Week-end à hommes

🔞 AVERTISSEMENT : ce blog est un récit érotique gay, il suggère et évoque des relations (homo)sexuelles, réservé à un public averti !

Homme en short regardant une photo de Wilhelm von Gloeden (1856-1931), "Portrait d'un homme nu sur les rochers", circa 1902.

J’étais bien.

Étendu sur le canapé en cuir noir, revêtu seulement d’un peignoir en coton blanc, les pieds nus sur un tabouret recouvert de tissu rose devant moi, je repensai à cette journée de vendredi qui m’avait amené là.

J’étais descendu en train à Montpellier, pour y voir une exposition privée consacrée à des photographies d’art érotique. Cela se trouvait assez loin pour trois jours mais c’était aussi l’occasion de prendre un bol d’air frais, si l’on peut dire, car en réalité il faisait très chaud en cette fin juin. Je ne savais pas encore ce que je ferais le week-end mais j’avais en tête la mer et plus encore peut-être, la plage nudiste de l’Espiguette à proximité, qui offre également des distractions épicées dans les dunes, propices à se changer les idées.

Il s’agissait de photos consacrées à la beauté masculine. Les corps se présentaient libres, entièrement dépouillés des conventions sociales et arborant qui avec fierté, qui avec langueur, des courbes et des droites suggestives et évocatrices. Difficile d’y rester insensible, et au-delà de l’art mon cerveau reptilien s’en était aussi trouvé stimulé comme, je dois le dire, d’autres organes de mon corps, peu habillé également en raison de la chaleur. Je portais toutefois un tee-shirt, un short très court et des sandales aérées, car j’étais encore en ville ! Mais j’aimais que l’on me regardât et plus encore dans ce type d’exposition où je m’attendais à ce que le public fût amateur d’hommes.

Sur mon canapé, je feuilletais en ce moment-même un autre livre consacré au sujet, Lusted Men, et ma main se prenait à glisser sous le peignoir pour caresser discrètement — du moins le croyais-je — mes aréoles, faisant instantanément durcir mes tétons sous une double stimulation digitale et visuelle.

Car j’aime les hommes et le sexe. Un double pêché au regard de mes origines sociales et que j’ai longtemps gardé secret pour le second, enfoui pour le premier. J’ai très tôt pratiqué l’onanisme de manière quotidienne, souvent plus ; puis chaque occasion de me dénuder en me sachant regardé me procurait de l’excitation ; enfin, j’ai pris rapidement conscience que c’était des hommes que je voulais me sentir désiré, symétrisant mon propre appétit de leur corps. Il aura toutefois fallu que j’atteigne la cinquantaine avant de me libérer des conventions et de commencer à vivre ma vraie nature.

“— Pas mal, hein ?”, m’avait abordé un inconnu alors que je tournai la tête devant une grande photo pour tenter de mieux en comprendre la position.

“— Euh… oui”, avais-je répondu, surpris car je ne l’avais pas vu venir, perdu que j’étais dans mes pensées, et ne sachant trop s’il parlait du travail de l’artiste ou de la morphologie du sujet.

“— Tu aimes les portraits de nus masculins ?”, m’avait-il demandé, révélant alors un léger accent anglais.

L’interrogation m’avait paru triviale, car si tel n’avait pas été le cas, qu’aurais-je fait là ! Cela avait plutôt relevé de la question phatique, et j’avais espéré qu’il ne me demanderait pas ensuite si j’aimais les films de gladiateurs, mais la réplique n’était pas venue.

Je m’étais pris à le détailler : il était assez grand — pour moi, qui ne l’est pas ? — et avait probablement dépassé la quarantaine, mais sportif, bronzé et bien bâti, il tenait plus du surfeur que de l’amateur d’art. Vêtu d’un polo qui moulait sa musculature puissante et d’un bermuda, il avait lui aussi les pieds à l’air et parfaitement soignés. Prenant conscience que je l’évaluais, j’avais rapidement relevé la tête pour répondre :

“— Oui, j’adore ça”, me rendant compte que ma répartie ne manquait pas d’une ambiguïté gourmande.

La conversation avait continué autour des photographes, de la place du nu dans la société et de l’importance de ces expositions pour promouvoir la liberté du corps masculin.

Il était à présent assis à côté de moi sur ce canapé, les pieds sur le même tabouret que les miens, lui aussi portant seulement un peignoir, mais celui-ci était en soie bleue et il était ouvert en haut, laissant paraître son torse. Libéré de son polo, celui-ci ne décevait pas et laissait saillir sa belle poitrine et à ce qu’il me semblât, des abdominaux travaillés.

“— Ça te plaît ?”, me demanda-t-il brusquement, brisant le silence et me déstabilisant du même coup. Je bredouillai, me pensant pris en flagrant délit de voyeurisme, mais il ajouta alors avec un large sourire entendu : “Je veux dire, le livre.”

Je hochai seulement la tête en assentiment, jugeant inutile de contredire l’évidence. J’avais fait la même chose en sortant de l’exposition, pendant laquelle il ne m’avait plus lâché, et où il avait alors proposé de me montrer sa collection de livres d’art masculin et de dîner ensemble chez lui. Il était sympathique, je n’avais aucun plan de prévu, la proposition paraissait alléchante — à l’image de mon hôte —, et quel risque courais-je, à part peut-être celui d’être déçu ?

Ce fut en voiture que nous étions donc allés chez lui, une belle villa de plain-pied près du Grau-du-Roi, que nous atteignîmes après trois quarts d’heure environ. Nous étions rentrés à son domicile et j’avais suivi son exemple pour me déchausser aussitôt à l’entrée, comme je le faisais d’ailleurs chez moi. Pieds-nus sur le sol carrelé, il ne faisait toutefois pas froid.

“— Après avoir transpiré toute une journée chaude comme ça, j’aime bien prendre une douche. Ne te gêne pas et fais pareil”, m’avait-il intimé. Comme j’avais hésité à me dévêtir bien que je fusse déjà peu couvert, il avait reprit :

“— Ne sois pas timide !” et comme pour accompagner sa phrase, il s’était retrouvé entièrement nu devant moi.

Je m’étais exécuté pour lui faire face dans le même appareil. Il était bien plus grand que moi, et fort pourvu. La différence était flagrante, avec un diamètre probablement au double déjà au repos, et je m’étais pris à m’imaginer le sortant de cet état afin qu’il s’exprimât pleinement.

Ses pensées sans doute symétriques, il avait compris que je le désirais et que j’étais ce que l’on appelle un “passif” dans une relation homosexuelle. En effet, j’aime recevoir, être un objet de plaisir, dominé ; était-ce en réaction à ce que la vie professionnelle m’imposait, à mon corps défendant ?

