité à le convaincre par l’action. Je quittai alors sa figure pour me consacrer à son corps tout entier, sous le regard de la vigie.
Puisqu’il avait posé son pied gauche sur moi, cela me paraissait une bonne entrée en matière. Je le pris délicatement dans mes mains alors qu’il s’allongea un peu plus sur le canapé, ses accoudoirs quasiment plats permettant de le faire confortablement. Son pied était beau et fort, avec des orteils parfaitement équilibrés et des ongles impeccablement coupés. Je me mis à les lécher un a un, commençant par le petit jusqu’à m’attarder sur le gros en le mettant en bouche en entier. Je me décalai un peu sur la droite pour recommencer plus consciencieusement encore, et j’en profitai pour ôter définitivement ce peignoir qui m’encombrait et me tenait chaud.
Je concevais le sexe seulement entièrement nu, c’est ce qui me mettait en condition, permettant de maximiser le contact charnel avec mes partenaires et aussi parce que cela me mettait dans ma position de soumis. Je léchai sa voûte plantaire puis ses orteils, encore et encore. Puis je remontai avec ma langue et ma bouche sur sa cheville et le bas de sa jambe, de manière caressante. Je goûtais ainsi à sa peau chaude et bronzée, captant sous l’odeur du savon sa fragrance corporelle.
Je ne voulais pas faire de jaloux et sans déplacer son autre jambe, j’allai m’occuper de son pied droit, qui était toujours en l’air appuyé sur le dossier, alors qu’il ne bougeait guère, la tête allongée sur l’accoudoir. Je remontais un peu plus haut dans mes caresses linguales, en y adjoignant mes mains, qui osèrent atteindre ses cuisses. Revenant à ma position initiale, j’attaquai l’autre cuisse et en alternance, mes doigts effleuraient tantôt l’une, tantôt l’autre jambe, dans un mouvement de bas en haut. Je ne montais pas encore plus, déjà il me semblait que le sang affluait à leur haut, mais je voulais prendre le temps.
Je me déplaçai encore un peu sur sa gauche, et je m’accroupis par terre afin que ma bouche et ma langue trouvassent ses aréoles, que je me mis à travailler avec componction. Doigts, langue, bouche et mordillements légers se succédèrent à leur assaut, assurant leur dureté et leur sensibilité. Mes mains caressaient sa belle poitrine, montant jusqu’à son cou et descendant sur son ventre et ses hanches, dans un mouvement sinueux et que je voulais aléatoire, même si leur destination convergeait vers son centre. Dans cette position, j’offrais probablement à Félix une belle vision de mon postérieur, et je me demandais ce qu’il faisait et s’il allait intervenir.
Mark prit ma tête dans ses mains et m’attira à lui afin de m’embrasser. Nos langues s’entrelacèrent longuement, et cet acte causait en moi un certain émoi visible. Il m’incita à me repositionner à nouveau entre ses jambes, qui étaient désormais toutes deux écartées à plat sur le large canapé. Cette fois mes mains puis ma langue ne s’arrêtèrent pas aux cuisses mais remontèrent plus haut encore, jusqu’à son organe contondant. Je m’attardais tout autour en en admirant avec envie la constitution : longueur, épaisseur, vigueur, tout me semblait parfait, jusqu’à son aspect veineux qui promettait mon bonheur. Ma main saisit le membre alors que ma langue besognait en dessous, pour finalement s’y diriger également.
Il avait bon goût. Déjà une humidité avait perlé et son arôme salé me plaisait. J’embouchai l’objet en entier et commençai un mouvement de va-et-vient, en laissant ma salive s’écouler et en serrant et libérant alternativement la pression de mes lèvres. Cela sembla lui plaire car son visage avait changé et exprimait plus d’émotion. Je pratiquai cet acte pendant plusieurs minutes, le sortant régulièrement afin de prendre une bouffée d’air pendant que ma paume et mes doigts assuraient sa stimulation continue.
