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from Journal d'un libre-penseur chrétien

Introduction

Voilà une bien curieuse injonction en plein milieu du carême! Et pourtant, aujourd’hui, le 15 mars cette année (2026), est un jour de réjouissance au milieu du chemin vers Pâques pour les chrétiens.

Laetare, terme latin qui signifie donc réjouissez-vous!, est aussi le nom de l’introit grégorien qui ouvre la messe catholique en ce quatrième dimanche de carême.

Laetare, c’est aussi un jour de carnaval comme à Stavelot en Belgique où les blancs-moussis sortent dans les rues de la petite ville dans un grand cortège. Ces personnages représentent des moines tout de blanc vêtu et portent un masque avec un long nez rouge. C’est une tradition vieille de plus de cinq-cents ans puisqu’elle remonte à 1502.

Pourquoi une rupture du jeûne au milieu du carême?

Il semble qu’il y ait une raison purement technique si l’on peut dire et plus particulièrement de la conservation des œufs et autres aliments périssables. Les œufs constituaient autrefois (et aujourd’hui de nouveau) une source de protéines bon marché.

D’autres sources, comme l’éphéméride Le sablier, mentionnent que des moines auraient, à la fin du moyen-âge, contesté l’obligation de jeûner et auraient ainsi demandé la lever du jeûne obligatoire pour un jour pour pouvoir se repaître et s’amuser un peu. C’est la tradition des blancs-moussis de Stavelot.

Se réjouir alors que l’on avance vers la Passion de Christ?

Cela peut paraître paradoxal mais le texte du chant grégorien nous en donne l’explication :

« Laetare Ierusalem : et conventum facite omnes qui diligitis eam : gaudete cum laetitia, qui in tristitia fuistis : ut exsultetis, et satiemini ab uberibus consolationis vestrae. Ps. Laetatus sum in his quae dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus. » Cf. Is. 66, 10.11 ; Ps. 121 (122)

« Réjouis-toi Jérusalem, rassemblez-vous, vous tous qui l’aimez. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, vous qui étiez dans la tristesse. Que vous exultiez et que vous soyez rassasiés dans l’abondance de votre consolation. Ps. : J’étais heureux quand on m’a dit : nous irons dans la maison du Seigneur ».

Si vous voulez écouter cet introit voici un lien sur Youtube (à défaut de mieux…)

Après la tristesse, viendra la consolation et la joie… des paroles qui ont une signification encore plus importante pour moi en ce jour particulier où mon frère aurait eu cinquante ans comme je l’ai expliqué dans un message sur mon compte Mastodon.

Alors oui, Laetare! Réjouissons-nous!

Pour aller plus loin

Et pour finir sur une note d’humour

-Tu ne déjeunes donc plus chez toi?

-Non, ma femme suit scrupuleusement le carême. Je vais au restaurant pour ne pas froisser ses convictions religieuses.

 
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from Journal d'un libre-penseur chrétien

On me pardonnera ce titre provocateur que j’ai choisi à escient. Si je répondais oui à la question, je me qualifierais alors moi-même d’hérétique et je ne pense pas l’être plus qu’un autre! De toute manière, on est toujours l’hérétique d’un autre, autant s’y faire!

Pourquoi cette question alors?

Tout simplement parce que la théologie libérale, qui repose sur une foi raisonnée et dans l’esprit du monde présent, a des positions qui entrent en collision frontale avec ce que l’on a pu apprendre antérieurement dans un parcours spirituel et qui a, pour ce qui me concerne, débuté par le catholicisme.

Lorsque j’étais encore enfant, on pouvait, quoique difficilement à bien y réfléchir, me faire croire ces jolis contes de fées que sont souvent devenus les récits bibliques mais en tant qu’adulte, je ne peux croire à certaines choses pour des raisons évidentes que toute une série de choses miraculeuses ne le sont tout simplement pas et sont parfaitement expliquées aujourd’hui par la science et l’histoire. En outre, ces dernières décennies et la découverte des manuscrits de la mer morte ainsi que les nouvelles traductions plus proches du texte original ont profondément modifié la donne sur la compréhension des écritures. Certaines traductions anciennes de la Bible ont été arrangées pour faire coller le texte aux dogmes. Aujourd’hui, nous avons quasi un travail de scientifique dans le domaine de la traduction des textes bibliques. De plus, la compréhension des langues anciennes est meilleure aujourd’hui qu’elle ne l’était auparvant.

Les sujets de discorde entre catholiques et protestants sont nombreux : place de Marie, l’infaillibilité du Pape, le purgatoire, les indulgences, les dogmes catholiques en général et même l’eucharistie…

Ici, je voudrais parler de deux thèmes en particulier car ils ont toujours constitué un obstacle à la foi béate pour l’esprit plutôt cartésien qui m’anime : la trinité et, plus tard dans un autre billet, la résurrection.

La trinité

Pour la plupart des chrétiens (y compris les protestants), la trinité est une évidence et avérée or, nulle part dans la Bible, il n’y est fait mention. Comment Dieu, qui aurait inspiré les rédacteurs de la Bible aurait-il pu oublier un tel enseignement? Inimaginable, n’est-ce pas? Pour ma part, impossible!

Et c’est un problème à plusieurs points de vue :

  1. Comme je viens de l’écrire, nulle trace de cette trinité dans la Bible et c’est le point le plus important à mes yeux.

  2. Jésus n’a jamais prétendu être Dieu mais être celui par qui on peut accéder au Père et venu parmi les humains faire la volonté de ce dernier, mieux, il déclare qu’il ne peut rien faire de lui-même. (Jn 5:19, Jn 6:38 ) Il y a donc bien deux personnes distinctes et aucune confusion n’est possible me semble-t-il. Jésus est le chemin vers Dieu parfaitement humain (mais pas divin comme le veut le concile de Chalcédoine pour ce qui me concerne et là, je rejoins la conception de l’Islam à propos de Jésus. Un grand prophète avec une relation au divin hors du commun puisqu’il nous permet de voir le Père par son enseignement).

  3. L’Esprit Saint, également appelé Consolateur, n’est pas une personne, on le comprend clairement en Jn 14:26. Si ce n’est pas une personne, elle ne peut donc pas constituer partie d’une quelconque trinité basée sur trois personnes.

  4. Le Christianisme est un monothéisme dans la lignée de l’Hébraïsme et déclarer que Dieu est trois tout en étant un a de quoi rendre perplexe tout esprit un peu rationnel.

Le chapitre 14 de l’Évangile de Jean pourrait prêter à confusion si l’on s’arrête au verset 10 où il est écrit : “Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; et le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les oeuvres.” (Trad. LSG) mais il n’en est rien, Jésus répète seulement que ce qu’il accomplit, c’est Dieu qui agit à travers lui. C’est pour moi, un élément important qui montre que Jésus est surtout un messager, une interface entre les humains et Dieu. Et quand il déclare que Dieu demeure en lui, je pense qu’il nous révèle que Dieu est au fond de nous même et non pas dans les hauteurs infinies du ciel.

Dans ce que j’ai lu en amont pour me faire une idée de ce sujet délicat, s’il en est, est que cette notion de trinité était fort répandue dans les anciennes religions païennes et certains auteurs parlent de pollution du Christianisme par le paganisme et des courants philosophiques, particulièrement la pensée platonicienne.

J’ai noté aussi que ce problème de trinité, qui est intimement lié à la nature du Christ a été longtemps débattue (et l’est toujours aujourd’hui) et que c’est au IVe siècle de notre ère au concile de Nicée, dirigé par l’Empereur Constantin, soucieux avant tout de garder son empire en un seul morceau, a orienté le débat vers cette conception de trinité (Dieu un en trois personnes). Quoi qu’il en soit, cette notion, ce dogme de la trinité n’a aucun fondement théologique si l’on se base uniquement sur l’écriture.

C’est pourquoi, les chrétiens protestants libéraux peuvent très bien vivre sans la trinité puisque Dieu/Le Père, seul, est l’unique Éternel et Jésus le chemin pour y accéder.

Enfin, Jésus ne nous a pas enseigné à prier le Père, le Fils et le Saint-Esprit mais bien “Notre Père qui es aux cieux… car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles” (Mt 6:9-13 Prière du Notre Père). C’est pour moi, l’ultime preuve que ce dogme de la trinité ne repose sur rien car s’il avait un fondement dans l’écriture, il n’y aurait pas de prière du Notre Père. Déclarer que Jésus [Il] est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu comme dans le symbole de Nicée-Constantinople est, à mes yeux, osons le dire, une hérésie purement et simplement puisque nulle part dans l’Évangile Jésus ne proclame être (l’égal de) Dieu.

Dans mes pérégrinations pour trouver des informations, j’ai découvert que les témoins de Jéhovah partageaient le point de vue des protestants libéraux (article sur le site des témoins de Jéhovah)

Un autre article que j’ai consulté pour me forger une opinion se trouve sur le site protestants dans la ville et ce passage, notamment m’a amené à la réflexion :

Paul Tillich a formulé une objection théologique majeure à l’encontre du dogme trinitaire tel qu’il a été figé par la tradition. Il reconnaît à la Trinité une valeur symbolique incontestable : le Père exprime la profondeur ou le fondement de l’être, le Fils la manifestation historique du sens, et l’Esprit la présence vivante et transformatrice de Dieu dans l’existence humaine. Mais, pour Tillich, le problème survient lorsque ce langage symbolique est pris au pied de la lettre et transformé en description ontologique de la structure interne de Dieu. À partir du moment où le symbole est absolutisé, il cesse d’ouvrir vers le mystère et devient une forme d’idolâtrie conceptuelle.

Conclusion

Qu’il y ait une relation entre le Père, le Fils et l’Esprit est concevable mais que les trois ne forment qu’un seul Dieu n’est pas du tout concevable au regard de l’écriture.

Ce dogme est apparu à la fin du IVe siècle et issus des milieux helléniques (et donc influencés par les philosophes grecs antiques et Platon en particulier) tout comme la double nature de Jésus (là aussi, il y aurait bien des choses à dire).

Depuis toujours, ce concept de trinité me posait un réel problème et après avoir approfondi ce sujet en me basant sur ce qui se trouve dans la Bible, et en ça, mettant en pratique le premier des cinq solae des protestants : seule l’écriture mais aussi en cherchant des informations de ci, de là, j’ai pu me forger une conviction.

Néanmoins, qui serais-je pour oser affirmer que j’ai raison? Ou pour empêcher celui qui croit à ce dogme d’y adhérer? Non, tout ce que je souhaite en partageant ces réflexions, c’est susciter la réflexion personnelle, qu’on soit croyant ou pas.

Personnellement, avoir découvert le protestantisme libéral a été une sorte de nouvelle libération, car j’ai enfin découvert une foi libre et dépouillée de toutes ces couches théologiques humaines posées sur les fondements du Christianisme et j’aime à croire, que d’autres qui se posent des questions sur leur foi, sur leur église, auront aussi la joie de vivre un tel moment.

 
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from Journal d'un libre-penseur chrétien

Régulièrement, je rends visite à une amie qui dirige la librairie religieuse à Arlon et lors de mon passage la semaine dernière, elle avait reçu un petit opuscule de 52 pages intitulé : Les différences entre catholiques et protestants de William CLAYTON, pasteur protestant.

Il y a aborde de manière simple et concrète les principales différences entre les deux confession même si pour le protestantisme, il se base plutôt sur la conception évangélique classique du protestantisme. Le protestantisme libéral étant un peu à part car plus ancré dans l’aujourd’hui et la philosophie moderne.

Ce livre s’adresse à tous, croyants ou non, catholiques ou protestants, à tous ceux qui veulent en savoir, tout simplement.

Je dirais que ce livre est pour le protestant que je suis une confirmation du pourquoi j’ai quitté l’église catholique romaine. Pour le catholique, ce sera peut-être l’occasion de démystifier le protestantisme et pour les catholiques qui sont mal à l’aise dans leur institution, le déclic pour franchir le cap.

Et des catholiques mal à l’aise, il y en a pas mal… et il risque d’y en avoir encore plus après la diffusion sur la VRT de la nouvelle série documentaire “Brief aan de paus” (Lettre au pape) où de nouvelles victimes d’abus sexuels au sein de l’église catholique viennent livrer leur témoignage… Une nouvelle bombe après God vergeten (les oubliés de Dieu) il y a quelques années…

Des catholiques qui ne sont plus en phase avec leur institutions, j’en connais et même là, à la librairie religieuse, la dame qui était là aujourd’hui, qui est la sœur de l’ancien abbé de Saint-Mard, un prêtre avec qui j’avais de très bons contacts malgré nos divergences de vue sur la théologie, est elle-même presque protestante dans sa pensée.

Ce petit opuscule est disponible dans les librairies spécialisées ou peut-être commandé via le site de l’éditeur.

Vous pouvez même lire un extrait sur le blog de l’éditeur.

 
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from Journal d'un libre-penseur chrétien

On les voit souvent dans les lieux publics avec un petit stand où se trouvent des brochures ou font du porte à porte. Qui n’a jamais croisé la route des témoins de Jéhovah. Souvent regardés avec méfiance, voire même avec hostilité, ce sont pourtant des personnes comme vous et moi et bien souvent plutôt bienveillante mais animées d’une foi et d’un optimisme qui pourrait dérouter plus d’un. Peut-être est-ce pour cela que beaucoup n’osent pas engager la conversation?

Dans la rue où habitaient mes parents, en région liégeoise, il y avait une salle du royaume (ainsi que s’appellent leur lieux de culte) et nous avions souvent, très souvent même la visite des témoins de Jéhovah. Leurs caractéristiques : bien connaître l’écriture et toujours avoir une réponse aux questions et aux contre-arguments que l’on peut leur opposer (sauf si on a soi-même une connaissance de l’écriture, c’est un avantage certain). N’ayant pas grandi dans une famille croyante, je n’étais moi-même pas très disposé à les écouter et n’avait à l’époque aucune connaissance théologique.

Je me souviens néanmoins d’un collègue de mon père qui était membre des témoins de Jéhovah et s’en trouvait fort bien, heureux dans sa vie de famille (un contraste majeur avec ce que je vivais dans la mienne)…

Souvent, ils sont considérés comme une secte, ce qui, personnellement, me semble un peu excessif. La chose qui me dérange personnellement, c’est que comme l’église catholique, il y a une sorte de conseil des sages qui veillent à la doctrine enlevant une part de liberté si chère au protestant libéral que je suis (devenu).

Les témoins de Jéhovah sont des chrétiens mais une des caractéristiques qui les rend uniques est qu’ils pensent que la fin des temps est proche et voient, aujourd’hui encore, l’imminence de l’armageddon (combat final entre les rois de la terre et Dieu mais aussi un lieu situé en terre sainte) annoncée dans l’Apocalypse (qui veut dire révélation et pas cataclysme). Selon les témoins de Jéhovah, nous vivons les derniers temps et ils voient dans les éléments actuels, crise climatique, guerres multiples et notamment la guerre actuelle au moyen-orient, les signes de réalisation des prophéties et sont convaincus que, bientôt, Dieu interviendra pour rétablir son royaume et qu’alors l’humanité vivra heureuse. (Et là, j’aimerais qu’ils aient raison, que les guerres cessent et que les hommes vivent en paix mais qui ne le souhaiterait pas…)

Cela peut prêter à rire et ressembler à des croyances dignes de contes de fées, c’est vrai mais cela ne diffère pas beaucoup de l’attente des chrétiens qui attendent le retour dans la gloire du Christ et de l’avènement du royaume de Dieu, la Jérusalem céleste où les hommes vivront un long temps de paix).

C’est là, que le protestant libéral que je suis prend ses distances. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer, le protestantisme libéral se fonde sur une foi intelligente (basée sur la raison) et ouverte sur notre temps et donc peu compatible avec ces conceptions. (Je reviendrai sur certains points dans d’autres billets car le protestantisme libéral a aussi des vues théologiques qui peuvent paraître presqu’hérétiques… et pourtant basée sur l’étude de l’écriture).

Ceci dit, dans un esprit d’ouverture et parce que la libre-pensée et la pensée critique se nourrit de points de vue différents, il m’arrive de consulter le site des témoins de Jéhovah pour lire ce qu’ils pensent d’un sujet ou d’un autre. Même si je ne suis pas toujours d’accord avec leurs arguments, je dois admettre que les personnes qui écrivent leurs articles ont un vrai sens du pédagogique et honnêtement, cela fait du bien aussi à l’âme de lire des choses plutôt positives!

Les témoins de Jéhovah ont toujours été dans mes parages, j’ai même eu un collègue qui l’était et avec qui j’avais des discussions, souvent passionnées mais aussi passionnantes au point que parfois, on perdait d’éventuels collègues qui étaient présents, ce qui est un peu dommage en soi mais qui est le résultat d’une sécularisation et de la baisse de la pratique religieuse. Ce que je trouvais regrettable par contre, c’était l’attitude de certains de ces collègues et dles quolibets dont ce collègue faisait les frais… (et plus laid encore, dans le dos de celui-ci). Même si je n’étais pas toujours d’accord avec ses idées et ses conceptions, j’écoutais ses arguments et exposais les miens dans un esprit d’échange. Et souvent, on trouvait un terrain d’entente. Grâce à lui, j’ai aussi changé mon opinion sur les témoins de Jéhovah remisant au placard ma défiance naturelle à leur égard.

Pas plus tard que ce matin, j’ai eu une conversation très agréable avec trois dames qui étaient présentes aux abords du marché d’Arlon et ce même si nos conceptions théologiques sont différentes. Le respect, c’est la clé. Exposer ses arguments et écouter ceux des autres.

Par ailleurs, et pour achever ce billet, les témoins de Jéhovah ont une approche plus proche du protestantisme que l’on ne croit habituellement. Déjà, leur bible est la même que celle des protestants du point de vue du canon et comme chez les protestants, il n’y a ni saints ni culte à Marie.

Si vous souhaitez aller plus loin :

En conclusion, pour un chrétien, la tolérance et l’ouverture aux autres sont essentielles et dans cet esprit, un jour, j’irai assister à l’un de leurs cultes, histoire de voir et de me forger une opinion personnelle.

 
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from Journal d'un libre-penseur chrétien

Sept fois par jour je te célèbre à cause de tes justes sentences. Ps.119,164 (Segond 21)

Si vous avez déjà fait une retraite dans une abbaye, vous saurez déjà un peu comment cela se passe pour l’hôte et pour le moine mais si vous n’avez jamais séjourné en abbaye, je vous propose de jeter un petit coup d’œil en coulisses.