Il m’avait désigné la douche afin que je pusse me rafraîchir, et accompagné jusqu’à la salle de bains. Je m’étais lavé généreusement avec de l’eau à peine tiède, car la température ambiante restait élevée même en fin d’après-midi. J’en avais profité pour me caresser le corps en me savonnant abondamment, m’attardant notamment autour de mes tétons, puis mon entrejambe, où mon majeur s’était montré à la fois chatouillant et curieux, au point d’en pousser délicatement le seuil, déjà détendu par l’eau tiédie, et d’y entrer comme invité. Je me préparais ainsi à ce début de soirée en m’attendant à chaque instant à le voir me rejoindre sous la douche, car je n’étais pas naïf ! S’il m’avait invité ici, et si je l’avais suivi, ce n’était pas seulement pour partager des lectures, aussi plaisantes et érotiques fussent-elles.

Cela n’était toutefois point arrivé. En me retournant, j’avais vu qu’il me regardait à travers la porte vitrée qui ne s’était guère embuée, qu’il avait observé mon manège et qu’il semblait à son tour m’évaluer. Je n’avais rien d’extraordinaire, j’étais plutôt petit, la peau très blanche et la barbe légère, mais j’essayais de me maintenir dans une forme relative et je restais assez mince avec mes cinquante-sept kilos, bien que j’eusse largement dépassé la cinquantaine. J’étais ainsi physiquement bien taillé pour un rôle de soumis, d’autant que mon côté pile était pourvu en courbes rebondies qui attiraient en général l’activité, alors que mon côté face restait modeste au centre mais avec de belles jambes (à ce qu’on m’a souvent dit) et une tête sans doute trop grande pour mon corps mais dont on pouvait tirer un avantage profond.

Revêtant le peignoir qu’il m’avait tendu, je m’étais installé sur le canapé en cuir en attendant qu’à son tour il sortît de la douche pour me rejoindre.

J’étais bien, dans cet état de relaxation et de tension à la fois, quand on sait que l’on va bientôt passer un moment intense avec un nouveau partenaire.

Les livres se succédaient, les tapas également, la boisson suivait. J’aimais toucher nonchalamment ses pieds avec les miens dans un mouvement irrégulier mais qu’il ne pouvait ignorer, tandis que mes mains continuaient leur tracé derrière l’étoffe de coton blanc sans plus se dissimuler désormais.

Un bruit derrière moi me fit sursauter. Je ne m’y attendais pas du tout, mais un grand gaillard était rentré et il se dirigeait vers nous.

“— Ah, voilà mon copain”, me dit mon hôte.

Il était immense, à ce qu’il me parût. Son corps d’ébène était au moins aussi puissant que celui de Mark (car c’était son prénom, j’en retranscris l’orthographe à l’aune de son accent), sa tête entièrement rasée me paraissait sévère et il me sembla avoir dépassé la trentaine. Il embrassa à pleine bouche mon voisin, puis vint me faire quatre bises alors que ce dernier nous présenta. Il s’appelait Félix.

Il repartit et j’entendis au son qu’il alla lui aussi se doucher. Il revint rapidement, également seulement vêtu d’un peignoir de soie mais de couleur rose, et je trouvais que celle-ci créait un certain contraste avec l’aspect viril du colosse, remarque que je m’étais faite juste avant concernant son prénom. Il s’installa sur un fauteuil en cuir, nous faisant face et nous observant.

J’avoue que cette nouvelle entrée me refroidit un peu de prime abord, mon esprit étant déjà parti explorer le corps de Mark et une légère humidité à mon extrémité matérialisant le désir que j’en avais. Mais sous les yeux de celui qu’il m’avait présenté comme son copain, je me sentais mal à l’aise et me demandais quelles étaient en fait ses intentions, ce qui était permis ou pas, et ce qu’il fallait faire à présent.

“— Que penses-tu de la différence entre érotisme et pornographie ?”, me demanda-t-il tout de gob avec un regard qui se voulait rassurant.

“— Je pense que l’érotisme est le désir de l’esprit, et la pornographie son prolongement en actes. On ne peut concevoir l’un sans l’autre, à mon avis. Je ne suis pas contre le porno, bien au contraire, il faut bien que le corps exulte, si l’on veut être émoustillé par l’érotisme.

— Tu as déjà joué dans un porno ?

— Alors en fait… oui”, et la question m’étonnait car elle me paraissait incongrue. Mais de toute évidence il avait vu juste, et j’expliquai comment je m’étais retrouvé dans des scènes de groupe en pratiquant sexe et BDSM dans un rôle de parfait soumis. Je dus même en donner le titre, La piXine, nul doute qu’il irait le visionner un jour s’il aimait ce style. J’en ai d’ailleurs relaté le tournage sur mon blog éponyme.

Il pivota soudain vers moi, ôtant totalement son peignoir déjà largement ouvert, mettant un de ses pieds sur mes jambes et l’autre derrière moi sur le dossier du canapé, découvrant entièrement son appareil qui s’offrait à mon regard entre ses jambes écartées.

“— Dans cette position, je fais de l’érotisme ou du pornographique ?

— Et bien ça dépend”, répondis-je, essayant de ne pas me démonter (s’en chargerait-il ?) et me disant qu’il passait à l’attaque. “Cela tient de l’érotisme façon Courbet en une sorte d’origine du monde masculin”, même si j’y voyais plutôt une provocation invitante. “Ou bien du porno si ça se transforme en actes, comme je disais.

— Montre-moi.”


Week-end à hommes

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Un nouveau chapitre publié chaque lundi, mercredi et vendredi !

À paraître : – Chapitre V — Déjeuner sur l'herbe – Chapitre VI — Le feu de l'Enfer – Chapitre VII — Gens de la fontaine – Chapitre VIII — Je suis de la partie – Chapitre IX — Le prisonnier – Chapitre X — Châtiment sans crime – Chapitre XI — Sur la plage, abandonné – Chapitre XII — Exposé

Le texte de ce blog est publié sous la licence “Attribution – Utilisation non commerciale – Partage dans les mêmes conditions 4.0 International” CC BY-NC-SA 4.0

#sexe #homosexuel #gay #homo #érotisme #homosexualité #bdsm #nsfw #gaynsfw

Canapé en cuir noir.

L’ordre ne souffrait pas de réplique verbale, et bien que je ne voulusse y résister, je jetai un œil vers Félix en face, qui continuait à nous regarder sans un mot, tout en consultant son smartphone. Nous filmait-il, regardait-il autre chose, je ne savais le dire précisément, toujours est-il que son regard n’exprimait aucune réprobation, rien de précis à vrai dire. Un nouveau coup d’œil vers le visage de Mark me confirma en retour que la voie était ouverte et que j’étais invité à le convaincre par l’action. Je quittai alors sa figure pour me consacrer à son corps tout entier, sous le regard de la vigie.

