Chapitre III — La coupe est pleine

Le canapé était trop long, ou bien j’étais trop petit, mais il ne pouvait offrir simultanément mes deux orifices à des partenaires debout de part et d’autre, de sorte que la traction de Félix libéra ma bouche de l’emprise de Mark. Son membre dégoulina de salive sur mon visage tandis que je glissais inexorablement vers son vis-à-vis.
Ce dernier semblait ne pas vouloir s’encombrer de préliminaires, ses mains ayant d’abord saisi mes chevilles, puis au niveau des genoux, et enfin des cuisses alors qu’il plaçait mes pieds au niveau de ses épaules. Il était grand et fort, comme je l’ai dit, aussi me déplaçait-il sans effort pendant qu’il me soulevait un peu pour que mon seuil se positionnât au niveau de son organe qu’il avait déjà travaillé plus tôt en nous regardant. Je regrettai de n’avoir pu l’explorer d’abord comme je l’avais fait avec Mark, sentant qu’il tapait déjà à ma porte.
Il exécuta un robuste mouvement de reins et rentra tout à plein sans plus de formalités. Ouvert comme je l’étais déjà, encore bien lubrifié par mon expérience toute récente, il n’eut aucun mal, toutefois cela me fit pousser un grand cri car son diamètre était plus imposant encore que celui de son copain, comme je le devinai. Plus long également, car alors qu’il commençait un mouvement de retrait pour y revenir de plus belle, la course que j’en ressentis était impressionnante et surtout, arrivé en bout de quai, il tapait directement sur ma prostate.
Il se mit à pilonner mon orifice avec une vigueur et une profondeur extraordinaires, et je ne contrôlais rien sous ses assauts répétés, avec ses mains me tenant fermement tantôt les fesses, tantôt les chevilles, et accompagnant à rebours ses mouvement amples des hanches. J’ahanais bruyamment, alors que Mark revenait sur le canapé par ma gauche et s’accroupit dessus de sorte que son membre me bâillonnât à nouveau. En même temps, je sentais qu’il se penchait sur mon ventre, et j’imaginais qu’il allait cette fois-ci m’accorder ce soixante-neuf qui m’échappa tout-à-l’heure.
Mais je ne sentis rien sur mon avant, et tandis que je continuais à le travailler, il sembla émettre des gloussements étouffés après que Félix se fut retiré. Puis je sentis ce dernier m’emplir à nouveau, une nouvelle salve qui dura longtemps, un retrait enfin, et à chaque fois ces mêmes bruits de la part de mon porteur de bâillon. Je compris enfin qu’il s’était positionné juste au-dessus de mon arrière, bien au-delà de mon centre, et que Félix alternait le plaisir buccal et anal en nous utilisant tous deux à tour de rôle. Cette perspective accrut mon plaisir et ma satisfaction, en comprenant enfin comment ce couple fonctionnait et en savourant physiologiquement cette lubrification sans cesse renouvelée.
Après probablement un quart-d’heure de ce traitement, à chaque retrait il me semblait sentir un courant d’air alors que mon sphincter devait ne plus remplir sa fonction de fermeture et que son élasticité se figeait dans un cercle ouvert au diamètre que m’imposait Félix. Mark finit par se retirer du canapé, et je sentis les mains de l’autre glisser sous mes reins puis sous mes omoplates en même temps qu’il se penchait sur moi. Il n’eut aucun mal à me soulever de ses bras tandis que mon bas était resté fermement emboîté, et je me retrouvai littéralement empalé sur lui debout pendant qu’il se déplaçait jusqu’à atteindre le mur.
La gravité assurait la profondeur tandis qu’il vibrait toujours mais cette fois verticalement. Étant à sa merci, je voyais maintenant toute la pièce derrière lui, et Mark qui s’approchait dans son dos, puis qui s’accroupit et enfin qui disparut de mon champ de vision alors que Félix avait écarté ses jambes. Sous la sensation de fraîcheur humide qui balaya tout-à-coup mon sillon, je compris que son copain faisait jouer sa langue, tantôt sur moi, tantôt – je le devinai – sur Félix. Bien que je fusse un simple jouet dans ses mains, et il semblait qu’il l’entendît bien ainsi, cette position nécessitait de ma part un certain effort car je n’osais totalement relâcher le corps de mon porteur que je tenais fermement – précaution qui eût été probablement inutile immobile, vu la longueur de son instrument qui m’aurait retenu à lui seul, mais qui me paraissait indispensable vu l’énergie qu’il m’imprimait.