Pour ce faire, et comme on ne parle bien que de ce que l’on connaît, je me baserai sur mon expérience et sur l’abbaye Saint-Maurice de Clervaux au Grand-Duché de Luxembourg. En effet, chaque abbaye a sa spécificité et l’organisation des offices peut (un petit peu) varier.

Je me rappelle la toute première fois que j’effectuai un séjour en abbaye, c’était en mars 2012 et comme pour toute première fois, il y a un mélange entre une certaine appréhension et une certaine impatience aussi. Ce n’est pas anodin de ce couper du monde, ne fut-ce que quelques jours et la vie en abbaye, c’est une organisation particulière rythmée par les temps de prière.

La situation de l’abbaye sur les hauteurs de la petite ville luxembourgeoise accentue encore cette coupure.

Bien sûr, on arrive pas à l’improviste, enfin de manière générale car la règle de Saint-Benoît prévoit que l’on doit toujours se tenir prêt à accueillir quelqu’un qui frapperait à la porte du monastère et l’accueillir comme le Christ comme il est dit dans le chapitre 53 : Tous les hôtes qui arrivent seront reçus comme le Christ, car lui-même dira un jour :  J’ai demandé l’hospitalité et vous m’avez reçu. (Mt 25, 35)  À tous on témoignera l’honneur qui leur est dû, surtout aux proches dans la foi (l’expression domesticis fidei désigne ceux qui font tout particulièrement partie de la maison — domus — de l’Église, par exemple les clercs et les moines) (Ga 6, 10) et aux pèlerins. (traduction de Germain Morin et révisée par Philibert Schmitz, tout deux de l’abbaye de Maredsous en Belgique).

En règle générale, il y a un portier, un moine chargé d’accueillir les hôtes et visiteurs, c’est le premier contact avec l’abbaye. Les communautés se réduisant parfois à peau de chagrin, cette fonction de portier peut parfois être partagée par un autre frère. Le portier informe alors le père hôtelier de votre arrivée et c’est ce dernier qui vous mènera à votre chambre et vous donnera les principales informations pour que votre séjour se passe pour le mieux. Dans la chambre, une feuille reprend l’horaire de la journée.

Ce qui frappe de prime abord, c’est le silence qui règne dans ces grandes bâtisses.

La chambre est sobrement aménagée : un lit d’une personne, une table de chevet, une petite garde-robe, un bureau, un fauteuil et une chaise au bureau. Un évier avec l’eau courante pour la toilette (les douches sont communes sauf pour deux chambres).

Contrairement aux hôtes, les moines ont des tâches diverses et qui sont réparties entre les frères car l’abbaye, c’est une petite entreprise. Certains aident à la ferme, d’autres assurent le nettoyage de la partie réservée aux moines (aucune femme n’est tolérée dans cette partie!), d’autres encore s’occupent du magasin, de la vente de café (à l’époque) et de jus de pommes, etc…

Avec le temps, il arrive que certains hôtes participent activement à la vie de l’abbaye en rendant des services et par cela, vivent un peu la vie des moines.

Le déroulé de la journée

Ainsi, après une première nuit où le seul bruit qui parvient, ce sont les trains qui passent dans la vallée, la sonnerie (une sonnette) retentit faiblement à cinq heures. Les yeux encore embrumés, il est grand temps de se préparer pour assister au premier office du jour qui début à 5 h 15 :

Les vigiles

C’est un office plus ou moins long divisé en deux parties, trois le dimanche. Selon le schéma utilisé pour la lecture du psautier monastique, le nombre de psaumes est différent mais le but est la récitation de l’entièreté des psaumes (150) sur la semaine et ce de semaine en semaine tout au long de la vie monastique.

A Clervaux, les moines suivent le schéma B.

Les toutes premières paroles sont “Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche publiera ta louange” par trois fois et ensuite vient le psaume d’Invitatoire suivi d’une hymne. Seulement après, commence la récitation des psaumes. A la fin du Ier nocturne, un moine lit un passage assez long de l’écriture selon là aussi un schéma fixe qui se répète d’année en année.

Après une courte pause, nouvelle récitation de quelques psaumes suivie d’une lecture patristique (un commentaire des pères de l’église le plus souvent) et d’un moment de silence et l’office est conclu par la prière du jour.

Le dimanche, il y a un IIIe nocturne où sont récité des cantiques de l’ancien testament suivi de la lecture de l’évangile et du Gloire à Dieu (Hymne).

Tout est réglé comme une partition de musique et gare aux fausses notes! Le moine qui aurait commis une faute ira se prosterner devant le père-abbé pour se faire pardonner.

Après ce premier office, les moines vaquent à diverses occupation : aller chercher du lait frais à la ferme, préparer les tables du petit-déjeuner, … le tout dans le plus grand silence car il n’est autorisé de parler qu’après le petit-déjeuner qui a lieu après le second office du jour à 7 h 30. Pour les hôtes, c’est au choix. Pour ma part, selon la saison, j’allais faire un tour dans les bois alentours au point du jour ce qui me permettait parfois de croiser le chemin d’un chevreuil ou alors lire un peu et quelques fois aussi simplement me recoucher un peu.

Les laudes

Cet office dure une bonne demi-heure et est récité en latin et s’ouvre, comme tous les autres offices du jour sauf Tierce et Complies par “Dieu, viens à mon aide; Seigneur à notre secours” suivi du Gloria Patri et d’une hymne. Viennent ensuite quelques psaumes, d’un cantique de l’ancien testament et un psaume de louange. Ensuite vient une lecture brève suivie d’un répons bref avant d’entamer le Benedictus qui sera lui même suivi de l’intercession, du Notre Père et de la prière finale. L’office s’achève par la phrase rituelle Bénissons le Seigneur, nous rendons grâce à Dieu (Benedicamus Domino, Deo Gratias).

Après, les hôtes comme les moines vont prendre le petit-déjeuner, les moines au réfectoire, les hôtes à la salle à manger qui leur est réservée et en silence (du moins théoriquement).

Après le petit-déjeuner, les moines vaquent à leurs occupations et les hôtes de nouveau ont quartier libre ou peuvent aussi participer aux tâches, comme débarrasser les tables et mettre la vaisselle dans le lave-vaisselle ou effectuer l’une ou l’autre tâche confiée par le père-hôtelier. Pour d’autres, qui sont étudiants, ils s’enferment dans leurs chambres pour réviser leurs cours surtout en période de blocus avant les examens de fin d’année par exemple. Quoiqu’il en soit, à 10 heures (à l’époque 10 h 30), c’est retour à l’église abbatiale pour l’office de Tierce et la messe conventuelle.

Les petites heures

C’est ainsi que se nomment les trois petits offices de Tierce, Sexte et None. A Clervaux, l’office de Tierce est intégré à l’eucharistie. Sexte et None sont deux petits office avant et après le repas de midi. Chacun de ces offices s’ouvre comme les Laudes, et se composent d’un ou deux psaumes selon la longueur de ceux-ci, suivi d’une lecture brève, d’un répons bref, du Notre Père (silencieux sauf la dernière phrase mais délivres-nous du mal) et de l’oraison et se clôture par le Benedicamus Domino. Ils sont chantés en français.

Pour Tierce, intégré donc dans la messe, seuls les trois groupes de huit versets du très long Psaume 119 (118) sont récités.

L’eucharistie

L’eucharistie est un mix entre latin et français. Ainsi à 10 h 00 tapantes les moines entrent dans l’église en rang et entonnent l’introit, le chant d’introduction en quelque sorte. C’est un vestige de la messe d’avant le concile Vatican II. Ensuite les moines récitent l’office de Tierce composé de 24 versets du Psaume 119 (118), 32 le dimanche. Ensuite vient l’oraison et tout le canon de la messe catholique romaine : acte pénitentiel, lecture(s), évangile et l’eucharistie elle-même. Le Kyrie, l’Alleluia et le Sanctus sont chantés en latin. Le graduel est chant qui trouve sa place après la première lecture. Il y a encore le Tractus après l’Évangile du jour.

On se reportera au Missel romain grégorien pour plus de détails.

La messe s’achève vers 11 heures, un peu plus tard les dimanches et jours de fêtes de l’église catholique.

Même sans être catholique, on se laisse entraîner par le chant grégorien qui invite à l’introspection et la méditation. La partie la plus compliquée pour moi a toujours été la consécration de l’hostie qui tient plus de la magie que d’autre chose dans mon esprit. Et cela m’a posé un problème dès le départ de mon parcours spirituel en 2012 mais j’ai fait avec tout le temps où j’étais membre de l’église catholique. Les protestants, eux, ne connaissent pas ce rite. Ils ont la sainte cène qui est, comme Jésus nous l’a demandé, un mémorial en sa mémoire. J’aurais l’occasion de revenir un jour en détail sur ce point précis. Néanmoins, je respecte ceux qui sont convaincus de la présence du Christ dans cette hostie mais je reste en retrait lors de la distribution, profitant de ce moment de silence pour fouiller au fond de mon âme. Après la messe, les moines reprennent leurs activités. A certains moments, il y a des enseignements mais je n’ai pas été aussi loin dans la découverte des coulisses mais je sais qu’il y a une salle du chapitre et je sais qu’il y a un téléviseur quelque part (j’ai appris son existence car le jour de l’élection du pape François, j’étais présent à l’abbaye).

Après la messe, il y a une nouvelle période où l’on peut s’activer à d’autres tâches, lire, aller faire un tour au jardin, rendre visite aux poulailler ou encore s’entretenir avec un père si l’on en éprouve le désir. Lors de mes premières retraites et pendant mon noviciat d’oblature, j’avais régulièrement des entretiens avec le père responsable de la formation des novices et aussi maître de la schola.

A 12 h 45, c’est l’office de Sexte suivi du repas de midi. Sauf exception, les hôtes prennent le repas avec les moines dans le réfectoire, dans le silence absolu. Seule la voix du moine lecteur résonne dans la grande salle. Lecture d’un livre, des audiences papales, … Le repas est précédé et suivi d’un court chant et d’une prière. La première fois, cela est déstabilisant et il faut apprendre à communiquer sans mot dire si l’on veut la salière ou autre chose. Les plats sont apportés en bout de table et se passent d’hôte en hôte. Il y a généralement un potage, un plat de viande, des légumes et un féculent. Un dessert est aussi prévu. Et les plats passent deux fois le tout sous l’œil du père-abbé qui l’air de rien scrute tout! Si un moine qui assure le service fait, par malheur, tomber un couvert, il ira s’agenouiller devant la table du père-abbé pour demander pardon. Cela ne rigole pas! Comme boisson, il n’y a que de l’eau sauf lors des grandes fêtes (Noël ou Pâques par exemple) où il y a du vin et du jus de pommes.

Les femmes ne pouvant pas loger à l’hôtellerie de l’abbaye, celles-ci logent dans un bâtiment annexe et prennent leurs repas dans la salle des hôtes.

Après le repas de midi, les hôtes se retrouvent à la salle à manger pour prendre le café tandis que les moines ont une récréation, le père hôtelier partage ce moment avec les hôtes. Certains moines voient leurs proches aussi à cette occasion. Bien sûr, qui dit repas, dit vaisselle et à tour de rôle, les hôtes qui le désirent se rendent au sous-sols dans les cuisines pour aider les moines occupés à cette tâche, c’est un moment privilégié où il est autorisé de parler plus ouvertement mais sobrement avec ces derniers.

Après la récréation, il y a donc à 14 h 15 l’office de None. et ensuite, chacun retourne à ses activités et occupations. Pour les hôtes, c’est soit l’heure d’une sieste ou d’une promenade dans les campagnes environnantes ou en ville à Clervaux. Le prochain office étant les Vêpres qui ont lieu à 18 heures la semaine et 17 heures le dimanche.

Les vêpres

Peu avant 18 heures les cloches retentissent indiquant l’imminence des Vêpres, un office assez proche des Laudes dans sa structure. La différence notoire, le cantique est issu de ceux du nouveau testament et c’est le second des trois cantiques évangéliques qui est chanté, soit le Magnificat (pour rappel, le matin, c’est comme nous l’avons écrit plus haut, le Benedictus) L’office est, comme les Laudes, chanté en latin.

Une courte pause permet d’aller se rafraîchir et de se préparer pour le souper qui a lieu à 19 h 30. Cela est tard mais c’est sans doute du au fait que l’abbaye de Clervaux fait partie de la congrégation de Solesmes et que certains moines et le père-abbé sont issus de l’abbaye française.

Le repas du soir est un peu plus léger que celui de midi mais se compose aussi de potage, de légumes ou salade, un féculent et de protéines. Un dessert est aussi prévu et parfois un petit morceau de fromage. Comme à midi, c’est dans le silence que se prend le repas, ici aussi, seule la voix du lecteur se laisse entendre : lecture du martyrologe, de la règle de Saint-Benoît qui est lue en entier trois fois par an et suite des autres lectures. Seule exception, le dimanche soir, pas de lecture excepté les deux premiers points mais de la musique classique. Le repas du soir se prend avec les moines dans le réfectoire sauf le samedi soir, où les hôtes prennent leur repas dans la salle à manger qui leur est réservée. Le samedi, il est d’usage de manger des restes raccommodés. Pas de gaspillage alimentaire à l’abbaye!

Après le repas du soir, les moines ont encore une courte récréation et aux alentours de 20 h 30 a lieu le dernier office de la journée :

Les complies

Cet office commence par l’acte de pénitence Je confesse à Dieu tout puissant… suivi de l’hymne Te lucis ante terminum et d’un, deux ou trois psaumes selon leur longueur. S’ensuit une lecture brève et le répons bref In manus tuas Domine et s’enchaînera le cantique évangélique Nunc dimittis précédé de l’antienne Salva nos et l’office s’achèvera par le Notre Père en silence sauf la dernière phrase et d’une oraison. Le père-abbé procédera à la bénédiction par aspersion et finalement l’office s’achèvera par l’antienne maria qui varie selon les temps liturgique. Pendant le temps ordinaire, c’est le Salve Regina qui est chanté, par exemple.

Pour être complet, chaque psaume récité est précédé d’une antienne qui est répétée à la fin du psaume après le Gloria Patri qui lui aussi est dit à la fin de chaque psaume.

Après cet ultime office, c’est le grand silence de nuit. Aucune parole n’est autorisée parmi les moines et les hôtes sont invités à suivre cette recommandation. Chacun regagne qui sa chambre, qui sa cellule (c’est ainsi que s’appellent les chambres des moines) et il ne reste plus qu’à profiter d’une bonne nuit de sommeil.

Conclusion

On l’aura vu, la vie monastique est réglée comme une partition de musique et aucune fausse note n’est tolérée. C’est assez déroutant pour ceux qui séjournent en abbaye la première fois mais on s’habitue vite à ce rythme en règle générale mais il arrive que certaines personnes soient angoissées face au silence prégnant l’atmosphère. Pour ma part, c’étaient à chaque fois des moments privilégiés pour me recentrer et faire le vide en moi. Je repartais toujours l’esprit plus léger et d’une autre manière que lorsque je fais une longue randonnée.

Dans le monde ultra-connecté et tumultueux dans lequel nous évoluons de plus en plus, c’est aussi un répit bienvenu. Etre coupé ne fut-ce que 48 heures du monde est tout à fait bienfaisant pour l’esprit.

En règle générale, les monastères acceptent chacun tel qu’il est et il ne faut pas forcément être catholique. Je me souviens d’un hôte qui venait du Royaume-Uni et qui était anglican (donc protestant) et qui appréciait le calme de l’abbaye.

J’espère que cette évocation vous aura apporté un peu du calme monastique dans votre journée.

La règle monastique de Benoît

Si vous souhaitez lire la règle, voici un endroit où vous pourrez la lire en français ou en latin.

La pensée du jour

Les fous guérissent quelques fois mais les imbéciles jamais. (anonyme)

 
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from Techno-Fil et faits divers

Vue d’ensemble de quelques fonctionnalités plus avancées

Mastodon, le réseau social qui n'est pas à vendre

Dans cette troisième partie consacrée à Mastodon, je balaye quelques fonctionnalités plus avancées. Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous conseille la lecture de la partie 1 (concepts et philosophie de Mastodon) et de la partie 2 (bien commencer avec Mastodon).

Usage

On supposera donc ici que vous maîtrisez les bases de Mastodon et que vous savez publier ainsi que vous abonner à d’autres comptes. Nous aborderons des aspects parfois moins connus mais néanmoins utiles, sans prétendre à l’exhaustivité. Je décris simplement la fonctionnalité sans vous abreuver de captures d’écran, d’autant plus que les icônes et leur localisation peuvent varier selon que vous utilisez un navigateur ou bien une application, ainsi vous saurez qu’elle existe et vous la trouverez sans difficulté.

Marque-pages

Vous pouvez classer des publications avec l’icône marque-page, pour y revenir plus tard. Toutes apparaîtront dans un fil spécial identifié avec la même icône ; par ailleurs, cela pourra être utile pour définir des exceptions si vous mettez en place une suppression automatique de messages (voir plus loin).

Listes

Vous voulez regrouper certains membres auxquels vous êtes abonné pour voir leurs publications dans un fil particulier ? Ou définir un groupe restreint de personnes qui vous intéressent plus particulièrement ou sur un thème précis ? Créez une ou plusieurs listes pour y rattacher les comptes correspondants, vous pourrez ensuite consulter leurs publications dans la liste correspondante.

Brouillon

La fonctionnalité n’est pas disponible nativement mais il est possible de créer un brouillon pour le publier plus tard de la manière suivante : écrivez votre message en visibilité « mention privée », mais sans mentionner personne ; en le publiant, vous seul pourrez continuer à le voir (si vous avez peur de ne pas le retrouver, vous pouvez aussi utiliser le marque-page). Quand vous êtes prêt, ouvrez-le à nouveau et choisissez « supprimer et ré-écrire » (car sinon vous ne pourrez pas modifier sa visibilité) ; ajustez éventuellement le message existant qui est repris dans l’interface et surtout modifiez sa visibilité selon le niveau souhaité, puis publiez.

Suivi de hashtags

Vous savez que vous pouvez suivre des comptes, mais savez-vous que vous pouvez aussi suivre des hashtags ? Choisissez des thèmes qui vous intéressent pour ainsi enrichir votre fil, vous y verrez toutes les publications mentionnant les hashtags suivis (en plus des comptes auxquels vous êtes abonnés).

Flux RSS

Si vous utilisez un lecteur de flux RSS, vous pouvez aussi suivre toutes les publications d’un compte Mastodon avec l’URL du compte souhaité suffixé par .rss ; donc par exemple, pour mon compte cela donnera https://gayfr.social/@barbapulpe.rss

Invitations

Si votre administrateur l’a autorisé, il est possible de générer des liens d’invitations (avec des limites que vous définissez). Transmettez-les aux personnes que vous souhaitez et celles-ci pourront rejoindre la même instance Mastodon de manière facilitée en cliquant sur le lien.