Puisqu’il avait posé son pied gauche sur moi, cela me paraissait une bonne entrée en matière. Je le pris délicatement dans mes mains alors qu’il s’allongea un peu plus sur le canapé, ses accoudoirs quasiment plats permettant de le faire confortablement. Son pied était beau et fort, avec des orteils parfaitement équilibrés et des ongles impeccablement coupés. Je me mis à les lécher un a un, commençant par le petit jusqu’à m’attarder sur le gros en le mettant en bouche en entier. Je me décalai un peu sur la droite pour recommencer plus consciencieusement encore, et j’en profitai pour ôter définitivement ce peignoir qui m’encombrait et me tenait chaud.

Je concevais le sexe seulement entièrement nu, c’est ce qui me mettait en condition, permettant de maximiser le contact charnel avec mes partenaires et aussi parce que cela me mettait dans ma position de soumis. Je léchai sa voûte plantaire puis ses orteils, encore et encore. Puis je remontai avec ma langue et ma bouche sur sa cheville et le bas de sa jambe, de manière caressante. Je goûtais ainsi à sa peau chaude et bronzée, captant sous l’odeur du savon sa fragrance corporelle.

Je ne voulais pas faire de jaloux et sans déplacer son autre jambe, j’allai m’occuper de son pied droit, qui était toujours en l’air appuyé sur le dossier, alors qu’il ne bougeait guère, la tête allongée sur l’accoudoir. Je remontais un peu plus haut dans mes caresses linguales, en y adjoignant mes mains, qui osèrent atteindre ses cuisses. Revenant à ma position initiale, j’attaquai l’autre cuisse et en alternance, mes doigts effleuraient tantôt l’une, tantôt l’autre jambe, dans un mouvement de bas en haut. Je ne montais pas encore plus, déjà il me semblait que le sang affluait à leur haut, mais je voulais prendre le temps.

Je me déplaçai encore un peu sur sa gauche, et je m’accroupis par terre afin que ma bouche et ma langue trouvassent ses aréoles, que je me mis à travailler avec componction. Doigts, langue, bouche et mordillements légers se succédèrent à leur assaut, assurant leur dureté et leur sensibilité. Mes mains caressaient sa belle poitrine, montant jusqu’à son cou et descendant sur son ventre et ses hanches, dans un mouvement sinueux et que je voulais aléatoire, même si leur destination convergeait vers son centre. Dans cette position, j’offrais probablement à Félix une belle vision de mon postérieur, et je me demandais ce qu’il faisait et s’il allait intervenir.

Mark prit ma tête dans ses mains et m’attira à lui afin de m’embrasser. Nos langues s’entrelacèrent longuement, et cet acte causait en moi un certain émoi visible. Il m’incita à me repositionner à nouveau entre ses jambes, qui étaient désormais toutes deux écartées à plat sur le large canapé. Cette fois mes mains puis ma langue ne s’arrêtèrent pas aux cuisses mais remontèrent plus haut encore, jusqu’à son organe contondant. Je m’attardais tout autour en en admirant avec envie la constitution : longueur, épaisseur, vigueur, tout me semblait parfait, jusqu’à son aspect veineux qui promettait mon bonheur. Ma main saisit le membre alors que ma langue besognait en dessous, pour finalement s’y diriger également.

Il avait bon goût. Déjà une humidité avait perlé et son arôme salé me plaisait. J’embouchai l’objet en entier et commençai un mouvement de va-et-vient, en laissant ma salive s’écouler et en serrant et libérant alternativement la pression de mes lèvres. Cela sembla lui plaire car son visage avait changé et exprimait plus d’émotion. Je pratiquai cet acte pendant plusieurs minutes, le sortant régulièrement afin de prendre une bouffée d’air pendant que ma paume et mes doigts assuraient sa stimulation continue.

Il se déplaça en me guidant, se remit plus droit dans le canapé, tandis que j’allai à nouveau à quatre pattes devant lui mais cette fois pour continuer avec application l’ouvrage commencé. Il plaça ses mains sur ma nuque et imprima lui-même avec vigueur les mouvements qui lui convenaient. Je devenais en cet instant une sorte d’objet où je n’étais plus l’acteur, mais le récepteur pendant qu’il alternait mouvements brusques et doux, et que son visage montrait sa satisfaction. Il finit par se lever doucement alors que ma tête était prise entre ses mains et par la bouche, et redoubla d’efforts pour satisfaire son envie debout, me forçant à une position accroupie sur les genoux. Celle-ci n’était pas inconfortable, mais ses mains m’attiraient tant sur son organe que ce dernier tapait au fond de ma gorge, à ce qu’il me semblât, provoquant une sensation pas si agréable et une salivation extrême en retour.

Nouveau mouvement de sa part, afin qu’il s’allongeât sur le dos tout en me plaçant sur lui, dans la position du soixante-neuf. Du moins le pensai-je, car si je l’avais toujours en bouche, plus épais et turgescent que jamais, il visa ailleurs quant à lui, étant plus grand que moi comme je l’ai dit. Maintenant mes jambes écartées et les genoux sur le canapé, je reconnus une sensation très agréable quand mon sillon se retrouva humecté par un objet un peu râpeux. Zone érogène s’il en est, cet endroit reçut son attention pendant tout le temps où je lui imprimai la mienne ailleurs, avec une impression de fraîcheur et une excitation anticipatoire de ce que cela préparait. Ses mains assuraient l’écartement de mes hémisphères, sa langue s’attardait à mon entrée et lubrifiait la piste, préparant son arrivée prochaine.

Ce fut encore lui qui décida qu’il était temps de changer de position. Il me fit installer sur le canapé de sorte que je fusse à genoux sur l’assise, les bras et la tête faisant face et appuyés au dossier. Il s’éloigna un peu avant de revenir, et passa une main enduite d’un liquide frais entre mes fesses. Je reconnus la consistance d’un lubrifiant, et je me dis que nous allions entrer dans le dur, enfin lui, enfin, en moi.

Mon excitation était à son comble.

La pédication est mon ultime désir et plaisir. Si elle n’est pas un but pour certains, pour moi elle représente tout et me procure une jouissance inégalée. Par son caractère résolument intime et homo, par la stimulation physique des muqueuses innervées et de la prostate, par la soumission qu’elle impose, c’est mon objectif principal dans le sexe.