Il voulut changer de position. Alors qu’il avait manifesté ses intentions et qu’il me décrocha de son étreinte pour me poser debout à terre face à lui, je pus contempler son organe immense, et je me demandai alors comment j’avais pu le recevoir. Mes hémisphères écartés et un sentiment d’ouverture derrière moi me confirmèrent cependant que je n’avais pas rêvé. Il me semblait évident que le moment était adéquat pour le nettoyer, et tandis que je me penchais pour accomplir mon devoir, il me retint et d’un signe de tête, appela son copain afin que ce dernier me remplaçât. Il s’y appliqua, et cela me frustra de ne pouvoir le goûter, mais il semblait réserver ce privilège. Et voir un autre profiter de mon propre arôme avait quelque chose d’excitant.
Ceci ne dura pas longtemps, et Félix me guida fermement à nouveau vers ce canapé – qui, je me dis, avait dû en voir passer beaucoup d’autres. Il s’y allongea tout-à-plein, et je pensais enfin avoir la chance d’explorer ce corps d’ébène musclé, mais il me fit comprendre très rapidement le rôle qu’il m’avait dévolu : alors que sa virilité pointait fièrement vers le plafond, raide et imposante, il me fit asseoir dessus, face à lui. C’était donc à moi de jouer, les pieds et les mains sur le canapé autour de son corps, mes fesses rebondissant autour de son membre sous le mouvement que je leur imprimais. J’étais donc un peu le maître dans cet exercice, car je choisissais le rythme ; un peu seulement, car c’était moi qui était pénétré et dont l’intérieur était fouillé de fond en comble. J’adorais cette position, qui permettait une grande profondeur. Mais après dix minutes ininterrompues, je la trouvai fatigante.
J’avais du mal. Il était évident que ce n’était pas un adepte de la tendresse et probablement pas plus de l’érotisme, et il semblait vouloir m’utiliser comme un exutoire purement physique afin de se vider. Mais sa constitution était telle qu’il lui faudrait certainement une activité soutenue dans la durée pour qu’enfin son corps décidât de lâcher prise. De plus, après bientôt deux heures d’activité en mon plus profond, je me sentais totalement détendu, d’un côté toute douleur initiale avait disparu mais d’un autre, je n’opposais plus aucune résistance à son va-et-vient et ce malgré son fort diamètre. Même si je continuais à en éprouver du plaisir, je me demandais jusqu’où cela irait et s’il pourrait conclure en moi de façon satisfaisante pour lui.
Il me fit pivoter horizontalement, lui toujours en moi, et je continuai encore un peu sous ce nouvel angle. Mais il dut percevoir que je fatiguais, et nul doute que son organe ne se sentait plus assez fermement enserré pour être suffisamment stimulé. Aussi, il mit ses mains sous mes aisselles et me ramena en arrière, de sorte que je fusse allongé complètement sur lui, sur le dos. Il sembla également glisser sur le canapé, et je compris après qu’il se positionna afin que ses pieds touchassent le sol, les cuisses appuyées sur l’accoudoir plat. j’étais ainsi sur lui, la tête appuyée sur son torse et regardant le plafond, toujours profondément emboîté, les jambes dépassant du canapé mais encore trop courtes pour toucher le sol. Il se cambrait un peu de temps à autre, mais en un mouvement beaucoup moins ample que précédemment, comme une période de calme relatif. Il me tripotait les tétons de ses doigts puissants, et leur contact surprenamment un peu froid revigora mon excitation.
Une nouvelle stimulation en mon bas me sortit de la torpeur dans laquelle je commençais à sombrer, sous la forme d’un doigt probablement enduit de lubrifiant. Mark – dont j’avais un peu oublié l’existence – arrivait par cette direction, et après ce toucher initial, commença à écarter et à me soulever les jambes, afin de se positionner au plus près. Félix était bien sûr toujours en moi ; mais maintenant son copain toquait à la même porte, espérant qu’elle s’ouvrirait assez grande pour les laisser entrer tous deux.
Ce n’était pas ma première expérience. Mais la taille de leur organe, celui que j’avais déjà mangé et l’autre dans une session précédente, rendait le défi plus difficile. J’étais maintenu en position par les bras puissants de l’un et sollicité par l’autre qui tenait pour cela mes cuisses. Mais mon corps ne voulut pas céder. Il poussa, et commença à rentrer. Mais refoulé, il remit un doigt lubrifié, puis un second, qui tous deux finirent par trouver leur chemin. Alors il recommença. Son membre était dur, celui de Félix ne dégonflait pas, et après une nouvelle tentative, le quatrième assaut ouvrit une brèche. Pas encore totalement rentré, mais sur le chemin du succès, il attendit en maintenant la pression, sachant que le prochain profiterait du terrain gagné pour aller un peu plus loin en territoire ami.