Balles jaune, vert, rouge avec smiley, pouce levé et cœur

Visibilité

Voici probablement l’aspect le plus délicat à maîtriser, qui caractérise l’univers fédéré par rapport à celui centralisé auquel les grandes plateformes commerciales nous ont habitué. Sans aller dans les détails techniques, il est important de bien comprendre comment votre visibilité est affectée car votre expérience ici en dépend.

Qui voit qui et quand ?

Quand vous créez un compte sur un serveur Mastodon, tous les autres comptes sur ce serveur verront votre profil et vos publications, mais personne d’autre. Pour que les comptes d’autres serveurs vous voient, votre compte doit y être connu, et pour cela il faut que quelqu’un de ce serveur vous suive, ou interagisse avec une de vos publications (like, boost, commentaire).

Il y a donc un effet « œuf et poule » ! Et si vous voulez gagner des abonnés notamment au début, il vous faudra suivre d’autres comptes (qui pourront alors vous suivre en retour) ou interagir avec d’autres publications (pour susciter des réponses ou des interactions). Cela produit un effet « boule de neige » car plus vous interagissez, plus vous vous ferez connaître et plus vous deviendrez visible. Il suffit d’une personne sur chaque autre serveur qui vous suive pour que vous soyez connu partout et par tous ! Si en revanche vous n’avez aucun abonné et que personne n’a interagi avec vos publications, seuls les membres de votre serveur vous verront.

Enfin, vos publications ne seront automatiquement visibles d’un autre serveur qu’à partir de l’instant où une personne de ce serveur a commencé à vous suivre ; avant, il faudra lui donner le lien complet de la publication. Voilà pourquoi quand vous vous abonnez à un nouveau compte, vous ne verrez peut-être pas ses plus anciens posts, voire même un profil vide de publications si vous êtes le premier de votre serveur à vous y abonner.

Citations

Il est désormais possible de citer des publications d’autres membres, pour peu que celui-ci l’ait autorisé. Vous gardez le contrôle de qui peut vous citer (tout le monde, abonnés ou personne) : à la fois par défaut dans les réglages de votre profil, et pour chaque publication au moment de poster. Et vous pouvez modifier ce réglage a posteriori.

Vie privée

N’oubliez jamais que tout ce qui est publié en mode public est visible… publiquement. Comme toujours sur internet, vous ne pourrez pas garantir que le contenu n’a pas été copié par un robot et son effacement ultérieur est donc incertain. Réfléchissez bien avant de publier publiquement…

Certains réglages de votre profil permettent de définir le comportement vis-à-vis de l’indexation de moteurs de recherche, etc. mais là encore, cela ne vous rend pas invisible sur internet.

Vous pouvez changer la visibilité par défaut de vos publications pour par exemple la définir sur « abonnés seulement », les rendant non visibles publiquement, mais si c’est votre intention alors je vous recommande de verrouiller l’abonnement à votre compte afin d’accepter les nouveaux prétendants, sinon n’importe qui pourra voir vos publications simplement en s’abonnant à vous.

Enfin, comme le rappelle la bannière de Mastodon, les « messages privés » ne sont pas chiffrés de bout-en-bout. Concrètement, cela veut dire qu’ils peuvent potentiellement être lus par l’administrateur du serveur source et destination (mais aussi par des intermédiaires techniques,…) Si cela vous pose un souci, n’utilisez par ce moyen pour communiquer mais préférez une messagerie sécurisée offrant un chiffrement fiable (nous offrons XMPP, par exemple).

Masquage

Vous n’aimez pas ce que certains comptes publient et vous ne voulez plus les voir dans votre fil ? Utilisez le masquage dans les options sur leur profil et vous ne verrez plus leurs publications.

Blocage

Si certains comptes vous dérangent carrément et que vous voulez cesser toute interaction avec eux, utilisez alors le blocage : plus fort que le masquage, cela coupera toute visibilité réciproque et toute interaction comme par exemple les commentaires. Ce sera comme si le compte n’existait plus pour vous (et vice-versa pour l’autre). Si le compte publie du contenu contraire aux règles du serveur, vous pouvez en plus créer un signalement.

Filtrage

Pour être plus fin sur ce que vous voyez ou ce que vous souhaitez cacher derrière un avertissement de contenu, vous pouvez également dans vos options de profil définir un ou plusieurs filtres basés sur des mots-clefs qui vous permettront de contrôler davantage les articles apparaissant dans votre fil.

Suppression automatique

Par défaut, vos publications restent permanentes, mais vous pouvez définir une durée après laquelle elles seront automatiquement effacées. Notez également que des exceptions sont possibles, par exemple pour celles épinglées ou celles ayant un marque-page, pour un nettoyage moins destructif selon votre choix.

Coche bleue de vérification

Vérification

Dans un système fédéré sans autorité centrale, la notion de vérification de compte (pour authentifier qu’un compte appartient bien à son auteur) n’est pas possible directement. Le stratagème défini par Mastodon pour s’en rapprocher est de certifier qu’un site internet (réputé être sous le contrôle de l’auteur ou de son organisation) renvoie bien au compte Mastodon de l’auteur.

Cela se matérialise de la manière suivante : j’ai confiance dans le site gayfr.online et je sais que son auteur s’appelle Barbapulpe ; sur le profil Mastodon de Barbapulpe, j’ai un lien vers ce site et celui-ci apparaît comme validé par un marquage vert ou avec une coche. Cela fonctionne car pour obtenir ce résultat, il faut créer un lien spécial sur le site gayfr.online que seul son administrateur contrôle.

La manipulation nécessaire est décrite dans l’option correspondante de votre profil.

Migration d'oiseaux au soleil couchant

Changement de serveur

Vous souhaitez changer de serveur ? C’est possible ! Vous pouvez le faire à de multiples reprises, mais dans la limite d’une fois par mois maximum (pour éviter les abus). Sachez toutefois que si vous garderez globalement vos abonnements et vos abonnés, vous perdrez vos publications existantes qui ne seront pas reprises sur le nouveau serveur.

Voici les étapes à réaliser :

  • Sauvegarder votre profil depuis l’ancien serveur : avant de migrer, il est conseillé de sauvegarder votre profil et vos données. Bien que vous ne puissiez pas transférer vos publications, vous pouvez conserver une copie de votre profil.
  • Créer un nouveau compte : inscrivez-vous sur le nouveau serveur Mastodon que vous souhaitez rejoindre.
  • Importez ensuite sur ce nouveau compte toutes les données sauvegardées précédemment que vous souhaitez récupérer (abonnements, listes, marque-pages, blocages…)
  • Toujours à partir de ce nouveau serveur, dans les préférences de votre compte, créez un alias avec l’ancien compte dans l’option « déplacement depuis un compte différent ».
  • Connectez-vous ensuite à votre ancien compte sur l’instance d’origine, et dans les préférences de votre compte, sélectionnez l’option « déménager vers un compte différent » et entrez le nom d’utilisateur de votre nouveau compte. Cette opération est irréversible !
  • Vérifier la redirection : une fois la migration effectuée, votre ancien compte affichera un message indiquant que le profil a été déplacé, et vos abonnés seront redirigés progressivement vers votre nouveau compte.
  • Finaliser la migration : après « un certain temps », vous pouvez choisir de supprimer votre ancien compte si tout fonctionne correctement sur le nouveau serveur.
 
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from Techno-Fil et faits divers

Cœur rouge devant une liasse de billets de vingt euros.

Version française (English version below)

Voici un article court et une fois n’est pas coutume, il est rédigé en français et en anglais, sous la forme d’une FAQ (foire aux questions).

Les services de GayFR sont-ils tous gratuits ?

Oui. Nous vous offrons dix applications du fédiverse toutes interconnectées, une messagerie instantanée ainsi qu’un lecteur de flux RSS, le tout pour la modique somme de zéro (insérer votre devise ici).

Quelle est la contrepartie ?

Il n’y en a pas. Vos données personnelles restent protégées et privées et ne seront jamais exploitées ni revendues, nos services sont assurés de manière éthique, sans aucun objectif commercial ni de rentabilité.

Alors, pourquoi fournir ces services ?

C’est une manière de rendre à la société ce qu’elle m’a donné, et un moyen de vous permettre de vous exprimer en un lieu sûr, à l’abri de l’homophobie et de toute forme de discrimination.

C’est aussi ma façon de lutter contre le mépris des libertés individuelles et de la vie privée en fournissant une plateforme éthique qui ne poursuit aucun but capitalistique ni de promotion d’idéologies politiques toxiques.

Est-ce que ça a un coût ?

Bien sûr ! Cela se présente sous deux formes.

Coût financier

Les coûts comprennent l’achat des quatre noms de domaine et e-mails correspondants, la location des trois serveurs virtuels ainsi que celle de l’espace de stockage objet S3. Et je remercie ici tous les développeurs des applications gratuites en source ouverte !

Peu importe les montants puisque je ne demande aucun contribution ! Si cela vous intéresse, contactez-moi directement.

Effort humain

C’est probablement le plus exigeant. Une fois passée la phase d’installation des services, qui s’est réalisée très progressivement et qui s’est étalée sur presque trois ans, depuis l’instance Mastodon initiale jusqu’à l’ajout des derniers services, nous sommes désormais en régime de croisière.

Je réalise des mises à jour hebdomadaires car c’est crucial pour la sécurité ! Et accessoirement, cela apporte de nouvelles fonctionnalités. Disons que cela peut prendre une heure quand il y a peu de mises à jour, à quelques heures chaque semaine quand il y en a beaucoup.

Et tous les deux ans, compte tenu du modèle commercial du fournisseur des serveurs virtuels, je migre intégralement chaque serveur, ce qui est sain par ailleurs car cela me permet de les reconstruire sur une base saine.

Enfin, c’est peu fréquent mais il peut y avoir des interventions en urgence quand une partie du système tombe en panne.

Pourquoi ne rien faire payer ?

Parce que cela changerait notre relation ! Et parce que j’ai la chance de ne pas en avoir besoin, je préfère dès lors donner plutôt que de tarifer ces services.

Certains permettent de faire des dons et c’est très bien. Quant à moi je ne veux pas d'argent, c’est mon choix.

Si vous voulez contribuer et m’aider, continuez à lire…

Peut-on avoir confiance ?

Oui. Bien sûr, je ne vais pas répondre autre chose… Alors pour être plus convaincant, je vous dirai que j’offre ces services depuis plus de trois ans et tous nos membres peuvent témoigner que cela se passe bien et n’ont jamais eu de problème à déplorer ici.

Maintenant, en tant qu’administrateur j’ai toute visibilité sur les applications et les données que vous y mettez (sauf la messagerie instantanée chiffrée). Tout personne avec les droits root qui vous dirait le contraire est soit un menteur, soit un incompétent ! Donc, si vous n’êtes pas convaincu, ne venez pas, je ne peux pas vous dire mieux…

Comment contribuer ?

Je souhaite que ces services soient utiles, donc utilisés ; ainsi, si vous voulez aider, parlez-en autour de vous, faites-en de la publicité, inscrivez-nous dans des annuaires ou des articles sur tous les médias appropriés… Plus nous aurons de membres de qualité, plus cela aura du sens et bénéficiera à l’ensemble de la communauté.

Merci de votre fidélité !

Ah au fait, si vous cherchez nos services, allez voir en cliquant ici.


Pièces de deux euros.

Here it’s free… but you are not the product

English version

Here is a short article, and for once, it is written in English and French, in the form of an FAQ (frequently asked questions).

Are all GayFR services free?

Yes. We offer ten interconnected Fediverse applications, instant messaging, and an RSS feed reader, all for the modest sum of zero (insert your currency here).

What's the catch?

There isn't one. Your personal data remains protected and private and will never be exploited or resold. Our services are provided ethically, without any commercial or profit-making objectives.

So why provide these services?

It's a way of giving back to society what it has given me, and a way of allowing you to express yourself in a safe place, free from homophobia and all forms of discrimination.

It is also my way of fighting against the disregard for individual freedoms and privacy by providing an ethical platform that does not pursue any capitalist goals or promote toxic political ideologies.

Does it come at a cost?

Of course! There are two types of costs.

Financial cost

The costs include the purchase of the four domain names and corresponding email addresses, the rental of the three virtual servers, and the rental of S3 object storage space. And let me thank here all the free open-source application developers!

The amounts are irrelevant, as I am not asking for any contribution! If you are interested, please contact me directly.

Human effort

This is probably the most demanding aspect. Once the service installation phase was complete, which took place very gradually over almost three years, from the initial Mastodon instance to the addition of the latest services, we are now in a steady state.

I perform weekly updates because it's crucial for security! And incidentally, it brings new features. Let's say it can take an hour when there are few updates, to a few hours each week when there are many.

And every two years, given the business model of the virtual server provider, I migrate each server in its entirety, which is healthy because it allows me to rebuild them on a sound basis.

Finally, it's rare, but there can be emergency interventions when part of the system goes down.

Why not charge anything?

Because it would change our relationship! And because I am fortunate enough not to need to, I prefer to give rather than charge for these services.

Some offer the possibility of donating and that’s great. As for me I don’t want any money, it’s my choice.

If you want to contribute and help me, keep reading…

Can we trust you?

Yes. Of course, I'm not going to say anything else… So to be more convincing, I'll tell you that I've been offering these services for over three years and all our members can testify that everything is going well and they've never had any problems here.

Now, as an administrator, I have full visibility of the applications and data you put on them (except for encrypted instant messaging). Anyone with root privileges who tells you otherwise is either a liar or incompetent! So, if you're not convinced, don't come, I can't say any more than that…

How to contribute?

I want these services to be useful, and therefore used, so if you want to help, spread the word, advertise us, list us in directories or articles in all appropriate media… The more quality members we have, the more meaningful it will be and the more it will benefit the entire community.

Thank you for your loyalty!

Oh, and if you're looking for our services, click here.

 
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from Week-end à hommes

Homme nu vêtu d'un string métallique, recto et verso.

Après un certain temps encore, je commençai à me préoccuper du retour. Il ne devait pas être si tôt et je travaillais le lendemain, aussi tirai-je mon smartphone de mon sac à dos. Il affichait un vaillant trente-pour-cent, ce qui devrait être suffisant, mais surtout un tardif dix-sept heures, ce qui n’était pas étonnant vu l’activité intense pratiquée depuis mon lever post méridien.

Tapotant sur l’écran tactile, j’avisai rapidement que ma gare de départ la plus proche se situait au Grau-du-Roi, et que je devais donc retourner là-bas, ayant une heure et demie environ pour le faire ; c’était suffisant, mais sans grande marge. Puis deux correspondances via Nîmes et Lyon pour enfin être rendu à mon domicile, probablement aux alentours de vingt-trois heures. Surtout, les correspondances étaient courtes, onze minutes à Nîmes puis vingt-trois minutes pour attraper le TGV, mais cela devrait suffire.

Armé de ce savoir, je résolus de réserver mes billets, ce qui fut rapidement fait, et je m’accordai même la première classe. Puis je me mis en route, il me fallait marcher les sept kilomètres qui me séparaient du bâtiment ferroviaire, donc sans traîner.

Je commençai à trotter dans le plus simple appareil où m’avait laissé mon groupe et qui seyait parfaitement au côté nudiste de la plage, et j’ignorai les quelques regards parfois invitants de certains beaux hommes, cherchant sans doute à m’attirer dans les dunes pour me présenter leurs secrets. J’étais à la vérité repu de sexe, ce qui ne m’arrivait pas souvent mais je dois dire que ce week-end fut particulièrement riche de ce côté. Aussi et peut-être surtout, je n’avais plus guère le temps de folâtrer, car si je ratais mon train il me serait difficile d’arriver chez moi ce soir.

J’avais dépassé le secteur naturiste et j’étais en territoire textile, mais je m’accordai encore un peu la caresse du vent marin sur l’ensemble de mon corps. Bientôt, je bifurquerai sur l’asphalte et devrai me revêtir, car si j’avais fait le chemin à l’aller nu et tenu en laisse, cette fois-ci je n’avais plus de maître qui aurait pu détourner l’attention ou expliquer qu’il ne s’agissait que d’un jeu. Désormais, cela ressemblerait plus à de l’exhibition.

Je jugeai que le moment était venu, et puisant dans mon sac à dos, ma main incrédule n’y trouva pas ce qu’elle cherchait. Elle recommença sans plus de succès, et mes yeux l’aidèrent alors à comprendre la situation. Si dans la poche avant tout ce qui était essentiel y était bel et bien, mon smartphone comme je l’ai dit, ma montre, mon portefeuille et mes clefs, en revanche la poche principale respirait le vide.

Mais oui ! Je n’y avais pas mis mes vêtements hier soir pensant le faire ce matin, et les événements s’étaient enchaînés de sorte que Mark avait dû saisir mon sac tel quel, semblant rangé et les omettant donc — ou bien plus perfide encore, le réalisant très bien mais me faisant un dernier coup façon Albion. Ainsi, mon short, mon tee-shirt et mes sandales manquaient à l’appel, seuls se trouvaient les objets qui n’avaient jamais quitté mon sac : un plug et un thong tous deux métalliques.

Je me posai pour réfléchir : j’étais donc pieds-nus, sans rien à me mettre en haut et tout au plus mon thong pour le bas. J’écartai l’idée du plug car il ne correspondait pas vraiment à une solution à mon problème, et à dire vrai, après tout ce que j’avais vécu ces trois jours, je doutai même qu’il tînt en place. Nous étions dimanche soir, et même si par miracle je trouvais encore des magasins ouverts, je n’avais guère de temps devant moi. Quant à retourner chez Mark et Félix, il n’en était pas question, et je préférais racheter plus tard de nouveaux atours plutôt que d’avoir encore affaire à eux.

Je résolus donc de tenter l’aventure. Je revêtis ainsi mon thong, qui était conçu en anneaux métalliques entrelacés à la manière d’une cotte de maille, ayant l’apparence par devant d’un sachet contenant mes parties, et à l’arrière une simple chaîne métallique épousant mon sillon comme le ferait un string, le tout étant maintenu à la taille par une autre fine chaînette. Inutile de dire que l’on pouvait deviner ce qu’il renfermait par le manque d’opacité de la structure, et qu’il laissait ma toison saillir généreusement devant. Je terminai en enfilant mon sac à dos de sorte que ses bretelles couvrissent mes tétons, masquant ainsi une des parties de mon anatomie qui auraient pu accentuer ma quasi-nudité.