Ses mains se posèrent sur le haut de mes fesses, et ses doigts en écartèrent la chair. Je sentis un corps chaud me toucher, aller un peu en haut, un peu en bas, trouver son chemin et taper à la porte d’entrée. Celle-ci avait laissé passer mon majeur sous la douche, elle ne céda pas devant ce nouvel invité, qui était bien plus imposant. Il y revint. Un peu plus, mais encore refoulé. Nouvelle promenade en haut, en bas, nouvel essai, encore une fois. Han ! L’accroche était là, le pied dans la porte en quelque sorte. Il ne lui restait plus qu’à terminer l’entrée en un mouvement progressif mais ferme, qui acheva tout-à-fait de m’ouvrir, bien que cela fût un peu douloureux compte tenu du diamètre qui me fut imposé.

Il le sentit, aussi resta-t-il immobile en moi pendant une petite minute. Puis il se retira, avant de rentrer à nouveau après le même temps de repos. Cette fois la porte céda plus facilement, et il commença à imprimer un mouvement lent d’avant en arrière. Mon intérieur s’habituait progressivement à ce nouvel hôte, et lorsqu’il se retira une fois encore, son entrée prochaine fut accueillie avec facilité.

Confortablement installé debout derrière moi et ainsi inséré, ses mains n’avaient plus besoin de me tenir tant écarté, et probablement aussi que son plaisir y avait moins intérêt, aussi empoigna-t-il mes hanches et me soumit-il à des aller-retours vifs et de plus en plus rapides. Progressivement rétabli de sa petite douleur initiale, mon orifice prenait désormais goût à ce tangage et je sentais presque chacune de ses veines à leur passage répété, augmentant l’intensité de la stimulation. Il ne fallait plus qu’il s’arrêtât, j’étais dans cet état où mon plaisir rejoignait probablement la force du sien.

Mais il finit par se retirer après probablement vingt minutes, alternant entrées, sorties et va-et-vient vigoureux. Il n’en n’avait pas terminé avec moi. Il me fit descendre du canapé et le contourner, pour me poster debout derrière le dossier cette fois, le ventre appuyé dessus et les mains sur l’assise. Il n’attendit pas pour se positionner dressé derrière alors que je regardais Félix qui était maintenant devant moi ; je vis que sa main avait abandonné le smartphone pour s’occuper de son intimité sous son peignoir et qu’il m’observait, certainement depuis le début.

Il sourit au petit cri que je poussai tandis que Mark faisait la même action en moi, son membre était tant dur et ma lubrification si complète qu’il rentra instantanément au plus profond. Il me tenait par les hanches et recommença de plus belle ses mouvements, mais dans cette position avantageuse pour lui il frappait également ma prostate. Cela faisait monter en moi une fièvre de plaisir et je commençais à en trembler et à ahaner de plus en plus bruyamment. Il sentait qu’il tapait juste et il continua, encore et encore, moi de même, perdant le contrôle de mes sens et de mon corps, dominé par son emprise et abandonné sur ce dossier qui soutenait le reste de ma masse charnelle.

Je ne pouvais plus réfléchir ni compter, cela me sembla durer une éternité mais celle-ci n’est jamais assez longue… Toujours est-il que j’atteignis l’orgasme en poussant des cris, les jambes tremblotantes et mon humeur coulant sur le carrelage en un long filet gluant, qui colla en partie à ma cuisse droite.

Cela semblait être ce qui manquait à Mark pour qu’enfin il explosât, et que sa virilité laissât échapper un flot interminable dont je sentis la chaleur envahir mon intérieur. Il ne cria pas, mais il accrocha son corps au mien et je sentis les pulsations répétées qui venaient d’en-dessous et qui nourrissaient une pompe dont les réserves semblaient inépuisables.

C’était merveilleux. Un orgasme partagé, c’est un sentiment très fort. Et accueillir sa générosité en moi, c’était le summum. Je suis en effet un adepte du bareback, je considère qu’une vraie intimité ne peut se contenter d’un écran pour nous séparer, et la chaleur moite qui nous pénètre et nous enveloppe à ce moment est le témoignage d’un instant unique.

Alors que je pensai que j’allais me reposer un peu après une bonne heure d’ébats, et qu’il me retourna pour que je lui fasse face, je vis qu’il n’avait pas pour autant perdu sa vigueur. Je commençai à me pencher afin de lui nettoyer le membre, quand il me fit prendre une voie différente et m’allongea sur le dos sur le canapé, le cou sur l’accoudoir plat et la tête penchée en arrière. Il se positionna alors debout devant ma tête à l’envers, et s’occupa de ma bouche et de ma gorge.

Je finis en général mon partenaire par un nettoyage en règle, là il allait plus loin en m’offrant le goût de son précieux liquide mélangé à celui de mon intérieur, mais jusqu’au fond de la gorge. Il fallait que je reprisse ma respiration fréquemment, encore tout chaud et transpirant de mes exercices précédents, et tout ce qui s’écoulait était impitoyablement déposé et avalé – ce que je pratique toujours de toutes façons.

Je sentis alors qu’on me tirait les chevilles de l’autre côté.

Félix entrait en scène.


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#sexe #homosexuel #gay #homo #érotisme #homosexualité #bdsm #nsfw #gaynsfw

Homme buvant une coupe de sperme.

Le canapé était trop long, ou bien j’étais trop petit, mais il ne pouvait offrir simultanément mes deux orifices à des partenaires debout de part et d’autre, de sorte que la traction de Félix libéra ma bouche de l’emprise de Mark. Son membre dégoulina de salive sur mon visage tandis que je glissais inexorablement vers son vis-à-vis.

Ce dernier semblait ne pas vouloir s’encombrer de préliminaires, ses mains ayant d’abord saisi mes chevilles, puis au niveau des genoux, et enfin des cuisses alors qu’il plaçait mes pieds au niveau de ses épaules. Il était grand et fort, comme je l’ai dit, aussi me déplaçait-il sans effort pendant qu’il me soulevait un peu pour que mon seuil se positionnât au niveau de son organe qu’il avait déjà travaillé plus tôt en nous regardant. Je regrettai de n’avoir pu l’explorer d’abord comme je l’avais fait avec Mark, sentant qu’il tapait déjà à ma porte.

Il exécuta un robuste mouvement de reins et rentra tout à plein sans plus de formalités. Ouvert comme je l’étais déjà, encore bien lubrifié par mon expérience toute récente, il n’eut aucun mal, toutefois cela me fit pousser un grand cri car son diamètre était plus imposant encore que celui de son copain, comme je le devinai. Plus long également, car alors qu’il commençait un mouvement de retrait pour y revenir de plus belle, la course que j’en ressentis était impressionnante et surtout, arrivé en bout de quai, il tapait directement sur ma prostate.