Encore une fois. Puis, à la suivante, enfin il pénétra totalement. Je poussai un râle, mi-plaisir, mi-douleur, en tentant de supporter ce nouveau diamètre qui m’était imposé. Après une demi-minute, cela allait déjà mieux, et comme il le sentait aussi, Mark se mit à osciller en moi. Ses mouvements allaient gagner en intensité, même s’ils ne seraient pas aussi amples que les précédents de Félix, car il y avait moins de débattement possible si je voulais rester enchâssé dans ce dernier. Et je le voulais !
Nous parcourûmes cet état d’intimité pendant au moins dix minutes, et Mark se permettait même par moments de sortir totalement, avisant qu’il rentrerait ensuite aussi sec – manière de parler, car l’humidité était à son comble, alors que Félix me faisait coulisser sur lui et son copain et que tous deux râlaient également, même si c’était moins fort que moi. J’éprouvais un sentiment de plénitude extrême, à l’image de mon ouverture et de l’étirement qui m’était imprimé.
Les mouvements se faisaient de plus en plus rapides, les vocalises également, et Mark finit par se libérer en moi, comme l’exprima son visage et comme je le ressentis à la chaleur intérieure qui m’envahit. Je sentais ses pulsations, chacune amenant sa quantité supplémentaire, et cela sembla donner à Félix la stimulation qui lui manquait, car il poussa lui aussi un râle puissant et je me sentis littéralement inondé en mon sein de sa semence. Tous deux étaient encore en moi, finissant leurs pulsations et purgeant leurs humeurs, alors que j’étais dans un état de grâce.
Mark finit par se retirer, et se dirigea derechef vers ma bouche afin que je lui nettoyasse l’engin, ce que je fis goulûment jusqu’à ce qu’il fût quasiment sec, toujours allongé sur Félix. Ce dernier sortit alors également de moi et me remonta plus haut sur lui, dégageant son membre que j’aurais voulu de même astiquer. Là non plus je n’eus pas ce plaisir, alors que son copain s’y dirigea et s’en chargea. Cependant, il n’avala pas le précieux liquide qu’il garda en bouche et sur sa langue, puis il vint ensuite m’embrasser afin que j’en profitasse et que j’avalasse finalement le tout.
Mais le principal était encore en moi. Je me léchais les babines avec un regard explicite jeté vers Mark puis vers mon bas, qui comprit – et qui l’avait sans doute déjà conçu dans sa tête. Il alla chercher dans un meuble proche une grande coupe à champagne, qu’il ramena prestement. Alors que Félix se relevait et moi avec, il en inséra le pied entre les deux grands coussins de cuir, qui bien qu’ils fussent serrés permettaient qu’elle tînt ainsi debout et affleurante. Je sus comment me positionner et m’asseoir dessus avec attention, et les deux grands gaillards m’observèrent pendant que j’y expulsais l’ambroisie qu’ils m’avaient généreusement offerte. Il était assez amusant et excitant de voir ces deux hommes nus, maintenant presque au repos, attendre avec patience que j’eusse fini mon ouvrage.
Lorsque je récupérai la coupe, celle-ci était entièrement pleine, prête à déborder. La quantité était magnifique, fruit de deux heures d’un traitement où je fus à l’honneur et la récompense à la hauteur. Assis sur ce canapé, fourbu, dégoulinant de sueur, démonté mais content, je levai ma coupe à leur santé et savourai une gorgée de ce liquide translucide, encore tiède, au goût légèrement salé et aux saveurs mélangées. Félix me filmait déjà avec son smartphone, alors que je leur offris de goûter.
“Non, tu l’as gagné”, me dit Mark, et j’étais en fait content de siroter l’ensemble jusqu’à la dernière goutte.
Week-end à hommes

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À paraître : – Chapitre V — Déjeuner sur l'herbe – Chapitre VI — Le feu de l'Enfer – Chapitre VII — Gens de la fontaine – Chapitre VIII — Je suis de la partie – Chapitre IX — Le prisonnier – Chapitre X — Châtiment sans crime – Chapitre XI — Sur la plage, abandonné – Chapitre XII — Exposé
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