Je repartis alors, d’un pas résolu afin d’une part que les regards des passants n’eussent pas le temps de me regarder en détails, d’autre part car le temps pressait. Le chemin de sable, l’asphalte du trottoir, tout cela paraissait encore naturel si près de la plage, et j’éveillai simplement quelques coups d’œil en coin. Quand je passai derrière le port, les regards étaient plus insistants, et à la vérité j’avais un côté exhibitionniste et j’aimais que l’on me regardât, probablement même que le petit danger que je ressentis ajoutait à mon excitation. Je voulais surtout éviter les autorités, qui selon moi étaient seules susceptibles de me causer du désagrément et de m’arrêter dans ma course, ce qui eût été fâcheux car j’aurais alors la certitude de rater mon train.

Cela n’arriva point et enfin arrivé à ma gare de départ, je me fis tout petit dans un coin du quai avant de monter à bord du TER. Celui-ci était presque bondé, aussi restai-je debout et autant à l’écart que possible. Dos à la cloison, je déplaçai mon sac sur le ventre en essayant de masquer mon bas également, ce que je parvins assez bien à faire. Arrivé en gare de Nîmes, donc loin de toute activité balnéaire, ma tenue allait bien plus détonner et le risque augmenter.

Il fallait prendre un nouveau train pour rejoindre la gare TGV, et je marchai aussi vite que possible en scrutant tout particulièrement la présence de contrôleurs ou autres forces de l’ordre, que je pus éviter d’autant plus facilement qu’ils étaient peu nombreux. Certains badauds me regardaient passer en coup de vent, je pense qu’ils remarquaient essentiellement ma nudité pédestre, et avant qu’ils pussent remonter les yeux au-dessus de mes cuisses, j’étais déjà passé.

Enfin arrivé en gare TGV, il me fallut ruser et jouer des mains et des piliers pour patienter, masqué autant que je le pus, les vingt minutes d’attente sur le quai, le train arrivant d’une autre gare avant de repartir aussitôt. Ce fut en montant que je me découvris le plus, cherchant la place solo que j’avais réussi à réserver, sous le regard réprobateur des passagers qui me voyaient passer à leur niveau et remarquant très bien mon accoutrement, ou plutôt son défaut.

Le problème de la première classe, c’est que certains clients estiment qu’il s’agit d’un secteur privilégié, réservé au bon milieu, et accueillent mal tout intrus du peuple qui paraît venir d’un monde qui n’est pas le leur. Mais j’avais choisi ce compartiment car il offrait des places seules, et bien que je ne susse pas encore en réservant que cela m’éviterait un voisin scrutateur voire délateur, j’avais déjà bien en tête le fait d’éviter un vis-à-vis désagréable ou, pire encore, qui ferait la conversation.

Personne ne fit de remarque toutefois, et je m’installai à ma place en me disant que le tour était joué. En effet, j’abattis ma tablette ce qui masqua mes jambes aux regards, je mis mon sac dessus ce qui me permit de cacher mon torse, je dirigeai mes pieds vers la cloison et je résolus de ne plus bouger jusqu’à notre arrivée. Je savais bien que mon voisin sur l’autre rive du couloir et toute personne passant à côté verrait à quel point j’étais peu couvert, mais j’étais rassuré et je me préparai mentalement à contester toute tentative de me faire descendre en exigeant de voir l’alinéa du règlement qui l’aurait motivé.

Je revécus ce week-end de trois jours mentalement, et comment mes relations avaient évolué au fil de son déroulé : une visite à l’exposition d’art tout d’abord, innocente, mais pas vraiment ? J’avais un peu racolé en m’habillant si court — bien que cela ne fût rien au regard de mon dénudé actuel — et si j’avais suivi cet inconnu qui s’appelait Mark, c’était bien dans l’espoir d’une relation sexuelle avec lui. Et je ne fus pas déçu, car son copain l’avait admirablement secondé et tous deux m’avaient comblé, littéralement. Mais je me demandai maintenant si cela n’avait pas constitué de leur part un test pour ce qui allait suivre ?

Puis la partie fine, où j’avais subi sévices et humiliations qui avec le recul, m’excitaient à y repenser. Se laisser manger, dominer, boire à la fontaine de gloire, et c’était probablement là que les choses s’étaient gâtées, car mon compagnon d’infortune s’était peut-être trouvé piqué de ne plus avoir l’exclusivité de l’attention. Et pourtant il semblait qu’il vînt d’ordinaire avec un autre, mais peut-être ce dernier était-il relégué dans un rôle secondaire ?

La partouze m’avait marqué par le spectacle de débauche qu’elle avait déroulé, dans la plus pure continuité des séquences précédentes, donnant un aperçu de la nature humaine et de ce qu’elle produit de mauvais quand elle ne sait s’occuper ou n’a pas d’autre objet contre lequel exercer sa cruauté. Une forme de jeux du cirque, me dis-je, sous une forme moderne et débridée, et réservée à une certaine partie de la société.

Mark s’était montré méchant et plus encore le lendemain en me corrigeant, alors que je n’avais rien fait que d’essayer de jouer mon rôle du mieux possible. Je pensai qu’il avait construit une relation malsaine avec son dominé et qu’il avait mal vécu le fait que je m’interposasse, bien malgré moi, entre eux. Car si Lolo avait disparu, vraisemblablement avant la fin de la nuit, c’est qu’il avait probablement voulu marquer son mécontentement, comme je l’ai dit plus haut. De ce point de vue, Félix semblait plus équilibré, ne dépendant pas d’une relation de dominance émotive et pratiquant, semblait-il, le sexe comme simple plaisir.

Pendant que je revivais mentalement mon meilleur moment du week-end avec le groupe d’amis de quelques heures dont j’avais à présent oublié les prénoms, je fus interrompu dans ma réflexion par le contrôleur. Celui-ci me regarda d’un drôle d’air et je me préparai à argumenter et à expliquer en quoi ma tenue ne pouvait constituer motif à amende, ou pire encore, à débarquement, mais il se contenta de scanner mon QR-code et passa son chemin, le regard insistant entre ma hanche et ma cuisse, et se demandant probablement comment un tel hurluberlu pouvait avoir un billet valable en première mais ne voulant pas causer de problèmes un dimanche soir.

Je retournai dans mes pensées en imaginant les collègues dialoguant au café le lendemain matin :

“— Alors, ce week-end de trois jours ?

— Oh, je n’ai pas fait grand chose, un tour à la mer.

— Pas d’autre activité particulière ? Un peu de sport ?

— Moi, tu sais, le sport…”

Je ne disais pas grand chose, j’étais assez intérieur et bien malin qui pouvait suspecter que sous mon air discret, sobre et apparemment sérieux, je pratiquais un sport particulier chaque fois que l’occasion s’en présentait.

Je grelottais littéralement avec la climatisation du train qui m’avait saisi dès ma montée à bord, heureusement que le trajet ne durait guère plus d’une heure. Terminant le cheminement de mes pensées, je me pris à compter mentalement et dénombrai environ vingt-cinq fellations et plus de trente sodomies, s’agissant de personnes distinctes car certaines y étaient revenues plusieurs fois. Sur trois jours, cela me parut une bonne moyenne, en fait probablement un record pour moi, et j’en fus très content.

Nous arrivions à La Part-Dieu et il me fallut descendre. J’attendis un peu le dernier moment, et après un escalier je me retrouvai dans le souterrain sombre que je détestais, content toutefois de ne plus être exposé à la climatisation. J’allai vivement à ma dernière étape, et curieusement, bien que je ne fusse toujours vêtu que de mon thong et de mon sac à dos, je captais moins de regards dans la cohue des gens pressés qui déambulaient rapidement dans la luminosité faiblarde. C’étaient encore mes pieds nus qui retenaient l’essentiel de l’attention de ceux qui se retournaient, et j’en souris intérieurement, me disant que d’autres pays étaient bien plus ouverts sur ce point.

Je fus heureux d’arriver enfin chez moi ; ainsi que d’avoir réussi à parcourir plus de trois cents kilomètres en transport public, vêtu seulement d’un string métallique !

Le lendemain se déroula à peu près comme je l’avais prévu, mais la conversation du café prit un tour un peu différent :

“— Ah tiens hier soir j’étais à Lyon et j’ai vu un mec quasi à poil en gare. Il est passé vite mais tout le monde se retournait sur lui. D’ailleurs il te ressemblait un peu, André.

— Cherche pas, c’était moi. D’ailleurs je me balade souvent à poil le soir en ville, tu sais bien.”

De gros rires incrédules ponctuèrent ma répartie, tellement elle était éloignée de l’image mentale qu’avaient de moi mes collègues. Moi, une bête de sexe exhibitionniste ?

Je ne suis pas celle que vous croyez !

 
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from Week-end à hommes

Mer et plage avec homme nu vu de dos.

Nous étions au plein milieu de la plage, sur une bande de sable modérément ferme, et autour de nous se trouvaient différents publics, qui assis ou discutant, qui rôtissant au soleil, qui lisant un livre ou qui encore se promenant au bord de la mer ou allant et venant s’y baigner. Autant dire que tout le monde pouvait nous voir, ce qui ne semblait pas gêner mes futurs partenaires, et à vrai dire les gens qui nous entouraient non plus, étant peut-être habitués, un peu voyeurs voire pratiquants du même art. Exhibitionnisme, en extérieur et en groupe : tous les ingrédients réunis que je trouvais les plus excitants pour la pratique du sexe.

Mes six compagnons étaient déjà un peu revigorés, sans doute anticipant l’avenir immédiat. Seb se présenta d’abord face à moi alors que je me mis à genoux, et je commençai à lui travailler le membre, comme je l’avais déjà fait probablement à vingt personnes ce week-end. J’y mettais plus de cœur en voyant qu’il appréciait et que sa raideur croissait rapidement : d’abord la langue, en dessous et sur les côtés, puis tout en bouche, imprimant un mouvement de va-et-vient et modulant la pression de mes lèvres avec les oscillations de ma tête et mes caresses linguales.

Max s’était posté à côté, et je relâchai presque à regret mon emprise pour la porter sur ce dernier et lui infliger le même traitement. Il fut rapidement rejoint par tous les autres, qui formèrent un cercle presque parfait autour de moi. Je ne savais plus où donner de la tête, littéralement ! Si j’avais d’abord commencé à m’occuper de chacun à tour de rôle, il me sembla désormais plus stimulant de jouer avec eux l’effet de surprise, et d’alterner à droite, à gauche, derrière, au centre, afin que chacun reçût sa récompense mais que personne ne sût exactement à quel moment.

Ce manège où je tournais dura très longtemps. Chacun des organes était différent et présentait un goût propre. Comme ma salive les enveloppait, eux-mêmes produisaient ce liquide qui précède l’extase, en plus ou moins grande quantité selon la personne. Son goût légèrement salé et sa consistance collante me plaisaient, et auguraient favorablement de la suite.

On m’invita alors à me déplacer un peu pour me poster sur un transat plat couvert d’un matelas molletonné en plastique, et m’y poser à quatre pattes. De là, je pus continuer mes caresses buccales aux membres qui ne cessaient de défiler. Ils n’étaient que six, mais ils y revenaient sans cesse dans une sorte de noria infinie !

L’un s’était sans doute détaché toutefois, car je sentis un objet chaud balayer mon sillon, d’abord de bas en haut puis à rebours, la langue s’attardant sur le seuil de ma porte. J’aimais cette douceur humide qui laissait derrière elle une impression de fraîcheur alors qu’elle commençait à peine à sécher, immédiatement renouvelée au prochain passage.

Estimant probablement avoir mérité sa récompense, ce fut un doigt frais qui remplaça temporairement la langue, enduit d’un lubrifiant à ce qu’il me parut. Ce majeur semblait satisfait de son introspection qu’il réussit sans effort, aussitôt rejoint par un index puis un annulaire, tous ensembles. Ceux-ci furent remplacés dans leur passage par un organe unique mais généreux à ce que je sentis, qui toqua une fois, puis une seconde fois avant de rentrer délicatement mais fermement jusqu’au fond.

Quel bonheur ! Je sentis toutes ses veines pendant qu’il amorçait un premier mouvement de retrait, pour revenir et vice-versa avec régularité et application. Je ne réalisai pas de qui il s’agissait, et à la vérité, peu m’importait. Je profitai de ce moment intense, celui où les corps glissent et coulissent à l’unisson. Je continuais à alimenter la noria en simultané, sans doute de manière plus saccadée du fait des mouvements qui étaient imprimés côté fondement.

Celle-ci sembla prendre une nouvelle trajectoire, alors que mon premier entrant s’était éclipsé pour venir se présenter devant moi et me permettre de goûter à son organe enrichi de l’arôme de mon intérieur. Un autre l’avait remplacé et je ressentis la même douceur teintée de fermeté tandis qu’il rentrait lui aussi en moi. Nouveaux mouvements, nouveau positionnement de la noria, et tous se succédèrent pour me visiter par la porte arrière, sortant de l’avant pour y revenir ensuite.

Cela dura longtemps, et j’aurais souhaité atteindre l’éternité dans cette activité pleine de satisfaction mutuelle, mais la position finit par devenir fatigante pour moi, et comme en écho, on m’invita à me retourner pour m’allonger sur le dos sur le transat. Je fus positionné de sorte que ma tête pendît vers le bas, ce qui permit aux prétendants de rentrer par la porte avant et d’atteindre le fond de ma gorge. Cela provoquait chez moi un mouvement réflexe et je perdis la maîtrise de mes glandes salivaires tout en devant m’appliquer pour pouvoir continuer à respirer convenablement. En même temps, on s’assurait de l’autre côté de ne pas me laisser vide, et le pilonnage qui s’ensuivit pendant que j’étais sollicité à l’avant à en perdre la tête me rendit dans un état d’abandon quasi-extatique.

Nouvelles rotations et succession de tous mes partenaires, tous voulaient profiter des nouvelles stimulations que permettait cette position et les lubrifications associées, et ils y revinrent plusieurs fois avec une fréquence s’accélérant. La fatigue en touchant certains aussi, cela finit par ralentir.

Je sentis qu’on me repositionna encore et sur le côté cette fois, permettant à mon cou de se reposer sur le matelas et le soulageant du même coup. Ainsi dirigé, mon regard put voir que nous avions un public, plusieurs personnes s’étant regroupées pour nous regarder tous, et il me sembla même qu’un smartphone avait filmé la scène. Cela ne semblait pas gêner mes partenaires qui l’avaient déjà remarqué depuis longtemps, et cela m’excita encore davantage.

Chris s’allongea derrière moi, ajustant sa position et soulevant ma jambe afin de permettre à son membre de retrouver l’orifice qu’il avait déjà épousé plusieurs fois. Il y parvint, et un mouvement de reins lui permit d’y revenir, alors que je lui facilitai la tâche en écartant plus encore ma cuisse et en levant le reste de ma jambe du mieux que je pus. Les mouvements de va-et-vient se succédèrent à nouveau puis mes partenaires, et chacun put tester cette nouvelle position avec succès.

Il était temps de varier un peu. Étant ramené sur le dos, David vint au dessus de moi mais tête-bêche, de sorte que ma bouche rencontrât à nouveau sa virilité, mais lui faisant de même. Nous y étions, le soixante-neuf tant attendu ! Car même si je suis passif à cent-pour-cent, comme je l’ai dit j’apprécie aussi le plaisir buccal et le privilège de l’éprouver tout en le dispensant en même temps est formidable.

Après un temps, il voulut toutefois changer et se levant, il m’invita à faire de même pour me remplacer sur le transat. Lui aussi allongé sur le dos, il me fit le chevaucher à califourchon et venir m’empaler sur son membre. Je gardai les pieds sur le sable de chaque côté du transat, tout en m’asseyant sur sa virilité et posant les mains derrière moi sur le cadre, je me mis à balancer les hanches afin d’être tout entier pénétré de sa raideur. David entama un mouvement similaire, et je pus ainsi alterner phases de calme où je profitai de ses oscillations, et phases actives où se jouait la réciproque.

Seb vit que le moment était adapté pour se poster debout à côté de moi et étant ainsi au bon niveau, je le happai aussitôt de ma bouche gourmande. Chris se mit debout de l’autre côté, et j’alternai ainsi entre eux, toujours enfilé tout entier sur David. Après avoir profité largement de cet échange, Max remplaça David, puis Marc et Franck se mirent aux avants-postes pour répéter l’histoire, avec un léger changement puisque ayant pivoté, je tournai cette fois le dos à mon hôte allongé.

Comme je fatiguais un peu, celui-ci le vit et me tira en arrière, de sorte que je fusse étendu sur son ventre et son thorax. J’étais léger, il était robuste, cette position nous convint à tous deux, et il redoubla d’efforts et de profondeur en moi, tout en me stimulant les tétons. Ma prostate était désormais attaquée sous ce nouvel angle et cette vigueur décuplée, et la fréquence des assauts devait être idéale car je commençai à trembloter des jambes et à complètement perdre le contrôle de mes sens et de mes muscles.

Une sensation que je connaissais bien et à laquelle je m’abandonnai tout entier, tandis qu’un flot presque ininterrompu commença à s’écouler de mon organe et que j’atteignis l’orgasme. Oui ! Mon hôte ne s’arrêta point, bien au contraire, s’assurant ainsi que je profitasse le plus longtemps possible de cet état de grâce et d’extase, que j’eusse voulu éternel alors que le flot qui pulsait hors de mon corps paraissait intarissable et que ma bouche formait des gémissements de plaisir.

Il finit par venir lui aussi, mais je le sentis à peine, engourdi du bas et toujours tremblant des membres inférieurs. Il marqua une pause après s’être retiré, et je dus patienter cinq bonnes minutes pour récupérer l’usage de mes sens. Il l’estima, et me faisant asseoir momentanément, se fit remplacer par Marc que j’avais un peu délaissé. Celui-ci prit toute la place qu’avait laissée Max, y compris en moi, et tenta dans un premier temps de répéter l’exploit de ce dernier. Mais étant peut-être trop confortable et voyant que Franck était dans l’impatience comme lui, il l’invita d’un regard à se poster entre mes jambes ouvertes.

Premier assaut alors que j’étais déjà pénétré en entier, qui se répéta pour réussir dès le second, m’emplissant généreusement d’un double diamètre chaud. Marc me tenait fermement, et Franck imprima de ses reins des mouvements de va-et-vient. Je savais que je n’atteindrai pas un nouvel orgasme ainsi car la profondeur à laquelle on fore en cette position est généralement inférieure, mais j’étais amateur d’élargissement extrême et j’y trouvai ainsi mon bonheur.