Il se mit à pilonner mon orifice avec une vigueur et une profondeur extraordinaires, et je ne contrôlais rien sous ses assauts répétés, avec ses mains me tenant fermement tantôt les fesses, tantôt les chevilles, et accompagnant à rebours ses mouvement amples des hanches. J’ahanais bruyamment, alors que Mark revenait sur le canapé par ma gauche et s’accroupit dessus de sorte que son membre me bâillonnât à nouveau. En même temps, je sentais qu’il se penchait sur mon ventre, et j’imaginais qu’il allait cette fois-ci m’accorder ce soixante-neuf qui m’échappa tout-à-l’heure.

Mais je ne sentis rien sur mon avant, et tandis que je continuais à le travailler, il sembla émettre des gloussements étouffés après que Félix se fut retiré. Puis je sentis ce dernier m’emplir à nouveau, une nouvelle salve qui dura longtemps, un retrait enfin, et à chaque fois ces mêmes bruits de la part de mon porteur de bâillon. Je compris enfin qu’il s’était positionné juste au-dessus de mon arrière, bien au-delà de mon centre, et que Félix alternait le plaisir buccal et anal en nous utilisant tous deux à tour de rôle. Cette perspective accrut mon plaisir et ma satisfaction, en comprenant enfin comment ce couple fonctionnait et en savourant physiologiquement cette lubrification sans cesse renouvelée.

Après probablement un quart-d’heure de ce traitement, à chaque retrait il me semblait sentir un courant d’air alors que mon sphincter devait ne plus remplir sa fonction de fermeture et que son élasticité se figeait dans un cercle ouvert au diamètre que m’imposait Félix. Mark finit par se retirer du canapé, et je sentis les mains de l’autre glisser sous mes reins puis sous mes omoplates en même temps qu’il se penchait sur moi. Il n’eut aucun mal à me soulever de ses bras tandis que mon bas était resté fermement emboîté, et je me retrouvai littéralement empalé sur lui debout pendant qu’il se déplaçait jusqu’à atteindre le mur.

La gravité assurait la profondeur tandis qu’il vibrait toujours mais cette fois verticalement. Étant à sa merci, je voyais maintenant toute la pièce derrière lui, et Mark qui s’approchait dans son dos, puis qui s’accroupit et enfin qui disparut de mon champ de vision alors que Félix avait écarté ses jambes. Sous la sensation de fraîcheur humide qui balaya tout-à-coup mon sillon, je compris que son copain faisait jouer sa langue, tantôt sur moi, tantôt – je le devinai – sur Félix. Bien que je fusse un simple jouet dans ses mains, et il semblait qu’il l’entendît bien ainsi, cette position nécessitait de ma part un certain effort car je n’osais totalement relâcher le corps de mon porteur que je tenais fermement – précaution qui eût été probablement inutile immobile, vu la longueur de son instrument qui m’aurait retenu à lui seul, mais qui me paraissait indispensable vu l’énergie qu’il m’imprimait.

Il voulut changer de position. Alors qu’il avait manifesté ses intentions et qu’il me décrocha de son étreinte pour me poser debout à terre face à lui, je pus contempler son organe immense, et je me demandai alors comment j’avais pu le recevoir. Mes hémisphères écartés et un sentiment d’ouverture derrière moi me confirmèrent cependant que je n’avais pas rêvé. Il me semblait évident que le moment était adéquat pour le nettoyer, et tandis que je me penchais pour accomplir mon devoir, il me retint et d’un signe de tête, appela son copain afin que ce dernier me remplaçât. Il s’y appliqua, et cela me frustra de ne pouvoir le goûter, mais il semblait réserver ce privilège. Et voir un autre profiter de mon propre arôme avait quelque chose d’excitant.

Ceci ne dura pas longtemps, et Félix me guida fermement à nouveau vers ce canapé – qui, je me dis, avait dû en voir passer beaucoup d’autres. Il s’y allongea tout-à-plein, et je pensais enfin avoir la chance d’explorer ce corps d’ébène musclé, mais il me fit comprendre très rapidement le rôle qu’il m’avait dévolu : alors que sa virilité pointait fièrement vers le plafond, raide et imposante, il me fit asseoir dessus, face à lui. C’était donc à moi de jouer, les pieds et les mains sur le canapé autour de son corps, mes fesses rebondissant autour de son membre sous le mouvement que je leur imprimais. J’étais donc un peu le maître dans cet exercice, car je choisissais le rythme ; un peu seulement, car c’était moi qui était pénétré et dont l’intérieur était fouillé de fond en comble. J’adorais cette position, qui permettait une grande profondeur. Mais après dix minutes ininterrompues, je la trouvai fatigante.

J’avais du mal. Il était évident que ce n’était pas un adepte de la tendresse et probablement pas plus de l’érotisme, et il semblait vouloir m’utiliser comme un exutoire purement physique afin de se vider. Mais sa constitution était telle qu’il lui faudrait certainement une activité soutenue dans la durée pour qu’enfin son corps décidât de lâcher prise. De plus, après bientôt deux heures d’activité en mon plus profond, je me sentais totalement détendu, d’un côté toute douleur initiale avait disparu mais d’un autre, je n’opposais plus aucune résistance à son va-et-vient et ce malgré son fort diamètre. Même si je continuais à en éprouver du plaisir, je me demandais jusqu’où cela irait et s’il pourrait conclure en moi de façon satisfaisante pour lui.

Il me fit pivoter horizontalement, lui toujours en moi, et je continuai encore un peu sous ce nouvel angle. Mais il dut percevoir que je fatiguais, et nul doute que son organe ne se sentait plus assez fermement enserré pour être suffisamment stimulé. Aussi, il mit ses mains sous mes aisselles et me ramena en arrière, de sorte que je fusse allongé complètement sur lui, sur le dos. Il sembla également glisser sur le canapé, et je compris après qu’il se positionna afin que ses pieds touchassent le sol, les cuisses appuyées sur l’accoudoir plat. j’étais ainsi sur lui, la tête appuyée sur son torse et regardant le plafond, toujours profondément emboîté, les jambes dépassant du canapé mais encore trop courtes pour toucher le sol. Il se cambrait un peu de temps à autre, mais en un mouvement beaucoup moins ample que précédemment, comme une période de calme relatif. Il me tripotait les tétons de ses doigts puissants, et leur contact surprenamment un peu froid revigora mon excitation.

Une nouvelle stimulation en mon bas me sortit de la torpeur dans laquelle je commençais à sombrer, sous la forme d’un doigt probablement enduit de lubrifiant. Mark – dont j’avais un peu oublié l’existence – arrivait par cette direction, et après ce toucher initial, commença à écarter et à me soulever les jambes, afin de se positionner au plus près. Félix était bien sûr toujours en moi ; mais maintenant son copain toquait à la même porte, espérant qu’elle s’ouvrirait assez grande pour les laisser entrer tous deux.