Il se déplaça en me guidant, se remit plus droit dans le canapé, tandis que j’allai à nouveau à quatre pattes devant lui mais cette fois pour continuer avec application l’ouvrage commencé. Il plaça ses mains sur ma nuque et imprima lui-même avec vigueur les mouvements qui lui convenaient. Je devenais en cet instant une sorte d’objet où je n’étais plus l’acteur, mais le récepteur pendant qu’il alternait mouvements brusques et doux, et que son visage montrait sa satisfaction. Il finit par se lever doucement alors que ma tête était prise entre ses mains et par la bouche, et redoubla d’efforts pour satisfaire son envie debout, me forçant à une position accroupie sur les genoux. Celle-ci n’était pas inconfortable, mais ses mains m’attiraient tant sur son organe que ce dernier tapait au fond de ma gorge, à ce qu’il me semblât, provoquant une sensation pas si agréable et une salivation extrême en retour.
Nouveau mouvement de sa part, afin qu’il s’allongeât sur le dos tout en me plaçant sur lui, dans la position du soixante-neuf. Du moins le pensai-je, car si je l’avais toujours en bouche, plus épais et turgescent que jamais, il visa ailleurs quant à lui, étant plus grand que moi comme je l’ai dit. Maintenant mes jambes écartées et les genoux sur le canapé, je reconnus une sensation très agréable quand mon sillon se retrouva humecté par un objet un peu râpeux. Zone érogène s’il en est, cet endroit reçut son attention pendant tout le temps où je lui imprimai la mienne ailleurs, avec une impression de fraîcheur et une excitation anticipatoire de ce que cela préparait. Ses mains assuraient l’écartement de mes hémisphères, sa langue s’attardait à mon entrée et lubrifiait la piste, préparant son arrivée prochaine.
Ce fut encore lui qui décida qu’il était temps de changer de position. Il me fit installer sur le canapé de sorte que je fusse à genoux sur l’assise, les bras et la tête faisant face et appuyés au dossier. Il s’éloigna un peu avant de revenir, et passa une main enduite d’un liquide frais entre mes fesses. Je reconnus la consistance d’un lubrifiant, et je me dis que nous allions entrer dans le dur, enfin lui, enfin, en moi.
Mon excitation était à son comble.
La pédication est mon ultime désir et plaisir. Si elle n’est pas un but pour certains, pour moi elle représente tout et me procure une jouissance inégalée. Par son caractère résolument intime et homo, par la stimulation physique des muqueuses innervées et de la prostate, par la soumission qu’elle impose, c’est mon objectif principal dans le sexe.
Ses mains se posèrent sur le haut de mes fesses, et ses doigts en écartèrent la chair. Je sentis un corps chaud me toucher, aller un peu en haut, un peu en bas, trouver son chemin et taper à la porte d’entrée. Celle-ci avait laissé passer mon majeur sous la douche, elle ne céda pas devant ce nouvel invité, qui était bien plus imposant. Il y revint. Un peu plus, mais encore refoulé. Nouvelle promenade en haut, en bas, nouvel essai, encore une fois. Han ! L’accroche était là, le pied dans la porte en quelque sorte. Il ne lui restait plus qu’à terminer l’entrée en un mouvement progressif mais ferme, qui acheva tout-à-fait de m’ouvrir, bien que cela fût un peu douloureux compte tenu du diamètre qui me fut imposé.
Il le sentit, aussi resta-t-il immobile en moi pendant une petite minute. Puis il se retira, avant de rentrer à nouveau après le même temps de repos. Cette fois la porte céda plus facilement, et il commença à imprimer un mouvement lent d’avant en arrière. Mon intérieur s’habituait progressivement à ce nouvel hôte, et lorsqu’il se retira une fois encore, son entrée prochaine fut accueillie avec facilité.
Confortablement installé debout derrière moi et ainsi inséré, ses mains n’avaient plus besoin de me tenir tant écarté, et probablement aussi que son plaisir y avait moins intérêt, aussi empoigna-t-il mes hanches et me soumit-il à des aller-retours vifs et de plus en plus rapides. Progressivement rétabli de sa petite douleur initiale, mon orifice prenait désormais goût à ce tangage et je sentais presque chacune de ses veines à leur passage répété, augmentant l’intensité de la stimulation. Il ne fallait plus qu’il s’arrêtât, j’étais dans cet état où mon plaisir rejoignait probablement la force du sien.