Marc le trouva également assez rapidement, à la fois pris dans mon intérieur et stimulé par le frottement du membre de mon second partenaire qui continuait alors que le premier lâchait son lest pour s’envoler vers le septième ciel. Inondé par cette nouvelle flaque, j’étais aux anges et Franck la sentait aussi, tandis qu’il continuait de plus belle et qu’une nouvelle lubrification venait sur son outil en faciliter le coulissage.

Il se lâcha également, et je ressentis l’énergie du flot qui jaillit en moi par pulsations successives. Il finit par sortir avec une dose du liquide qu’il venait de m’injecter, qui coula sur les cuisses de Marc avant que ce dernier ne s’extrayât également de mon poids. Galvanisé par ce spectacle et voulant y participer également, je vis que Seb et Chris attendaient leur tour et je devinai qu’ils voulaient, eux aussi, tenter la double.

Lubrifié et dilaté comme je l’étais, je me prêtai à leur désir tandis que Seb s’allongeait maintenant sur le transat. Cette fois, il m’attira à lui ventre contre ventre, et pendant que ses mains s’enroulèrent autour de mes hanches, je me retrouvai rapidement en communion avec lui. Il m’embrassait sur la bouche et faisait de même en dessous, nos langues se croisaient et échangeaient leurs caresses et leurs humeurs alors que son organe me fouillait de même en mon sein qui était tout aussi mouillé.

Il rentra profondément, opposant les oscillations de ses reins avec celles de ses mains, et je goûtai au contact charnel qui unissait nos torses et nos poitrines, en plus de nos extrémités déjà accouplées. Mais il avait bien dans l’idée que nos ébats ne se limitassent pas à deux, et m’ayant écarté les cuisses de ses mains tout en restant uni à moi, de sorte que mes jambes pendissent à ses côtés jusqu’à ce que mes pieds touchassent le sable, il se repositionna pour lui aussi desserrer les jambes.

Il ouvrit donc la voie à Chris qui s’approcha et tenta de passer par le chemin ainsi tracé. Je le sentis qui tapa à ma porte, cette fois-ci par derrière le membre déjà enfilé, tandis que la fois précédente c’était dans l’ordre inverse. La sensation était différente et me donna l’impression que la seconde, troisième, quatrième tentative furent plus difficiles. Ou bien était-ce une affaire de diamètre supérieur, car bien que j’eusse une capacité importante pour avaler ce qui m’était jeté, une double me faisait approcher de ma limite.

La cinquième fois fut la bonne, et me fit lâcher un cri alors que j’eus l’impression qu’on me forçait au-delà de ce que mon corps pouvait accepter. Et pourtant, qu’est-ce que j’avais déjà pris ! Chris attendit que mon orifice s’habituât à cette nouvelle dimension, puis reprit son cheminement avec prudence mais fermeté. Mouvement arrière, puis avant. Encore. Encore, et encore, et encore, de plus en plus rapidement. Cela devint confortable, puis enfin agréable. Et maintenant j’en voulais plus.

Il fallut cinq minutes pour qu’il atteignît son paroxysme, et il giclait encore abondamment pendant qu’il se retirait déjà, finissant son office sur mon dos. Cela déclencha presque instantanément la même réaction chez Seb; qui se laissa couler en moi et tapissa mon intérieur généreusement. Quelle sensation de bonheur, quand un homme s’abandonne en vous et que vous le sentez physiquement se laisser aller !

Libéré de leur emprise et me rasseyant, je vis que Chris était proche, et réalisai qu’il était le seul à ne pas encore s’être envolé. Je ne voyais aucune raison de le laisser à part, mais je voulus tenter de coupler notre plaisir et atteindre ensemble notre apogée. Pour cela, la position qui me réussissait le mieux était debout, cambré et légèrement penché en avant, les mains appuyées sur un dossier de chaise par exemple.

Là il n’y en avait point, mais j’avisai Max debout nous regardant, et lui fis comprendre comment il pouvait m’aider, en me supportant les avant-bras pendant que je m’appuierai sur les siens afin de trouver cette station idéale. Ainsi positionné aux bons soins de ce solide gaillard et les pieds arrimés dans le sable, je fis signe à David afin qu’il me rejoignît par l’autre côté et pour qu’il commençât à me besogner.

Il ne se fit pas prier, et trouvant probablement la position debout agréable pour lui aussi, rentra d’un bloc en trouvant immédiatement sa voie. Il amorça ses mouvements, dans un premier temps sans les mains qu’il garda sur ses hanches à ce qu’il me semblât. Cela lui permettait des mouvements amples et profond, et me penchant à peine plus, m’assura qu’il tapât sur ma prostate.

Je n’avais plus qu’à attendre, tandis qu’il redoublait d’effort. Il eut la bonne idée de trouver une occupation à ses mains, qui se positionnèrent autour de mes tétons en les pinçant par moments, et caressant mes aréoles à d’autres. Ceci provoquait toujours en moi une forte excitation, mais dans l’état que j’approchais, cela me fit durcir davantage.

L’orgasme prostatique a ceci d’extraordinaire qu’il peut être atteint plusieurs fois d’affilée. Au fur et à mesure que je montais, je percevais à nouveau cette sensation au niveau du périnée, cette perte de contrôle qui peut laisser penser que l’on va se laisser aller, ces tremblements dans les jambes alors que les muscles ne sont plus pilotés par le cerveau… Mon membre en semi-raideur se mit à fuir à nouveau, par saccades rythmées par les mouvements de mon partenaire, et une quantité laiteuse indescriptible coula sur le sable, s’accrochant à mes cuisses et à mes jambes dans le mouvement pendulaire qui m’était imprimé.

Jouissance !

David finit également par atteindre l’orgasme dans une série de râles, tandis qu’il semblait me remplir par l’arrière pour remplacer tout le fluide qui m’avait échappé par l’avant. j’étais déjà entièrement abandonné dans les bras de Max qui me portait quasiment alors que mes jambes se dérobaient.

Ce fut un moment fabuleux pour moi, et j’espérai que mes amis d’un jour en garderaient souvenir également — et probablement les spectateurs qui avaient commencé à se disperser après le clap de fin.

Nous restâmes assis longtemps, sans dire mot, à contempler la mer pour ce qui me concernait, à aller et venir se baigner pour le reste de l’équipe. On vint même me frotter le dos avec de l’eau de mer et je compris plus tard qu’il s’était agi d’effacer ce qui restait de mon inscription honteuse.

Ils finirent par commencer à ranger, puis à me saluer :

“— Dédé c’était génial, on a passé un super moment. J’espère qu’on se reverra un jour peut-être ? Nous on doit y aller, à plus.”

J’eus droit aux bises de chacun, puis ils s’éloignèrent en groupe, me laissant assis nu sur le sable, m’étant assuré auparavant que mon sac à dos était toujours à proximité. Je regardais ces beaux corps mâles s’éloigner, avec un peu de regret.

 
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from Week-end à hommes

Robinet laissant échapper son jet.

Quand j’ouvris l’œil, il était presque midi ! J’avais dormi d’une traite, et si j’avais vaguement perçu de l’agitation à côté, je ne me réveillai vraiment qu’à ce moment où le soleil m’éclairait le visage. J’entendais une discussion à côté, peut-être était-ce plutôt cela qui me tirait de mon sommeil car elle me sembla presque vive.

“— … T’inquiète, il reviendra, c’est juste une passade.”

C’était la voix de Félix, et je compris qu’il parlait de Lolo. Celle de Mark lui répondit :

“— Quand même, c’est la première fois qu’il me fait ça. J’avais raison, je ne voulais pas que l’autre participe.

— Il nous a bien aidé quand même, et il s’en est pas mal sorti, non ?

— Justement, peut-être trop bien. Et on le reverra plus après, alors que Lolo, c’est un habitué. Et je tiens un peu à lui…

— Ouais, t’attache pas trop quand même, hein.

— T’es jaloux ?

— Tant que ça reste sexuel, non. Mais faudrait pas que ça aille trop loin, des fois je trouve que tu le regardes d’une drôle de manière.

— Comme un soumis, rien de plus. Fais-moi pas chier avec ça.”

Félix grommela quelque chose et la conversation en resta là. Je compris que “l’autre”, c’était moi et que le conseil de Félix quand il m’avait libéré était probablement sage. Mais avant de partir, je résolus de prendre un petit-déjeuner, plutôt un brunch à cette heure, car j’avais faim et je considérais que je l’avais mérité, tout de même. Mon sac posé sur le lit, je sortis donc de ma chambre et comme le premier jour, m’emparai d’un bol de céréales et d’un jus d’orange, que j’allai manger dans le jardin.

J’étais encore entièrement nu, il faisait déjà chaud et cela restait ma tenue appropriée, enfin je voulais profiter une dernière fois du lieu en toute liberté. Assis sur ma chaise de jardin, je contemplai ce dernier en voyant que tout avait été rangé — à l’exception de la corde à linge — à l’instar de l’intérieur de la maison qui avait dû être entièrement récurée si j’en croyais l’odeur de détergent qui avait chatouillé mes narines en passant. L’un des avantages du carrelage, c’est qu’on peut le laver à grande eau, et il en avait eu besoin compte tenu de ce qu’il avait vu ces quelques heures !

Mark sortit brutalement et je lui lançai un “salut” qui manquait peut-être de conviction. Ses yeux me lancèrent un regard qui disait “tu es encore là !” mais sa bouche ne forma aucun mot. Il ne portait qu’un maillot de bain, et je regrettai de ne pouvoir faire mes dernières salutations au trésor qu’il renfermait.

Il sembla avoir pris une décision, et il m’intima l’ordre de me lever, ce que je fis immédiatement devant l’autorité qu’il y avait imprimée. Debout devant la table de jardin, ayant repoussé ma chaise en arrière, il écarta celle-ci tout-à-fait, envoya bol et verre à terre puis revenant du coffre qui était à côté, entreprit de lier mes deux chevilles aux pieds de la table avec des bracelets en cuir.

Cela me surprit et je me prêtai au jeu, bien que le moment me parût incongru et l’ambiance générale guère adaptée. Il revint ensuite avec une longue sangle, et me poussant le dos avec vigueur, me força ventre contre table pour faire le tour de l’ensemble avant de serrer le tout. Enfin, profitant de ma surprise et de mon apathie sur ce moment, il termina d’attacher mes poignets aux deux pieds de la table devant moi.

Je me trouvai ainsi entièrement ligoté et cambré en avant, offrant mon postérieur au monde. Un dernier aller-retour au coffre le fit revenir avec une ceinture en cuir à la main. Celle-ci était épaisse comme je m’en apercevrai bien vite, à la fois en épaisseur et en largeur où elle devait mesurer au moins cinq centimètres.

Je me demandai ce qu’il pourrait encore m’attacher, quand la sanction ne se fit plus attendre. Un coup formidable accompagna son mouvement de bras ample, prolongé par la ceinture qui claqua sévèrement sur mes deux fesses à la fois. Cela me fit crier car la douleur fut vive et inattendue. Encore pris par la surprise, un second coup arriva presque aussitôt et me fit crier encore plus fort, mélangeant cette fois protestation et réaction physiologique, accompagnées d’un mouvement avorté de mon corps qui souhaitait par réflexe mais sans succès s’extraire de son carcan. Cette fois on ne jouait pas, et il me sembla qu’il essayait vraiment de me faire mal.

Schlaaack ! Ses coups ne me rataient pas et chacun était plus terrible que le précédent, aggravé par la chaleur qui gagnait mon arrière caressé par le cuir. Il me punissait. Schlaaack ! De quoi il ne me le dit point, mais je suspectai que c’était lié à Lolo. Pourquoi celui-ci était-il parti, schlaaack ! Aïe ! Je ne le savais point, mais je devinai que la rivalité imaginaire qu’il avait bâtie à mon encontre, l’attention non exclusive qu’il avait reçue et mon succès modeste récolté l’avaient vexé. Schlaaack ! Déjà je n’en pouvais plus, et il ne semblait pas vouloir s’arrêter.

J’anticipais le prochain coup avec appréhension. J’étais fatigué, cueilli à froid, j’éprouvais un sentiment d’injustice, attaché et impuissant comme un gamin face — ou plutôt dos — à mon bourreau qui exprimait la méchanceté. Un sanglot monta à ma gorge. Schlaaack ! Schlaaack ! Deux coups administrés avec force et répétés aussi vite que lui permît la longueur du cuir eurent tout-à-fait raison de moi et je me mis à pleurer à chaudes larmes.

Cela l’arrêta, soit qu’il en fut surpris, soit qu’il avait atteint son but. Ou bien encore la présence de Félix qui passait derrière et qui lui dit “doucement !”

Il lâcha son arme et je crus qu”il allait me détacher, mais il ne l’entendait manifestement pas ainsi. Un court instant pendant lequel je devinai ensuite qu’il avait ôté son maillot, et le revoilà qui se présenta à nouveau derrière moi. Il m”écarta les hémisphères après les avoir saisis sans ménagement, et un organe durci se posta à mon sillon.

Je pensai qu’il avait conçu de rentrer à sec afin de poursuivre ce châtiment, mais il dut réaliser que cela lui serait aussi déplaisant qu’à moi, aussi partit-il à l’intérieur pour revenir aussitôt. Un contact froid me confirma qu’il s’agissait bien de lubrifiant, qu’il appliqua rapidement. Ses mains refirent le même mouvement sans plus de précaution, alors que je cessais mes sanglots.

Il entra alors directement et profondément, sans plus de formalités, m’attirant à lui et restant ainsi un court instant. Ce que j’avais vécu depuis vendredi m’avait désormais complètement ouvert pour plusieurs jours à toute expérience de ce type et cela ne me causa aucune douleur. J’étais simplement à sa merci et sous sa domination. Ce fut ce qu’exprima son corps en commençant un mouvement de va-et-vient marqué, sortant complètement par moments pour mieux y retourner, en saccades rapides et quasi-mécaniques.

Aucune attention, aucun érotisme, il me punissait là encore par cet acte et sa manière d’agir comme mon maître absolu : il me sodomisait, il m’enculait littéralement et il n’y avait rien d’autre dans son esprit, ni dans le mien d’ailleurs. Mon élasticité et mon diamètre l’obligeaient à jouer avec mes fesses pour se stimuler lui-même, ce qui me causait de la douleur à chaque fois qu’il pressait ma peau rougie par la fessée.

Ce manège dura quinze bonnes minutes, je me contentai de subir — que pouvais-je faire d’autre ? — et je n’émettais même aucun son, pourquoi le satisfaire avec des ahanements qu’il ne méritait pas d’entendre ? Finalement il sentit que son heure était venue. Plutôt que de satisfaire le plaisir que j’éprouve à recevoir les dons de mes partenaires, aspect de ma sexualité qu’il connaissait désormais, il se retira juste à temps pour que l’expression physiologique de son plaisir bestial me macule le dos, dans un mouvement où il visait tous les bouts de la peau que je lui présentais involontairement. Il matérialisait ainsi qu’il commandait et que je n’étais que son objet.

Après un moment, il se décida à venir me détacher les poignets. Cela me permit de le voir devant moi, entièrement nu et le membre désormais dégonflé, encore rougi de la visite fouillée qu’il venait de m’administrer. Passant derrière moi, il ne finit toutefois pas de dénouer les autres liens qui me plaquaient encore sur la table, et je sentis rapidement un filet chaud tomber sur le bas de mon dos.

Le salaud ! Il terminait son humiliation et sa punition avec cet acte ultime. Il urinait sur moi, balayant mon dos et visant également entre mes fesses, et je dégoulinais de son liquide par terre, ne pouvant toujours pas réagir. Ayant terminé son ouvrage et ne le voyant plus pendant plusieurs minutes, je compris par la suite qu’il avait à nouveau enfilé son maillot. Félix repassa :

“— Allez c’est bon, relâche-le maintenant, ça suffit.”

J’étais content de trouver un allié et la promesse de recouvrer ma liberté. Mark allait s’exécuter, non sans toutefois retirer du maudit coffre un collier en cuir, qu’il m’enroula autour du cou et auquel était attachée une lanière qu’il garda autour du poignet. Là, il se décida enfin à relâcher mes liens, et je pus me mettre debout, le regardant d’un air de ressentiment, mais qui s’apparentait plus à celui du gosse corrigé que d’un désir de revanche.

Il s’était aussi habillé d’une chemise hawaïenne au-dessus de son maillot ainsi que de tongs, et je remarquai qu’il portait mon sac-à-dos en bandoulière. Quant à moi j’étais toujours dans le plus simple appareil, pieds-nus et virilité à l’air, mon fondement rougi finissant de s’égoutter au sol. Surtout, j’étais maintenu en laisse par celui qui s’était arrogé mon maître et qui me tenait ainsi en respect par le cou.

“— Je vais faire un tour, je reviens d’ici deux heures”, cria Mark à l’adresse de Félix, que je ne devais plus revoir par la suite.

Il allait promener le chien, me dis-je. En effet, nous rentrâmes à l’intérieur par la véranda, puis en sortîmes directement par la porte d’entrée, celle par laquelle j’étais arrivé dans cette maison et ce jardin que je n’avais pas quittés depuis bientôt quarante-huit heures. Nous nous retrouvâmes dans la rue, et plutôt que de regagner sa voiture, il prit par la gauche et je le suivis, restant à la distance que me permettait la laisse qu’il tenait fermement en main.

Voilà donc que je me retrouvais en zone résidentielle semi-urbaine, sur un trottoir au bord d’une route, entièrement nu et tenu en laisse. Heureusement j’étais debout et le revêtement ne m’aurait pas permis de marcher à quatre pattes, mais j’étais offert ainsi à la vue des quelques passants qui se promenaient ou s’affairaient.

Il était dimanche après-midi et il y avait relativement peu de monde dans ce secteur. De plus, la plage était proche avec plusieurs zones nudistes alentour, même si elles sont censées être délimitées. C’est pourquoi je pensai que ma dégaine attirait les regards en coin, voire certaines têtes se retournant, mais que cela n’allait pas plus loin, pourvu que je ne tombasse pas sur des autorités.

J’essayais du coup de rester naturel. Je l’étais physiquement au sens propre, mais il fallait que je me sentisse à l’aise pour le paraître. J’aimais m’exhiber, mais je me trouvais ici un peu en décalage, un sentiment exacerbé par le collier m’assujettissant à son propriétaire. Rapidement je pris de l’assurance et marchai dignement, autant que me le permît ma position.