Ce n’était pas ma première expérience. Mais la taille de leur organe, celui que j’avais déjà mangé et l’autre dans une session précédente, rendait le défi plus difficile. J’étais maintenu en position par les bras puissants de l’un et sollicité par l’autre qui tenait pour cela mes cuisses. Mais mon corps ne voulut pas céder. Il poussa, et commença à rentrer. Mais refoulé, il remit un doigt lubrifié, puis un second, qui tous deux finirent par trouver leur chemin. Alors il recommença. Son membre était dur, celui de Félix ne dégonflait pas, et après une nouvelle tentative, le quatrième assaut ouvrit une brèche. Pas encore totalement rentré, mais sur le chemin du succès, il attendit en maintenant la pression, sachant que le prochain profiterait du terrain gagné pour aller un peu plus loin en territoire ami.

Encore une fois. Puis, à la suivante, enfin il pénétra totalement. Je poussai un râle, mi-plaisir, mi-douleur, en tentant de supporter ce nouveau diamètre qui m’était imposé. Après une demi-minute, cela allait déjà mieux, et comme il le sentait aussi, Mark se mit à osciller en moi. Ses mouvements allaient gagner en intensité, même s’ils ne seraient pas aussi amples que les précédents de Félix, car il y avait moins de débattement possible si je voulais rester enchâssé dans ce dernier. Et je le voulais !

Nous parcourûmes cet état d’intimité pendant au moins dix minutes, et Mark se permettait même par moments de sortir totalement, avisant qu’il rentrerait ensuite aussi sec – manière de parler, car l’humidité était à son comble, alors que Félix me faisait coulisser sur lui et son copain et que tous deux râlaient également, même si c’était moins fort que moi. J’éprouvais un sentiment de plénitude extrême, à l’image de mon ouverture et de l’étirement qui m’était imprimé.

Les mouvements se faisaient de plus en plus rapides, les vocalises également, et Mark finit par se libérer en moi, comme l’exprima son visage et comme je le ressentis à la chaleur intérieure qui m’envahit. Je sentais ses pulsations, chacune amenant sa quantité supplémentaire, et cela sembla donner à Félix la stimulation qui lui manquait, car il poussa lui aussi un râle puissant et je me sentis littéralement inondé en mon sein de sa semence. Tous deux étaient encore en moi, finissant leurs pulsations et purgeant leurs humeurs, alors que j’étais dans un état de grâce.

Mark finit par se retirer, et se dirigea derechef vers ma bouche afin que je lui nettoyasse l’engin, ce que je fis goulûment jusqu’à ce qu’il fût quasiment sec, toujours allongé sur Félix. Ce dernier sortit alors également de moi et me remonta plus haut sur lui, dégageant son membre que j’aurais voulu de même astiquer. Là non plus je n’eus pas ce plaisir, alors que son copain s’y dirigea et s’en chargea. Cependant, il n’avala pas le précieux liquide qu’il garda en bouche et sur sa langue, puis il vint ensuite m’embrasser afin que j’en profitasse et que j’avalasse finalement le tout.

Mais le principal était encore en moi. Je me léchais les babines avec un regard explicite jeté vers Mark puis vers mon bas, qui comprit – et qui l’avait sans doute déjà conçu dans sa tête. Il alla chercher dans un meuble proche une grande coupe à champagne, qu’il ramena prestement. Alors que Félix se relevait et moi avec, il en inséra le pied entre les deux grands coussins de cuir, qui bien qu’ils fussent serrés permettaient qu’elle tînt ainsi debout et affleurante. Je sus comment me positionner et m’asseoir dessus avec attention, et les deux grands gaillards m’observèrent pendant que j’y expulsais l’ambroisie qu’ils m’avaient généreusement offerte. Il était assez amusant et excitant de voir ces deux hommes nus, maintenant presque au repos, attendre avec patience que j’eusse fini mon ouvrage.

Lorsque je récupérai la coupe, celle-ci était entièrement pleine, prête à déborder. La quantité était magnifique, fruit de deux heures d’un traitement où je fus à l’honneur et la récompense à la hauteur. Assis sur ce canapé, fourbu, dégoulinant de sueur, démonté mais content, je levai ma coupe à leur santé et savourai une gorgée de ce liquide translucide, encore tiède, au goût légèrement salé et aux saveurs mélangées. Félix me filmait déjà avec son smartphone, alors que je leur offris de goûter.

“Non, tu l’as gagné”, me dit Mark, et j’étais en fait content de siroter l’ensemble jusqu’à la dernière goutte.


Week-end à hommes

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Un nouveau chapitre publié chaque lundi, mercredi et vendredi !

À paraître : – Chapitre V — Déjeuner sur l'herbe – Chapitre VI — Le feu de l'Enfer – Chapitre VII — Gens de la fontaine – Chapitre VIII — Je suis de la partie – Chapitre IX — Le prisonnier – Chapitre X — Châtiment sans crime – Chapitre XI — Sur la plage, abandonné – Chapitre XII — Exposé

Le texte de ce blog est publié sous la licence “Attribution – Utilisation non commerciale – Partage dans les mêmes conditions 4.0 International” CC BY-NC-SA 4.0

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Homme nu dans un jardin, vu de dos.

Nous restâmes assis, entièrement nus, sans parler, repus de la longue séance qui venait de se dérouler, moi fourbu, encore transpirant et un peu endolori. J’avais siroté ma coupe alors que mes deux compères s’étaient servi un Coca, et que Félix s’était remis à son smartphone. Décidément, il ne parlait pas beaucoup, et restait même assez réservé quand il s’agissait d’offrir de sa personne — en revanche il était un donneur généreux !

Il fallait que je songeasse à repartir et à me chercher un hôtel, probablement dans les environs maintenant car l’heure avait tourné. De plus, nous étions dans le coin des plages, et si j’avais envisagé initialement des aventures dans les dunes ce week-end, je me demandais si je n’avais pas vécu ici une expérience telle que je n’en trouverai pas de plus plaisante à court terme. Ceci étant, un naturisme innocent était aussi un moment agréable.

Je brisai le silence et commençai à formuler :

“— Bon les gars, super, vraiment super, le démontage de ma vie. Punaise. Il va falloir que je vous laisse maintenant…

— Tu dors où ?”, me demanda Mark.

“— Je vais trouver un hôtel dans le coin, Grande-Motte ou Grau-du-Roi, ça ne manque pas.

— Attends…”

Félix lui avait fait signe de s’approcher, et un conciliabule s’établit entre eux, ponctué de visionnages sur le smartphone. Ils parlaient bas pour ne pas que j’entendisse, je distinguai cependant quelques bribes : “… tu vois… il aime ça… dans un film, regarde… réseaux sociaux… CurvyDaddy… complet passif… Laurent tout seul… ils sont au moins vingt… on a besoin…”, du côté de Félix. “… oui… non mais je suis d’accord… ça on vient de le confirmer… ah ouais… mais il sera pas content… tant que ça ?… je sais pas…”, dans les répliques de Mark.