Mais il finit par se retirer après probablement vingt minutes, alternant entrées, sorties et va-et-vient vigoureux. Il n’en n’avait pas terminé avec moi. Il me fit descendre du canapé et le contourner, pour me poster debout derrière le dossier cette fois, le ventre appuyé dessus et les mains sur l’assise. Il n’attendit pas pour se positionner dressé derrière alors que je regardais Félix qui était maintenant devant moi ; je vis que sa main avait abandonné le smartphone pour s’occuper de son intimité sous son peignoir et qu’il m’observait, certainement depuis le début.
Il sourit au petit cri que je poussai tandis que Mark faisait la même action en moi, son membre était tant dur et ma lubrification si complète qu’il rentra instantanément au plus profond. Il me tenait par les hanches et recommença de plus belle ses mouvements, mais dans cette position avantageuse pour lui il frappait également ma prostate. Cela faisait monter en moi une fièvre de plaisir et je commençais à en trembler et à ahaner de plus en plus bruyamment. Il sentait qu’il tapait juste et il continua, encore et encore, moi de même, perdant le contrôle de mes sens et de mon corps, dominé par son emprise et abandonné sur ce dossier qui soutenait le reste de ma masse charnelle.
Je ne pouvais plus réfléchir ni compter, cela me sembla durer une éternité mais celle-ci n’est jamais assez longue… Toujours est-il que j’atteignis l’orgasme en poussant des cris, les jambes tremblotantes et mon humeur coulant sur le carrelage en un long filet gluant, qui colla en partie à ma cuisse droite.
Cela semblait être ce qui manquait à Mark pour qu’enfin il explosât, et que sa virilité laissât échapper un flot interminable dont je sentis la chaleur envahir mon intérieur. Il ne cria pas, mais il accrocha son corps au mien et je sentis les pulsations répétées qui venaient d’en-dessous et qui nourrissaient une pompe dont les réserves semblaient inépuisables.
C’était merveilleux. Un orgasme partagé, c’est un sentiment très fort. Et accueillir sa générosité en moi, c’était le summum. Je suis en effet un adepte du bareback, je considère qu’une vraie intimité ne peut se contenter d’un écran pour nous séparer, et la chaleur moite qui nous pénètre et nous enveloppe à ce moment est le témoignage d’un instant unique.
Alors que je pensai que j’allais me reposer un peu après une bonne heure d’ébats, et qu’il me retourna pour que je lui fasse face, je vis qu’il n’avait pas pour autant perdu sa vigueur. Je commençai à me pencher afin de lui nettoyer le membre, quand il me fit prendre une voie différente et m’allongea sur le dos sur le canapé, le cou sur l’accoudoir plat et la tête penchée en arrière. Il se positionna alors debout devant ma tête à l’envers, et s’occupa de ma bouche et de ma gorge.
Je finis en général mon partenaire par un nettoyage en règle, là il allait plus loin en m’offrant le goût de son précieux liquide mélangé à celui de mon intérieur, mais jusqu’au fond de la gorge. Il fallait que je reprisse ma respiration fréquemment, encore tout chaud et transpirant de mes exercices précédents, et tout ce qui s’écoulait était impitoyablement déposé et avalé – ce que je pratique toujours de toutes façons.
Je sentis alors qu’on me tirait les chevilles de l’autre côté.
Félix entrait en scène.
Week-end à hommes

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À paraître : – Chapitre V — Déjeuner sur l'herbe – Chapitre VI — Le feu de l'Enfer – Chapitre VII — Gens de la fontaine – Chapitre VIII — Je suis de la partie – Chapitre IX — Le prisonnier – Chapitre X — Châtiment sans crime – Chapitre XI — Sur la plage, abandonné – Chapitre XII — Exposé
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