Je réalisai que nous nous trouvions plutôt au sud, rive gauche, du côté de Port-Camargue, et il y eut plus de monde en cheminant derrière la marina. Finalement, au milieu des regards étonnés ou amusés, je passai assez bien, l’attitude générale que je prenais rassurant les passants et touristes, une fois la surprise évanouie. J’étais habitué à marcher pieds-nus, et seuls les graviers fins constituaient une menace, heureusement nous étions plutôt en environnement asphalté sur les trottoirs.

Ce que je ne réalisai que plus tard et qui m’eût probablement ôté de ma superbe, c’était que les inscriptions au marqueur dans mon dos étaient toujours assez lisibles ; si j’avais quasiment réussi à les éradiquer sur mon torse, l’accès moins visible à l’autre côté m’avait fait omettre de les effacer avec le même succès, ne les voyant pas tout seul. Qu’avaient pensé les gens en lisant le texte et en suivant la flèche ? Je ne le saurai jamais.

Où allions-nous ? Comme nous bifurquions vers un chemin sablonneux, je compris que nous nous dirigions vers la plage de l’Espiguette. C’est une immense bande de sable fin, en partie naturiste, dont un coin est particulièrement prisé par la communauté gay et je crois en avoir parlé au début de ce récit, dont les dunes regorgent d’activité.

La mer ! Enfin, un sentiment de liberté était devant mes yeux, et je profitai de l’air maritime qui rafraîchissait un peu mon corps, chauffé par cette promenade nue forcée en plein soleil et la réverbération du bitume. Mais marcher sur le sable brûlant qui avait emmagasiné les rayons du soleil depuis ce matin était douloureux. Heureusement, nous allâmes jusqu’au bord de l’eau, là où le sable était plus ferme et nous permettait à tous deux de cheminer plus aisément. Probablement un ou deux kilomètres plus loin, nous atteignîmes le secteur naturiste.

Mark semblait chercher quelqu’un, et il avisa un groupe de beaux garçons qui jouaient au volley-ball. Il nous dirigea vers eux, et je goûtai la vision de leurs beaux corps musclés et bronzés, offrant tout à la vue du monde, leurs membres dodelinant au gré de leur jeu. Ils étaient six, et ils s’arrêtèrent à la vue de mon propriétaire tandis qu’il détachait enfin ma laisse. Échangeant bises et salutations, le plus grand me regarda puis demanda :

“— Alors qui tu nous amènes aujourd’hui, ce n’est pas Lolo ?

— Non, il s’appelle Dédé. Je vous le laisse, débrouillez-vous avec lui. Moi il faut que je rentre, Félix m’attend pour finir de nettoyer.

— Ah c’est vrai vous organisiez encore une partouze hier soir, c’était bien ? Un jour il faudra qu’on vienne.

— Oui, aucun souci, je vous ferai une réduction.

— Ça restera trop cher pour nous. Pas grave… Vraiment, tu ne restes pas pour regarder cette fois ? Salut, la bise à Félix !

— Oui”, dit-il en commençant à s’éloigner, puis revenant sur ses pas, jeta mon sac-à-dos près de moi avant de repartir.

Je me trouvai presque intimidé devant ces six grands gaillards qui me regardaient, et chacun se présenta : Chris, Max, Franck, Marc (un autre, donc), David et Sébastien, que l’on appelait Seb. Tous environ la fin de la trentaine ou début de la quarantaine, me dépassant en général d’une tête, et offrant courbes généreuses et formes saillantes. Mes regards s’attardèrent sur leurs corps et en particulier le centre qui me faisait face, et je sentis qu’il fallait que je disse quelque chose.

“— Je vous laisse finir votre partie, je vais prendre un bain en attendant puis je reviens ?

— Oui, tu reviens, hein ?”, répliqua Seb, à mi-chemin entre la question et l’injonction gourmande.

“— N’ayez crainte” fut ma réponse tandis que je me dirigeai vers la mer pour y nettoyer les stigmates de Mark, qui s’ils ne se voyaient probablement plus, souillaient encore mon honneur.

L’eau me rafraîchit et surtout me lava, bien que le sel ravivât la peau de mon séant. Je revins alors vers le petit groupe, qui avait de surcroît la garde de mon petit mais précieux sac-à-dos, alors qu’ils avaient terminé — ou interrompu — leur partie. Avisant mon dos, Franck dit un peu à la cantonade :

“— C’est pour être sûr de ne pas se tromper ? Moi je pense que j’aurais trouvé le chemin”, en riant et en désignant la flèche à ses camarades.

“— Moi aussi”, dit un autre, et tous semblaient joyeux devant la perspective d’un bon moment. Cela remonta mon humeur à bloc également, et nos regards se croisèrent, échangeant sans ambiguïté le désir réciproque que nous ressentions tous à cet instant.

J’étais content : une baise en groupe simple et naturelle, sans arrière-pensée ni lendemain, c’était exactement ce dont j’avais envie et besoin.

 
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from Week-end à hommes

Homme nu dans son bain avec 'vide-couilles" marqué sur son dos.

Je restai seul au milieu de tous probablement encore une bonne heure, tantôt les mains accrochées aux barreaux, tantôt le séant appuyé dessus, mais dans l’incapacité de quitter la station debout compte tenu de l’espace exigu qui m’était dévolu. Tout au plus pouvais-je m’accroupir jusqu’à un certain point et mes mains toucher le sol, mais m’asseoir m’était mathématiquement interdit. Je bougeais régulièrement les pieds, tout en essayant d’éviter de fouler les fluides qui avaient enfin terminé de quitter mon corps.

Un participant crut bon de m’offrir une part de pizza, me la tendant par l’orifice de la cage. Par un mouvement incompréhensible s’il n’était prémédité, celle-ci bascula devant moi et tomba dans ma cage face contre terre, suivant la loi de Murphy ; pire encore, elle chut exactement là où les traces encore vives de mes ébats antérieurs avaient maculé le sol, et la tranche que je saisis du bout de la main s’en trouva ainsi tartinée par nos humeurs, celles de mes partenaires enrichies par le passage en moi. Je la mangeai pourtant avec appétit, en rien dégoûté et à la satisfaction manifeste de mon nourrisseur, qui s’éloigna ensuite.

La salle se clairsemait progressivement et j’avais l’impression que mon rôle était terminé. Je voyais régulièrement Mark et Félix passer à distance, mais ils semblaient tous deux m’ignorer, voire m’éviter. Quant à Lolo, il avait disparu, ou du moins me restait invisible.

Je décidai d’enlever ma cagoule, elle me tenait trop chaud et les derniers invités qui restaient ne portaient également plus de masque, de toutes façons ils s’intéressaient à d’autres parties de leur individu pour ceux qui n’étaient pas affalés sur un canapé, voire carrément par terre. Je me sentais aussi serré par en-dessous, et j’avisai un hôte qui se tenait assez proche de ma cage. Je l’attirai à moi, et lui demandai s’il voulait bien me faire passer un couteau que je lui pointai du doigt sur le meuble voisin.

Il me le fit passer par le trou dans la cage, et je vis un moment de frayeur passer dans son regard quand j’approchai l’ustensile de mon organe. Ayant avisé la situation et les dimensions, j’entrepris sans trop de difficultés de faire sauter le petit cadenas, que la taille rendait plus symbolique que réellement efficace. Il céda et je fis glisser l’ensemble de la cage de chasteté qui tomba à terre, libérant ainsi mon membre qui apprécia cette soudaine respiration.

“— Ça va mieux, hein ?”, me glissa l’homme du côté libre de ma cage, initiant ainsi la conversation. Puis s’engagea un dialogue avec celui qui se présenta à moi comme s’appelant François, que je trouvai bel homme en particulier dans son plus simple appareil et sans masque, et qui faisait preuve d’élocution. Il reprit :

“— Ce n’est pas trop dur ?

— Ce fut une journée… particulière pour moi. Mais ça correspond à ce que j’aime, globalement.

— Et tu fais ça pour de l’argent ?

— Non, pour le plaisir en fait. Même si sur l’instant ça peut paraître étrange, j’aime subir, et j’adore le sexe.

— Moi aussi, j’aime le sexe, peut-être pas de la même manière que toi. Tu dois nous trouver bestiaux et pervers, non ?

— Pas tous en tous cas, mais c’est vrai que certains amusements où l’on aime faire souffrir l’autre me surprennent. Je ne juge pas, et probablement que tu trouves bizarre d’aimer être dominé ? Moi ça me soulage, la vie m’oblige à paraître fort, à décider, à toujours chercher à prendre le dessus, mais je n’aime pas ça. C’est une manière pour moi de m’évader de ce monde qui ne me convient pas.

— Moi aussi, je cherche à fuir, du moins momentanément. Tu vois, je suis architecte, j’ai une famille dite traditionnelle, mais j’ai aussi un côté homosexuel que je ne peux pas exprimer dans mon milieu social. Alors, je trouve des distractions inhabituelles, je file avec l’interdit. Et c’est presque une fuite en avant, il m’en faut toujours plus, pour ne pas à nouveau sombrer dans une routine destructrice.

— On a des points communs alors. Et les autres, tu les connais ?

— Certains, oui, mais on fait semblant de ne pas se reconnaître et le côté masqué nous met en situation de déni plausible. Comme nous partageons un secret inavouable, notre façade sociale reste indemne. La plupart viennent des parages et en général sont bien assis dans la société, ce genre de partie est d’ailleurs onéreuse. Tu verras très peu de touristes, ils ne connaissent pas et se contentent du Cap.

— Et ça ne les gêne pas de sodomiser des inconnus ?

— Tu parles de toi ? Au contraire, ça a un côté rassurant car tu es censé être garanti, en quelque sorte, par les organisateurs. D’ailleurs comme tu peux le voir c’est tellement vrai qu’ils pratiquent sans capote, en bareback, alors qu’entre eux ils prennent souvent plus de précautions. Et imagine que certains se connaissent, qu’ils se reconnaissent ou non, c’est une chose de se côtoyer dans une partie fine, mais une autre que de copuler avec son voisin ! Et ça peut faire mal : imagine un avocat sodomisant son client, ils le font bien dans la vraie vie mais seulement au figuré !”

Là-dessus, nous éclatâmes tous deux de rire, imaginant la scène mais aussi devant la justesse de la métaphore. Je me gaussais intérieurement de la soi-disant garantie, car je n’avais en fait produit aucun certificat médical, probablement devant la nécessité et l’opportunité, mais était-ce bien honnête et raisonnable de la part des organisateurs ? Et appliquaient-ils la même rigueur aux invités ?

Il reprit :

“— En tous cas, beaucoup suivent le vieil adage : un trou est un trou… et si certains sont homosexuels, refoulés ou non, d’autres ne viennent que pour le plaisir charnel et passager. Tu as vu que certains se contentent de mater, enfin presque, mais ils sont différents des couples, candaulistes ou échangistes, et une proportion a peur des femmes alors ils viennent ici se soulager, pour ceux qui osent dépasser le stade de la masturbation.”

Il marqua une pause, et en repensant au soulagement évoqué, mon organe commençait à reprendre un peu de vigueur, probablement également du fait de son irrigation à nouveau libérée de l’emprise de la chasteté. Debout face à lui, cela n’échappa pas au regard de François, qui repartit :

“— Qu’est-ce qui te plaît, dans la sodomie ?

— Je ne sais pas. Beaucoup de choses. D’abord physiologiquement, c’est une zone très érogène, en tous cas je me caresse en cet endroit depuis toujours. Et il y a le goût de l’interdit : la pratiquer, c’est affirmer ma liberté vis-à-vis des dogmes, religions et autres polices de la pensée. Et comme je disais, j’aime être dominé, et se trouver à la merci de celui qui tient l’arme et qui en use comme bon lui semble me procure cette libération psychologique et ce sentiment d’abandon. Pour moi, l’orgasme, c’est s’abandonner tout-à-plein à un autre.

— Je comprends. Mais l’interdit, tu l’as également en pratiquant l’acte, je veux dire de l’autre côté.

— Oui… Mais pas les autres dimensions. Et toi, tu as déjà essayé ?

— Me faire… tu veux dire ? Non, j’avoue que non, peut-être le devrai-je mais je ne me sens pas prêt. Et toi, à l’inverse ?

— Non, jamais. J’ai eu des rapports avec des femmes, plus jeune, mais classiques, et celles-ci ne l’auraient d’ailleurs pas souhaité autrement. Maintenant, je suis à cent pour cent du côté passif.

— Tu es sûr ?”, me demanda-t-il avec un sourire en regardant vers mon centre.

En effet, ma virilité avait pris du poil de la bête et pointait fièrement vers le haut. C’était à vrai dire la première fois qu’elle s’exprimait pleinement depuis que j’étais ici, sans contrainte et sans autre distraction qui m’aurait chatouillé à un endroit distinct. Car je n’avais en fin de compte encore jamais vraiment finalisé le plaisir que m’avaient procuré les distractions et les animations, comme ils les appelaient.

Maintenant que j’y repensais, émoustillé par ce dialogue et les pensées associées, il me sembla qu’il était temps de libérer la pression. Non, ce n’était pas une déviation de ma position passive, mais une expression corporelle de toute la satisfaction recueillie de mes partenaires et un besoin physiologique de compléter les instants vécus par une récompense qui, je le savais, diffusait dans le cerveau une hormone bénéfique.

François me comprit, et il s’éloigna un peu en me disant “vas-y” du regard. Debout dans ma cage, à la vue de tous mais sans savoir si quelqu’un d’autre me regardait, je me trouvais dans une position favorable et une excitation extrême.

Mes doigts s’étaient déjà refermés sur mon organe, et mon poignet vibrait tandis que je dandinais des hanches. Je relâchai mes doigts pour ensuite les porter, avec mon autre main, sur mes aréoles, prenant soin de tourner autour délicatement en forme de caresses, puis de gratter plus vigoureusement la pointe de mes tétons de mes ongles courts. Comme je n’avais quasiment rien mangé depuis le matin, le bout de mes doigts était froid, ce qui en augmentait fortement la stimulation.

Je répétai ce manège plusieurs fois, en allant jusqu’à caresser mon périnée, et je sentis que le ton montait et que le cri était proche. Ce fut le moment que choisit François pour s’adresser à moi, m’interrompant momentanément :

“— Si tu veux je peux t’aider, mais je te préviens, je n’avale pas.”

Devant mon regard qui l’interrogeait, il compléta :

“— Je te dois bien ça, après tout j’ai bien profité de toi, c’est une manière de te rendre un peu la pareille.”

Là-dessus il s’approcha du glory-hole de la cage qui pouvait bien fonctionner en mode réciproque, et ne souhaitant pas plus argumenter, ni étant vraiment en état de le faire, je m’avançai et me donnai à lui. Deux lèvres chaudes enserrèrent ma virilité turgescente, et une langue travailleuse entreprit sa stimulation, accentuée par un mouvement de va-et-vient assez lent pour commencer, puis s’intensifiant en pression et en rapidité.

C’était la relation active que je préférais et la seule que je pratiquasse occasionnellement, utilisant sinon des jouets sexuels prévus à cet effet, ou le plus souvent me rabattant sur mes mains. Je profitai de ces quelques instants, sachant qu’ils seraient désormais courts compte tenu de l’état d’excitation dans lequel je me trouvais.

Je repoussai sa tête d’une main à travers les barreaux. Le moment était venu et je voulais respecter la limite qu’il m’avait fixée. Il comprit et se retira rapidement, me laissant debout et les mains accrochées à la cage, l’organe raide et prêt à exploser, ce qu’il fit après quelques secondes. Un premier jet puissant sortit de mes entrailles et fit un arc de cercle formidable, allant probablement s’échouer à deux mètres devant moi. Puis d’autres pulsations suivirent, provoquant des échappées similaires mais chacune moins lointaine que la précédente, jusqu’à ce que le réservoir s’épuisât après une dizaine environ.

J’avais poussé un râle de contentement, et François eut l’air satisfait aussi. Le prisonnier était — en partie — libéré.

“— Je suis heureux pour toi. Je vais y aller maintenant. Peut-être qu’on se reverra un jour, qui sait ?”, mais je sentis qu’il n’y croyait pas. Je me dis qu’il allait probablement coucher à l’hôtel ou ailleurs et prétendre en rentrant demain chez lui qu’il était en déplacement professionnel (un samedi ?), ou bien chez un ami complice.

Quoi qu’il en fût, je me retrouvai seul à nouveau. Satisfait, mais il ne restait plus aucun invité et la salle était vide. Je me demandai si j’avais été vu ainsi, dépassant largement le rôle qui m’avait été assigné, quoique… j’étais ici pour contenter les participants et si c’était là ce qu’il voulait, ne devais-je pas m’exécuter ? Je contemplai la ligne quasiment droite que j’avais tracée devant moi et qui accrochait la lumière de l’angle où je me trouvais, mais je me dis que compte tenu des autres fluides et morceaux de nourriture qui maculaient le carrelage, celle-ci passerait inaperçue.

Après quelque temps, je vis Félix qui s’approchait de moi. Loin de me houspiller comme je le craignis d’abord, il me libéra de ma cage et me dit :

“— C’est bon, c’est fini. Mark voulait que tu restes dans la cage mais je trouve que ce n’est pas fair. Va te coucher pour dormir un peu, et je te conseille de partir à la première heure.”

Comme je ne me faisais pas prier et que je me dirigeais rapidement vers la chambre qui nous avait été accordée, à Lolo et à moi, la plante des pieds collante, il rajouta :

“— Ah au fait, tu as été au top. Je t’aurais bien repris pour une prochaine fois, mais je crains que ça ne soit pas possible.”

Sans comprendre exactement pourquoi, je goûtai toutefois au compliment qui prenait d’autant plus de valeur dans la bouche de ce grand taciturne. Arrivé dans la chambre, je constatai que Lolo ne s’y trouvait point. Je commençai à préparer mes affaires pour partir demain, car en effet le dernier conseil que je venais de recevoir me convenait tout-à-fait. Je n’avais qu’un petit sac à dos, je vérifiai donc que tout y était : portefeuille, clefs de mon domicile, smartphone et montre, et je résolus d’y ranger mes vêtements au petit matin avant de décamper. Je me dis même que je rentrerai probablement directement chez moi car j’en avais assez vécu pour un week-end.

Je me sentais sale. Souillé, plus exactement. Physiquement, extérieur comme intérieur, mais aussi psychologiquement, car on a beau aimer la domination, certains épisodes m’avaient parus malsains. Et pourquoi Mark avait-il voulu que je restasse encagé ?

Je résolus de prendre un bain, bien qu’il fût cinq heures du matin. Pas trop chaud pour ne pas agresser mon séant, mais d’une tiédeur agréable qui relaxa ainsi tous mes muscles où qu’ils se rappelassent à mon corps et rendit un peu de souplesse et d’élasticité aux endroits qui le désiraient. J’y restai assez longtemps, afin de décompresser et de vider ma tête.