Les deux me regardèrent de nouveau, et il me sembla dans son regard que Félix prit l’ascendant sur Mark qui ploya. Celui-ci s’adressa alors à moi :

“— Écoute, t’as qu’à rester ici cette nuit. En plus demain on donne une petite fête entre amis, tu pourrais te joindre à nous, tu n’as rien de prévu je crois ?”

En effet et je le lui avais déjà dit à l’exposition, il s’en souvenait. Pourquoi me proposait-il cela alors qu’il semblait réticent dans ses échanges avec Félix ? Ce qui m’étonnait d’autant plus que ce dernier me semblait moins un allié. Je protestai par politesse.

“— T’inquiète, ça nous fait plaisir, on a de la place. Et puis tu participeras au service demain pour aider, ok ?”

— Pourquoi pas, mais je ne sais pas, je ne voudrais pas déranger…

— Au contraire, ça nous aide. On organise des petites animations, ça devrait te plaire si tu t’y prêtes”, et il me fit un clin d’œil en disant cela.

— Je ne veux pas m’incruster avec vos amis…

— Ils vont t’adorer, surtout si tu te laisses prendre aux jeux ! Tu m’as l’air d’aimer ce genre d’amusement…”

Un début d’hésitation se dessina sur mon visage, et Félix intervint pour trancher :

“— Écoute, on te dit que ça nous arrange, moi je dis que ça va te plaire, tu n’as rien d’autre de prévu, donc tu dis oui, on t’héberge et tu nous obéis en tout demain. Ok ?”

C’était la première fois qu’il s’adressait directement à moi par le verbe, et celui-ci était haut et clair. Puisque cela ne résonnait pas comme une question mais plutôt une injonction, je me contentai de hocher la tête en forme d’assentiment, en m’efforçant de sourire.

“— Parfait”, conclut-il, et il se leva, laissant son organe dodeliner au repos, pour se diriger vers l’escalier qui se trouvait au fond de la grande pièce qui nous hébergeait. Je ne l’avais pas encore bien détaillée car le canapé avait été jusque là mon principal univers, et je réalisai qu’elle était vaste avec son comptoir et sa cuisine à l’américaine, donnant sur une véranda de l’autre côté ouverte sur un jardin paraissant vert et lumineux. Le ciel était clair bien qu’il fît soir car nous étions encore proche du solstice d’été. Mark reprit la parole :

“— Le beau temps est là et demain il va faire un super soleil. On fera les animations et le tout dans le jardin, du coup. Je t’explique un peu”, et il reversa du Coca dans son verre.

“— En fait ce ne sont pas vraiment des amis, c’est plutôt qu’on organise régulièrement des parties avec des invités. C’est un peu intime, dans le sens où c’est sur invitation uniquement. C’est réservé à un public homo, donc c’est l’occasion de faire des rencontres, très intimes justement”, sourit-il.

“— Sexuelles, quoi”, complétai-je.

“— Oui, reprit-il, mais dans un esprit un peu différent de ce soir. Apparemment si on en croit ton film et tes réseaux sociaux, tu aimes la domination, non ?”

Comment connaissait-il mes réseaux sociaux ? Mais oui, bien sûr, j’en parlais dans le récit de tournage de mon film…

“— Oui, j’adore ça”, en répondant de manière un peu circonspecte car je n’étais pas exactement certain de ce qu’il mettait derrière ce terme très général.

“— Je te crois, et ce qu’on vient de vivre ensemble en donne un premier aperçu”, conclut-il.

Pour moi il s’agissait de bien plus qu’un aperçu, presque un aboutissement ! Je me demandais comment il me voyait aller plus loin. Devant mon regard inquisiteur, il reprit :

“— Ne t’inquiète pas, tu ne seras pas tout seul dans ce rôle. Demain matin Laurent sera là, d’habitude il vient le vendredi soir mais là il a été retenu. Il t’expliquera tout en détails. En général il amène un copain, mais comme là il était seul, ta présence est une chance.

— Et… combien sont les “amis” ?

— On ne sait jamais exactement. Il y a les habitués, ceux qu’on invite de bouche-à-oreille, mais les membres peuvent aussi inviter des connaissances. Comme on est en plein été, on en attend au moins une vingtaine, mais il y en aura peut-être beaucoup plus. Mais tous ne sont pas présents tout le temps non plus.”

J’avais bien entendu tout-à-l’heure. Dans quoi m’étais-je embarqué ? Il était encore temps de fuir sous n’importe quel prétexte. Mais ici dans le plus simple appareil, je me sentais vulnérable et pas vraiment en condition pour résister. De plus, une partie de mon être était piquée de curiosité, et moi qui avais souhaité un week-end épicé, j’allais peut-être être servi au-delà de toute espérance.

“— Viens, je te montre ta chambre”, et il se leva pour m’y accompagner.

Elle était assez grande, située au rez-de-chaussée donnant sur le jardin, et disposait de sa salle de bains privative. Il m’indiqua mes affaires et conclut :

“— Je te laisse, demain tu seras surtout avec Laurent qui te rejoindra, nous on ne se verra pas beaucoup, je prépare plein de choses avec Félix. Bonne nuit… tu en auras besoin”, avec un sourire.

Bien qu’il ne fût pas tard, l’état de mon corps tout entier me poussa à m’allonger presque immédiatement. Je me lavai simplement les dents, appréciant toujours de me coucher avec les humeurs de mes partenaires encore sur la peau et mon séant tout détendu. La douche, ce serait pour demain !


Rien n’est plus agréable que de se réveiller avec le soleil sur le corps nu.

J’avais dormi sans couvertures car j’avais eu chaud, et d’une seule traite, détendu par mon traitement de la veille. Je regardai l’heure, il était neuf heures et déjà il semblait y avoir de l’agitation dehors.

Je me levai et regardai par la fenêtre donnant sur le jardin. Dehors s’affairaient Mark et Félix, entièrement nus eux aussi, et je me dis que je pourrai rester dans le plus simple appareil. Aucune pudeur à avoir à leur encontre, ils connaissaient désormais mon corps mieux que la plupart de mes relations, et puis j’adorais vivre au naturel.

Je me servis dans la cuisine quelques céréales et un jus d’orange, et allai m’installer à la table de jardin, assis sur une chaise un peu humide de son nettoyage récent. L’herbe arrosée la veille tard le soir était encore légèrement mouillée, et c’était agréable que de la sentir caresser ma voûte plantaire tandis que je visitais après avoir mangé.