L’esprit désormais serein, je me couchai sur le lit et m’endormis presque immédiatement.

 
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from Week-end à hommes

Homme nu avec "vide-couilles" marqué sur le dos.

Nous nous présentâmes à nouveau à Mark, propres comme des sous neufs, et j’étais content de pouvoir participer à la partie promise. Il me ramena à ma place :

“— C’est bien, on est un peu en retard mais les invités arrivent à peine. N’oubliez pas, vous n’en faites pas partie, vous êtes ici pour assurer le service.”

Je me dis que nous apporterions entièrement nus boissons et autres délicatesses aux invités, mais Mark crut bon de préciser :

“— Et donc, si un invité veut quelque chose, n’importe quoi, vous vous prêtez. Certains viennent ici juste pour mater mais ils ont besoin de s’épancher ; certains ont besoin qu’on les aide, d’autres viennent juste pour se vider, d’autres encore veulent qu’on les nettoie après, alors vous êtes là pour ça. C’est parfois plus facile pour eux d’utiliser un anonyme que de s’immiscer dans un groupe.”

Ce n’était pas tout-à-fait le rôle que j’avais escompté. Après nous avoir expliqué que nous devions rester visibles et à disposition tout le temps, il entreprit de nous préparer à la tâche. Il nous fixa d’abord à chacun une cage de chasteté métallique, avec un petit cadenas. Ce n’était pas mon équipement préféré, mais celui-ci semblait bien ajusté et empêcherait tout usage détourné de notre anatomie ; le cadenas qui cliquetait en marchant nous rappellerait notre impuissance forcée, s’il en était besoin.

Car finalement notre mission avait clairement été affichée dans le programme, et pour ôter tout doute, il donna à Lolo un marqueur noir et lui commanda d’écrire sur ma peau, d’abord sur le dos, puis sur le torse, les mots que j’inscrivis ensuite réciproquement sur lui : “vide-couilles” devant et derrière, avec côté face une flèche pointant vers mon cou, et côté pile pointant au bas de mon dos.

Nous étions ainsi clairement identifiés, de façon un peu humiliante, mais nous faisions partie du personnel, enfin d’une certaine catégorie de personnel. Pour finir, il nous couvrit la tête d’une cagoule noire en tissu mais qui laissait yeux et bouche (surtout) à découvert, nous rappelant qu’il s’agissait d’une réception masquée.

Ainsi affublés, il nous amena dans la grande salle, qui avait été réaménagée pour l’occasion : de nouveaux canapés avaient été installés ainsi que des boules lumineuses façon disco et des baffles dans la véranda préfigurant l’ambiance sonore. Notre arrivée ne fit aucun effet, tandis que nous entrions et que nous nous répartîmes de gauche et de droite, au milieu des premiers invités qui étaient déjà nombreux.

Tous étaient masqués, selon des choix personnels : des cagoules en cuir ou en latex, des masques puppy, et beaucoup de loups de formes et de couleurs diverses. Mais pour le corps, les tenues les plus variées étaient portées : harnais en cuir, jockstraps, thongs et tangas, culottes en cuir ouvertes derrière voire devant pour certaines, et même des anneaux péniens laissant leur organe à l’air pour les plus audacieux ou les plus pressés.

Enfin, nous n’étions plus les seuls passifs ni au centre de l’attraction, et tout se mélangeait dans cette partie qui promettait d’être torride ! D’aucuns étaient venus en couple ou bien se connaissaient, d’autres semblaient découvrir ou chercher le corps frère du regard, et le coup d’envoi ayant été donné, l’alcool le disputa au poppers pour débrider les timidités. Plusieurs grands récipients en étaient disposés un peu partout à disposition, où se mélangeaient également Swiss Navy et préservatifs.

Les travaux d’approche et flirts n’étaient pas sans rappeler certains bars de cruising où j’étais allé, à la différence que dans cette réception privée, la backroom était à la vue de tous. Cela pouvait dans un premier temps en rebuter certains, mais aussi donner de l’assurance à d’autres. Je me promenais dans cette harde de chair au son électro qui était diffusé, touchant des corps pour me frayer un chemin, récoltant parfois une main aux fesses en retour.

Je trouvais amusant de décrypter les personnalités, de reconnaître les habitués des nouveaux, de séparer les timorés de ceux-qui-osent-tout, de deviner si untel est notable ou tel autre touriste. Les corps se dénudaient avec l’heure qui avançait, et les contacts charnels étaient de plus en plus fréquents et ciblés. Je dus plusieurs fois envelopper de ma main un organe turgescent sur l’instigation encore discrète de son propriétaire, mais cela n’allait pas — encore — plus loin.

Il faisait chaud avec la foule et je trouvai l’ambiance moite et bruyante assez peu agréable, ponctuée d’odeurs animales et variées dont certaines pouvaient paraître excitantes mais d’autres me rebutaient. Je transpirais et je voyais aux reflets sur les corps que je n’étais pas le seul, mais la cagoule rendait la chose à la limite du supportable et j’étais tenté de l’ôter même si je n’osais franchir le pas.

Comme l’heure avançait, les corps se débridaient et les bouches faisaient plus que de prononcer des paroles, s’attardant ça et là sur une jumelle ou bien un téton affleurant. Les mains enlaçaient, les torses se collaient, les jambes se croisaient et les désirs croissaient.

Un premier couple avait commencé sur le canapé en cuir que je connaissais bien. Il avait été rapidement rejoint par un troisième larron, puis un quatrième, et c’était une masse informe à huit bras qui se trémoussait et fusionnait là, devant tous. D’autres couples se trouvèrent émoustillés à la vue de ce poulpe et commencèrent à s’attoucher et chercher un autre meuble où ils pourraient s’affairer plus confortablement.

Je goûtais visuellement ce spectacle, me sachant privé d’y participer, et si j’avais encore un doute, ma cage se rappelait à mon membre quand celui-ci faisait mine de vouloir s’exprimer. Un des participants se trouvait à côté de moi et n’avait pas cette contrainte, aussi était il sans vergogne en train de se travailler dans un mouvement oscillant de poignet. Remarquant ma présence et après lecture de ma fonction, il lâcha son organe et me fit signe de la main de venir.

Sa raideur exacerbée par un cockring, je pensai bien faire en commençant à me pencher face à lui, mais il me reprit :

“— Non, ce côté je le connais déjà, je veux tester l’autre.”

Probablement un participant du glory-hole, même si j’avoue ne pas l’avoir reconnu bien que j’eusse donc déjà vu ce membre de très près ? Quoiqu’il en fût, je me retournai et me penchai encore un peu plus, en me demandant si le mot “tester” était bien approprié et ce que nous ferions si celui-ci n’était pas concluant.

Après une application rapide de lubrifiant, deux mains saisirent mes hanches et m’attirèrent en arrière, sur un corps contondant qui glissa vers le haut entre mes hémisphères. Une main se repositionna, et un second coup visa plus juste avec son aide, et revint ensuite sur ma hanche après que sa virilité fut en moi et assurée de ne plus en sortir. L’entrée avait été facile, vu les exercices que j’avais pratiqués depuis vingt-quatre heures !

Les mouvements de ses hanches se faisaient plus amples tandis que ses mains oscillaient en phase et qu’au bout de cinq minutes, il lâcha enfin avec un grand râle et une chaleur familière qui m’avait empli l’intérieur. Il n’eut guère le temps d’épiloguer, alors qu’un autre invité qui nous avait observé le poussa quasiment dès qu’il se fût retiré et prit sa suite en moi sans autre forme de procès, entrant directement grâce à la lubrification naturelle que je venais de recevoir.

Je sentais toutefois la différence, car cet organe était plus épais, plus court probablement mais son diamètre veineux était ce que je préférais. Il lui fallut à peu près le même temps pour se libérer, mais il resta quelque instants encore jusqu’à ce que ses pulsations cessassent et qu’il dût se retirer par défaut de combativité. Il me tapa sur les fesses en partant et me lança un “merci”, à quoi je répliquai stupidement mais par réflexe “de rien.”

Je me dis que j’avais enfin commencé mon service et bien que n’étant pas rétribué à la tâche — pas du tout d’ailleurs — je cherchai du regard Lolo, sans succès. En continuant à me promener dans la pièce, je me demandai si je devais m’absenter un instant car je sentais que mon bas allait probablement bientôt laisser échapper du fluide que je venais de recevoir, dans l’état élargi où il se trouvait. Je n’eus pas le temps de conclure, car le poulpe venait de se disloquer dans un cri déchirant, et sa tête m’appelait.

“— Viens nettoyer”, m’intima-t-elle en me désignant une de ses victimes qu’elle avait foudroyée de son encre translucide et dont les stigmates couvraient le ventre et le torse.

Je m’exécutai, venant lécher avec application le précieux liquide en m’accroupissant au-dessus de la victime. Cette position fut fatale à mon sphincter dont l’élasticité avait été éprouvée et la gravité fit son office, de sorte que la semence reçue de mes deux partenaires précédents — si je puis les appeler ainsi — se mit à couler visiblement. Ceci n’échappa pas à plusieurs membres du groupe qui s’était formé, attiré précédemment par le cri de la pieuvre.

Une sorte de mouvement de foule se produisit alors que ses membres s’exclamèrent, probablement abrutis par les substances et l’ambiance électrique qui régnait :

“— Eh, le vide-couilles perd son jus, faut le re-remplir.”

Je fus saisi par les bras et amené vers une banquette proche qui était encore miraculeusement libre, on me posa sur le dos sur son assise, et un individu complètement nu si ce n’était son masque m’enfourcha et se posta au niveau de mon visage, les jambes de chaque côté du meuble sans dossier. Il me souleva ensuite les jambes et se cambrant en arrière, me présenta sa raie sous le nez.

“— Vas-y, lèche. Et vous les gars, bouchez la fuite.”

Le premier ne se fit pas prier, et colmata mon arrière, profitant au passage du lubrifiant existant, et il ne lui fallut pas longtemps pour enrichir sa quantité tandis que ma langue travaillait tant bien que mal le sillon de celui qui s’était arrogé ma domination. Un suivant, puis encore un autre se succédèrent, puis je ne comptai plus devant ces assauts répétés, me sentant désormais engourdi par ce côté. De l’autre, il me fallait écarter les hémisphères qui me surplombaient afin que mon nez trouvât sa respiration, ce qui donnait plus de surface encore à ma langue pour travailler, et j’espérais que son propriétaire ferait bientôt bon usage de la lubrification que je lui apportais ainsi.

J’avais l’impression de dépasser le rôle qui m’était dévolu. J’étais censé “aider”, mais pas être au cœur de l’attention. Je n’avais pourtant rien provoqué de particulier, le simple fait d’être là au moment propice avait créé ce qui ressemblait à un débordement. Et c’était à prendre au sens littéral, car ma contenance était dépassée, ou bien ma position mal ajustée, ou bien ma vanne devenue temporairement déficiente, mais il s’écoulait désormais un liquide généreux presque continûment, alors qu’il était sans cesse renouvelé par un autre invité.

En effet je ne me trompais pas, car Mark arriva et dispersa la foule autour de moi. Comme il ne pouvait pas sévir vis-à-vis de ses hôtes, ou en tous cas qu’il ne le voulait pas, c’est sur moi qu’il tourna sa réprobation.

“— Allez la lope, c’est bon, on va te calmer un peu.”

Il me leva et me prit alors par le bras, tout dégoulinant que j’étais encore, et m’emmena dans un coin de la pièce où était montée une cage que je n’avais pas encore avisée. C’était un objet probablement démontable, avec des barreaux mais un grand trou au niveau de la ceinture, et une surface au sol étroite de sorte qu’elle forçait à rester debout. Il m’y enferma, puis s’adressant au public :

“— Il garde sa fonction de vide-bourses mais il faudra venir ici”, en désignant le trou de gloire dont la fonction était pourtant évidente.

Je trouvai cela profondément injuste, mais cela aurait au moins l’avantage de me protéger et surtout de permettre à mon séant de retrouver son élasticité momentanément abandonnée. Je me sentais ouvert à tous les courants d’air, probablement encore pulsant de ce que je venais de subir, et je crois que j’avais défini une manière alternative de retrouver le chemin de la cage à la banquette sans avoir besoin des cailloux du Petit Poucet.

Cela avait aussi jeté un froid à mon égard, et bien que je reçusse deux ou trois “clients” que je travaillai alors à travers le glory-hole de la cage, étanchant au passage ma soif, la plupart des invités se désintéressèrent de moi et retournèrent à leurs ébats, leur voyeurisme ou onanisme, selon.

Il était probablement deux heures du matin et certains invités nous quittaient déjà. J’étais obligé de rester debout et je commençais à fatiguer. Et j’avais faim, de nourriture solide s’entendait.

M’avait-on oublié ?

 
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from Libertalia

Lettre de la Comtesse Amandine de Flamy

Mon cher ami,

Ayant appris votre retour, je profite de cette nouvelle année pour vous souhaiter qu’elle vous soit pleine de bonheurs et de joie.

J’ai été surprise, après tout ce temps que vous reveniez “au pays” ; est-ce pour longtemps ? Je ne pense pas que ce soit des soucis familiaux, j’aurai quand même fini par l’apprendre… Qu’en est-il mon cher ? Ne me laissez pas sans nouvelles.

Quant à moi, comme vous ne tarderez pas à le découvrir, si ce n’est déjà fait, je me suis mariée. Oui encore une fois. Vous connaissez mon goût pour les belles demeures… regardez mon adresse. Certes, châtelaine, mais à quel prix. Mon mari semble être oublieux de ses devoirs. En fait, nous avons ce que nous désirions le plus : lui, mon titre ; moi, son argent. Pour le reste tout fut réglé en moins de trois ans et depuis plusieurs mois déjà nous faisons chambre à part. Ainsi va la vie mon ami, parfois plaisante, mais au bout du compte toujours futile. Le seul avantage de ma nouvelle campagne réside dans l’acquisition que j’ai pu faire de quelques chevaux, ce qui m’a permis de renouer avec cet ancien plaisir qu’est la monte. J’espère que très bien tôt vous viendrez le partager avec moi.

Soyez sans craintes, Edmond n’est plus que rarement ici, ses affaires l’appellent à la ville. Elles ne sont pas les seules.

J’espère que vous ne m’en voudrez pas d’avoir ainsi, forcé votre boîte, Dans l’espoir d’un signe de votre part, votre dévouée,

Amandine de Flamy

 
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from Libertalia

Fin d’automne 2004

Ce salopard était entré pour faire son travail de tueur. Sans faire aucun bruit il s’était installé, élément invisible grâce à ses multiples travestis. Il ne savait pas, et pourtant c’était évident, que seule la mort le délivrerait lui comme son hôte. Pas question de prison, il se la construisait lui-même, pas question non plus de répit, ce n’était qu’un travail acharné, de tous les jours, qu’il s’était décidé à accomplir. Il serait d’ailleurs plus exact de dire qu’il avait été prédéterminé pour ce travail ou préprogrammé.

Il y allait sans état d’âme, sans vraiment conscience de ce qu’il se passait, de ce qui allait se passer. Il était là tenace, présent, tel un petit robot bien huilé, persuadé que pour vivre, il lui fallait détruire. En fait, il ne réfléchissait pas, il ne pensait même pas, dénué de tout sentiment, il vaquait à ces occupations sans se préoccuper de son avenir. Pour lui, pas question de meurtre, il fallait simplement vivre. Mais vivre n’est-ce pas tout simplement mourir ?

Le froid est arrivé, la neige a commencé à tomber doucement pour recouvrir routes et vallées, toits et trottoirs d’une nouvelle pellicule blanche. Épaisse, de plus en plus épaisse. Cet hiver là c’est plus de deux mètres cumulés qui seront déposé de début décembre au dernier week-end de mai. Même après quelques jours d’un presque beau temps, à l’arrivée du muguet.

Lieu sombre et froid. Bien loin des sapins des contes de Noël, ceux-là sont épais, lourds, noirs et immobiles. Aucune majesté ne les habite ; ils sont en rangs serrés les uns contre les autres, barrière infranchissable au regard, au bonheur, à la lumière. Ils attirent et conservent le froid. Ils tuent l’espoir aussi sûrement que n’importe quel haut mur. Quant à leur utilité… aucune idée. Terre désolée parsemée de quelques autochtones aussi sombres et froids que les sapins alentour. Terre désolante, porteuse de mort et d’affliction, comme d’autres (si peu) portent Joie et Bonheur.

 
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from Techno-Fil et faits divers

Bien commencer pour les utilisateurs débutants

Smartphone et PC avec Mastodon sur l'écran

Voici mon second article consacré à Mastodon, destiné à expliquer aux utilisateurs débutants comment bien commencer.

Si vous ne l'avez pas encore fait, je vous conseille la lecture de la partie 1 (concepts et philosophie de Mastodon). J’aborderai ensuite dans un prochain article quelques fonctionnalités avancées.

Si vous êtes ici c'est que je présume que vous savez lire et cliquer, donc je ne vais pas vous encombrer avec un carrousel de photos d'écrans pas-à-pas. Je m'attacherai seulement aux points spécifiques à Mastodon et qui me paraissent importants pour bien débuter.

On choisit son serveur

Voilà ce qui vous prendra le plus de temps (peut-être) : choisir son serveur (ou instance, c'est pareil ici). On l'a dit, ce choix n'est pas irréversible, donc on pourra le changer plus tard, moyennant quelques opérations et limitations que nous détaillerons dans une prochaine partie.

La voie rapide

Vous êtes pressé, cela ne vous dérange pas d'être sur un serveur hébergeant des centaines de milliers de comptes aux intérêts très divers, avec une majorité anglophone ? Vous pourriez choisir le serveur opéré par l'organisation Mastodon : mastodon.social

Mais cela me fait mal d'écrire ça, car ce serveur est déjà tellement gros qu'il travaille à l'encontre de la philosophie de décentralisation (et ce d'autant plus que c'est le choix par défaut sur l'application Mastodon officielle). Il est fiable, probablement là pour durer, une valeur sûre, je dois l'admettre.

Ceci étant, je vous le déconseille, pour les raisons précédentes, et aussi parce que vous pourriez trouver une expérience plus enrichissante et plus sympathique sur un serveur francophone proche de vos intérêts, et c’est là toute la valeur d’un réseau décentralisé.

Un peu plus sélectif

Si vous voulez évoluer sur un serveur plus petit, regroupant une communauté d'intérêts de ses membres, peut-être plutôt francophone, recherchez alors dans des annuaires en filtrant, par exemple ici ou .

Lisez la présentation détaillée, regardez le nombre d'utilisateurs, l'ancienneté du serveur... Et lisez ce qui se publie sur la page d'accueil du serveur ainsi que ses règles de fonctionnement (en bas de la présentation détaillée), pour voir si ça correspond à l'esprit que vous recherchez. Et si vous connaissez l'administrateur (et que vous lui faites confiance !), ne cherchez pas plus loin : c'est là qu'il faut aller !

Et petit coup de pub : n’hésitez pas à venir chez nous !

Page d'accueil de Mastodon

Une recherche fine (niveau avancé)

Si vous êtes du genre perfectionniste, c'est que comme moi vous recherchez un serveur fiable, avec un administrateur de confiance. C'est important car c'est la garantie de la sécurité de vos données et de la pérennité du service.

Ce n'est pas facile à détecter à distance, néanmoins quelques indices peuvent vous mettre sur la voie, sans que cela ne soit une absolue nécessité ni une assurance tous risques : le serveur est-il à jour à la dernière version ? Dispose-t-il sur sa page d'accueil d'un lien “Status” ou “État” montrant son état de santé ? Sa politique de confidentialité et ses conditions d’utilisation sont-elles personnalisées et rédigées en français, ou bien s'agit-il du modèle générique en anglais ? Le texte de présentation et les illustrations sont-elles soignées ? Le serveur offre-t-il des fonctionnalités en plus qui pourraient vous intéresser (limite étendue du nombre de caractères,...) ? L'administrateur est-il seul, se fait-il aider pour la modération ?

Tout cela montre le temps et l'investissement passé par l'administrateur à mettre en place et maintenir le service, et mon ancien métier d'auditeur m'a appris qu'en général, c'est un tout : quand la maison est bien tenue, c'est propre dans chaque pièce.

On choisit son application

Ça y est, le plus dur est fait. Côté application, je ne vais pas y aller par quatre chemins, d'abord car ce n'est pas mon domaine de prédilection, et ensuite car je trouve que Mastodon est très bien conçu pour fonctionner avec un navigateur, que ce soit sur PC ou sur smartphone. Choisissez le vôtre, je reste quant à moi fidèle à Firefox (quoique, avec l’arrivée de l’IA… mais c’est un autre sujet).

Sinon vous avez plein d'applications sur Android ou iOS dont certaines apportent des fonctionnalités en plus (de confort en général), je vous laisse chercher par vous-même, mais je reste convaincu qu'on ne devrait pas avoir à payer pour une app. qui se connecte sur un serveur opéré bénévolement. Votre choix.

De toutes façons vous pourrez changer sans douleur ultérieurement et autant de fois que vous voudrez, il faudra seulement se reconnecter.

Smartphone avec icônes

Et on crée son compte

Sur le serveur sélectionné, on clique sur le bouton “Créer son compte”, et on nous présente alors un écran de synthèse des principales règles du serveur. Lisez-les. Toutes. Vous les aviez déjà lues ? Relisez-les. Elles ne vous conviennent pas ? Choisissez un autre serveur. Elles vous conviennent ? Acceptez.

Vous créerez ensuite votre nom d'utilisateur : choisissez bien, vous ne pourrez pas le modifier après ! Vous devrez également cocher la petite case attestant que vous adhérez à la politique de confidentialité et les conditions d’utilisation, vous savez, ces documents que personne ne lit jamais, mais qui sont pourtant la base juridique du contrat qui vous lie au fournisseur du service. Faites comme vous voulez, moi je lis au moins les paragraphes qui me paraissent essentiels...

Ensuite vous devrez confirmer votre adresse mail (classique), et voilà : vous avez désormais un compte sur le serveur sélectionné. Ce compte sera identifié de la manière suivante (sans espace) : @votrecompte @serveur.sélectionné. Oui, car vous avez un serveur de rattachement, et pour que d'autres personnes puissent interagir avec vous, il faut qu'elles le connaissent. Autre subtilité : votre nom de compte pourrait ne pas être unique si quelqu'un d'autre a utilisé le même nom sur un autre serveur, par exemple @votrecompte @autre.serveur, dans ce cas il s’agit bien de deux comptes totalement distincts. Essayez d'être original pour éviter les possibles confusions...

La minute sécurité : vous avez la possibilité de créer un second facteur d'authentification (avec une application d'authentification classique de type Google Auth.), faites-le ! Au passage, faites-le aussi pour tous vos autres comptes...

Cadenas sur clavier informatique

Et maintenant, quoi ?

Vous êtes sur un réseau social, vous vous souvenez ? Vous allez donc vouloir interagir avec d'autres personnes (sinon, vous vous êtes trompé d'endroit et de blog...). Donc, rechercher d'autres comptes avec qui vous pourriez avoir des affinités, et vous faire connaître. Autrement dit, des abonnements et des abonnés.

Premier réflexe, valable pour tout réseau social : complétez votre profil. Une biographie qui colle à votre style, une image d'avatar et une bannière (ici, des images “correctes” et non “explicites”, on y reviendra). Donnez envie. Personne ne souhaite réellement s'abonner à un profil vide qui n'a jamais rien publié.

Puis attendez, une foule en délire va rapidement venir s'abonner à vous... Non je déconne, au contraire si vous vous arrêtez là il ne se passera pas grand chose. Car le fonctionnement sur Mastodon est très différent de X (l'ancien Twitter, quoi) en ce qui concerne la visibilité :

  • Sur X, tout le monde peut potentiellement voir tout le monde dès le commencement, même si on vous pousse des suggestions de comptes selon un algorithme mystérieux dont le but est de monétiser le service.
  • Sur Mastodon, quand vous commencez vous êtes connu sur votre serveur d'inscription uniquement, et pour être connu d'un autre serveur, il faut être suivi par au moins un compte sur cet autre serveur (avoir au moins un abonné), ou bien qu’une personne de ce serveur ait interagi avec une de vos publications.

Donc, deux attitudes : soit vous voulez vous limiter à interagir avec les personnes de votre serveur ou à qui vous vous abonnez (qui souvent s'abonneront alors à vous en retour), soit vous voulez que d'autres comptes vous “découvrent” et vous avez alors intérêt à susciter des abonnés sur plusieurs serveurs. C'est pour ça que quand certains disent “le nombre d'abonnés, ce n'est pas important”, je répond “ça dépend” (la réponse typique des experts).

Foule en noir et blanc

Les usages de Mastodon

Sur Mastodon, il y a des usages hérités d'une communauté initialement resserrée et qui se perpétuent. Certaines personnes y sont particulièrement sensibles, aussi il est important de les respecter.

L'introduction

Créez une première publication (voir ci-dessous) pour vous présenter, dans laquelle vous mettrez le hashtag #introduction. Hashtag, kézako ? Ce sont des mots précédés d'un dièse, qui peuvent être recherchés sur tous les serveurs. Très pratique pour typer des thèmes, des sujets et les partager.

Le fameux “CW”

Quand vous publiez, vous avez une option “avertissement de contenu” dite aussi “CW” (voir ci-dessous). Toute publication qui pourrait choquer d'une manière ou d'une autre (et la palette peut être large) doit en comporter une, cela a pour effet de masquer le texte derrière un titre (qui explicite ce que l'on peut s'attendre à voir ou à lire) qu'il faut cliquer pour y accéder.

Vous devrez de plus marquer le média comme “sensible” si vous mettez une pièce jointe potentiellement choquante (sexuellement explicite, par exemple). Veillez à bien respecter ces deux principes, et à respecter les éventuelles règles plus contraignantes de votre serveur : c'est important pour éviter que des personnes “innocentes” ne tombent par erreur sur un contenu qui puisse les choquer, et incidemment cela peut vous valoir un avertissement ou un blocage si vous le faites de manière répétée.

Ruban jaune "caution"

Le “ALT-text”

Quand vous associez une image à votre publication, veillez à mettre un texte décrivant son contenu dans le champ prévu à cet effet, ceci afin que les personnes malvoyantes nécessitant une assistance puissent en comprendre le contenu.

Boost et favoris

Certains disent que les partages (boost) et favoris (like) ne sont pas importants dans Mastodon car contrairement à X, ils ne nourrissent aucun algorithme.

Je ne suis pas d'accord : pour son auteur, c'est un encouragement et un motif de satisfaction de savoir si sa publication a été jugée intéressante ou a plu, c'est comme dire “merci” à quelqu'un qui vient de parler. Donc, n'hésitez pas !

Bienveillance

Le plus important pour la fin : la discrimination, les discours toxiques, les trolls et autres indésirables sont la raison pour laquelle une grande partie des membres de Mastodon a fui X, ils seront donc impitoyablement traqués et exterminés. Ici on est là pour intergair de manière bienveillante, respectueuse et constructive, vous êtes les bienvenus dans cet esprit.

En avant

Vous savez à peu près tout, vous êtes prêt à publier. Je vous laisse le soin de parcourir les multiples options pour enrichir votre profil, vos options d'affichage, etc. C'est plutôt bien décrit dans l'application.

Fenêtre de publication commentée sur Mastodon

Un tout dernier mot sur la visibilité de ce que vous publiez, vous avez différentes options : aux personnes mentionnées seules, à tous vos abonnés, public et non listé. La différence entre les deux dernières est la suivante : “public” apparaîtra dans les flux de tous les serveurs qui vous connaissent (voir plus haut), “non listé” n'y apparaîtra pas.

De votre côté, vous verrez toujours dans le “fil public local” toutes les publications publiques des autres membres de votre serveur, et dans le “fil public global” toutes les publications publiques de tous les autres membres connus de votre serveur – ce qui peut faire du monde et un fil bien encombré ! Finalement vous préférerez peut-être la partie “accueil” où vous verrez les publications de ceux que vous avez choisi de suivre...

Enfin, n’oubliez jamais ce qui peut paraître comme un truisme : ce qui est en visibilité publique est visible… publiquement. Vous aurez beau l’effacer par la suite, vous n’aurez pas la garantie que quelqu’un ne l’a pas copié entretemps. Soyez donc responsable et sélectionnez bien ce que vous souhaitez montrer au monde entier.

À bientôt sur Mastodon !

 
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from Techno-Fil et faits divers

Quelques concepts de base pour les utilisateurs débutants

Une main tenant un smartphonePour mon premier article de blog, quoi de plus logique que de vous parler de Mastodon, puisque je suis l'administrateur d'un tel serveur ?

Je détaille ici ma vision sur les concepts et la philosophie de Mastodon. J'aborderai dans un prochain article comment débuter avec les fonctions de base de Mastodon, et plus tard encore quelques fonctionnalités avancées.

Mastodon, c'est quoi ?

Mastodon, c'est un réseau social décentralisé de micro-blogging du fédiverse.

Oulà, stop ! Pas de termes techniques, ici le but de cet article est de s'adresser sans complexes aux utilisateurs non informaticiens. Car ces derniers (j'en fais partie) parlent toujours avec des mots compliqués, anglicisés, techniques, inaccessibles au commun des mortels. En fait ce n'est pas leur apanage, tous les experts utilisent un jargon, vous connaissez peut-être des juristes, des comptables, des architectes, des marins,...? Quand on n'est pas de la partie, pas toujours facile à suivre. La différence c'est que tout le monde aujourd'hui utilise un ordinateur et peut se croire un peu informaticien, jusqu'à ce qu'un spécialiste se délecte de lui faire perdre ses illusions en étalant à sa face son verbiage (pas toujours à bon escient, d'ailleurs).

Mais je m'égare. Parlons simplement, et répondons à la question : Mastodon, c'est quoi ?

Réponse simple : c'est comme Twitter. Ou plutôt maintenant, il faut dire “X” (pas facile de rester simple...). Ou encore, c'est un site pour publier des messages courts, où vous avez un compte, vous suivez d'autres comptes et d'autres comptes vous suivent, et chaque compte suiveur voit les publications des comptes suivis. Vous me suivez ?

Mastodon et Twitter

Oui, mais quelle différence avec X alors ?

Là aussi, c'est simple : X appartient et est géré (comment, c'est un autre débat) par une entreprise privée, quand Mastodon n'appartient à personne et est géré par une multitude de bénévoles.

Comment est-ce possible ? Le programme informatique de Mastodon est développé collectivement et bénévolement et publié (en source ouverte) par une organisation à but non-lucratif européenne, et il est installé sur un ensemble de machines informatiques (“serveurs”) par des personnes bénévoles (“administrateurs”). Ces serveurs communiquent entre eux et permettent à l'utilisateur de suivre des personnes, où que leur compte soit hébergé.

C'est fondamentalement différent du modèle de X, où il n'existe qu'un serveur centralisé (en fait, un ensemble mais ce n'est pas important ici), une seule équipe d'administrateurs, un programme informatique propriétaire qui utilise des algorithmes au service de la monétisation du produit pour l'entreprise. Car ne nous y trompons pas : quand une entreprise, dont le but est d'être rentable, met à disposition un service gratuit, c'est que le produit, c'est vous (vos données personnelles !).

Au-delà des aspects techniques, il existe une dimension idéologique dans ce schéma, qui oppose le système capitalistique des grandes entreprises du numérique (X, Meta, Google,...) à un système auto-géré à la main des citoyens. Ceci explique en partie que les utilisateurs de Mastodon, qui sont souvent issus des réseaux sociaux traditionnels qu'ils ont fui, soient généralement des personnes soucieuses de leur liberté, de leur vie privée et farouchement opposées à toute forme de discrimination ou de biais algorithmiques qui leur seraient imposés. C'est aussi une continuation de l'esprit open-source, des programmes informatiques développés collectivement et bénévolement et mis à la disposition de tous.

Entrelacement de fils

Mais pour moi utilisateur, ça change quoi ?

On entend souvent dire que “Mastodon, c'est plus compliqué que X”. Ce n'est pas vraiment vrai : si on commence avec les fonctions de base, c'est presque aussi simple. Évidemment, l'interface utilisateur est différente, mais c'est le cas pour chaque réseau social, il suffit de s'y habituer. Le problème vient souvent du fait que Mastodon est promu par ses développeurs ou ses administrateurs, une population par nature technique et passionnée, qui a souvent cœur à vouloir montrer les différences subtiles et les fonctionnalités avancées. Et on perd tout le monde, surtout qu'on n’en a pas vraiment besoin, au moins pour une utilisation courante.

Vous avez noté mes termes : pas vraiment, presque... Oui, car il existe une différence notable à laquelle le débutant est exposé dès son entrée : le choix de son serveur (ou instance, c'est pareil ici). Car comme on l'a dit, le réseau n'est pas centralisé, il faut donc choisir où l'on créera son compte.

Pour bien comprendre, la meilleure analogie est celle de la messagerie électronique : quand vous créez un compte mail, vous choisissez un fournisseur de service (gmail, hotmail, yahoo,...). Mais à partir de là, vous pouvez recevoir et envoyer des mails à n'importe qui. Ici, c'est pareil.

Est-ce à dire que le choix du serveur n'est pas important ? Oui et non.

Pas très important, car vous pourrez changer d'avis après en migrant votre compte sur un autre serveur (même s'il vaut mieux ne pas faire cela trop souvent, nous verrons dans le prochain article pourquoi). Et si vous choisissez un serveur bien interconnecté aux autres (on dit fédéré), vous pourrez interagir avec tout le monde, y compris sur les autres serveurs.

Un peu quand même, car chaque serveur a ses propres règles, notamment en matière de ce qui peut y être publié. Elles sont résumées lors de votre inscription, lisez-les bien pour voir si elles vous conviennent ! Et aussi car vous aurez une relation plus proche avec les autres membres du même serveur (même si vous n'y êtes pas obligé), donc si vous avez des centres d'intérêt particuliers et que vous trouvez un serveur spécifiquement centré dessus, vous aurez plus de chances de “rencontrer” d'autres personnes qui les partagent. Et la langue du serveur peut également être importante, les serveurs francophones étant encore peu nombreux.

Des mains tapent sur un clavier

Mais comment faire confiance à Mastodon ?

Bénévolat, beaucoup de serveurs et d'administrateurs... Finalement, tout cela est-il bien fiable ? Ne vaut-il pas mieux faire confiance à une grosse entreprise de professionnels ?

Je ne commenterai pas le dernier point, ceux qui ont suivi les soubresauts de Twitter / X et de Meta auront peut-être une opinion. Pour le premier, l'inquiétude est légitime et soyons honnêtes, tout n'est pas parfait !

Mastodon a été lancé en 2016. Il a beaucoup évolué depuis et avec les dernières mises à jour, il est à un niveau de maturité et de sécurité tout-à-fait correct. Si vous recherchez quelques failles de sécurité et de fuites de données notables, vous en trouverez d'ailleurs un nombre important qui concerne les grandes entreprises du numérique, y compris Meta, Microsoft et Google.

Non, le talon d'Achille n'est pas là : il est paradoxalement dans ce qui fait aussi la force de Mastodon, c'est son caractère décentralisé. Soyons clairs : tous les serveurs et tous les administrateurs ne sont pas au même niveau, que ce soit en ressources et en compétences ; sans parler de quelques éclats mémorables d'administrateurs excédés qui ont sauvagement fermé leur service. A contrario, un serveur qui ferme, ce sont des milliers d'autres disponibles pour y migrer (avec un risque de perdre ses publications et abonnés quand même, si c'est vraiment brutal). Quasiment impossible, donc, d'être banni définitivement parce que sa gueule ne revient pas au propriétaire.

Enfin, les administrateurs sont, en principe, bienveillants, font cela par passion et plaisir, et parce qu'ils partagent la même vocation de tolérance et de service pour fournir à chacun une plateforme leur permettant de s'exprimer. Une bonne base de départ sur un socle de valeurs sain, donc.

Le nombre d'utilisateurs varie au fil du temps, on peut trouver ici par exemple des chiffres mis à jour en temps réel (1 million d'utilisateurs actifs pour 9 000 serveurs à la date de publication de cet article).

Poignée de mains

Conclusion

Pour conclure ce premier article qui est déjà bien assez long, retenez :

  • Si vous voulez bénéficier d'une large exposition potentielle à une base très importante d'utilisateurs, et si cela ne vous dérange pas de confier vos données personnelles à une entreprise aux objectifs douteux dont l'objectif est d'en tirer profit en se réservant le droit de leur usage et de modifier unilatéralement les règles au fil du temps : restez avec X.
  • Si vous préférez une audience plus focalisée et moins nombreuse, et si vous faites confiance à un administrateur de la communauté Mastodon pour gérer un serveur avec bienveillance et sans objectif de rentabilité, tentez l'aventure !

À suivre…

 
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