Le jardin était grand, un carré d’environ trente mètres de côté, et entièrement ceint d’une haie assez épaisse, de sorte que personne ne pouvait voir de l’extérieur, et réciproquement. Il me parut douteux qu’il y eût d’ici une vue sur la mer, mais la villa à étage sur ce terrain devait valoir très cher. Je fus intrigué par le manège de mes hôtes, qui me saluèrent à peine, occupés à leur affaire et à installer des tables, des grandes au centre du jardin et d’autres plus petites sur les côtés, avec des chaises autour de ces dernières. Je me dis qu’ils préparaient un buffet pour leurs invités, et je n’étais pas encore sûr de mon rôle dans cette réception.

Toujours près du centre mais vers un coin, je trouvai incongru que fût placé un grand étendoir à linge, en tous cas à ce qu’il me semblât, trois cordes d’acier tendues entre deux pylônes métalliques qui mesuraient plus de deux mètres de haut. Je pensais l’ensemble surdimensionné, à moins de vouloir y faire sécher des armures de chevalier ! D’autant que de grands anneaux étaient déjà enfilés sur les câbles.

Lui faisant face sur un autre coin était élevée une palissade en bois — ou peut-être en PVC — mais avec un angle droit fermant chaque côté, et surtout une série de trous en des positions diverses. Ceux-ci étaient assez importants car leur dimension dépassait la taille d’une balle de tennis, à ce qu’il me parût, et ne pouvaient être le résultat d’une dégradation.

Fermant les deux autres coins pour former avec les entités précédentes un carré presque parfait se trouvaient deux meubles identiques, à l’exception de leur couleur. Ceux-ci étaient en bois robuste, avec comme une table longue molletonnée à hauteur de hanche prolongée tout en bas par deux bras en bois fixes et recouverts de molleton également, avec des chaînes et bracelets en cuir pendant aux quatre extrémités, laissant peu de doute sur la vocation de l’engin.

J’anticipais avec délectation ce qui semblait être une des animations prévues et dans laquelle j’espérai jouer un rôle central, quand je fus interrompu par une voix qui me héla.

“— Hé, mec !”

Je me retournai devant un personnage que je ne connaissais pas mais que j’imaginais être ce fameux Laurent, ce qu’il confirma en réponse à ma question.

“— Mais ici on m’appelle Lolo. Toi, c’est André tu dis, tu es nouveau ? On t’appellera Dédé.”

Cela semblait me vieillir encore, face à Lolo donc, qui devait avoir quarante ans, comme moi assez petit mais plutôt nerveux. Je n’étais même pas étonné de le voir nu, sans gêne face à moi.

“— Bon, faut qu’on se prépare, il est déjà plus de dix heures et on a beaucoup à faire. Mark m’a demandé de m’occuper de toi et de te guider, mais je suis pas une Nounou. T’es pas rasé ? D’abord tu te douches énergiquement, faut que ce soit impeccable. Ensuite je te conseille de mettre un plug jusqu’à ce qu’on commence, parce qu’aujourd’hui on a un beau programme et y a du monde.”

Sur ce dernier conseil je répondis que ce ne serait pas utile, que mes hôtes s’étaient bien occupés de moi hier soir et que j’en étais encore tout élargi. Mais cela sembla le contrarier.

“— D’habitude ils prennent pas des random, mais là comme je suis seul pour une fois, ils ont dû penser… pas grave mais je te préviens, faut endurer.

— Mais c’est quoi, le programme, on doit faire quoi ?”, lui demandai-je alors qu’il commençait à m’inquiéter.

“— Ils t’ont pas montré ? Le voilà, et nous on est les lopettes, bien sûr. Donc tu fais pas grand chose, plutôt tu te laisses faire, enfin pas sans contribuer si tu vois ce que je veux dire.”

Je voyais parfaitement, et il me montra l’écran de son smartphone où était affiché le programme sur un site internet très vintage — mais c’était le fond plutôt que la forme qu’il fallait chercher. Je reproduis une photo d’écran PC ici, telle que je l’ai retrouvée a posteriori.

Photo d'écran du programme de la journée.

Je partis à la douche, assez impressionné par l’agenda, me demandant ce qui m’attendait réellement et si je serai finalement à la hauteur.

Après m’être séché, il me reprit :

“— Ah, et tu dois signer ce papier, vas-y je le donne ensuite aux maîtres puis on se prépare vraiment.”

Nos hôtes changeaient donc de qualificatif dans un jeu-marathon qui promettait de réellement pimenter mon week-end, plus encore que je n’aurais oser l’espérer.

Je reproduis de mémoire ce formulaire, dont je n’ai pas conservé de copie, mais que je lus attentivement avant de le parapher.

“Je soussigné, André xxxxxx, sain de corps et d’esprit et doté de la pleine capacité juridique, déclare accepter en toute connaissance de cause, sans contrainte et avec mon plein et entier consentement, ma participation à la partie des 28-29 juin 2025 se déroulant à xxxxxx.

Je comprends que cette participation pourra avoir des effets physiologiques et psychologiques sur moi, et je les accepte en renonçant à toute action à l’encontre des organisateurs.

En particulier, je pourrai être soumis à des actes sexuels, provoquant la douleur ou bien humiliants, de la part d’hommes inconnus de moi, membres ou invités à ladite partie.

Ces actes pourront inclure, sans toutefois s’y limiter : nudité totale, attouchements sur toute partie du corps y compris mes organes génitaux, éjaculation, fellation, sodomie, mise sous contrainte et bondage, fessée et discipline avec divers instruments, ingestion de fluides…

Je comprends qu’il n’y a aucune exigence particulière de protection (sans préservatif) autre que le certificat médical exigé des participants ainsi que le suivi des règles d’hygiène, et je déclare en accepter toutes les conséquences potentielles.

J’accepte sans réserve tout jeu avec tout participant, ayant bien compris que ceux-ci seront multiples et pourront agir en simultané ou bien se succéder pendant une période de temps conséquente.

Je m’engage à respecter les règles d’hygiène, ainsi qu’à ne prendre aucune photo ni vidéo, comme il est exigé de tous les participants.

Fait au Grau-du-Roi, le 28 juin 2025.”

Il était onze heures, nous étions prêts. Du moins le croyais-je.


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À paraître : – Chapitre V — Déjeuner sur l'herbe – Chapitre VI — Le feu de l'Enfer – Chapitre VII — Gens de la fontaine – Chapitre VIII — Je suis de la partie – Chapitre IX — Le prisonnier – Chapitre X — Châtiment sans crime – Chapitre XI — Sur la plage, abandonné – Chapitre XII — Exposé

Le texte de ce blog est publié sous la licence “Attribution – Utilisation non commerciale – Partage dans les mêmes conditions 4.0 International” CC BY-NC-SA 4.0

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